- Objet et finalité
- Champ d’application
- Principes directeurs
- Engagements de LaFrenchCom
- Organisation du travail en crise : règles opérationnelles
- Protection face aux menaces, pressions et harcèlement
- Gestion des crises “à charge émotionnelle élevée”
- Gouvernance interne et responsabilités
- Droit d’alerte et mécanisme d’escalade
- Formation et prévention
- Non‑respect et conséquences
- Révision et amélioration continue
La communication de crise est un métier d’intensité. Elle se pratique dans l’urgence, sous pression, souvent face à l’émotion, à l’incertitude, aux risques juridiques, à la violence numérique, et parfois à la mise en danger de personnes. Elle exige des décisions rapides, une concentration élevée, une disponibilité étendue et une maîtrise de soi permanente.
Dans cet environnement, une conviction guide LaFrenchCom : la solidité d’une réponse de crise dépend aussi de la solidité de ceux qui la portent insiste l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom.
Une équipe épuisée, sur‑exposée, ou isolée prend de moins bonnes décisions, commet plus d’erreurs, et devient plus vulnérable aux manipulations, aux attaques, et aux ruptures de cohérence. À l’inverse, une équipe protégée, encadrée, reposée et soutenue est plus fiable, plus juste, et plus utile au client.
Cette charte formalise notre engagement public : protéger le bien‑être, la santé mentale, l’intégrité et la sécurité des équipes mobilisées, en particulier lors des crises longues, violentes, ou à forte exposition. Elle vise à ancrer une culture professionnelle saine, loin de toute glorification de l’épuisement (“hero culture”) et de toute normalisation de la surcharge.
Cette charte s’articule avec nos autres référentiels : éthique et intégrité, confidentialité et sécurité de l’information, acceptation des missions et lignes rouges, coordination avec le juridique, relation médias, gestion des conflits d’intérêts, respect des victimes et des personnes exposées.
Objet et finalité
Objet
Cette charte définit :
- nos principes de prévention de la surcharge et de la charge mentale ;
- l’encadrement des astreintes et de l’urgence ;
- les mesures de protection contre la violence en ligne et les menaces ;
- les règles de sécurité en déplacement et en environnement à risque ;
- les mécanismes de soutien, de débriefing et de récupération ;
- la gouvernance et le droit d’alerte interne.
Finalité
Notre finalité est triple :
- Préserver la santé physique et psychologique des équipes.
- Garantir la qualité et la fiabilité de nos interventions.
- Réduire les risques (erreurs, fuite, escalade, exposition) liés à la fatigue et à la pression.
Champ d’application
Cette charte s’applique :
- à tous les collaborateurs, dirigeants, consultants, freelances, sous‑traitants et partenaires intervenant sous la responsabilité de LaFrenchCom ;
- à toutes les missions, en particulier celles impliquant urgence, astreinte, exposition médiatique, conflit social, cyberattaque, crise avec victimes, menaces, procédures sensibles ;
- à tous les environnements de travail : bureau, domicile, déplacements, “war room”, dispositifs 24/7 ;
- à tous les canaux d’exposition : médias, réseaux sociaux, messageries, appels, événements.
Principes directeurs
“La performance durable” plutôt que l’héroïsme
Nous refusons la culture du surmenage comme preuve de valeur.
L’endurance ne remplace pas la méthode.
Prévention avant réparation
Nous privilégions l’anticipation : dimensionnement, rotations, repos, protocoles, plutôt que “tenir coûte que coûte” jusqu’à l’épuisement.
Sécurité psychologique et droit d’alerte
Chaque membre de l’équipe doit pouvoir :
- signaler une surcharge,
- demander une rotation,
- demander une relecture,
- interrompre une action si un risque grave apparaît (harcèlement, menace, dérive).
Sans crainte de jugement ni de sanction.
Protection de l’identité et de la vie privée
La protection des équipes inclut la protection contre :
- le doxxing,
- l’exposition de coordonnées personnelles,
- l’attaque ciblée (harcèlement, menaces, insultes),
- la pression médiatique intrusive.
Confidentialité et sécurité : une protection du collectif
La discipline de confidentialité et la sécurité de l’information protègent aussi les équipes : moins de fuites, moins d’exposition, moins de menaces.
Engagements de LaFrenchCom
Encadrement de la charge et du rythme
Nous nous engageons à :
- dimensionner les missions (périmètre, priorités, cadence) ;
- clarifier “l’essentiel” (ce qui doit être fait) et “le secondaire” (ce qui peut attendre) ;
- éviter la multiplication des canaux et des validations qui épuisent sans ajouter de valeur ;
- organiser des rotations en cas de crise longue.
Astreintes : clarté, équité, repos
Nous encadrons l’astreinte par :
- un planning défini (autant que possible) ;
- des plages de repos obligatoires ;
- une règle de relève : une crise ne doit pas reposer durablement sur une seule personne ;
- un dispositif de “backup” identifié.
Droit à la déconnexion hors astreinte
Hors astreinte et hors urgence explicitement déclarée :
- nous respectons un principe de non‑sollicitation ;
- nous privilégions des canaux non intrusifs ;
- nous évitons la pression sociale (“tu as vu le message ?”).
Soutien psychologique et débriefing
Nous mettons en place :
- des débriefings post‑crise (techniques et humains) ;
- un espace de parole et de régulation (surtout après crises violentes) ;
- la possibilité d’un soutien externe si la situation le justifie.
Protection contre la violence en ligne
Nous appliquons une doctrine de protection :
- ne pas exposer inutilement des noms, profils, adresses ou habitudes ;
- protocole en cas de harcèlement/menaces ;
- conservation de preuves utiles (captures, liens) selon règles de sécurité ;
- escalade vers les fonctions compétentes (client, plateforme, juridique, sécurité) quand nécessaire.
Sécurité physique et déplacements
Si une mission implique un risque (manifestations, sites sensibles, tension locale) :
- évaluation préalable,
- consignes claires,
- limitation de l’exposition,
- coordination avec la sécurité du client si applicable,
- droit de refuser une situation jugée dangereuse.
Organisation du travail en crise : règles opérationnelles
La règle des “3 couches”
Pour réduire la charge mentale, nous structurons le travail en trois couches :
- Message maître (faits confirmés, actions, calendrier d’update)
- Q&A maître (réponses types, limites, procédures)
- Exécution multi‑canaux (médias, réseaux, interne) alignée sur 1) et 2)
Objectif : éviter de “réinventer” la réponse à chaque demande, et limiter l’épuisement par dispersion.
Discipline de priorité
En crise, tout paraît urgent. Nous appliquons :
- une liste de priorités (top 3),
- des “fenêtres d’update” (cadence),
- des points de situation courts et réguliers.
Réunions : sobriété et utilité
Nous limitons :
- les réunions longues sans décision,
- les boucles de validation infinies,
- les doublons de canaux.
Une réunion de crise doit produire :
- une décision,
- une validation,
- ou une clarification factuelle.
Rotation et relèves
Pour les crises longues :
- relève planifiée (même minimaliste),
- passage de témoin structuré (état des lieux, risques, prochaines échéances),
- documentation pour éviter la “charge de mémoire” individuelle.
Protection face aux menaces, pressions et harcèlement
Ce que nous considérons comme une situation à risque
- menaces directes (écrites, vocales, implicites)
- harcèlement ou raids sur réseaux sociaux
- doxxing ou tentative de doxxing
- pression intrusive (journaliste insistante, appels répétés)
- intimidation d’équipe (insultes, attaques coordonnées)
Protocole de réaction (principes)
- Ne pas répondre à chaud aux attaques (sauf nécessité opérationnelle).
- Documenter (captures, liens, date/heure) selon règles de sécurité.
- Signaler en interne immédiatement (référent mission + référent sécurité).
- Évaluer le niveau de risque (simple nuisance vs menace sérieuse).
- Mettre en place des protections (modération renforcée, retrait d’infos perso, rotation, relais).
- Escalader si besoin (client, plateforme, juridique, sécurité, autorités compétentes via le client si applicable).
Règles de prévention (hygiène numérique)
Sans sur‑exposer nos pratiques, nous appliquons une discipline :
- minimisation des informations personnelles publiques (profils, adresses, numéros) ;
- prudence sur les photos et localisations en temps réel ;
- comptes professionnels séparés quand nécessaire ;
- consignes de confidentialité sur les déplacements et lieux de travail.
Protection du porte‑parole et des équipes visibles
Nous recommandons :
- limitation des prises de parole individuelles sur réseaux personnels ;
- scripts de réponse et consignes d’arrêt ;
- binôme de soutien lors d’expositions fortes (plateaux, conférences).
Gestion des crises “à charge émotionnelle élevée”
Certaines crises ont un impact psychologique fort (victimes, drames, accusations graves, violence en ligne, conflits sociaux). Dans ces cas, nous appliquons des mesures renforcées :
- relectures “humain & risques” plus strictes ;
- limitation de l’exposition répétée à des contenus violents (rotation, filtres, délégation) ;
- pauses obligatoires sur les tâches les plus éprouvantes (modération de menaces, lecture d’insultes) ;
- débrief systématique post‑séquence.
Principe : l’exposition prolongée à la violence numérique est un risque professionnel à traiter comme tel.
Gouvernance interne et responsabilités
Responsabilité de LaFrenchCom
LaFrenchCom s’engage à :
- créer les conditions de travail soutenables,
- arbitrer le périmètre et dire non au “tout, tout de suite”,
- organiser la relève,
- protéger les équipes des demandes toxiques (clients, médias, réseaux).
Responsabilité des managers/référents de mission
Le référent de mission doit :
- suivre la charge et les signaux de fatigue,
- imposer des temps de récupération,
- assurer la cohérence (éviter la dispersion),
- activer les protections (menaces, doxxing, exposition),
- déclencher l’escalade si nécessaire.
Responsabilité individuelle
Chaque intervenant s’engage à :
- signaler sa surcharge ou son épuisement,
- respecter les règles de sécurité et de confidentialité,
- ne pas “tenir seul” par orgueil,
- respecter le droit à la déconnexion des autres.
Droit d’alerte et mécanisme d’escalade
Tout membre de l’équipe peut déclencher une alerte lorsqu’il observe :
- surcharge chronique,
- dérive de mission (agressivité, intimidation, lignes rouges),
- menace, harcèlement, doxxing,
- risque de sécurité (information, physique),
- situation émotionnellement dangereuse.
Réponse attendue :
- prise en compte rapide,
- ajustement du dispositif,
- rotation si nécessaire,
- et document de décision interne (au minimum un point clair : “ce qu’on fait / ce qu’on stoppe / qui prend le relais”).
Formation et prévention
LaFrenchCom organise (ou recommande) :
- formations à la gestion de crise sous pression (méthode, priorisation) ;
- media training incluant gestion de l’hostilité ;
- formation à la modération et au harcèlement en ligne ;
- sensibilisation à la charge mentale (signaux, prévention, récupération) ;
- simulations de crise incluant rotation et passage de relais (souvent oubliés).
Non‑respect et conséquences
Le non‑respect de cette charte peut entraîner :
- ajustement immédiat de l’organisation du travail,
- retrait d’exposition d’un intervenant,
- mesures internes selon gravité,
- et, si la situation est imposée par un client (rythme dangereux, exposition volontaire, refus de protection), application de notre charte d’acceptation des missions et lignes rouges : recadrage, suspension, ou retrait.
Révision et amélioration continue
Cette charte est publique et évolutive. Elle est révisée en fonction :
- des retours d’expérience,
- des nouvelles formes de violence numérique,
- des évolutions des plateformes et des pratiques de crise,
- des apprentissages opérationnels.
LaFrenchCom affirme qu’une agence de crise responsable doit protéger autant sa méthode que ses équipes.
Cette charte formalise un engagement clair : la performance en crise ne se construit pas sur l’épuisement, mais sur une organisation robuste, une culture de la protection, une discipline de priorisation, et un soutien réel des personnes exposées.
En situation de crise, nous choisissons :
- la sobriété plutôt que l’héroïsme,
- la rotation plutôt que l’usure,
- la protection plutôt que l’exposition,
- et la qualité durable plutôt que la vitesse aveugle.