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Le bon usage du pouvoir des médias


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Thierry Saussez

« Enfant des médias », devenu spécialiste de la communication politique, Thierry Saussez juge qu’il est temps de « porter un regard lucide » sur le fonctionnement du système médiatique. Venant d’un professionnel de l’image des hommes politiques, que son expérience a conduit à s’interroger sur les techniques de la communication, le rôle des grands moyens d’information et la réceptivité de l’opinion, le propos retient l’attention : sera-t-il celui d’un thuriféraire ou d’un contempteur ? Ni l’un ni l’autre; simplement celui d’un citoyen informé qui entend alerter ses semblables. 

Il connait son sujet et recense prestement, exemples à l’appui, les travers et les dérives d’un mode de relations sociales qui a envahi notre quotidien. Le principal vice du système est, à ses yeux, de donner l’avantage à la forme sur le fond, à l’image sur le contenu du message, à la production d’une autre réalité, partielle et artificielle. 

Au-delà de ce constat, l’auteur de Nous sommes ici par la volonté des médias s’inquiète d’un mal plus pernicieux encore car il incline l’opinion à se contenter de l’information telle qu’elle est mise en scène et simplifiée à l’extrême par la télévision. Il lui est facile d’expliquer comment s’exerce « la souveraineté » des médias (maitrise de l’agenda, force de l’image) et comment se font et se défont la popularité des héros médiatiques (effet de source, effet de mode, que par exemple Michèle Barzach a réussi à cumuler). 

Son propos n’est point de mettre en accusation le système médiatique, qui n’a pas que des défauts, mais de s’interroger sur un rééquilibrage entre les pouvoirs classiques dans une démocratie (exécutif, législatif, judiciaire) et celui, envahissant, des médias. Il faut d’abord, écrit-il, que la politique se ressource et qu’après être passée de l’idéologie au spectacle – ou a l’imagologie – elle redonne force et crédibilité à son message. Ou, si l’on préfère, qu’elle ait quelque chose à dire. 

Il convient ensuite que l’opinion publique sorte de sa torpeur et se ressaisisse. Cela passe, sans aucun doute, par une formation à la lecture, si l’on peut dire, de l’image. En attendant, les informations bien réelles et concrètes que donne Thierry Saussez et l’allant de sa critique permettront à ceux qui ne veulent pas zapper machinalement de prendre plus de recul et de se montrer plus exigeants.