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Florian Silnicki : "Il n'y aura plus de campagne électorale sans risque judiciaire"


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La faute de François Fillon : le manque d’anticipation du risque

Florian Silnicki, fondateur de LaFrenchCom, pointe la faute originelle de François Fillon : ne pas avoir anticipé le risque lié aux affaires et adapté sa communication politique en conséquence.

François Fillon doit désormais raconter une histoire différente de celle déployée par ses détracteurs et qui dépasse les soupçons de la justice. Il faut une histoire simple et directe. Les gens peuvent la comprendre.

Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre semble ne pas du tout avoir anticipé le risque judiciaire dans sa campagne électorale. C’est pourtant aujourd’hui une composante même de toute campagne électorale.

Tous les chefs d’entreprises intègrent aujourd’hui cette anticipation du risque judiciaire dans leur stratégie de communication afin de préserver leur image ce que n’a pas du tout fait François Fillon. Il est navrant de constater que ce que les chefs d’entreprises ont compris, le candidat des Républicains ne l’avait pas compris. Il le paie aujourd’hui parce qu’en n’anticipant pas ce risque, il est contraint de le gérer et c’est un boulet aux pieds de ses communicants. Cela asphyxie toute dynamique de campagne.

La justice a envahi l’espace de l’échiquier politique et des campagnes électorales. La communication sous contrainte judiciaire doit être à la hauteur de la place occupée par l’autorité judiciaire et les services de police qui savent communiquer et diffuser de l’information qui déstabilisent les candidats. François Fillon n’a pas vu que la communication politique devrait intégrer l’aspect de communication sous contrainte judiciaire.

Remporter la bataille de l’opinion publique

La communication sous contrainte judiciaire aurait permis à l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy de remporter la bataille de l’opinion publique en lui proposant un storytelling clés en main afin de vous garantir que son message soit entendu ce qui n’a pas été le cas.

Son objectif aurait du être que le public soit acquis à sa cause afin de tisser un lien durable de confiance. De plus, lors de cette crise qui s’éternise, son message n’a pas été suffisamment adapté, crédible et cohérent sur le long terme pour convaincre tous ceux qui s’interroge :  ses militants, ses sympathisants, ses donateurs, etc… Cela ne s’improvise pas.

Sans stratégie de communication de crise, François Fillon a perdu une part importante d’électeurs et de soutiens à l’image du départ de Bruno Le Maire qui incarne la droite moderne avant même que son affaire soit présentée devant les «vrais» tribunaux. Le tribunal de l’opinion publique et les avis des médias ont détruit l’image et la réputation qu’il s’était forgé. La communication entourant les litiges éventuels aurait du faire partie intégrante de sa stratégie électorale.

Un risque judiciaire qui doit être anticipé

Le tribunal de l’opinion publique doit être géré avant de gérer les vrais tribunaux. L’histoire rapportée par les médias sous le seul angle de l’institution judiciaire occasionne des dommages significatifs à la réputation de François Fillon.

La judiciarisation est un phénomène qui a d’abord touché le monde des affaires avant de toucher aujourd’hui le monde politique. Il n’y aura plus de campagne sans risque judiciaire. Ce risque doit être anticipé par les candidats comme un PDG anticipe une garde à vue ou une mise en examen. L’un doit pouvoir continuer son activité entrepreneuriale malgré le risque judiciaire, l’autre doit pouvoir continuer sa campagne en ayant anticipé ce risque.

Aujourd’hui le candidat des Républicains est asphyxié par ce risque non géré qui s’est réalisé. Ça n’aurait pas du être le cas. En cette affaire ressemble trait pour trait à l’affaire des mails d’Hillary Clinton. François Fillon aurait du s’armer pour y faire face.