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Bernard Rideau, un spécialiste de la communication politique


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Bernard Rideau est devenu en une vingtaine d’années, un spécialiste de la communication politique

Séduit par Valéry Giscard d’Estaing, il fit partie des conseillers du Président de la République pendant tout le septennat. Quand François Mitterrand prit la place, Bernard Rideau devint aussi, à l’occasion, son consultant en communication.

L’homme de la communication des présidents

Installé avec son équipe dans ses bureaux des sixième et septième étages de la rue Charles de Gaulle à Neuilly, Bernard Rideau domine la vie parisienne. Depuis des lustres il est un habitué des dîners en ville et a suffisamment d’entregent pour avoir des relations qui comptent. On pourrait facilement taxer Bernard Rideau de mondain et revenu de tout s’il n’avait, voici une vingtaine d’années, délibérément choisi de fréquenter le dessus du panier pour s’intéresser, entre deux actions de lobbying, à la communication politique et en devenir l’un des spécialistes. C’est Bernard Rideau qui a recruté Anne Méaux, Patronne d’Image7, à l’Elysée.

La cinquantaine dynamique, issu de la mouvance de mai 68, il a eu, pour l’époque, un parcours classique: études en psycho-sociologie avant de pénétrer les milieux universitaires et journalistiques. C’est à l’issue d’un reportage en Auvergne, en 73, sous la houlette de l’équipe de la Une Igor Barrère et Pierre Desgraupes, que Bernard Rideau, séduit, s’intéresse à Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des Finances. Un an plus tard, il sera l’heureux candidat à la présidentielle. « En 74, Giscard m’a appelé à ses côtés et m’a dit : occupez-vous de l’opinion. Je suis resté sept ans à l’Elysée !« .

Le point de départ d’un phénomène qui allait avec les années prendre l’ampleur que l’on sait. « La communication politique venait de naître, elle devenait institutionnelle. On allait désormais prendre en compte l’opinion publique, s’appuyer sur des sondages, s’intéresser aux médias. A l’époque, ni Le Monde, ni Libération ne voulaient entendre parler de sondages ou des mouvements d’opinions. Il a fallu attendre 81 et l’explosion des médias pour qu’ils changent d’avis« .

Le spindoctor face à une défaite prévisible

Avec le recul, Bernard Rideau, qui consacre un tiers de ses activités au marketing politique sans, affirme-t-il, monnayer ses services, a analysé la défaite de Giscard en 81. « Il a perdu parce qu’il est resté sur un créneau institutionnel et n’a pas perçu l’évolution de la société; il n’a pas eu, contrairement à Mitterrand, de vision assez concrète de la société« . Il faut dire que la fin de règne tourmentée du président sorti, l’a sans doute rendu moins réceptif aux conseils de son entourage. « Pourquoi Balladur que l’on disait gagnant a perdu devant Chirac ? Parce que le second a su s’appuyer sur des éléments de communication qui ont fait mouche !« .

« La pub n’a rien à voir »

Cela dit, avoir conseillé Valéry Giscard d’Estaing ne l’a pas empêché, par la suite, d’être un des consultants en communication de François Mitterrand qu’il a rencontré une trentaine de fois notamment pour emporter l’adhésion du chef de l’Etat en faveur du pot catalytique. « Un conseiller en communication est là au quotidien, le consultant en communication intervient ponctuellement à la demande« , explique Bernard Rideau pour qui le premier doit toujours avoir une idée géniale pour remonter le moral de son patron. A ce titre Bernard Rideau considère que les images façonnées par les Guignols de l’info sont souvent justes. « Ce sont d’excellents observateurs. Celle de Séguin par exemple que l’on a pas vu sur le thème des 35 heures et qui, en quatre mois, a usé une image de leader qui aurait dû durer deux ou trois ans« .

Mais qui dit marketing dit produit à lancer, donc publicité commerciale ? « Pas du tout. La pub n’a rien à voir avec la communication politique. Séguéla pour Mitterrand a pu accélérer le processus mais la publicité ne peut pas tout régler. La preuve ? Aux élections européennes, malgré la campagne Séguéla, le PS n’a fait que 14 % !« 

Plutôt rassurant, finalement.

Jean Lecanuet a été le premier à inaugurer le genre en 1965. Tous lui ont emboîté le pas à commencer par le Général de Gaulle.