- Bien plus qu’un producteur de messages, un capteur stratégique de la réalité
- Le communicant comme capteur de perception
- Un rôle clé dans le diagnostic de gravité
- Le communicant comme traducteur entre les mondes
- Tester la robustesse des décisions avant leur mise en œuvre
- Le communicant comme gardien du tempo
- Un rôle de protection du dirigeant
- Le communicant face à une tentation dangereuse : devenir porte-drapeau
- Une fonction qui exige légitimité et courage
- Le communicant comme pilier silencieux de la cellule de crise
Bien plus qu’un producteur de messages, un capteur stratégique de la réalité
Une fonction souvent réduite à tort à la prise de parole
Dans de nombreuses cellules de crise, le communicant est encore perçu comme celui qui rédige les communiqués, prépare les éléments de langage et gère les relations médias. Cette vision réductrice est l’une des principales causes de dysfonctionnement en situation sensible. Elle transforme le communicant en exécutant tardif, alors qu’il devrait être un acteur structurant du diagnostic et de la décision.
La communication de crise n’est pas une couche ajoutée après coup à une stratégie déjà définie. Elle est une dimension constitutive de la crise elle-même. Ce que l’organisation dit, ce qu’elle ne dit pas, quand elle parle, qui parle et comment, influencent directement la trajectoire de la situation.
Comme le résume le Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom, Florian Silnicki :
« En cellule de crise, le communicant n’est pas là pour embellir la décision. Il est là pour en tester la réalité. »
Le communicant comme capteur de perception
Lire la crise telle qu’elle est perçue, pas telle qu’elle est vécue en interne
L’une des fonctions essentielles du communicant dans une cellule de crise est de porter la voix de l’extérieur à l’intérieur. Là où les autres membres de la cellule raisonnent en termes juridiques, opérationnels ou financiers, le communicant raisonne en termes de perception, de compréhension et de réaction des parties prenantes.
Il observe la manière dont la situation est interprétée par les médias, les réseaux sociaux, les salariés, les partenaires ou l’opinion publique. Il détecte les incompréhensions, les angles de lecture dominants, les glissements sémantiques et les signaux faibles qui annoncent une amplification possible.
L’expert en communication de crise, Florian Silnicki insiste sur cette mission de veille stratégique :
« Le communicant est souvent le premier à voir la crise telle qu’elle est ressentie, pas telle qu’on voudrait qu’elle soit. »
Cette capacité de lecture externe est indispensable pour éviter les décisions déconnectées de la réalité perçue.
Un rôle clé dans le diagnostic de gravité
Aider à qualifier la situation avant d’y répondre
Le communicant joue un rôle déterminant dans la qualification de la situation sensible. Est-on face à une crise majeure, une crisette médiatique, une polémique digitale limitée ou une simple agitation passagère d’un public hostile ? Cette distinction ne peut pas être faite uniquement à partir des faits internes.
En analysant la dynamique médiatique, la vitesse de propagation, l’évolution des discours et l’implication des acteurs clés, le communicant contribue à poser un diagnostic plus objectif. Il aide la cellule à comprendre si le sujet est en train de changer de nature ou s’il reste contenu.
Selon Florian Silnicki :
« Le communicant de crise est souvent celui qui voit le basculement avant qu’il ne soit évident pour les autres. »
Sans cette lecture, la cellule risque soit de sur-réagir, soit de sous-estimer la situation.
Le communicant comme traducteur entre les mondes
Faire dialoguer des logiques incompatibles
Une cellule de crise réunit des profils aux logiques très différentes. Le juridique cherche à réduire le risque. L’opérationnel veut agir vite. Les ressources humaines se concentrent sur l’interne. La direction pense stratégie et gouvernance. Ces logiques sont légitimes, mais elles sont souvent contradictoires.
Le communicant occupe une position singulière, à la croisée de ces univers. Il traduit les contraintes des uns pour les rendre compréhensibles aux autres. Il reformule les décisions techniques en messages intelligibles. Il alerte lorsque des choix rationnels en interne deviennent incompréhensibles ou inacceptables à l’extérieur.
Florian Silnicki résume cette fonction de médiation ainsi :
« Le communicant est souvent le seul à parler simultanément le langage du droit, de l’opérationnel et de l’opinion. »
Tester la robustesse des décisions avant leur mise en œuvre
Le communicant comme “crash test” de la décision
Un rôle fondamental du communicant consiste à tester les décisions envisagées avant qu’elles ne soient prises ou annoncées. Comment cette décision sera-t-elle perçue ? Quels mots seront retenus ? Quels angles critiques vont émerger ? Quels non-dits risquent d’être interprétés comme des aveux ou du mépris ?
Ce travail de projection permet d’identifier les fragilités d’une décision, non pas sur le plan juridique ou opérationnel, mais sur le plan symbolique et réputationnel.
Selon Florian Silnicki :
« Le communicant ne dit pas si la décision est bonne. Il dit si elle tiendra dans l’opinion. »
Cette fonction de test est un puissant outil de prévention des crises secondaires.
Le communicant comme gardien du tempo
Maîtriser le rythme plutôt que subir l’urgence
En situation de crise, le temps devient un facteur stratégique. Parler trop tôt peut figer un récit erroné. Parler trop tard peut laisser la place aux rumeurs. Le communicant joue un rôle central dans la gestion de ce tempo.
Il aide la cellule à décider quand s’exprimer, quand temporiser, quand répondre et quand se taire. Il comprend les rythmes médiatiques, les cycles de l’attention et les fenêtres d’opportunité pour reprendre la main.
Florian Silnicki le rappelle souvent :
« En communication de crise, le bon message au mauvais moment devient un mauvais message. »
Un rôle de protection du dirigeant
Préserver la parole et l’exposition du leadership
Le communicant est également un acteur clé dans la protection du dirigeant. Il évalue le niveau d’exposition nécessaire, alerte sur les risques de surexposition et prépare les prises de parole lorsque celles-ci sont indispensables.
Il agit comme un filtre, non pour isoler le dirigeant, mais pour éviter qu’il ne soit aspiré dans des interactions inutiles ou dangereuses. Il veille à ce que la parole du dirigeant reste rare, cohérente et stratégique.
Selon Florian Silnicki :
« La parole du dirigeant est une ressource rare. Le communicant est là pour éviter qu’elle ne soit gaspillée. »
Le communicant face à une tentation dangereuse : devenir porte-drapeau
Pourquoi le communicant ne doit pas décider à la place du décideur
Un risque existe toutefois : celui de voir le communicant se transformer en quasi-décideur, sous prétexte que la crise est médiatique. Cette dérive est dangereuse. Le communicant n’est ni le stratège ultime, ni le détenteur de la légitimité décisionnelle.
Son rôle est d’éclairer, d’alerter, de tester, pas de trancher. Lorsqu’il sort de ce périmètre, il fragilise la cellule et expose inutilement l’organisation.
Florian Silnicki met en garde contre cette confusion :
« Le communicant est au cœur de la décision, mais il ne doit jamais en devenir le centre. »
Une fonction qui exige légitimité et courage
Dire ce que personne n’a envie d’entendre
Pour jouer pleinement son rôle, le communicant doit disposer d’une légitimité claire au sein de la cellule. Il doit être autorisé à exprimer des alertes, à contredire des certitudes et à porter des messages inconfortables.
Ce rôle exige du courage, car il consiste souvent à dire ce que les autres préfèrent ne pas entendre. À rappeler que ce qui est rationnel en interne peut être catastrophique en externe. À alerter sur des angles morts avant qu’ils ne deviennent visibles.
Selon Florian Silnicki :
« Un bon communicant de crise est souvent celui qui crée de l’inconfort avant d’éviter le désastre. »
Le communicant comme pilier silencieux de la cellule de crise
Le communicant n’est pas un simple producteur de discours. Dans une cellule de crise bien structurée, il est un capteur de perception, un traducteur de logiques, un testeur de décisions et un gardien du tempo. Il n’enlève pas la responsabilité au dirigeant, mais il en sécurise l’exercice.
Lorsqu’il est cantonné à un rôle d’exécutant, la cellule de crise perd une partie de sa capacité d’anticipation. Lorsqu’il est pleinement intégré, sans confusion de rôles, il devient un pilier silencieux de la gouvernance en situation critique.
Comme le conclut Florian Silnicki :
« Une cellule de crise sans communicant est aveugle. Une cellule de crise où le communicant décide est déséquilibrée. L’équilibre est là. »