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Communication politique : l'image et le slogan


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Les slogans des campagnes présidentielles sont-ils efficaces ?

Qui affirmait, « il est temps de faire confiance à la France ? »

Selon un sondage réalisé par l’Institut d’études politiques de Grenoble en 1988, à l’occasion du Forum national de la communication politique, seules 13 % des personnes interrogées se souviennent encore, six mois après seulement, de la formule utilisée lors de la campagne présidentielle par M. Raymond Barre.

« La volonté, le courage, l’ardeur » de M. Jacques Chirac a laissé moins de souvenirs (33 %) que la ferme incitation de M. Le Pen (46 %), « Les Français d’abord« . Même le slogan du président élu, « La France unis« , n’est attribué à M. Mitterrand que par un citoyen sur deux.

Bref, un tiers des personnes interrogées ne se souviennent pas des slogans de la campagne présidentielle.

Certes, l’efficacité d’une campagne présidentielle ne vaut que pour la période qui précède le scrutin. Mais si l’on considère que l’échantillon retenu – un millier d’habitants du département de l’Isère – reflète assez bien l’opinion de l’ensemble des Français, ce sondage souligne l’indifférence des citoyens pour les principales méthodes utilisées dans la communication politique.

Ainsi, 59 % des personnes interrogées affirment avoir « rarement » regardé, voire jamais, les émissions officielles du printemps dernier à la télévision, 66 % n’ont pas prêté attention aux affiches des candidats, 77 % n’ont pas lu les publicités politiques dans la presse.

Les énormes masses d’argent dégagées par les candidats pour mobiliser à leur profit l’électorat flottant (celui qui fait les majorités) semblent d’autant moins rentables que la communication politique touche en priorité les citoyens les plus politisés ou ceux qui sont déjà convaincus de voter pour tel ou tel.

Toutefois, chaque catégorie sociale semble préférer l’un ou l’autre des moyens de propagande habituels : les jeunes regardent les affiches, les personnes âgées la télévision, les cadres supérieurs et les étudiants les espaces publicitaires achetés dans les journaux. Il est donc nécessaire de multiplier les supports pour espérer mobiliser le plus grand nombre possible d’électeurs.

Ce faible impact apparent de la communication politique est d’ailleurs démenti par la notoriété (96 %) de M. Alain Carignon dans son département. C’est lui qui, précisément, avait introduit à grande échelle, à partir de 1983, de nouvelles méthodes de communication, à Grenoble. Il recueille aujourd’hui 60 % d’opinions favorables chez les sympathisants socialistes de l’Isère (à peine moins que M. Louis Mermaz, 69 %) en étant jugé « ouvert » par 79 % d’entre eux et « sincère » par 90 % des électeurs proches du RPR.

(1) Sondage réalisé du 2 au 8 novembre sur un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population de l’Isère, de nationalité française et âgée de dix-huit ans et plus. Les résultats de cette enquête, effectuée sous la direction de MM. Pierre Bréchon et Jacques Derville, professeurs à l’IEP de Grenoble.