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L'AP-HP présente un dispositif pour réagir à des "risques exceptionnels"


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L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a présenté, jeudi, son dispositif qui doit permettre « de se préparer et de réagir à des risques exceptionnels d’une autre nature que la canicule de l’été 2003 », comme des accidents industriels ou des actes terroristes. 

« Il faut se préparer à d’autres dangers que la canicule », a indiqué, lors d’une conférence de presse, la directrice générale de l’AP-HP, Rose-Marie Van Lerberghe, ajoutant que « les attentats de Madrid (191 morts le 11 mars, ndlr) ont fait réfléchir ». 

L’AP-HP a ainsi renforcé ses capacités de gestion de crise et de communication de crise.

« Nous avons tenté de retenir les leçons de la canicule 2003, durant laquelle l’AP-HP a hospitalisé 2.050 personnes, soit l’équivalent de deux gros hôpitaux », a ajouté Mme Van Lerberghe. 

Cette expérience, ainsi que l’apparition depuis plusieurs années de risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC), a incité l’AP-HP à développer l’enseignement de la médecine dite « de catastrophe ». 

« La prise en charge d’un afflux de victimes dans un service d’urgences est un domaine pour lequel les médecins n’ont pas tous la même expérience et la même formation », a regretté le directeur médical du Samu de Paris, Pierre Carli, insistant sur la nécessité pour les médecins urgentistes « mais aussi les médecins généralistes, de recevoir une telle formation« . 

« Les risques NRBC génèrent des flux de personnes impliquées ou inquiètes qui requièrent une expertise nécessaire pour préciser la conduite médicale », a expliqué M. Carli, pour qui il s’agit d' »informer les personnels, définir a priori les conduites à tenir et d’identifier les locaux et services spécifiques« . 

L’AP-HP entend par ailleurs développer son dispositif de gestion de crise: le « Plan blanc ». 

« Le Plan blanc consiste à configurer l’hôpital, qui d’habitude a de multiples activités, pour qu’il n’assume plus qu’une seule tâche: l’accueil et la prise en charge d’un afflux de victimes », a expliqué M. Carli. 

L’originalité de ce « Plan blanc » réside dans son adaptation aux risques NRBC grâce à des simulations, comme l’opération Biotox réalisée en octobre 2003 au cours de laquelle avait été simulée une attaque chimique dans une station de métro. 

L’AP-HP, outre l’achat de « tenues de protection », privilégie donc l’organisation « en amont de l’hôpital », grâce au Samu et la mise à disposition de locaux dédiés au « Plan blanc selon un programme pré-établi ». 

Le déclenchement du « Plan blanc » est du ressort de la directrice générale de l’AP-HP, en liaison, notamment, avec le Centre opérationnel zonal de la Préfecture de police. 

« C’est un plan d’exception pour une situation d’exception », a martelé M. Carli, soulignant: « le Plan blanc, c’est notre arme lourde: le déclencher de manière intempestive, c’est un danger car l’hôpital doit ensuite reprendre ses activités normales, la post-crise est difficile à gérer ».