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La communication des "négociateurs de crise" du RAID


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Souvent médiatisé à travers ses hommes en tenue sombre portant cagoule, le RAID prend en compte depuis sa création, en 1985, l’aspect psychologique des événements lors de ses interventions.

C’est en privilégiant la négociation sur l’intervention musclée que cette unité d’élite de la police nationale avait mis un terme à une prise d’otages au palais de justice de Nantes, en décembre 1985, en obtenant la reddition des ravisseurs.

Cet aspect de l’action du RAID a été « officialisé » il y a quelques mois, avec la création d’une section « gestion de crise et négociations » au sein de l’unité.

Cette équipe pluridisciplinaire se compose de trois médecins spécialistes des urgences intervenant à temps partiel, d’un psychoclinicien exerçant également dans une association de soutien aux victimes, et de trois officiers de police hautement qualifiés en criminologie.

« Nous intervenons tant au profit du RAID que des autres services de police », explique le commandant de police qui dirige cette unité.

« Notre mission est d’évaluer objectivement le niveau de danger, en fonction du ou des individus que nous avons en face de nous et du contexte. Ceci permet notamment de déterminer si l’affaire peut être réglée par les services locaux, ou s’il faut faire intervenir une unité spécialisée ».

Le but premier est « d’éviter la casse » en tentant d’engager la négociation avec « l’opposant ». Mais, constate l’officier formé à l’école des « négociateurs de crise » du FBI, la marge est généralement faible. « On peut négocier dans un cas sur trois, en moyenne », reconnait-il.

Les « profilers » du RAID, qui interviennent souvent en « précurseurs » de l’unité elle-même, conseillent également le responsable de l’opération en cours.

Ils mettent rapidement en place une « stratégie de communication » entre les acteurs impliqués, l’expérience prouvant que ce sont souvent des dysfonctionnements en la matière qui engendrent les difficultés.

« En matière de crise, celui qui détient la communication détient le pouvoir », affirme le chef de section.

Les médecins et le psychoclinicien apportent aussi un soutien psychologique aux policiers engagés dans l’opération, s’il en est besoin, ainsi qu’aux victimes.

« C’est un véritable travail d’équipe qui demande beaucoup d’expérience, qui exige d’avoir bien conscience des limites des uns et des autres et surtout, beaucoup d’humilité », dit le commandant.

Depuis plus de deux ans, le chef de cette section, véritablement passionné par son domaine, a mis au point avec des amis informaticiens un logiciel d’aide à la décision.

Cette base de données est enrichie en permanence d’informations de type criminologique ou psychologique concernant des situations de crise, pour permettre de dégager des « profils-type ».

Mais contrairement au modèle américain « où chaque individu doit entrer dans une case définie », le modèle retenu par le RAID fait aussi appel à l’expérience personnelle des uns et des autres afin de pouvoir « s’adapter à la situation du mieux possible ».

Le Mondial ne va pas bouleverser le rythme de cette petite équipe. « On va être en stand-by, comme tout le temps. En cas de crise grave pendant la Coupe du monde, nous interviendrons comme pour tout autre événement », dit le commandant de police pour qui « le côté foot ne change rien » au profil de forcenés ou terroristes éventuels.