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Les magistrats face aux politiques : la communication de crise sous contrainte judiciaire


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Le bras de fer entre les magistrats et les politiques : la communication sous contrainte judiciaire

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti est convoqué le 16 juillet par le Cour de justice de la République dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de « prise illégale d’intérêts ». Cette convocation a été remise au garde des Sceaux en marge de la perquisition menée au ministère de la Justice dans le cadre de cette enquête, dans laquelle il est soupçonné d’avoir profité de ses fonctions de ministre pour intervenir dans des dossiers où il était auparavant avocat.

Les trois magistrats de la commission d’instruction de la CJR, seule habilitée à juger des ministres, ont perquisitionné pendant quinze heures les locaux du ministère de la justice. Un des téléphones du garde des Sceaux a été saisi à cette occasion et le contenu des boîtes mails de plusieurs de ses collaborateurs a été aspiré.

L’enquête pour « prise illégale d’intérêts » avait été ouverte après des plaintes de trois syndicats de magistrats et de l’association Anticor.

La communication de crise, un bouclier réputationnel face aux mises en examen

Face à la déferlante des mises en examen, la classe dirigeante – politique et patronale – se sent fragilisée. Le bras de fer entre politiques et magistrats est engagé

Lors d’un entretien télévisé, aucune personnalité publique ne souhaite s’appesantir sur les affaires qu’égrène chaque jour l’actualité judiciaire et sur ces juges qui montent à l’assaut de bastilles jalousement gardées autour du financement de la vie publique ou autour de la moralité des affaires.

Jamais le spécialiste de la communication de crise, vers lequel ils se tournent dans ces moments difficiles, n’a jeté l’anathème sur ceux que leurs abus rattrapaient. Jamais il ne les a jugé.

Sur ses clients, pris dans la tourmente de la justice, le communicant de crise n’a jamais soufflé mot. Mais il s’étonne en privé que ses clients n’obtiennent pas le non-lieu qu’ils attendent depuis tant de semaines… au détriment de leur réputation et de leur valorisation.

Le spécialiste de la gestion de crise considère au fond qu’il vaudrait mieux pour tous que ces dossiers qui pourrissent la vie politique et la vie des affaires, et suscitent un amalgame délétère où chaque élu et chef d’entreprise désormais est suspect, restent clos et ne s’étalent pas dans les médias et sur les réseaux sociaux.

C’est vers lui qu’on envoie les journalistes qui s’interrogent sur l’exemplarité de l’un de ses clients nommé à la tête d’un grand groupe privé, alors même qu’enflait la rumeur que des pratiques à haut risque à la tête d’une grosse entreprise précédente.

Cet habitué des crises protègent l’image de marque de ses clients face à la déstabilisation des crises médiatiques. Il est là, au quotidien, pour sortir ses clients des tourbillons à ricochets réputationnels des « Affaires ».

Tous ses clients, politiques, sportifs, entrepreneurs, s’alarment d’une révolution des juges qu’ils ne peuvent maîtriser même avec leur horde d’avocats et de conseillers juridiques.

Même si les Français s’indignent parfois des excès de zèle de certains magistrats, habitués qu’ils sont par tradition historique à redouter les justiciers, il n’en reste pas moins qu’ils les rejoignent dans la dénonciation des privilèges indus.

Des conseillers en communication de crise pour combattre le lien justice-médias

Une marée d’affaires politico-judiciaires, conduites par des juges d’instruction déterminés, a transformé le regard des citoyens sur la classe politique.

Ces magistrats ont jeté un éclairage très cru sur les moeurs politiques du pays et aucun des grands partis politiques ne sort indemne des enquêtes.

Personne n’est épargné par la tornade de la crise. Chacun peut aujourd’hui être la cible des juges. Pour protéger leur réputation, les personnalités de premier plan se font désormais accompagner par des commandos de communicants spécialistes de la gestion de crise.

Financement parallèle, prélèvement de commissions occultes sur les marchés publics, système de copinage, harcèlement moral et sexuel, … tout y passe ! et le jugement des réseaux sociaux est plus expéditif que celui des juges !

Si tous les sportifs et tous les élus sont dans le collimateur de la justice, il en va de même des grands secteurs de l’activité économique : travaux publics, eau, chauffage, grande distribution, textile, pétrole, etc., tous impliqués dans ces opérations délictueuses.

Les grandes lois sur le financement de la vie publique n’ont pas mis fin aux dérives qui se poursuivent affirment les principaux juges interrogés.

Le séisme provoqué par chaque mise en examen d’élus et de patrons renommés dessille les yeux des Français sur la gestion des affaires publiques et nui à l’image des grands groupes. A haut risque électoral et économique, cette désaffection est à l’origine de la contre-offensive qui se dessine.

Les intéressés dénoncent les méthodes de certains juges, soupçonnés de rechercher la notoriété sur le dos des élus et des patrons, de trahir le secret de l’instruction et d’outrepasser leurs pouvoirs en ordonnant notamment des écoutes illégales et massives qui sont de véritables filets dérivants attrapant tout et n’importe quoi sur leur passage.

Des mises en cause auxquelles des magistrats prêtent parfois le flanc.

De tels écarts sont souvent mis en exergue pour dénoncer les magistrats justiciers.

En se livrant à des attaques ad hominem contre certains juges d’instruction, certains élus cherchent à caresser les justiciables dans le sens du poil.

Ils savent qu’en France les magistrats n’ont pas la popularité de leurs homologues italiens par exemple.

La violation du secret de l’instruction, une constante

Autre cheval de bataille des personnalités mises en cause : le secret de l’instruction et la présomption d’innocence.

On ne saurait sous-estimer combien sa violation, peut gravement ruiner la réputation voire la carrière d’un simple mis en examen.

Mais ce problème réel n’est quasiment invoqué que dans les affaires sensibles : celles qui mettent en cause des personnalités en vue, lesquelles disposent de sérieux moyens de faire valoir leurs droits.

Rituellement, la violation du secret est déplorée dans les dossiers brûlants que souhaite étouffer le pouvoir en place. Organisées par l’une ou l’autre partie intéressée au dossier, les fuites n’ont souvent d’autre objectif que d’empêcher cette manoeuvre.

Pour contrer pareilles violations réitérées du secret par la presse – au demeurant non soumise à son respect – les gouvernements successifs ont, à plusieurs reprises par le passé, essayé de le renforcer. En vain.

Autre angle attaque des conseillers en communication de crise : l’abus de biens sociaux est par ailleurs un délit passe-partout au coeur de la plupart des scandales médiatiques.

Des experts de la gestion de crise face à des juges dérangeants ? La révolution tranquille est en marche. Il faut que cesse la méfiance historique qu’éprouvent les Français en général et les politiques et les entrepreneurs en particulier vis-à-vis de la justice.

Plus un jour ne passe sans qu’un entrepreneur ou un élu tombe dans les mailles de la justice, qui les condamne dans un très long délai. Le temps de la justice n’est malheureusement pas celui des affaires ou de la politique.

La classe politique au pouvoir est souvent sévèrement mise à mal. De grands patrons sont jetés en garde à vue et parfois même en prison. Parmi les milliers de notables mis en cause, tous sont accompagnés par des conseillers en communication de crise chargés de protéger leur réputation face aux attaques diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Tous confient à ces communicants de crise, la mission de faire en sorte que l’événement critique traversé… reste connu d’un nombre d’individus particulièrement restreint. Aucune information ne peut rester indéfiniment confidentielle. A ces conseillers en communication de crise de définir le spin de l’histoire afin qu’elle soit la moins problématique possible pour l’image de marque du client.

La puissance médiatique d’une crise n’a pas de lien avec la gravité réelle du risque qu’elle fait peser sur la carrière du dirigeant ou l’avenir de l’entreprise.

C’est pourquoi ces experts de la gestion de crise se mobilisent, agissent et sont prêts à faire connaitre leur récit à la moindre fuite. Avec une préoccupation en tête : protéger les réputations, les actionnaires, les investisseurs, qui pourront être acteurs de la gestion de crise, premiers impactés voire source de la crise.

Une crise peut parfois échapper à la vigilance de ceux qui auraient dû la détecter. Mais il serait risqué de parier sur la discrétion de toutes les parties prenantes pour justifier de son inaction. Tous les puissants semblent avoir compris, qu’en matière de gestion de crise, l’adage d’Alexandre Dumas « Attendre et espérer » est donc à fuir…