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Charte de relation médias et transparence de méthode

compliance

En situation de crise, les médias jouent un rôle central : informer, interroger, enquêter, confronter, contextualiser. Ils peuvent aussi sans intention malveillante amplifier, accélérer, simplifier, ou figer un récit avant que les faits ne soient établis. C’est la nature même d’un environnement sous tension.

Dans ce contexte, la relation entre une organisation en crise (et ses conseils) et les médias est un exercice d’équilibre :

  • répondre sans improviser,
  • expliquer sans spéculer,
  • être transparent sur ce qui est vérifiable, sans compromettre des personnes, des procédures, ni des informations sensibles.

Cette charte formalise la doctrine de LaFrenchCom en matière de relation médias et de transparence de méthode. Elle vise à rendre explicites nos pratiques :

  • ce que nous considérons comme une relation presse responsable,
  • ce que nous refusons,
  • et la façon dont nous travaillons pour garantir une parole cohérente, factuelle et utile.

Cette charte n’est pas un conseil juridique. Elle exprime un cadre professionnel et éthique. Elle s’articule avec nos autres engagements : confidentialité renforcée, éthique et intégrité, acceptation des missions et lignes rouges, coordination avec le juridique, gestion des conflits d’intérêts analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom.

Objet et finalité

Objet

Cette charte définit :

  • les principes de conduite de LaFrenchCom dans les échanges avec les journalistes et les rédactions ;
  • les règles d’accès, de réponse, de vérification et de correction ;
  • la gestion des formats (interviews, conférences, off, background) ;
  • les engagements de transparence sur notre méthode, sans divulgation d’informations confidentielles.

Finalité

Notre finalité est triple :

  1. Faciliter une information de qualité en temps de crise : claire, factuelle, contextualisée.
  2. Protéger les personnes et les procédures : éviter les effets de foule, la mise en danger, la divulgation de données sensibles, ou l’interférence avec des enquêtes.
  3. Préserver la confiance : une parole cohérente, traçable, corrigée si nécessaire, et respectueuse de la mission des médias.

Champ d’application

Cette charte s’applique :

  • à toutes nos interventions en crise (préparation, gestion, sortie de crise) ;
  • à tous les canaux de relation médias : email, téléphone, conférences de presse, points presse, interviews, “doorstep”, podcasts, plateaux, réseaux sociaux ;
  • à toutes les parties prenantes médiatiques : journalistes, rédactions, agences, producteurs, reporters, fact-checkers.

Principes directeurs

Respect de la liberté d’informer

Nous reconnaissons le rôle des médias et la liberté d’enquête. Notre posture vise à :

  • répondre avec professionnalisme,
  • clarifier les faits disponibles,
  • indiquer les limites légitimes (confidentialité, enquête, sécurité, données personnelles).

Primauté des faits et non‑spéculation

En crise, la spéculation fait du bruit et crée des dommages.
Nous distinguons systématiquement :

  • faits confirmés,
  • éléments en cours de vérification,
  • hypothèses,
  • rumeurs / informations non corroborées.

Nous ne “remplissons pas les blancs” pour satisfaire un format.

Transparence de méthode, pas transparence d’indiscrétion

Nous sommes transparents sur :

  • comment les faits sont vérifiés,
  • qui est mobilisé (fonctions, pas noms),
  • quel calendrier d’update est prévu,
  • quels engagements d’action ou de protection sont pris.

Nous ne sommes pas transparents sur :

  • l’identité de nos clients et le détail de nos missions,
  • des éléments sensibles (sécurité, données, procédures),
  • des informations non validées.

Proportion, sobriété et utilité

Nos échanges visent l’utilité : expliquer, orienter, corriger, mettre à jour.
Nous évitons la mise en scène, l’escalade, la dramaturgie et les effets de manche.

Équité et non‑discrimination

Nous cherchons à traiter les demandes avec équité, sans :

  • favoriser indûment un média au détriment d’un autre,
  • “punir” une ligne éditoriale,
  • conditionner l’accès à une couverture favorable.

Protection des personnes

Nous protégeons :

  • victimes et personnes affectées,
  • salariés exposés,
  • témoins,
  • personnes mises en cause (selon les règles applicables),
  • et plus largement toute personne dont la divulgation pourrait entraîner harcèlement, menace ou préjudice injustifié.

Cohérence et traçabilité

Une crise se dégrade souvent par incohérence : un “petit mot” off, une phrase approximative, un tweet isolé.
Nous imposons :

  • une doctrine de message,
  • une discipline de versions,
  • des mises à jour planifiées.

Nos engagements de relation médias

Réactivité responsable

Nous nous engageons à :

  • accuser réception des demandes dans des délais réalistes ;
  • indiquer quand une réponse complète est possible ;
  • proposer un “holding statement” lorsque la vérification est en cours ;
  • donner un rendez‑vous d’update (heure/date) lorsque pertinent.

Principe : mieux vaut une réponse courte, juste et datée, qu’une réponse rapide mais fragile.

Accessibilité et clarté

Nous privilégions :

  • des messages compréhensibles, non jargon ;
  • une structure “ce qu’on sait / ce qu’on fait / ce qui vient” ;
  • des points de contact clairs ;
  • des formats adaptés (Q&A, fiches factuelles, éléments de contexte).

Exactitude et contrôle de la reprise

Nous faisons attention aux phrases “reprenables” (titres, citations).
Nous veillons à :

  • ne pas fournir de chiffres non consolidés ;
  • ne pas confirmer indirectement des rumeurs ;
  • ne pas “sur-promettre”.

Correction des erreurs

Si une erreur factuelle apparaît dans une publication :

  • nous demandons une correction sur la base d’éléments précis ;
  • nous restons courtois et professionnels ;
  • nous évitons l’escalade publique ;
  • nous documentons les corrections proposées.

Si une erreur vient de nous :

  • nous corrigeons rapidement,
  • nous clarifions la mise à jour,
  • nous évitons d’entretenir la confusion.

Non‑intimidation et non‑hostilité

Nous nous interdisons :

  • menaces,
  • intimidation,
  • attaques ad hominem,
  • campagne de harcèlement,
  • “punition” d’un journaliste.

Nous protégeons nos équipes et nos clients, mais sans violence.

Transparence de méthode : ce que nous rendons public et explicite

En crise, la confiance se construit aussi par l’explication de la méthode. Quand c’est pertinent, nous explicitons :

Le dispositif de crise (sans éléments sensibles)

  • existence d’une cellule de crise,
  • rôles (direction, juridique, RH, sécurité, experts),
  • cadence (points de situation, mises à jour),
  • canaux officiels de communication.

La vérification des faits

  • collecte auprès de sources internes identifiées,
  • recoupement,
  • prudence sur les informations externes non corroborées,
  • distinction entre faits établis et informations en investigation.

Le calendrier d’information

  • points d’update prévus,
  • engagement de mise à jour si faits nouveaux,
  • priorités (sécurité, assistance, continuité, clarification).

La protection des personnes et des données

  • justification des limites : données personnelles, sécurité, enquête,
  • rappel des règles de non-divulgation d’identités lorsqu’il y a risque.

Principe : la méthode peut être transparente, même quand le détail ne peut pas l’être.

Formats d’échange : règles de conduite

On the record / off the record / background : règles strictes

LaFrenchCom applique une règle simple : tout ce qui n’est pas explicitement cadré est considéré “on the record”.

  • On the record : citables, attribuables.
  • Off the record : non publiables, non citables — uniquement si accord explicite préalable des deux parties.
  • Background : information utilisable, mais non attribuée (selon modalités convenues).
  • Embargo : information partagée avant publication, avec une date/heure de levée — uniquement si accord clair.

Nous clarifions toujours :

  • le statut de l’échange,
  • l’attribution,
  • les limites,
  • et le périmètre des informations partagées.

Interviews et prises de parole

Avant une interview :

  • objectifs, messages clés, limites,
  • Q&A préparé,
  • risques juridiques et humains évalués,
  • porte‑parole briefé (format, durée, angles probables).

Pendant :

  • éviter l’improvisation “hors périmètre”,
  • reconnaître l’incertitude plutôt que spéculer,
  • ne pas divulguer d’informations sensibles.

Après :

  • suivi de ce qui a été dit,
  • clarification si une phrase est ambiguë,
  • mise à jour si faits nouveaux.

Conférences de presse et points presse

Nous privilégions :

  • des formats utiles (faits + actions + Q&R),
  • une logistique qui réduit les risques (sécurité, flux, accès),
  • un document factuel (si possible) pour éviter les erreurs de reprise.

Ce que nous refusons dans la relation médias

Pratiques contraires à l’intégrité

Nous refusons :

  • de mentir, fabriquer, falsifier des faits ;
  • de fournir sciemment une information trompeuse ;
  • de “planter” un tiers via rumeur organisée ;
  • d’exploiter une crise pour nuire à un concurrent.

Influence opaque

Nous refusons :

  • paiement ou avantage indu pour influencer une couverture,
  • arrangements opaques,
  • pression par l’accès (“si vous écrivez X, vous n’aurez plus d’infos”),
  • chantage à l’interview.

Attaques et escalade

Nous refusons :

  • intimidation,
  • menaces de poursuites “pour faire peur” (sans fondement ni proportion),
  • campagnes de discrédit ciblant des journalistes.

Gestion des rumeurs, fuites et informations partielles

En crise, une partie de l’information circule avant d’être validée. Notre doctrine :

Ne pas confirmer par réflexe

Le fait qu’une information circule ne la rend pas vraie. Nous évitons :

  • “pas de commentaire” mécanique (qui peut être interprété),
  • mais aussi la confirmation hâtive.

Réponses typiques responsables

Selon les cas :

  • “Information en cours de vérification, mise à jour à [heure].”
  • “Nous ne pouvons pas commenter cet élément pour des raisons de procédure/sécurité, mais voici ce que nous pouvons dire…”
  • “Cet élément est inexact selon nos informations à ce stade : voici les faits confirmés…”

Mettre l’accent sur ce qui est utile

Nous orientons la communication vers :

  • la protection des personnes,
  • les actions en cours,
  • les canaux officiels,
  • et le calendrier d’update.

Réseaux sociaux et journalistes : règles spécifiques

Les réseaux sociaux accélèrent et fragmentent. Nous appliquons :

  • cohérence entre messages presse et messages plateformes,
  • prudence sur les échanges “à chaud” en public,
  • refus des “joutes” et de la violence verbale,
  • correction factuelle quand c’est utile, sans harcèlement.

Nous pouvons utiliser les réseaux sociaux pour :

  • diffuser un message officiel,
  • corriger un fait,
  • orienter vers un point d’information fiable,
  • annoncer un update.

Gouvernance interne : comment nous appliquons cette charte

Porte‑parolat et validation

Nous définissons :

  • qui est habilité à répondre,
  • quels messages doivent être validés (juridique, direction),
  • comment gérer l’urgence (fast track + holding statement).

Discipline documentaire

  • un document maître (Q&A / points clés),
  • versioning daté,
  • canal de diffusion officiel,
  • traçabilité des validations sensibles.

Formation

Nous entraînons :

  • porte‑paroles (interviews, adversarial, plateau),
  • équipes internes (réponses courtes, fact-check, limites),
  • community managers (modération, sécurité, harcèlement).

Non‑respect : conséquences

Le non‑respect de cette charte peut entraîner :

  • retrait d’un intervenant,
  • mesures internes (selon gravité),
  • suspension d’une prise de parole,
  • et, si la demande du client exige une pratique contraire (mensonge, intimidation, manipulation), application de notre charte d’acceptation des missions et lignes rouges : refus ou retrait.

Révision et publication

Cette charte est publique et peut être mise à jour pour tenir compte :

  • de l’évolution des formats médias,
  • des pratiques plateformes,
  • des risques de désinformation,
  • et de notre retour d’expérience.

LaFrenchCom considère que la relation médias en crise doit être construite sur trois piliers :

  • respect (du rôle des médias et des personnes),
  • rigueur (des faits et des procédures),
  • transparence de méthode (expliquer comment on travaille, sans divulguer ce qui doit rester protégé).

Une crise ne se gère pas contre les médias, ni par les médias : elle se gère par la cohérence, la responsabilité et la qualité de l’information disponible.