AccueilFAQQue faire face au risque zéro ?

Que faire face au risque zéro ?

safe

La prévention et la préparation face aux dangers imprévus.

Risque: “danger éventuel plus ou moins prévisible“, nous enseigne le dictionnaire.

Dans le document qu’elle vient de finaliser, l’agence de gestion de crise LaFrenchCom s’intéresse justement à cette tranche d’aléatoire dans une étude intitulée : À la poursuite du risque zéro ?

La question qu’elle se pose est la suivante: comment travailler avec l’incertitude du “plus ou moins” ? Autrement dit, comment les spécialistes de la gestion de crise font-ils pour éviter d’avoir à faire face à la catastrophe, et si celle-ci se produit malgré tout, comment s’y prennent-ils pour gérer la crise ?

Anticiper les risques

L’agence parisienne spécialisée s’intéresse donc aux risques nucléaire, biologique, financier et industriel, non du point de vue des (potentielles) victimes, mais de celui des professionnels chargés de les étudier pour les écarter.

Vivre la vie d’un spécialiste de la communication de crise c’est se rendre à la centrale nucléaire, où un inspecteur rend compte des pannes et problèmes envisagés.

C’est filer ensuite dans une base aérienne militaire où l’expert en gestion de crise observe le comportement des pilotes en situation d’urgence qui, parfois, quand il le faut, transgressent le règlement de sécurité.

Dans un autre domaine, l’expert se rend dans une usine Danone, où il effectue une formation mediatraining pendant laquelle des salariés apprennent comment répondre aux questions “de l’extérieur” en cas de problème, ou s’intéresse à la négociation du contrat d’assurance de la société. Ailleurs, dans une boulangerie industrielle, le consultant pénètre les bureaux où s’organise une cellule de crise à la suite d’une accusation pour intoxication alimentaire.

Alors que nous vivons en pleine crise sanitaire, ce document qui analyse le nerf de la “gestion du risque” retentit doublement.

Pourquoi « le risque zéro » n’existe pas : comprendre l’incertitude pour mieux décider

Le « risque zéro » est un horizon, pas une réalité insiste Florian Silnicki, Expert en communication de crise et Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Dans tous les secteurs – industrie, santé, finance, défense, agroalimentaire – les organisations évoluent dans un environnement où l’imprévu est structurel. Il suffit d’un enchaînement de micro-événements pour produire une crise majeure.

C’est précisément ce que souligne la formule du dictionnaire : « plus ou moins prévisible ». Toute la difficulté de la prévention des risques et de la préparation à la crise réside dans cet espace flou : ce qui est anticipable… et ce qui ne l’est pas.

La gestion du risque : de l’analyse à l’action

La prévention ne se résume pas à identifier des menaces : elle consiste à transformer un diagnostic en décisions concrètes.

Dans la pratique, cela repose sur quatre piliers :

  1. Cartographier les risques (probabilité × impact)
  2. Réduire l’exposition (process, technique, organisation)
  3. Préparer la réponse (plans, entraînements, cellule de crise)
  4. Apprendre en continu (retours d’expérience, audit, amélioration)

Cette logique s’applique autant aux risques nucléaires qu’aux crises d’intoxication alimentaire, aux cyberattaques, aux fraudes internes ou aux ruptures d’approvisionnement.

Centrale nucléaire, base aérienne, usine agroalimentaire : des terrains différents, une même logique

Le texte original décrit des scènes très concrètes : inspection de centrale, observation de pilotes, mediatraining chez Danone, cellule de crise en boulangerie industrielle. Ces exemples illustrent un point essentiel : le management de crise est un métier transversal, qui emprunte à la sécurité, au facteur humain, à la communication, au droit et à la stratégie.

Dans le nucléaire : la culture de sûreté

Dans l’industrie nucléaire, l’objectif est d’éviter l’événement grave à tout prix. On travaille sur :

  • la redondance des systèmes,
  • la détection précoce,
  • la traçabilité,
  • et surtout une culture où l’on remonte les incidents sans peur de sanction injuste.

Dans l’aéronautique militaire : la décision sous stress

L’exemple des pilotes est particulièrement parlant : en situation extrême, les procédures sont indispensables, mais l’humain doit parfois s’en écarter pour sauver des vies. Cela renvoie à la notion de facteur humain, au cœur de la prévention :

  • entraînements,
  • simulateurs,
  • débriefings,
  • apprentissage des erreurs.

Dans l’agroalimentaire : la crise visible et immédiate

Dans l’agroalimentaire, une suspicion d’intoxication alimentaire peut devenir virale en quelques heures. Ici, la préparation vise autant :

  • la maîtrise sanitaire (HACCP, traçabilité, retraits/rappels),
  • que la communication (porte-parole, FAQ, messages de sécurité).

Le passage sur le mediatraining illustre bien ce besoin : une crise est aussi une épreuve médiatique. Un mot maladroit peut aggraver la situation.

La cellule de crise : cœur opérationnel de la préparation

La cellule de crise n’est pas une salle qui prend la poussière. C’est un dispositif vivant, qui doit être :

  • pré-équipé (outils, listes, accès),
  • pré-organisé (rôles clairs : direction, juridique, communication, opérations),
  • pré-entraîné (exercices réguliers),
  • interopérable (avec autorités, partenaires, assureurs).

Trop d’organisations découvrent, en pleine tempête, qu’elles n’ont ni circuits de décision, ni messages prêts, ni coordination interne fluide.

Communication de crise et prévention : deux faces d’un même métier

La communication n’arrive pas “après” la crise. Elle fait partie de la prévention.

Pourquoi ?

Parce que dans un incident majeur :

  • le public veut savoir ce qui se passe,
  • s’il y a un danger pour lui,
  • ce que l’entreprise fait immédiatement,
  • et comment elle réparera.

Si ces réponses tardent, les rumeurs remplissent le vide.

Travailler avec l’incertitude : scénarios, signaux faibles, entraînement

La question centrale posée par le document – « comment travailler avec l’incertitude ? » – se traite par des méthodes très concrètes :

Scénariser l’improbable

On ne peut pas tout prévoir, mais on peut préparer des scénarios :

  • accident industriel,
  • contamination produit,
  • crise RH et sociale,
  • attaque cyber,
  • crise judiciaire,
  • bad buzz / boycott,
  • crise sanitaire.

L’objectif n’est pas de deviner l’avenir, mais de réduire le temps de réaction.

Détecter les signaux faibles

Les crises majeures sont souvent précédées d’alertes mineures : incidents répétitifs, tensions internes, anomalies qualité, rumeurs. Mettre en place une veille (technique, média, réseaux sociaux) permet de repérer ces signaux avant qu’ils n’explosent.

Entraîner les équipes

L’entraînement rend l’organisation “réflexe” :

  • exercices sur table (table-top),
  • simulations,
  • tests d’astreinte,
  • media training,
  • retours d’expérience documentés.

Assurance, conformité, juridique : l’autre volet de la préparation

La négociation du contrat d’assurance : ce n’est pas un détail. La prévention inclut aussi :

  • la gestion des responsabilités,
  • la conformité réglementaire,
  • la relation avec les autorités,
  • les clauses contractuelles critiques (sous-traitants, fournisseurs, distribution).

En crise, le juridique et l’opérationnel doivent avancer ensemble : protéger l’entreprise sans paralyser la réponse.

Quand une crise sanitaire amplifie tout

En période de crise sanitaire, un document sur la gestion du risque « retentit doublement ». Effectivement, quand l’environnement collectif est déjà anxieux, chaque incident est interprété plus sévèrement :

  • tolérance au risque réduite,
  • niveau d’exigence accru,
  • attention médiatique intensifiée,
  • accélération des controverses sur les réseaux.

Dans ces contextes, la préparation devient un avantage compétitif.

Prévenir, c’est accepter l’imperfection pour viser la résilience

La prévention et la préparation face aux dangers imprévus reposent sur une vérité simple : on ne maîtrise jamais tout. Mais on peut bâtir une organisation résiliente, capable de :

  • réduire la probabilité d’un incident,
  • limiter l’impact quand il survient,
  • et restaurer rapidement la confiance.

C’est précisément ce que suggère l’étude « À la poursuite du risque zéro ? » : l’objectif n’est pas l’absence de crise, mais la capacité à traverser l’imprévu sans s’effondrer.