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Deux conceptions de la communication politique

Deux conceptions de la communication politique

by LaFrenchCom
3 novembre 2018

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Dans la série Les Hommes de l’ombre, deux conceptions du métier de communicants politiques s’affrontent.

L’une est incarnée par Bruno Wolkowitch, dont le personnage peut faire penser à feu Jacques Pilhan, stratège de Mitterrand puis de Chirac. Pour lui, «un homme de l’ombre ne se met jamais en lumière» et, s’il n’hésite pas à utiliser les ficelles du marketing politique, la communication est «une affaire de conviction» (l’affiche «Ensemble » de sa candidate Nathalie Baye emprunte les codes de «Génération Mitterrand»). Mais s’il a une noble idée du combat politique, il sait adapter «ses armes et ses méthodes» à son ennemi, dit-il en citant Clausewitz…

L’autre conception est incarnée par Grégory Fitoussi, jeune patron d’une agence de communication globale rachetée à son ainé. Sa participation à la campagne présidentielle est une opportunité unique de «grandir» (il ne résiste pas à l’envie d’être sur la photo) et un accélérateur de «business» (il ne se fait pas rémunérer en tant que spin doctor, car le retour sur investissement est ailleurs…) quitte à recourir aux pires méthodes pour faire gagner son candidat.

«Aujourd’hui la communication c’est à la fois de la publicité, de l’économie, du politique, du sociétal, c’est un univers, une galaxie, des planètes qu’il faut relier… Tout s’habille», lance-t-il à son ancien mentor.

Lequel lui répond, excédé: «Tout s’habille? Même un mensonge d’Etat? La communication, quand tu mélanges tout, c’est du vide du creux, du rien!»

Difficile de ne pas penser à l’affaire DSK en écoutant ce dialogue écrit il y a deux ans par Dan Franck, qui avait d’ailleurs soumis son scénario à son amie d’Euro RSCG, Anne Hommel, l’attachée de presse de Dominique Strauss-Kahn.

Pour Florian Silnicki, Expert en communication de crise qui dirige l’agence LaFrenchCom, spécialisée dans la communication de crise, «le film montre bien que la communication politique, c’est l’endroit où l’humain a le plus sa place».

Florian Silnicki déclare «Oui, le cynisme est souvent la marque de fabrique des communicants, mais c’est aussi une manière de se protéger de l’impact émotionnel des situations. Révéler les failles et les interrogations que pose ce métier sur une chaîne publique, c’est réconfortant, car c’est une façon peut-être de constater qu’on est allé au bout d’un système, celui du storytelling et des spin doctors qui fabriquent des images. Et qu’une nouvelle phase s’annonce, laissant place à la stratégie, à la rareté de la parole, aux idées et à l’art oratoire.» 

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