- De la rumeur au risque : la nouvelle cinétique des crises
- Nouveaux militantismes : l’activisme devient multi-canal, multi-cible
- Dirigeants : l’exposition personnelle devient un enjeu de sécurité
- La menace informationnelle se « normalise » : l’État structure sa réponse, les entreprises aussi
- LaFrenchCom : une offre pour relier sûreté, narration et décision
- Les 4 briques de la « sûreté réputationnelle »
- Comment l’agence travaille concrètement avec une direction de la sûreté
- Sûreté réputationnelle : un dispositif qui pose aussi des questions de conformité
- Pourquoi cette offre répond à un besoin structurel des directions de la sûreté
- La sûreté ne se limite plus au périmètre, elle s’étend au récit
La frontière entre communication et sûreté se brouille. Sous l’effet de la polarisation, des campagnes d’influence, de l’activisme « hybride » (digital + terrain) et de l’exposition croissante des dirigeants, les directions de la sûreté voient apparaître une nouvelle catégorie de menaces : celles qui naissent dans l’espace informationnel et se matérialisent dans le monde réel. Le Forum économique mondial classe d’ailleurs la désinformation parmi les risques les plus sévères à court terme, aux côtés de la confrontation géoéconomique et de la polarisation sociétale.
Dans ce contexte, l’agence LaFrenchCom lance une offre qu’elle baptise « Sûreté réputationnelle » : un dispositif conçu pour aider les directions de la sûreté à anticiper les crises narratives, détecter les signaux faibles, protéger les dirigeants, et coordonner la réponse avec la communication, le juridique et la direction générale.
Derrière ce positionnement, une intuition simple : la réputation n’est plus seulement un actif immatériel c’est une surface d’attaque.
De la rumeur au risque : la nouvelle cinétique des crises
Un scénario, désormais banal dans les grandes organisations : une vidéo tronquée tourne sur les réseaux sociaux, un hashtag s’impose, des influenceurs « activent » une indignation, puis des collectifs relayent des appels à mobilisation. En moins de 24 heures, la situation peut quitter l’écran pour s’inviter devant un siège, sur un site industriel, à l’entrée d’un événement, ou sur la messagerie d’un dirigeant.
Cette accélération n’est pas qu’une impression. Les grands baromètres internationaux décrivent un monde où l’information n’est plus seulement un flux : elle devient un facteur d’instabilité. Dans son édition 2026, le World Economic Forum place la mésinformation et la désinformation parmi les risques majeurs à horizon deux ans, et insiste sur le rôle de la polarisation dans l’aggravation des crises.
La crise de confiance, elle, est documentée par Edelman : le Trust Barometer 2026 évoque une société qui « glisse vers l’insularité » ; l’agence indique notamment que sept personnes sur dix se disent hésitantes ou peu disposées à faire confiance à quelqu’un ayant des valeurs, des sources d’information ou des positions sociales différentes. Dans un tel climat, le terrain devient propice aux emballements, aux simplifications et aux procès d’intention.
Pour les directions de la sûreté, cela change la grammaire du risque analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom spécialisée dans la gestion de crise. La question n’est plus uniquement : « que s’est-il passé ? » mais aussi : « que raconte-t-on, qui le raconte, à quelle vitesse, et avec quel potentiel d’escalade ? »
Nouveaux militantismes : l’activisme devient multi-canal, multi-cible
Le monde de l’activisme n’a pas disparu ; il s’est transformé. Là où certaines mobilisations s’organisaient traditionnellement dans la rue, on observe désormais des actions combinant :
- mise en récit (images, slogans, montage vidéo, dénonciation « prête à partager »)
- pression réputationnelle (boycotts, campagnes de tags, dénonciation de partenaires)
- débordement sur le physique (occupation, perturbation, actions symboliques, interpellation de dirigeants)
Les exemples sont nombreux, et touchent aussi bien des entreprises que des institutions. En 2025, Extinction Rebellion a, par exemple, brièvement occupé l’entrée du siège de BNP Paribas à Paris, dans une action visant la relation entre la banque et TotalEnergies.
Ces actions, très visibles sur internet comme dans les médiaas traditionnels, ne sont qu’une partie du phénomène d’attaque réputationnelle. L’activisme s’est aussi professionnalisé : meilleure maîtrise des codes médiatiques, multiplication de micro-collectifs, usage intensif des plateformes, recours à des « leaders d’opinion » et à des formats courts misant sur l’émotion pour mobiliser.
La littérature académique s’intéresse d’ailleurs de plus en plus aux protestations disruptives contre les entreprises et à leurs logiques de légitimation, signe que le sujet s’installe durablement dans l’analyse du risque corporate.
Dans le même temps, les campagnes de boycott — souvent déclenchées ou amplifiées sur les réseaux sociaux — s’imposent comme un outil d’action collective. Des travaux récents analysent l’effet des plateformes sur l’intention de boycott et la manière dont elles structurent l’engagement.
Pour les directions de la sûreté, le défi est double :
- Lire ces dynamiques comme des signaux potentiels (sans sur-réagir).
- Agir avec proportion, en coordination avec les fonctions communication et juridique.
Dirigeants : l’exposition personnelle devient un enjeu de sécurité
Autre bascule : la personnalisation. Dans de nombreux secteurs, la figure du dirigeant est devenue une cible narrative — parfois plus simple à attaquer qu’une organisation abstraite.
Les signaux se multiplient : doxxing, menaces, harcèlement, dénonciation de l’adresse personnelle, appels au boycott « nominatif », actions lors d’assemblées générales, diffusion d’images sorties de contexte.
Sur ce point, les indicateurs issus du monde de la sécurité convergent. Les incidents de ciblage de dirigeants sont repartis à la hausse en 2024, et ont fortement augmenté en 2025, avec 95 cas sur les dix premiers mois de l’année, portés « principalement par des incidents liés à l’activisme ».
Et la pression ne se limite pas à l’anecdote. Reuters a relayé en 2025 les résultats d’une enquête internationale (2.352 responsables sécurité interrogés dans 31 pays) indiquant que 42% observent une hausse des menaces contre les dirigeants ; dans certains secteurs et zones, la hausse est bien plus marquée, et l’article cite explicitement la mésinformation et la désinformation comme facteurs contributifs.
Résultat : les entreprises renforcent leurs dispositifs. Reuters notait aussi en 2025 que la part d’exécutifs bénéficiant de protections avait augmenté sur la période 2020-2024, avec une hausse des dépenses déclarées, selon les données d’Equilar mentionnées dans l’article.
Dans ce paysage, une idée s’impose : la sûreté des dirigeants n’est plus seulement un sujet de déplacement et de périmètre physique — c’est un sujet d’empreinte numérique, de réputation et de narratif.
La menace informationnelle se « normalise » : l’État structure sa réponse, les entreprises aussi
Le fait le plus marquant de ces derniers mois en France est la montée en puissance de la thématique des manipulations de l’information dans le champ public.
Le SGDSN a publié début 2026 une Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026-2030, visant notamment à structurer une capacité nationale d’expertise, autour de Viginum, et à renforcer la résilience.
Viginum, justement, a multiplié les publications à destination des acteurs économiques. En décembre 2025, en partenariat avec le CDSE, le service a publié un guide de sensibilisation pour dresser un panorama de la menace informationnelle appliquée au champ économique, et aider les entreprises à mieux détecter et réagir.
Le mouvement est parallèle côté cyber : l’ANSSI rappelle que la gestion de crise « ne s’improvise pas » et insiste sur la préparation, l’outillage et l’entraînement.
En 2026, l’agence a également publié une synthèse sur la menace liée à l’IA générative face aux attaques informatiques, notant notamment qu’aucun système d’IA générative n’est aujourd’hui capable de mener, seul, toutes les étapes d’une attaque — mais que ces outils peuvent accélérer ou industrialiser certains modes opératoires.
Pour les entreprises, l’enjeu devient clair : le risque informationnel — qu’il soit militant, concurrentiel, criminel ou étatique — entre dans le champ de la résilience et de la sécurité globale.
LaFrenchCom : une offre pour relier sûreté, narration et décision
C’est dans ce contexte que LaFrenchCom formalise son offre « Sûreté réputationnelle ». L’agence part d’un constat : dans beaucoup d’organisations, la communication et la sûreté travaillent encore en parallèle alors que les crises modernes exigent une orchestration.
Sur le papier, l’offre vise à répondre à trois problèmes récurrents côté directions de la sûreté :
- Trop de bruit, pas assez de signaux (l’infobésité).
- Une cinétique trop rapide (décalage entre l’événement et la décision).
- Une gouvernance trop lente (validation, silos, rivalités de périmètre).
L’agence propose donc un dispositif structuré autour d’une promesse : traiter l’espace réputationnel comme un périmètre de sûreté, au même titre qu’un site, un événement, ou un dirigeant.
Les 4 briques de la « sûreté réputationnelle »
Cartographie des vulnérabilités narratives
Première étape : comprendre où l’organisation est vulnérable — pas seulement en termes d’image, mais en termes de risque d’escalade.
Cela recouvre notamment :
- thèmes sensibles associés au secteur (environnement, social, éthique, géopolitique)
- historique de controverses (latentes ou récurrentes)
- exposition des sites et moments à risques (AG, inaugurations, annonces sociales)
- « acteurs » susceptibles d’amplifier (collectifs, influenceurs, médias militants)
- scénarios de bascule : ce qui transforme une polémique en crise
L’objectif est de produire une matrice simple pour le COMEX et la direction sûreté : probabilité x impact, avec un focus sur les conséquences sécurité (mobilisation, menaces, interruption d’activité, mise en danger).
Veille orientée “escalade”, pas seulement “tonalité”
LaFrenchCom revendique une différence : au lieu de se limiter à un suivi de sentiment, l’agence cherche à repérer :
- une structuration d’appel à l’action
- une montée de viralité sur un thème à potentiel « terrain »
- une personnalisation (ciblage nominatif)
- une bascule vers des formats plus agressifs ou plus organisés
Cette logique s’aligne avec ce que décrivent des acteurs de l’executive protection : les signaux apparaissent souvent en ligne avant de se matérialiser dans le réel.
Protection réputationnelle des dirigeants
La brique dirigeants s’appuie sur un diagnostic d’exposition :
- empreinte numérique
- vulnérabilités de narration
- risques de doxxing, campagnes, harcèlement
- articulation avec l’executive protection physique
Le sujet n’est pas marginal : une enquête de Pearl Meyer publiée fin 2025 montre que 65% des organisations interrogées n’ont pas de programme formel de sécurité du CEO ; le document souligne aussi que la protection cyber/digitale est la mesure la plus fréquente (70%) — reflet de la montée des risques de doxxing et d’ingénierie sociale.
Gestion de crise intégrée (sûreté / com / juridique / DG)
Dernière brique : l’organisation de la réponse lorsque la crise démarre.
Le point clé est la préparation :
- playbook (scénarios, messages, lignes rouges, rôles)
- circuits d’alerte courts
- points de décision COMEX
- exercices (table-top, simulations)
Cette logique rejoint le message des autorités cyber : la crise se prépare, sinon elle se subit.
Comment l’agence travaille concrètement avec une direction de la sûreté
Derrière la promesse, l’enjeu est opérationnel : comment une agence de communication se rend utile à une direction sécurité sans empiéter sur ses prérogatives, ni réduire le sujet à « l’image » ?
LaFrenchCom décrit une approche en trois temps.
Installer un langage commun
Avant même les outils, l’agence cherche à aligner les fonctions sur une question simple : qu’est-ce qu’un risque réputationnel “à impact sûreté” ?
Le vocabulaire est souvent différent :
- la communication pense “opinion” et “messages”
- la sûreté pense “menace” et “vulnérabilité”
- le juridique pense “preuve”, “responsabilité” et “contentieux”
- la DG pense “valeur” et “stabilité”
Le dispositif vise à fabriquer une grille de lecture partagée : le risque narratif devient un risque d’organisation, et non une bataille de périmètres.
Passer de l’alerte à la décision
Le sujet n’est pas de remonter tout ce qui se dit ; c’est de remonter ce qui peut déclencher :
- une mobilisation
- un harcèlement ciblé
- une action perturbatrice
- un emballement médiatique rapide
- une attaque opportuniste (cyber, sabotage, intrusion)
La valeur ajoutée revendiquée est donc la qualification : contextualiser, mesurer la dynamique, identifier les accélérateurs.
Orchestrer la réponse sans créer de bruit
Quand la crise démarre, l’agence propose de tenir la « ligne de crête » :
- éviter le déni réflexe (qui amplifie parfois)
- éviter le silence vide (qui laisse le champ libre au narratif adverse)
- privilégier une posture cohérente, juridiquement robuste, et compatible avec la sûreté opérationnelle
Le rôle est moins de “faire parler” que de stabiliser : préserver le tempo, sécuriser les éléments de langage, soutenir la coordination, protéger les personnes exposées.
Sûreté réputationnelle : un dispositif qui pose aussi des questions de conformité
Traiter la réputation comme un périmètre de sûreté implique de manier de la donnée : contenus publics, conversations, signaux, parfois des informations portant sur des personnes (dirigeants, salariés, militants, parties prenantes).
Ce terrain est sensible. LaFrenchCom insiste donc sur un cadre :
- finalité (protection, prévention, crise)
- minimisation
- traçabilité
- articulation avec le DPO et le juridique
- respect des règles en matière de données personnelles
La CNIL rappelle, par exemple, que le recoupement d’informations en ligne — OSINT/ROSO — peut permettre de réidentifier une personne et de révéler sa vie privée, ce qui implique une vigilance sur les pratiques.
Elle souligne aussi que des données publiées sur Internet peuvent être collectées et réutilisées sous conditions, à condition de ne pas porter une atteinte disproportionnée aux droits et de respecter les principes applicables.
Dans une logique COMEX, ce point est décisif : une stratégie de protection ne peut pas créer un risque juridique ou éthique majeur. La robustesse d’un dispositif se mesure aussi à sa gouvernance.
Pourquoi cette offre répond à un besoin structurel des directions de la sûreté
Derrière la « sûreté réputationnelle », il y a une réalité : les directions de la sûreté sont tirées vers de nouveaux territoires.
- Elles gèrent désormais des risques hybrides (digital → physique).
- Elles doivent protéger des dirigeants sur une dimension personnelle et narrative.
- Elles doivent coordonner la réponse dans des délais compatibles avec la viralité.
- Elles doivent composer avec des activismes protéiformes, parfois très organisés.
L’actualité sécurité montre d’ailleurs que ces risques se nourrissent mutuellement : désinformation, polarisation, menaces, et parfois cybercriminalité. La question n’est plus de savoir si une crise de réputation peut devenir une crise de sûreté ; c’est de savoir à quelle vitesse et avec quels dommages.
Dans ce contexte, LaFrenchCom fait un pari : apporter aux directions sûreté une capacité complémentaire, centrée sur la compréhension du “champ narratif” et sa traduction en décisions de protection.
La communication, ici, cesse d’être un habillage. Elle devient un outil de résilience.
La sûreté ne se limite plus au périmètre, elle s’étend au récit
La montée des activismes, la fracture de confiance, la conflictualité informationnelle et l’exposition des dirigeants redessinent les contours de la sûreté d’entreprise. Les organisations ne se contentent plus de protéger des sites : elles doivent protéger une capacité à agir, à décider, à durer.
Le Forum économique mondial place la désinformation et la polarisation parmi les risques majeurs à court terme ; la France structure une stratégie nationale de lutte contre les manipulations ; les indicateurs de ciblage de dirigeants repartent à la hausse ; la confiance s’érode.
Dans cette nouvelle réalité, une offre comme la « sûreté réputationnelle » vise à combler un vide : relier la lecture informationnelle au geste de sûreté, et transformer un flux chaotique (rumeurs, indignations, campagnes) en une capacité de pilotage : détecter, qualifier, décider, protéger.