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Communication politique : comment protéger sa cote de popularité ?

Le silence en politique: un atout ou un handicap ?

En temps apaisés, la discrétion médiatique d’un homme politique peut provoquer beaucoup de commentaires utiles à la construction de son image et susciter une attente et donc une écoute particulièrement stratégique à l’heure où les opinions n’accordent qu’une oreille inattentive à la parole politique. Face à une crise politique, le silence d’un politique est souvent une erreur tactique qui se paie chère, laissant généralement la place à la parole malveillante de ses concurrents selon Florian Silnicki, communicant et fondateur de l’agence LaFrenchCom, dédiée à la communication de crise.

La communication politique doit être paradoxale : imposer sa parole en surprenant.

L’impression de discrétion peut tenir à la façon dont un homme ou une femme politique orchestre ses apparitions dans les médias par exemple.

La communication politique doit être paradoxale. Cela permet de maitriser l’agenda médiatique et le tempo politique. Aucune régularité ne doit scander ses interventions afin de ne pas offrir de prévisibilité à ses adversaires mais aussi afin de ne pas lasser l’opinion publique. En temps calmes, un homme politique peut occuper la scène plusieurs fois le même jour, puis disparaître quelques jours afin de laisser les débats se concentrer autour de ses thématiques.

Pour avoir un impact sur l’opinion publique, hors des moments de campagnes électorales, les interviews politiques doivent pour la plupart d’entre elles ne pas systématiquement dériver vers l’analyse de bilans électoraux mais être ciblées sur un point précis de l’action politique menée afin de la rendre concrète dans ses effets aux yeux des électeurs. L’action politique, plus que de pédagogie, a, généralement besoin d’être pragmatisée et séquencée. A titre d’exemple, si des choix économiques sont évoqués, alors il faut évoquer leurs répercussions sociales (lutte contre le chômage, salaires, pouvoir d’achat).

Les journalistes-présentateurs sont des artificiers de la télévision et de la radio affective. Ils permettent aux hommes politiques de nouer un rapport de familiarité avec le public.

Les hommes politiques doivent s’y évertuer à la pédagogie. Contrairement à une idée trop répandue, il est possible d’expliquer la gestion d’une société aussi complexe que la notre à la télévision justement en comprenant que celle-ci est consommatrice d’émotion, d’authenticité, de drames, et d’enthousiasme à la condition de ne jamais oublier que la télévision et la radio sont d’abord une affaire de politesse : on va chez les gens, on met son beau costume pour converser avec eux afin de mieux les amener à vous.

Les hommes politiques ont toujours intérêt à être un peu souple face au journaliste. Inutile comme c’est devenu une mauvaise mode, de fustiger « l’ère du commentaire permanent », de donner des leçons méthodologiques de journalisme aux journalistes ou encore de vous raidir lorsque votre interlocuteur vous invite à l’autocritique.

Il ne faut en revanche jamais hésiter à corriger un propos inexact ou injuste.

La communication politique est d’abord une stratégie de séduction mutuelle entre un homme ou une femme politique et l’opinion publique. Une interview politique est un exercice de séduction mutuelle entre journalistes et hommes politiques.

Les confidences personnelles peuvent, dans certaines conditions, permettre de valoriser l’authenticité de votre personnalité et donc d’asseoir la crédibilité de votre propos politique.

Les principes essentiels de communication politique

Certains théoriciens de la communication politique ont développé l’idée qu’il fallait préférer le verbe à l’image, refuser les shows médiatiques; faire désirer sa parole et, quand on rompt le silence, organiser des séquences fortes qui combinent plusieurs médias); compter sur les reprises, par la presse, d’actions liées à la fonction gouvernementale (visites, discours).

A l’ère des chaines d’info en continue, de l’instantanéisation de la diffusion de l’information, un homme ou une femme politique doit participer à des émissions médiatiques afin de parler à ses électeurs, de travailler sa notoriété et sa visibilité; se présenter comme un homme ou une femme de dossier quitte à ce que ce soit pour dire qu’elle n’a pas le temps de songer à sa carrière (pour que les premières qualités dont l’opinion publique vous crédite lors des études d’opinion, soient celles de  » travailleur  » et de  » compétent « ); s’appuyer sur le capital de sympathie accumulé au cours d’un long itinéraire militant, et s’en tenir à une posture modeste lors de cette médiatisation afin de ne jamais être accusé d’arrogance, ce qui est un handicap lourd à porter à l’heure de la défiance à l’égard de la parole publique et politique.

Chez LaFrenchCom, nous avons une vision optimiste de la capacité des Français à décoder l’activité du politique, notamment ses effets sur la vie quotidienne. Mais nous connaissons aussi la connexion entre effort médiatique et cote de popularité.

Un plan-média politique doit reposer sur une robuste charpente et ne rien laisser au hasard.

La communication politique est stratégique car elle engage non seulement la perception de la politique menée, mais aussi l’avenir du personnage que vous présentez aux électeurs sur l’échiquier local ou national.

Chez LaFrenchCom, nous avons la conviction que « faire de la politique, c’est communiquer ». « Gouverner, c’est communiquer », écrivait d’ailleurs Thierry Pfister, ancien conseiller de Pierre Mauroy à Matignon (la Vie quotidienne à Matignon au temps de l’union de la gauche, Hachette).

Cette affirmation est encore plus vraie si l’on examine l’évolution des cabinets ministériels, depuis 1981. La communication politique gouvernementale s’est professionnalisée. Les sommets des états-majors se sont emparés d’une activité autrefois dévolue aux attachés de presse. Les conseillers techniques ne se consacrent plus exclusivement aux dossiers et goûtent aux plaisirs médiatiques… quitte d’ailleurs parfois à ne plus maitriser leur parole et à abimer l’action politique de leur patron…