AccueilFAQIdée reçue n°10 : une crise est terminée quand les médias passent à autre chose

Idée reçue n°10 : une crise est terminée quand les médias passent à autre chose

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Quand les articles disparaissent, que les notifications cessent et que les journalistes appellent moins, un sentiment de soulagement s’installe. Pourtant, c’est souvent à ce moment précis que commence la phase la plus risquée de la communication de crise.

Le faux soulagement de la fin médiatique

Dans de nombreuses organisations, la fin d’une crise est décrétée de manière simple : les médias ne parlent plus du sujet. L’agenda médiatique se déplace, l’actualité reprend son cours, la pression retombe. En interne, on respire. On pense que le plus dur est passé.

Cette perception est compréhensible, mais elle est dangereuse. Car la fin de la couverture médiatique ne marque presque jamais la fin réelle d’une crise. Elle marque seulement la fin de sa phase la plus visible.

Comme le rappelle Florian Silnicki, spécialiste internationalement reconnu de la gestion de crise :
« Une crise ne s’arrête pas quand on n’en parle plus. Elle s’arrête quand ses conséquences ont été traitées. »

C’est précisément cette confusion entre silence médiatique et résolution réelle qui fragilise durablement les organisations.

Pourquoi on confond fin médiatique et fin de crise

La crise médiatique est bruyante, intense et émotionnellement éprouvante. Lorsqu’elle s’apaise, l’organisation est souvent épuisée. La tentation est grande de tourner la page au plus vite, de revenir à une forme de normalité et d’éviter toute réouverture du sujet.

À cela s’ajoute une contrainte opérationnelle. Pendant la crise, de nombreux projets sont suspendus, des décisions sont retardées, des équipes sont mobilisées en urgence. Dès que la pression externe baisse, la priorité devient le redémarrage.

Enfin, l’écosystème médiatique lui-même encourage cette illusion. Les médias passent rapidement à autre chose. Ce rythme donne l’impression que le problème est réglé, alors qu’il est simplement sorti du champ de vision.

La crise continue là où on ne la regarde plus

Lorsque les médias se retirent, la crise change de nature. Elle devient plus diffuse, plus silencieuse, mais souvent plus profonde. Elle se déplace vers des terrains moins visibles, mais décisifs : la confiance interne, la relation client, l’image employeur, la crédibilité auprès des partenaires et des autorités.

C’est à ce moment-là que certaines conséquences apparaissent réellement. Turnover accru, difficultés de recrutement, perte de clients, défiance des parties prenantes, tensions internes. Ces effets ne font pas la une des journaux, mais ils peuvent fragiliser durablement l’organisation.

Une crise mal “digérée” continue de produire des dégâts longtemps après sa disparition médiatique.

L’après-crise : la phase la plus négligée de la communication de crise

La plupart des dispositifs de gestion de crise sont conçus pour l’urgence. Ils sont très performants pour répondre à la pression immédiate, beaucoup moins pour accompagner la phase de sortie.

Or, l’après-crise est un moment clé. C’est là que se joue la reconstruction — ou l’enlisement. C’est aussi le moment où l’organisation est la plus vulnérable, car elle relâche sa vigilance tout en restant observée.

Comme le souligne Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom :
« L’après-crise est le moment où l’organisation croit que tout est fini, alors que l’opinion commence seulement à juger sur la durée. »

La mémoire des crises ne disparaît jamais vraiment

Même lorsque les médias passent à autre chose, la crise laisse des traces. Articles archivés, contenus indexés sur les moteurs de recherche, captures d’écran, vidéos, témoignages : rien ne disparaît vraiment.

À la moindre nouvelle polémique, ces éléments ressurgissent. Ils servent de références, de précédents, parfois d’arguments à charge. Une crise mal clôturée devient un passif réputationnel.

C’est pourquoi certaines organisations voient resurgir des crises anciennes, parfois plusieurs années plus tard, à l’occasion d’un nouvel incident. Le passé non traité revient toujours.

La reconstruction ne se décrète pas, elle se démontre

Beaucoup d’organisations pensent que le retour au silence médiatique suffit à rétablir la confiance. Or, la confiance ne se réinstalle jamais automatiquement. Elle se reconstruit par des signaux répétés, cohérents et observables dans le temps.

Ces signaux sont rarement médiatiques. Ils prennent la forme de changements concrets, de nouvelles pratiques, de décisions assumées, parfois discrètes. Ils concernent autant la gouvernance que la culture interne.

Sans ce travail de fond, la communication de crise reste inachevée.

Le piège du “plus jamais ça” non suivi d’effets

Dans de nombreuses crises, les organisations promettent que “cela ne se reproduira plus”. Cette promesse, si elle n’est pas suivie d’actions visibles, devient un élément aggravant en cas de récidive.

Le public n’attend pas une perfection immédiate. Il attend une trajectoire crédible. Il observe si les engagements pris pendant la crise se traduisent par des changements réels après.

L’après-crise est le moment où ces promesses sont évaluées, souvent de manière silencieuse, mais implacable.

Quand l’absence de communication devient un problème

Paradoxalement, après la crise, certaines organisations cessent totalement de communiquer sur le sujet, pensant ainsi éviter de le raviver. Cette stratégie peut se retourner contre elles.

L’absence totale de suivi donne parfois l’impression que la crise a été “enterrée” plutôt que traitée. Les parties prenantes restent alors dans l’incertitude, voire dans la défiance.

Une communication post-crise sobre, factuelle et régulière peut au contraire contribuer à refermer durablement le dossier, en montrant que les enseignements ont été tirés.

L’après-crise est aussi une crise interne

Si la communication externe attire l’attention, l’impact interne d’une crise est souvent sous-estimé. Les collaborateurs ont vécu la pression médiatique, parfois la honte, parfois la colère. Ils ont vu leur organisation attaquée, parfois caricaturée.

Lorsque la direction décrète la fin de la crise sans reconnaître ce vécu, un décalage se crée. Le malaise persiste. La confiance interne s’érode.

Travailler l’après-crise, c’est aussi réparer en interne, réengager, expliquer, écouter. Sans cela, la crise laisse une fracture invisible mais durable.

Pourquoi certaines crises semblent ne jamais finir

Certaines organisations ont le sentiment d’être enfermées dans une succession de crises. En réalité, il s’agit souvent d’une même crise non résolue, qui réapparaît sous des formes différentes.

L’absence de travail post-crise crée un terrain favorable à la récidive. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La communication devient défensive, répétitive, usée.

À l’inverse, les organisations qui investissent sérieusement l’après-crise réduisent significativement le risque de nouvelles crises.

Ce que font les organisations qui sortent vraiment d’une crise

Les organisations qui parviennent à tourner la page ne le font jamais par oubli. Elles le font par transformation. Elles prennent le temps d’analyser ce qui s’est passé, d’identifier les failles et d’ajuster leurs pratiques.

Elles acceptent que la crise soit un moment de vérité, parfois inconfortable, mais révélateur. Elles utilisent l’après-crise pour renforcer leur résilience, pas pour revenir exactement à l’état antérieur.

La communication accompagne ce mouvement, sans chercher à l’embellir.

L’approche de LaFrenchCom sur l’après-crise

C’est précisément pour cette raison que LaFrenchCom considère l’après-crise comme une phase stratégique à part entière. L’agence accompagne ses clients bien au-delà de la disparition médiatique du sujet.

Audit post-crise, ajustement des messages, accompagnement des dirigeants, travail sur la réputation à moyen terme : la communication ne s’arrête pas avec le dernier article. Elle se transforme.

Cette approche permet d’éviter que la crise ne laisse une empreinte durable et négative.

Pourquoi ce mythe persiste malgré les échecs

Si l’idée que la crise se termine quand les médias passent à autre chose persiste, c’est parce qu’elle est psychologiquement confortable. Elle permet de clore rapidement un épisode douloureux.

Mais cette facilité a un coût. Elle reporte les problèmes au lieu de les résoudre. Elle transforme la crise en dette réputationnelle.

Une crise se termine quand la confiance revient, pas quand le bruit cesse

La fin médiatique d’une crise n’est jamais sa fin réelle. Elle marque seulement un changement de phase. Le vrai travail commence souvent quand plus personne ne regarde.

Une crise est véritablement terminée lorsque la confiance est restaurée, lorsque les engagements ont été tenus et lorsque l’organisation a intégré les enseignements de l’épreuve.

Comme le résume Florian Silnicki :
« Le silence médiatique est un répit. La sortie de crise est un processus. »

Comprendre cela, c’est accepter que la communication de crise ne se limite pas à gérer l’urgence. Elle consiste aussi — et surtout — à construire l’après. C’est cette vision long terme qui fait la différence entre une crise oubliée… et une crise qui laisse des traces durables.