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Responsibility without Blame en communication de crise : assumer sans désigner de coupable

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Responsibility without blame, une posture clé pour sortir de la crise

En communication de crise, la question de la responsabilité surgit toujours très vite. Le public, les médias et parfois les autorités veulent savoir qui est responsable, qui a fauté, qui doit être sanctionné. Or, répondre trop vite à cette attente peut enfermer l’organisation dans une logique accusatoire irréversible. La technique dite de responsibility without blame consiste à assumer une responsabilité organisationnelle sans désigner de coupable individuel ou admettre une faute juridique.

Cette posture permet de répondre à une exigence morale forte — celle de la prise en charge — tout en évitant les effets destructeurs d’une désignation prématurée. Elle est particulièrement utile lorsque les faits ne sont pas totalement établis, ou lorsque la crise résulte d’un enchaînement complexe plutôt que d’une faute individuelle claire.

Comme l’explique le président fondateur de l’agence LaFrenchCom Florian Silnicki :

« En crise, refuser toute responsabilité choque, mais désigner trop tôt un coupable détruit. La responsabilité sans blâme est souvent la seule voie équilibrée. »

Pourquoi la recherche de coupables alimente les crises

La logique médiatique favorise la personnalisation. Une crise abstraite intéresse peu. Une crise incarnée par un responsable identifié devient immédiatement plus lisible, plus émotionnelle et plus conflictuelle. Cette mécanique pousse les organisations à désigner rapidement un fautif, parfois pour donner le sentiment d’agir.

Pourtant, cette désignation précoce produit rarement l’effet apaisant recherché. Elle peut être perçue comme une manœuvre de diversion, une tentative de sacrifice symbolique ou une reconnaissance implicite d’un dysfonctionnement plus large. La crise change alors de nature : elle ne porte plus seulement sur les faits, mais sur la justice, la morale et la gouvernance.

La responsibility without blame permet d’éviter ce glissement.

Le principe fondamental de la responsibility without blame

Cette technique repose sur une distinction essentielle entre responsabilité et culpabilité. La responsabilité renvoie à la capacité d’agir, de réparer, de corriger. La culpabilité renvoie à la faute, à la sanction et à la condamnation.

En communication de crise, il est souvent stratégique d’assumer la première sans activer la seconde. L’organisation reconnaît qu’elle est responsable de la gestion de la situation, de ses conséquences et de sa résolution, sans pour autant désigner un individu ou reconnaître une faute juridique avant la fin des analyses.

L’expert en gestion de crise Florian Silnicki rappelle souvent cette nuance dans ses interventions :

« Assumer, ce n’est pas accuser. C’est prendre en charge. »

Responsibility without blame et crédibilité publique

Refuser toute responsabilité est presque toujours perçu comme un déni. À l’inverse, désigner un coupable trop vite peut sembler opportuniste ou cynique. La responsibility without blame permet de maintenir une crédibilité morale forte sans se fragiliser juridiquement ou managérialement.

Cette posture envoie un signal clair : l’organisation ne se défausse pas, mais elle ne cède pas non plus à la pression de la simplification. Elle montre qu’elle agit de manière responsable, structurée et équitable.

Responsibility without blame dans les prises de parole médiatiques

Lors d’interviews ou de conférences de presse, cette technique se traduit par un discours centré sur l’action plutôt que sur la faute. Le porte-parole parle de ce qui est fait, de ce qui va être corrigé, de ce qui sera amélioré, sans entrer dans une logique de désignation.

Cette approche permet de répondre aux attentes du public tout en évitant l’escalade accusatoire. Elle recentre la conversation sur l’avenir plutôt que sur la recherche immédiate de responsables.

Responsibility without blame et gestion interne de la crise

Cette technique joue également un rôle crucial en interne. Une désignation publique de coupable peut déstabiliser les équipes, créer un climat de peur et freiner la remontée d’informations. À l’inverse, une responsabilité assumée au niveau organisationnel favorise la coopération et la transparence.

Elle permet de traiter les causes profondes de la crise sans transformer la communication externe en tribunal médiatique.

Responsibility without blame et temporalité

La responsibility without blame n’exclut pas que des responsabilités individuelles puissent être établies ultérieurement, si les faits le justifient. Elle permet simplement de décaler ce moment, en attendant que les analyses soient complètes et équitables.

Cette temporalité est essentielle pour éviter les décisions précipitées dictées par l’émotion ou la pression médiatique.

Les erreurs fréquentes dans l’usage de cette technique

L’erreur la plus courante consiste à utiliser la responsibility without blame comme un alibi pour ne rien faire. Si aucune action concrète n’accompagne le discours, la posture est rapidement perçue comme creuse. Une autre erreur consiste à basculer involontairement vers le blâme en utilisant des formulations ambiguës.

La responsabilité sans blâme exige une grande précision lexicale et une cohérence entre paroles et actes.

Responsibility without blame et cohérence globale de la communication de crise

Cette technique doit être alignée avec l’empathy framing, le narrative control et le language control. Elle fonctionne d’autant mieux qu’elle s’inscrit dans un récit global centré sur la prise en charge, l’amélioration et la prévention.

Isolée, elle peut sembler défensive. Intégrée, elle devient un puissant levier d’apaisement.

Assumer pour apaiser, sans condamner pour survivre

La responsibility without blame est une technique mature de communication de crise. Elle permet de répondre à l’exigence de responsabilité sans tomber dans la logique destructrice de la désignation prématurée de coupables.

Dans un environnement où l’opinion réclame à la fois des comptes et de la justice immédiate, savoir assumer sans accuser est une compétence stratégique majeure.

Comme le résume le spécialiste de la communication de crise Florian Silnicki :

« En crise, la responsabilité est une obligation. Le blâme est un choix. »