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La défiance des Français face aux risques


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dramatisation

Les Français ont peur des crises sanitaires qui prolifèrent à nos frontières et au-delà.

Or une étude Leo Corporate/Opinion Way révèle que la majorité d’entre eux se méfient des entreprises et des industriels censés les protéger.

La France a peur. Ce n’est plus Roger Gicquel qui le dit, mais l’agence Leo Corporate qui, après Christophe Lambert, patron de Publicis Conseil, nous renvoie à son tour au visage le spectre de la grande menace, née cette fois des crises sanitaires qui secouent la planète depuis quelques années. Dans son Observatoire des risques sanitaires, réalisé en collaboration avec l’institut d’études OpinionWay, l’agence met à jour une crainte d’une ampleur alarmante, mais qui ne fait que confirmer une tendance guère nouvelle.

57 % pensent « qu’on leur cache beaucoup de choses pour éviter la panique »

Paradoxalement, le risque zéro existe bel est bien dans l’esprit des Français, qui estiment que les crises qui se sont succédé sur le territoire auraient pu être évitées. Le premier responsable des désordres de la planète et de l’apparition de ces risques est l’homme lui-même, ce qui pourrait donner raison à Thomas Hobbes qui considérait que « l’homme est un loup pour l’homme ».

Mais, en plus d’avoir peur, les Français sont particulièrement suspicieux : 77 % des personnes qui se sont exprimées en ligne dans le cadre de cette étude pensent qu’il est possible d’éviter les crises dans le domaine de la santé, mais 57 % estiment « qu’on leur cache beaucoup de choses pour éviter la panique ».

S’ils sont enclins à faire confiance aux scientifiques (62 %), aux organisations internationales (53 %), aux associations (35 %) et, dans une moindre mesure, aux journalistes (21 %) pour leur faire part de la vérité sur les risques qu’ils encourent, les Français n’accordent que très peu de crédit à l’administration et aux services sanitaires (10 %), aux syndicats (7 %), aux élus locaux (5 %) et, même, à l’Union européenne (4 %). Plus grave – les élections approchent ! – seuls 2 % d’entre eux font confiance au gouvernement et 1 % aux parlementaires.

Quant aux entreprises, elles subissent une veritable humiliation, leur score se résumant à… 0 %. La méfiance est d’ailleurs totale : 79 % d’entre eux pensent que l’info délivrée lors de l’apparition d’une crise dans le domaine de la santé est floue, tardive (71 %) et complexe (57 %).

Plus fâcheux, 60 % sont convaincus que le gouvernement ne serait « plutôt pas capable et même pas du tout capable » de préparer les infrastructures hospitalières à l’afflux éventuel de patients en cas de déclaration de l’épidémie aviaire.

« Il existe un vrai décalage entre la mémorisation des crises et les réponses des Français, explique Arnaud Dupui-Castérès, directeur général de Leo Corporate. Les gens ne font pas le lien entre la mortalité et la médiatisation dont elles font l’objet. Les accidents domestiques et le cancer font par exemple beaucoup plus de morts que la grippe aviaire, qui n’a pour l’instant fait aucune victime en France. »

Recenser les risques et évaluer leur impact

Ce constat alarmant montre les limites actuelles de la communication institutionnelle des entreprises. « Il ne suffit pas de clamer haut et fort un message en y consacrant des investissements publicitaires faramineux pour qu’il soit assimilé par les consommateurs », déclare Arnaud Dupui-Castérès, qui ne s’étonne guère des résultats de l’Observatoire, étant donné que « les entreprises commencent tout juste à aborder le sujet en restant la plupart du temps à la surface des choses ».

Les entreprises doivent revoir leur communication de crise et leur gestion de crise.

Ce qui leur manque en réalité, c’est une culture du risque. « Tous les paliers de l’entreprise doivent apprendre à reconnaître les signaux avant-coureurs d’une crise et à s’attendre au pire. Cela éviterait les erreurs de communication avec l’extérieur », clame Florent Chapel, directeur conseil de Leo Corporate. Pour leur inculquer cette culture, son agence préconise de recenser les risques auxquels l’entreprise est confrontée et d’évaluer leur impact, qu’ils soient de nature financière, juridique, sociale, ou d’images. « Évaluer un risque ne crée pas ce risque, cela permet justement de le désamorcer », poursuit Arnaud Dupui-Castérès.

Selon l’Observatoire des risques sanitaires, certaines entreprises tirent malgré tout leur épingle du jeu. Ainsi, les trois premières entreprises perçues comme bien préparées face à une crise dans le domaine de la santé sont dans l’ordre GDF (40 %), Danone (38 %) et Sanofi-Aventis (37 %) ; la queue du classement étant a contrario occupée par Schneider Electric (14 %), Lafarge (12 %) et Arcelor (11 %).

Aux esprits critiques qui ne manqueront pas de suspecter Leo Corporate de tirer profit des résultats de cette étude en remettant en cause sa méthodologie, notamment le fait qu’elle a été réalisée sur Internet, Arnaud Dupui-Castérès rétorque que « son souci principal est la cohérence et la réactivité immédiate. Cette méthode permet de prendre une photo instantanée et de dresser un état des lieux à un moment précis ». Destiné à devenir un baromètre annuel, cet observatoire se veut donc un outil de veille et de mesure d’opinion, mais reste, il est vrai, un excellent outil de prospection pour l’agence…