- Comprendre une chose essentielle : le silence est votre pire ennemi
- Communiquer vite… mais pas n’importe comment
- Adapter votre communication à votre réalité d’entrepreneur
- Donner la priorité à vos équipes avant vos clients
- Expliquer les retards sans se justifier excessivement
- Fixer des délais réalistes (et les tenir)
- Choisir les bons canaux (sans s’éparpiller)
- Humaniser votre communication
- Surveiller ce qui se dit (et corriger vite)
- Après la tempête : tirer les enseignements
- La communication est un acte de management
Tempête de neige, routes bloquées, salariés retardés ou absents, livraisons interrompues, clients mécontents, délais non tenus…
Pour un entrepreneur, une crise climatique n’est jamais seulement un événement météo : c’est un stress test grandeur nature de son organisation et de sa communication.
Dans ce type de situation comme celles que la France connaît actuellement la question n’est pas « comment éviter la crise », mais comment bien communiquer pendant qu’elle se déroule. Une mauvaise communication peut coûter plus cher que la tempête elle-même : perte de confiance, tensions internes, bad buzz local, voire contentieux commerciaux.
Comprendre une chose essentielle : le silence est votre pire ennemi
Lorsqu’une tempête de neige perturbe votre activité, vos clients, partenaires et salariés ne vous reprochent pas la météo.
Ils vous reprochent surtout :
- de ne pas savoir ce qui se passe,
- de ne pas savoir quand la situation sera résolue,
- de ne pas se sentir considérés.
C’est là que la stratégie de communication de crise entre en jeu.
« En situation de crise, le silence crée toujours plus de dégâts que la parole. Le vide informationnel est immédiatement rempli par l’inquiétude, les rumeurs et la défiance. »
— Florian Silnicki, Expert en communication de crise, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom
Premier réflexe d’entrepreneur : communiquer tôt, même si vous n’avez pas toutes les réponses.
Communiquer vite… mais pas n’importe comment
L’erreur classique des dirigeants
Beaucoup d’entrepreneurs attendent d’avoir une visibilité parfaite avant de parler. Résultat :
- ils parlent trop tard,
- leurs messages arrivent après l’agacement,
- la relation de confiance est déjà entamée.
La bonne approche
Il vaut mieux dire :
- ce que vous savez,
- ce que vous ne savez pas encore,
- ce que vous êtes en train de faire.
Même un message imparfait mais honnête est préférable à une communication tardive et défensive.
Exemple de message simple et efficace :
« En raison des conditions météorologiques exceptionnelles, notre activité est fortement perturbée aujourd’hui. Certaines livraisons et interventions seront retardées. Nos équipes sont mobilisées pour limiter l’impact et nous vous tiendrons informés toutes les X heures. »
Adapter votre communication à votre réalité d’entrepreneur
Une tempête de neige ne touche pas toutes les entreprises de la même façon. Posez-vous immédiatement ces questions :
- Mon activité est-elle totalement à l’arrêt ou partiellement perturbée ?
- Mes clients sont-ils impactés directement ?
- Mes salariés peuvent-ils travailler à distance ?
- Y a-t-il un risque juridique ou contractuel ?
Votre communication de crise doit refléter votre réalité opérationnelle, pas celle d’une grande entreprise ou d’une administration.
Donner la priorité à vos équipes avant vos clients
Erreur fréquente : communiquer vers l’extérieur en oubliant l’interne.
Or, vos salariés sont vos premiers ambassadeurs… ou vos premiers détracteurs.
Ce que vos collaborateurs attendent :
- Des consignes claires (télétravail, horaires, sécurité),
- Une reconnaissance des difficultés (trajets dangereux, garde d’enfants),
- Une cohérence entre ce qu’ils vivent et ce que l’entreprise dit à l’extérieur.
Bon réflexe
Un message interne clair avant ou en même temps que le message externe.
Par exemple :
- mail interne,
- message Slack / Teams,
- note du dirigeant.
Un salarié rassuré communique mieux qu’un salarié laissé dans le flou.
Expliquer les retards sans se justifier excessivement
Les entrepreneurs ont souvent tendance à trop se justifier :
- « Ce n’est pas de notre faute »
- « C’est la météo »
- « On subit la situation »
Ce type de discours peut paraître défensif.
La bonne posture
Expliquer sans se défausser.
- Oui, la tempête est extérieure.
- Mais votre responsabilité est d’en gérer les conséquences.
Formule efficace :
« Les conditions météorologiques rendent certaines opérations impossibles en toute sécurité. Nous avons fait le choix de privilégier la sécurité de nos équipes et de nos clients. »
Vous montrez ainsi :
- que vous assumez une décision,
- que vous êtes responsable,
- que la sécurité prime sur la performance à court terme.
Fixer des délais réalistes (et les tenir)
Rien n’abîme plus la crédibilité d’un entrepreneur que des délais irréalistes.
À éviter absolument :
- « Tout rentrera dans l’ordre d’ici ce soir » (sans certitude)
- « Aucun impact sur les délais » (alors que tout indique le contraire)
À privilégier :
- des fourchettes,
- des points de situation réguliers,
- des engagements conditionnels.
Exemple :
« À ce stade, nous estimons un retour progressif à la normale entre mercredi et jeudi. Cette estimation sera ajustée en fonction de l’évolution des conditions météo. »
Choisir les bons canaux (sans s’éparpiller)
Inutile de communiquer partout si vous ne pouvez pas tenir le rythme.
Pour les entrepreneurs, les canaux les plus efficaces :
- Email clients (direct, traçable),
- Page d’actualité sur votre site,
- Réseaux sociaux principaux (LinkedIn, X, Facebook selon votre cible),
- Message vocal ou SMS si votre activité est très locale.
Un message cohérent, répété sur 2 ou 3 canaux maximum, vaut mieux que dix messages contradictoires.
Humaniser votre communication
Une tempête de neige, ce n’est pas seulement des retards logistiques :
- ce sont des clients bloqués,
- des salariés stressés,
- des entrepreneurs eux-mêmes sous pression.
Montrez que vous comprenez la situation.
« Nous savons que ces retards peuvent compliquer votre organisation et nous vous remercions pour votre compréhension dans ce contexte exceptionnel. »
L’empathie n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est un outil de leadership en période de crise.
Surveiller ce qui se dit (et corriger vite)
Pendant une crise, les informations circulent vite — et parfois mal.
Surveillez :
- les commentaires clients,
- les messages privés,
- les avis en ligne,
- les remontées terrain.
Corriger rapidement une fausse information évite qu’elle ne devienne une vérité perçue.
Après la tempête : tirer les enseignements
Quand la situation revient à la normale, beaucoup d’entrepreneurs veulent « passer à autre chose ».
Erreur.
Une crise climatique est une opportunité d’apprentissage stratégique.
Posez-vous ces questions :
- Avons-nous communiqué assez vite ?
- Nos messages étaient-ils clairs ?
- Nos équipes se sont-elles senties soutenues ?
- Les clients ont-ils compris nos décisions ?
Capitaliser sur cette expérience vous rendra plus solide pour la prochaine crise, qu’elle soit climatique, sociale ou économique.
La communication est un acte de management
Pour un entrepreneur, communiquer pendant une tempête de neige n’est pas un exercice de relations publiques.
C’est :
- un acte de leadership,
- un outil de gestion des risques,
- un levier de confiance durable.
Comme le rappelle Florian Silnicki, expert en communication de crise, parler tôt, avec sincérité et empathie, permet souvent de transformer une contrainte subie en démonstration de responsabilité.
En période de crise, on ne juge pas une entreprise sur l’absence de problème, mais sur sa manière d’y faire face.