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Regroupant les professionnels de la communication financière, l’association Procomfi a été créée pour répondre aux nouvelles exigences de ce métier. Son président Christophe de Lylle répond aux questions de latribune.fr en insistant notamment sur les nouvelles compétences que réclame cette profession. 

latribune.fr- Pourquoi avoir créé Procomfi ? 

Christophe de Lylle- En tant que professionnels de la communication financière, il nous fallait répondre aux nouveaux enjeux de ce métier, comme le recours croissant des entreprises aux pratiques anglo-saxonnes, le contrôle accru de l’information financière ou les problèmes de normalisation comptable. Face à ces défis, il était important d’opérer un regroupement. Aujourd’hui Procomfi rassemble environ 300 collaborateurs. 

Quels sont vos principaux objectifs ? 

Nous avons quatre missions principales. La première est de promouvoir la profession. La seconde est d’être auprès d’autres organismes comme Euronext, l’AMF ou Bruxelles, un interlocuteur unique pour les grands débats de place. Nous souhaitons également avoir un rôle plus actif vis-à-vis des places boursières internationales. Enfin, l’un de nos grands projets est de participer plus directement à la formation. 

Comment vous situez-vous par rapport au Cliff, l’association qui regroupe les professionnels de l’information financière oeuvrant au sein des entreprises ? 

Nous sommes parfaitement complémentaires avec le Cliff. Nous faisons le même métier mais dans un statut différent. D’après les discussions préliminaires que nous avons menées, le Cliff est intéressé par quelque uns de nos chantiers en cours et des coopérations pourraient être envisagées sur certains sujets. 

Quels sont ces chantiers ? 

Nous avons organisé notre travail en cinq commissions, dont les travaux vont débuter prochainement. Une « commission information » sera consacrée à la valorisation du métier. Une autre aura comme objet d’établir une veille sur l’évolution des normes financières et comptables. Une troisième commission devra dresser un panorama des pratiques mises en oeuvre à l’étranger. La quatrième est certainement la plus ambitieuse et nous ne savons pas encore si ses travaux aboutiront. Appelée « commission d’outils d’évaluation », elle va tenter d’établir une grille servant à noter la qualité de la communication financière. Quant à la cinquième commission, elle sera en charge de la formation des professionnels de la communication financière. Ce sont ces deux dernières commissions qui ont tout particulièrement retenu l’attention du Cliff. Sur le volet de la formation, la SFAF est également intéressée. 

A propos de formation, votre profession est aujourd’hui peu encadrée. Vos collaborateurs viennent d’horizons très différents. Envisagez-vous de créer un label ou un diplôme de communication financière, à l’image de ce qu’a fait la SFAF avec les analystes financiers ? 

Il est vrai que la communication financière réclame un niveau de compétence de plus en plus élevé tant sur les plans financier que juridique. Aujourd’hui, notre but est surtout de participer à la formation continue des collaborateurs déjà en place afin d’accroître leur efficacité et de leur permettre de se tenir au courant des dernières évolutions. Par contre, nous n’avons pas dans l’immédiat de projet de diplôme pour les personnes désirant s’orienter vers la communication financière. Peut-être le ferons nous plus tard, mais il est certainement un peu tôt pour donner à la profession un cadre plus formel. 

La communication financière devenant de plus en plus exigeante, les profils ont-ils évolué en conséquence ? 

Le niveau de la profession s’est très nettement amélioré depuis quelques années. C’était une nécessité pour les émetteurs car la communication financière est devenue un enjeu majeur pour l’entreprise. La communicationfinancière a un impact significatif sur l’image et le cours de Bourse d’une société. Aujourd’hui, notre profession attire des profils très variés (communicants, juristes, financiers…). Beaucoup d’analystes s’orientent maintenant vers la communication financière.