- Qu’est-ce qu’un SITREP, exactement ?
- SITREP ≠ communiqué : deux logiques, deux publics, un lien vital
- Pourquoi le SITREP est un outil de communication (même s’il est interne)
- Les principes non négociables d’un bon SITREP
- La structure “standard” d’un SITREP (celle qui marche dans 80% des cas)
- Les trois niveaux de SITREP : “Flash”, “Standard”, “Exécutif”
- Cadence : à quelle fréquence produire un SITREP ?
- Gouvernance : qui “possède” le SITREP ?
- Collecter l’information : méthode de triage en crise
- Le SITREP comme base du “message pack”
- SITREP et transparence : comment dire ce qu’on ne sait pas
- Exemple complet : mini-SITREP + déclinaison communication
- Les erreurs fréquentes dans les SITREP (et leurs effets en communication)
- SITREP et porte-parole : briefer sans enfermer
- Un modèle prêt à l’emploi (template SITREP)
- Le SITREP comme outil de “résistance” face aux réseaux sociaux
- Le SITREP, ou la communication de crise par la preuve
En communication de crise, on parle beaucoup de “messages”, de porte-parole, de réseaux sociaux, de communiqués, de Q&A. Mais dans les crises réelles, ce qui fait tenir (ou s’effondrer) une stratégie de communication, ce n’est pas le style d’un texte : c’est la qualité de l’information qui alimente la décision et la parole. Et cette qualité dépend d’un outil simple, souvent sous-estimé : le SITREP (Situation Report), ou rapport de situation.
Le SITREP n’est pas un document “de plus”. C’est la pièce maîtresse qui permet à l’organisation de répondre à trois exigences contradictoires, typiques de toute crise :
- Aller vite, sans dire n’importe quoi.
- Être transparent, sans exposer l’organisation ou les personnes à des risques supplémentaires.
- Rester cohérent, malgré l’évolution permanente des faits.
Si vous n’avez pas de SITREP, vous avez à la place : des informations dispersées, des versions concurrentes, des “on m’a dit que…”, des messages qui se contredisent, des validations qui bloquent, et une communication qui ressemble à un exercice de défense plutôt qu’à un service rendu aux publics. À l’inverse, un SITREP bien construit donne une base commune : tout le monde travaille sur la même réalité, au même moment, avec les mêmes incertitudes documentées. La communication devient alors ce qu’elle doit être : la traduction intelligible d’une gestion de crise organisée insiste l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom.
Qu’est-ce qu’un SITREP, exactement ?
Un SITREP (Situation Report) est un rapport court, régulier, horodaté, qui donne à la cellule de crise une vision partagée de :
- Ce qui est établi (faits vérifiés),
- Ce qui est probable (hypothèses en cours),
- Ce qui est faux (rumeurs, erreurs identifiées),
- Ce qui est inconnu (zones d’ombre, informations manquantes),
- Ce qui est fait (actions en cours et réalisées),
- Ce qui doit être décidé (arbitrages),
- Ce qui va arriver (prochaines étapes, jalons, rendez-vous).
Son rôle n’est pas de tout raconter : son rôle est de rendre la situation gouvernable.
Le SITREP est d’abord un outil de pilotage interne. Mais il a une conséquence majeure : il rend la communication externe possible, cohérente et résistante à la pression médiatique. Parce que la communication n’invente pas les faits : elle doit s’appuyer sur une base factuelle, stable, traçable.
SITREP ≠ communiqué : deux logiques, deux publics, un lien vital
Beaucoup d’organisations confondent le SITREP avec un communiqué de presse “interne”. C’est une erreur.
- Le SITREP est une pièce de gouvernance : il sert à décider et à coordonner.
- Le communiqué est une pièce de communication : il sert à informer un public externe avec un périmètre maîtrisé.
Le SITREP contient souvent des éléments qui ne sont pas communicables : données personnelles, détails techniques sensibles, hypothèses non stabilisées, informations liées à une enquête, éléments couverts par la confidentialité, risques de sécurité, etc. Mais sans SITREP, vous perdez la capacité de produire un communiqué fiable, parce que vous ne savez pas précisément :
- ce qui est vérifié,
- ce qui change,
- ce que vous pouvez promettre,
- ce que vous devez éviter de dire,
- et quand vous pourrez mettre à jour.
Le SITREP n’est donc pas “un document de plus”. C’est la source à partir de laquelle on construit toutes les sorties : message interne, points clients, Q&A, éléments pour le porte-parole, posts réseaux sociaux, FAQ, points réguliers.
Pourquoi le SITREP est un outil de communication (même s’il est interne)
En crise, l’organisation est jugée sur un critère simple : est-elle crédible ?
La crédibilité ne se décrète pas. Elle se construit par :
- la cohérence dans le temps (ne pas se contredire),
- la capacité à dire ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas,
- la preuve que l’on agit (actions visibles),
- la constance du rythme (mises à jour annoncées et tenues).
Or, ces quatre éléments dépendent directement du SITREP.
Sans SITREP, vous avez typiquement :
- des porte-parole qui parlent “au feeling”,
- des services qui se contredisent,
- des corrections “en douce”,
- des délais de validation interminables (“on n’est pas sûrs”),
- des promesses irréalistes (parce que personne n’a consolidé les délais).
Avec un SITREP solide, vous obtenez :
- une chronologie partagée,
- des hypothèses explicitement identifiées,
- des décisions tracées,
- un calendrier de mise à jour crédible,
- et une communication qui peut se permettre la transparence de méthode : “voici ce qui est établi / voici ce qui est en cours / prochain point à…”
En somme : le SITREP est l’antidote de la contradiction et de l’improvisation.
Les principes non négociables d’un bon SITREP
Un SITREP de crise n’a pas besoin d’être long. Il doit être utile. On peut résumer ses qualités en huit principes.
Horodatage
Chaque SITREP doit indiquer :
- date + heure,
- fuseau horaire si contexte multi-pays,
- version (SITREP #1, #2…).
Sans horodatage, vous créez des malentendus mortels : on lit un ancien document comme s’il était à jour.
Factuel d’abord, interprétation ensuite
On sépare clairement :
- faits vérifiés,
- hypothèses,
- rumeurs,
- incertitudes.
“Ce qu’on sait / ce qu’on ne sait pas”
Dire “nous ne savons pas encore” n’est pas une faiblesse si c’est bien encadré. Mais il faut le documenter : pourquoi on ne sait pas, comment on saura, quand on revient avec une mise à jour.
Actionnable
Un SITREP n’est pas un récit : il doit permettre de décider. Il doit donc inclure les actions en cours, les besoins, les blocages, les arbitrages.
Court et scannable
En crise, personne ne lit 8 pages de prose. Un SITREP doit pouvoir être parcouru en 2 minutes.
Stable dans sa structure
Même format à chaque fois = gain de vitesse, réduction des erreurs, meilleure coordination.
Traçable
On doit pouvoir remonter à la source des informations clés : qui a fourni le fait, à quel moment, avec quel niveau de confiance.
Aligné avec la communication
Le SITREP doit contenir une section dédiée : “implications communication” (message à pousser, questions sensibles, rumeurs à corriger, prochaine mise à jour).
La structure “standard” d’un SITREP (celle qui marche dans 80% des cas)
Voici une structure robuste, compatible avec la plupart des crises (accident, cyber, produit, RH, éthique, incident industriel).
En-tête
- SITREP #
- Date / heure / fuseau
- Rédacteur (fonction)
- Validateur(s) (si applicable)
- Périmètre : site / produit / pays / entité concernée
Résumé exécutif (5 à 10 lignes)
- Quoi / où / quand
- Impact principal
- Actions prioritaires en cours
- Prochain jalon (heure du prochain point)
Faits établis (bullet points)
- Faits confirmés, courts, datés si possible
Hypothèses / informations en cours de vérification
- Ce qui est probable mais non confirmé
- Ce qui manque pour confirmer
- Qui vérifie / quand retour
Impacts (séparés)
- Humain (victimes, blessés, salariés, clients)
- Opérationnel (production, service, supply chain)
- Technique (systèmes, sécurité)
- Financier (estimation si disponible)
- Réputationnel (tendances médias/réseaux si significatif)
- Réglementaire (obligations, notifications)
Actions en cours et actions réalisées
- Action / responsable / statut / échéance
Risques et scénarios
- “Si X, alors risque Y”
- Priorités et mesures de mitigation
Décisions à prendre / arbitrages
- Options + recommandation
- Décideur
- Deadline de décision
Communication (interne/externe)
- Message clé (1 à 3)
- Canaux activés
- Prochain point public (date/heure)
- Q&A sensibles (top 5)
- Rumeurs / désinfo à traiter
Besoins / demandes
- Ressources, expertises, approvals, matériel, prestataires
Annexes (si nécessaire)
- Chronologie détaillée
- Liste contacts
- Données techniques (version séparée si sensible)
Les trois niveaux de SITREP : “Flash”, “Standard”, “Exécutif”
Une erreur fréquente est de produire un seul type de SITREP. En réalité, il en faut souvent trois, pour trois usages.
SITREP Flash (10 minutes, 1 page)
Objectif : poser le cadre très vite.
Contenu :
- ce qui s’est passé (à ce stade),
- impacts immédiats,
- actions immédiates,
- prochain point.
SITREP Standard (cadence régulière, 1 à 2 pages)
Objectif : piloter la crise au quotidien.
Contenu : structure complète, mais concise.
SITREP Exécutif (direction / board, très synthétique)
Objectif : permettre l’arbitrage et la gouvernance.
Contenu :
- 5 faits,
- 3 risques,
- 3 décisions,
- 3 messages,
- 1 calendrier.
Les organisations efficaces adoptent cette logique : elles évitent de noyer tout le monde dans la même granularité, tout en conservant une source de vérité consolidée.
Cadence : à quelle fréquence produire un SITREP ?
Il n’existe pas de fréquence universelle. Mais il existe un principe : la cadence doit être plus rapide que la propagation des interprétations externes.
On peut proposer une logique par phase :
- Phase aiguë (0–24h) : toutes les 1 à 3 heures (selon gravité).
- Phase de stabilisation (1–7 jours) : 2 fois par jour puis 1 fois par jour.
- Phase de suivi (au-delà) : hebdomadaire, puis mensuel (post-crise).
Important : si vous annoncez un rendez-vous public, votre SITREP interne doit être calé pour alimenter ce rendez-vous (ex. SITREP interne à 16h pour point public à 18h).
Le SITREP est aussi un outil de discipline : il évite l’agitation permanente et impose des moments de consolidation.
Gouvernance : qui “possède” le SITREP ?
Un SITREP sans propriétaire est un document fragile. Il doit être confié à un rôle clair, souvent appelé :
- “Situation Officer”
- “Responsable informations / faits”
- “Intelligence / planning” (dans certaines méthodes)
Ce rôle n’est pas un “secrétaire”. C’est un garant de la vérité opérationnelle.
Rôles typiques autour du SITREP
- Collecte : opérations, IT, sécurité, RH, support client, terrain.
- Consolidation : responsable SITREP (rassemble, clarifie, structure).
- Validation : chef de cellule + un validateur factuel (selon sujet) + juridique si nécessaire.
- Distribution : secrétariat de crise (liste de diffusion, traçabilité).
Une règle très utile : un seul point d’entrée pour les faits.
Sinon, la cellule reçoit des informations contradictoires sans savoir laquelle prime.
Collecter l’information : méthode de triage en crise
Le plus grand risque du SITREP est simple : intégrer une information fausse, ou mal qualifiée. Pour éviter cela, on met en place un triage en trois catégories.
Catégorie 1 : Faits vérifiés
Critères :
- source identifiée,
- confirmation par un responsable compétent,
- date/heure connues.
Catégorie 2 : Hypothèses / informations plausibles
Critères :
- source partielle,
- logique cohérente,
- mais confirmation manquante.
On les note comme hypothèses, et on précise :
- qui vérifie,
- comment,
- pour quand.
Catégorie 3 : Rumeurs / informations externes non fiables
Critères :
- capture d’écran sans source,
- témoignages non corroborés,
- interprétations.
On ne les intègre pas comme faits. Mais on les suit, car elles peuvent devenir des “problèmes de perception”. Le SITREP doit donc parfois contenir une ligne : “Rumeur en circulation : X. Statut : non confirmé / faux. Risque : Y. Action : corriger via Z.”
Le triage est un acte de communication : il protège la cohérence.
Le SITREP comme base du “message pack”
Le SITREP devient utile en communication lorsqu’il se transforme en livrables de parole. En pratique, on passe du SITREP à un message pack, qui contient :
- messages clés (1–3),
- éléments factuels communicables,
- actions engagées (preuves),
- Q&A (questions difficiles),
- points de langage interdits (ce qu’on ne doit pas dire),
- calendrier des mises à jour,
- porte-parole(s) et canaux.
La logique de conversion : du “vrai interne” au “vrai public”
Le SITREP interne peut contenir des hypothèses techniques (“nous suspectons…”, “il est possible que…”). En externe, ces hypothèses doivent être gérées avec prudence. Mais il ne faut pas non plus tomber dans le silence total.
Une bonne pratique est de traduire ainsi :
- Interne : “Cause probable : défaillance du composant X (non confirmé).”
- Externe : “L’enquête est en cours. Nous analysons plusieurs pistes techniques. Nous communiquerons les conclusions dès qu’elles seront établies.”
Ce n’est pas de la dissimulation : c’est de la maîtrise de la preuve.
SITREP et transparence : comment dire ce qu’on ne sait pas
Les crises se dégradent souvent parce que l’organisation a peur de dire “je ne sais pas”. Mais le public tolère l’incertitude si elle est structurée.
Le SITREP doit fournir aux communicants de quoi faire cette transparence de méthode :
- ce qu’on sait aujourd’hui,
- ce qu’on ne sait pas,
- ce qu’on fait pour savoir,
- quand on revient.
En communication, cela donne des formulations robustes :
- “À ce stade, voici ce qui est confirmé…”
- “Nous ne disposons pas encore de…”
- “Nos équipes / un audit / les autorités travaillent sur…”
- “Prochaine mise à jour : …”
Cette structure réduit la suspicion, car elle montre une organisation en action.
Exemple complet : mini-SITREP + déclinaison communication
Prenons un scénario simple (cyberincident) pour illustrer le passage SITREP → communication.
SITREP Flash (exemple)
SITREP #1 — 10/01/2026 — 09:30 (UTC+1)
Périmètre : service client en ligne / portail utilisateurs (France)
Rédacteur : Responsable IT Ops — Validateur : Chef de cellule
Résumé (8 lignes)
- À 08:55, indisponibilité du portail utilisateurs détectée.
- À 09:10, suspicion d’activité malveillante sur un serveur d’authentification.
- Impact : indisponibilité du portail ; service téléphonique maintenu.
- Aucune confirmation à ce stade d’exfiltration de données.
- Actions : isolation du serveur, activation réponse cyber, analyse forensic en cours.
- Notification : juridique examine obligations CNIL/RGPD si données concernées.
- Communication : message de service en préparation + point à 12:00.
- Prochain SITREP : 11:00.
Faits établis
- Portail indisponible depuis 08:55.
- Alertes de sécurité sur serveur auth à 09:10.
- Isolation du serveur effectuée à 09:20.
En cours de vérification
- Périmètre exact des systèmes concernés (retour IT Sec à 11:00).
- Indices d’accès non autorisé aux données (retour forensic à 12:00).
Actions
- Isolation : fait (09:20).
- Redirection trafic : en cours (ETA 10:30).
- Support client : message interne envoyé (09:25).
Communication
- Message externe : incident technique + assistance + prochaine mise à jour 12:00.
- Q sensibles : “Données touchées ?” → “pas confirmé, enquête en cours”.
Traduction en message externe (site + réseaux)
- “Nous rencontrons actuellement une indisponibilité de notre portail utilisateurs. Nos équipes techniques sont mobilisées pour rétablir le service au plus vite.”
- “Si vous avez besoin d’assistance, notre service client reste joignable par téléphone.”
- “À ce stade, nous n’avons pas d’éléments confirmant un accès non autorisé aux données. L’analyse est en cours.”
- “Prochaine mise à jour à 12:00 sur notre page d’information dédiée.”
Ce qui rend ce message solide, c’est que tout est directement issu du SITREP : faits, actions, limites, rendez-vous. Et si à 12:00 l’analyse change, on met à jour en expliquant pourquoi (progression de l’enquête).
Les erreurs fréquentes dans les SITREP (et leurs effets en communication)
Erreur 1 : mélanger faits et hypothèses
Effet : vous communiquez une hypothèse comme un fait, puis vous devez corriger. La correction devient “mensonge” aux yeux du public.
Erreur 2 : absence d’horodatage
Effet : deux équipes travaillent sur des versions différentes ; le porte-parole se contredit.
Erreur 3 : document trop long, illisible
Effet : personne ne le lit, chacun revient à ses “infos” → incohérence.
Erreur 4 : pas de section “Communication”
Effet : la communication improvise, ou attend trop longtemps, ou répond au bruit au lieu de répondre à la situation.
Erreur 5 : pas de propriétaire du SITREP
Effet : informations dispersées, conflits internes, “qui a raison ?”
Erreur 6 : absence de décisions et d’owners
Effet : on répète les mêmes débats, rien n’avance, la crise s’installe.
Erreur 7 : “optimisme” non fondé sur les délais
Effet : promesses intenables (“retour à la normale à midi”), frustration, perte de confiance.
Le SITREP est là pour éviter ces erreurs, parce qu’il impose de qualifier l’information et d’attribuer les actions.
SITREP et porte-parole : briefer sans enfermer
Un porte-parole en crise doit faire deux choses simultanément :
- dire des informations utiles,
- et ne pas se coincer sur des détails qui changeront.
Le SITREP permet de préparer un brief de porte-parole en trois couches :
- Ce qu’on peut dire avec certitude (faits).
- Ce qu’on doit dire comme méthode (enquête, actions, calendrier).
- Ce qu’on ne doit pas spéculer (hypothèses, responsabilités non établies).
Un bon SITREP alimente aussi les réponses aux questions difficiles :
- “Combien de personnes ?”
- “Pourquoi ça s’est produit ?”
- “Depuis quand le saviez-vous ?”
- “Qui est responsable ?”
- “Pourquoi ne pas avoir prévenu plus tôt ?”
- “Que faites-vous pour que cela ne se reproduise pas ?”
On ne répond pas “au talent” : on répond avec une base consolidée.
Un modèle prêt à l’emploi (template SITREP)
Vous pouvez utiliser ce modèle tel quel, en l’adaptant :
Ce format vous donne une discipline immédiate : tout le monde sait où mettre l’info et comment la lire.
Le SITREP comme outil de “résistance” face aux réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, la crise se nourrit du vide et de la contradiction. Le SITREP aide à contrer les deux.
- Contre le vide : il permet d’annoncer des rendez-vous de mise à jour réalistes.
- Contre la contradiction : il conserve une chronologie et des versions ; on explique l’évolution des informations.
- Contre la désinformation : il intègre un suivi des rumeurs et une stratégie de correction factuelle.
- Contre l’emballement émotionnel : il recentre l’organisation sur les priorités : sécurité, assistance, preuve.
Une crise numérique se stabilise quand l’organisation montre qu’elle sait où elle en est, ce qu’elle fait, et quand elle reviendra. Le SITREP est la machine interne qui rend cela possible.
Le SITREP, ou la communication de crise par la preuve
Dans une crise, la communication n’est jamais meilleure que la réalité qui la nourrit. Si vous voulez parler vite, juste, et de manière cohérente, vous devez d’abord construire un système qui fabrique une vérité opérationnelle partagée. C’est exactement ce que fait le SITREP.
Le SITREP n’est pas un texte “technique” réservé aux opérationnels. C’est un outil de gouvernance qui conditionne la crédibilité publique. Il permet :
- d’éviter les contradictions,
- de gérer l’incertitude sans mentir,
- de prioriser les actions,
- de rendre la transparence possible,
- et d’installer une communication “à rendez-vous” qui calme l’espace public.
Dans les organisations matures, on ne demande pas en crise : “Quel est le bon message ?”
On demande d’abord : “Quel est notre SITREP à jour ?”
Parce que le message, en réalité, en découle.