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Communication de crise : le gouvernement prêt à affronter les grosses chaleurs

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Canicule estivale : le politique et la communication « under control »

Chaque été, c’est la même stratégie de communication politique qui est déployée par nos ministres qui veulent qu’on sache qu’ils sont prêts à gérer les pics de chaleur, que tout a été anticipé.

Chacun a en tête l’interview calamiteuse de Jean-François Mattéi, le 11 août 2003, répondant aux questions de TF1 depuis sa résidence secondaire dans le Var en duplex, vêtu d’un polo noir très décontracté. En un mot, c’est un double échec. Le ministre ne rassure pas. Il ne montre pas qu’il a la maitrise de la situation.

Les évènements vont lui échapper alors que, précisément, son intervention médiatique devait lui permettre de mettre en scène sa mobilisation afin d’apaiser les tensions qui s’exprimaient sur la gestion de crise de la canicule par nos dirigeants.

Communication de Jean-François Mattéi : une canicule et puis s’en va

Cette interview est restée comme l’une des plus grosses erreurs dans les annales de la communication de crise. Pourquoi ? Alors que les médias évoquent, en continue, des décès par milliers de personnes âgées, le journal de 20 heures présente un ministre bronzé, sous-informé, annonçant un numéro vert. Le décalage est violent dans l’esprit des français installés devant leur écran.

ORSEC et CANICULE : un plan de mobilisation de l’Etat

Le plan ORSEC canicule est d’abord basé sur une veille météo et sur une veille quotidienne de l’activité sanitaire, le repérage des personnes vulnérables.

Le plan ORSEC canicule est déclenché par le préfet s’il y a prévision à trois jours d’une vague de chaleur. Il s’agit de mettre en oeuvre des actions adaptées de gestion de crise et de communication de crise permettant d’anticiper la prise en charge des personnes à risque et la mobilisation maximale afin de pouvoir faire face aux besoins de ressources face au pire.

Le déclenchement du plan Orsec canicule est souvent annoncé soit par le ministre chargé de la Santé soit par le Premier Ministre au vu des informations météorologiques transmises par l’Agence Nationale de Santé Publique, soit par le préfet au vu des informations locales à sa disposition.

Les préfets vérifieront ainsi que les établissements médico-sociaux du département sont tous équipés de salles climatisées. Ils vérifieront que des climatiseurs sont disponibles en cas d’urgence. Ils s’assureront que les personnels des secteurs hospitaliers sont également prêts à appliquer les « plans blancs » qui permettent un redéploiement rapide de personnels vers les services d’urgence et gériatriques. De même que sont généralement mobilisés SOS médecins et les pharmaciens ou encore les infirmiers libéraux.

Des messages publicitaires et des dépliants du ministère de la Santé sont alors diffusés en grand nombre dans toutes les pharmacies et mairies pour alerter les personnes fragiles ou âgées sur les dangers de la canicule afin d’éviter les erreurs les plus courantes et d’adopter les bons réflexes face à la chaleur.

L’alerte du plan ORSEC canicule peut être diffusée opérationnellement par le ministère de la santé qui décide de la répercuter aux préfets de départements, de régions et de zones, ainsi qu’aux directeurs des agences régionales de santé concernées.

Le plan ORSEC canicule peut être également déclenché par le préfet sur l’ensemble du territoire départemental, ou selon les prévisions météo apportées, sur un partie seulement du département.

Un numéro vert est un élément clé du dispositif téléphonique d’information du public est généralement mis en oeuvre à la préfecture.

Le préfet demande aussi généralement à ses établissements de santé de disposer d’une autonomie d’approvisionnement en eaux de l’ordre de quelques jours (au moins cinq jours) en apportant une attention toute particulière aux conditions de stockage.

Le plan orsec canicule c’est d’abord concrètement, un aspect préventif des effets de la canicule sur les personnes vulnérables. Ensuite, un aspect protecteur des populations, notamment dans le cadre de leur activité, loisir ou travail. Enfin, un aspect informatif avec une communication de ce dispositif la plus large possible.

La préfecture travaille ainsi en étroite collaboration avec les acteurs locaux, notamment l’inspection académique, l’ARS, les sapeurs-pompiers, la gendarmerie, la police ou encore la Direccte pour informer salariés et entreprises afin d’anticiper l’afflux dans les hôpitaux, des problème de santé publique ou encore de surmortalité liée à ces fortes chaleurs.

Le plan orsec canicule c’est faire de la prévention pour anticiper cet événement qui n’est, tout de même, pas anodin.

Déclencher un « plan canicule » signifie que les services de l’État et les mairies d’un département ont été alertés et sensibilisées quant à la nature de l’épisode caniculaire.

Concernant les personnes sans domicile fixe, les acteurs de l’urgence sociale sont généralement mobilisés.

Les associations de sécurité civile (Croix-Rouge, protection civile…) le sont également généralement.

Sur ses réseaux sociaux et sur leur site Internet, les préfectures donnent des conseils de prévention qui prévalent en la circonstance : s’hydrater, ne pas s’exposer au soleil, etc.

Une cellule de crise ORSEC

La cellule de crise de la préfecture (centre opérationnel départemental) est généralement activée « en mode veille ».

La préfecture est aussi en lien permanent avec les établissements funéraires.