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La communication financière désordonnée des entreprises


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communication financière

Le cru 2002 des communiqués de presse sur les performances financières fait apparaître des pratiques contestables. Certains groupes omettent encore d’annoncer le résultat net.

La communication financière des groupes sur leur performance financière en 2001, telle qu’elle apparaît dans les encarts de presse, s’avère toujours aussi disparate et, dans certains cas, incomplète. Cette situation devrait perdurer tant que la doctrine comptable française entretiendra le flou sur la définition des soldes intermédiaires de résultat, et que la COB (Commission des opérations de Bourse) se contentera d’émet-tre d’aimables recommandations en la matière, peu suivies d’effets.

Certes, le haut du pavé des sociétés cotées publie en majorité des communiqués financiers comprenant au moins le « kit » des grandeurs intelligibles de tous : chiffre d’affaires, excédent brut d’exploitation (EBE), résultat d’exploitation, résultat net avec la mention « part du groupe », de même que ce solde exprimé par action. Certains annonceurs font en revanche preuve de créativité, sans expliquer ce qui se cache derrière des indicateurs diversifiés, non comparables, et pouvant donc recouvrir des réalités différentes.

Comment se calcule en effet le « résultat net opérationnel » publié par L’Oréal, de même que le « résultat net hors éléments non récurrents » mis en avant par Total Fina Elf ? Si France Télécom s’est montré plutôt transparent, sa filiale Orange, cotée au CAC 40, se limite à fournir des données pro forma sur le chiffre d’affaires, le fameux « Ebitda » l’EBE retraité -, le résultat d’exploitation et le nombre de clients.

Autre manière de procéder : braquer le projecteur sur ce qui est flatteur. Le groupe aéronautique EADS inscrit en gras dans son communiqué l' »Ebit » (résultat avant frais financiers et impôts) et le résultat net « avant amortissement de la survaleur et exceptionnels » obtenus. Chez Vivendi Environnement, on insiste sur le « résultat net récurrent » positif de 420 millions d’euros, très éloigné du « résultat net publié » négatif de 2.252 millions d’euros, après « dépréciations exceptionnelles ».

Certains groupes ne se donnent pas la peine de communiquer sur la part du résultat net hors intérêts minoritaires, comme Alcatel et Aventis. Et Casino donnait, le 8 mars, une batterie d’indicateurs en millions d’euros et par action sauf qu’il s’agit de « données provisoires non auditées ». Fidèle à une stratégie de communication d’entreprise plus directe, Vivendi Universal s’apprête à envoyer une lettre de 12 pages signée de son président à l’adresse de 1 million d’actionnaires du groupe pour s’expliquer en détail sur les 13,6 milliards d’euros de pertes de l’exercice.

L’information sectorielle, enfin, demeure toujours lacunaire. Le groupe Lagardère s’en tire bien, en distinguant ses performances réalisées dans les hautes technologies du reste, et en partant des ventes jusqu’au résultat net.