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Quels documents préparer avant une crise ?
- Définition
- Pourquoi formaliser autant de documents ?
- Tableau d'ensemble : les 10 documents indispensables
- Le plan de communication de crise
- La cartographie des risques
- L'annuaire de crise
- Les holding statements
- Les Q&A par scénario
- Les éléments de langage
- Les arbres de décision
- Les modèles de communiqués de presse de crise
- Les fiches scénarios
- Les contenus du dark site
- Documents complémentaires utiles
- Comment maintenir ces documents à jour ?
- Quel format physique pour ces documents ?
- Combien coûte la production de cette boîte à outils ?
- FAQ
Définition
Préparer une crise consiste à produire, en temps de paix, l’ensemble des documents opérationnels qui permettront à l’organisation de réagir vite et juste lorsque l’événement éclatera. Ces documents incluent le plan de communication de crise, les holding statements, les Q&A par scénario, les éléments de langage, les arbres de décision, les modèles de communiqués, l’annuaire de crise, les fiches scénarios et les contenus du dark site. Ensemble, ils constituent ce que les professionnels appellent la “boîte à outils” de crise; l’arsenal documentaire mobilisable instantanément par la cellule de crise.
En bref : on ne rédige pas un communiqué de crise sous pression à 23 h un samedi soir. On le prépare en temps de paix, on le valide à froid, et on n’a plus qu’à le compléter et le diffuser le moment venu.
Pourquoi formaliser autant de documents ?
L’argument fondamental est cognitif. Sous pression aiguë, les capacités intellectuelles se dégradent : stress, fatigue, sollicitations multiples, peur des conséquences. Toute décision improvisée est presque toujours moins bonne qu’une décision préparée à froid.
Les documents de crise répondent à cinq besoins concrets :
- Gagner du temps : chaque heure compte dans les premières 24 heures d’une crise.
- Garantir la cohérence : tous les acteurs s’appuient sur la même base documentaire.
- Sécuriser juridiquement : les formulations ont été validées à froid par la direction juridique.
- Tracer les décisions : les documents constituent une preuve utile en cas de contentieux ultérieur.
- Faciliter la transmission : un nouveau venu dans la cellule peut s’approprier le dispositif rapidement.
Règle d’or : un document de crise est utile à condition d’exister, d’être trouvable et d’être à jour. Un document parfait dans un coffre-fort oublié n’a aucune valeur opérationnelle insiste l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de LaFrenchCom.
Tableau d’ensemble : les 10 documents indispensables
| Document | Fonction | Niveau de préparation |
|---|---|---|
| Plan de communication de crise | Document-cadre du dispositif | Indispensable |
| Cartographie des risques | Identifier les scénarios prioritaires | Indispensable |
| Annuaire de crise | Coordonnées 24/7 de tous les acteurs | Indispensable |
| Holding statements | Premières déclarations par scénario | Indispensable |
| Q&A par scénario | Anticiper les questions des médias | Indispensable |
| Éléments de langage | Messages-clés à porter par tous | Indispensable |
| Arbres de décision | Qui décide quoi, dans quel ordre | Très recommandé |
| Modèles de communiqués | Trames prêtes à compléter | Très recommandé |
| Fiches scénarios | Stratégie complète par type de crise | Très recommandé |
| Contenus du dark site | Pages web prêtes à activer | Recommandé |
Le plan de communication de crise
C’est le document-cadre qui formalise tout le dispositif : composition de la cellule, niveaux d’alerte, procédures de déclenchement, circuits de validation, parties prenantes, modalités de veille. Il existe en deux formats complémentaires :
- une version complète (50 à 150 pages), document de référence pour la préparation et la formation,
- un vade-mecum opérationnel (10 à 15 pages), immédiatement consultable en situation de crise.
Sans plan documenté, tous les autres documents perdent leur cohérence. C’est la pierre angulaire du dispositif.
La cartographie des risques
Document stratégique qui identifie, qualifie et hiérarchise les scénarios de crise probables pour l’organisation. Elle aboutit à une matrice probabilité × impact qui sert de base à la priorisation de tous les autres documents : sur quels scénarios investir en profondeur, pour lesquels préparer un dispositif allégé.
La cartographie n’est pas un document figé : elle se met à jour annuellement, et après tout événement significatif (interne ou sectoriel).
L’annuaire de crise
Document opérationnel par excellence, l’annuaire recense toutes les coordonnées indispensables au fonctionnement de la cellule, accessibles 24/7. Il comprend typiquement :
- les membres de la cellule de crise (titulaires et suppléants) : téléphones professionnels et personnels, emails professionnels et alternatifs, adresses personnelles,
- les conseils externes : agence de communication de crise, avocats, experts sectoriels, assureur, expert IT,
- les autorités à prévenir : préfectures, parquet, régulateurs, ministères, élus locaux,
- les journalistes spécialisés du secteur (presse écrite, radio, télé, médias en ligne),
- les fournisseurs de services de crise : société d’hébergement, prestataire dark site, agence de monitoring, traducteurs.
L’annuaire est le document le plus négligé et le plus critique. Une coordonnée périmée peut faire perdre des heures décisives.
Les holding statements
Les holding statements sont des déclarations courtes, prudentes et factuelles, conçues pour être diffusées dans les premières heures d’une crise, avant même que tous les éléments soient connus. Leur objectif : occuper l’espace sans s’engager sur des faits non vérifiés.
Structure-type d’un holding statement
- Un paragraphe d’ouverture reconnaissant l’événement et exprimant la considération pour les personnes affectées.
- Un paragraphe d’action indiquant les mesures déjà prises (mobilisation, alerte des autorités, ouverture d’enquête interne).
- Un paragraphe de coopération soulignant la collaboration avec les autorités compétentes.
- Un engagement de communication ultérieure : “nous communiquerons à nouveau d’ici X heures avec des éléments complémentaires”.
Exemples de formulations-types
“Nous avons connaissance d’un événement survenu sur notre site de [X]. Nos pensées vont d’abord aux personnes concernées et à leurs proches. Nos équipes sont mobilisées et coopèrent pleinement avec les autorités. Nous communiquerons de nouveau dès que des éléments fiables seront disponibles, dans les prochaines heures.”
Un dispositif complet comporte un holding statement par scénario rouge identifié dans la cartographie. Soit typiquement entre 5 et 15 holding statements préparés.
Les Q&A par scénario
Le Q&A (Questions & Answers) est un document interne qui anticipe les questions probables des journalistes, salariés, clients, autorités et propose, pour chacune, une réponse calibrée.
Structure-type d’un Q&A
- Questions de fond : Que s’est-il passé ? Quelles sont les causes ? Qui est responsable ? Combien de personnes touchées ?
- Questions de gestion : Quelles mesures avez-vous prises ? Quand allez-vous communiquer à nouveau ? Comment garantissez-vous que cela ne se reproduira pas ?
- Questions piégées : Pourquoi ne l’avez-vous pas vu venir ? Aviez-vous des alertes en interne ? Comptez-vous démissionner ? Qui va indemniser les victimes ?
- Questions techniques : Quelle est l’ampleur réelle ? Quels chiffres confirmez-vous ? Pouvez-vous nous donner accès à votre site ?
- Questions d’avenir : Quelles conséquences pour l’organisation ? Quel impact sur les emplois ? Allez-vous fermer le site ?
Quelques règles de rédaction
- Chaque réponse est brève, factuelle, mémorisable.
- Les points faibles probables sont anticipés, pas ignorés.
- Les éléments interdits (chiffres non confirmés, accusations de tiers) sont signalés.
- Les renvois vers d’autres porte-parole ou autorités sont préparés.
- Les techniques de bridging sont indiquées en note interne.
Un Q&A complet par scénario fait typiquement 15 à 40 pages. Il évolue heure par heure pendant la crise réelle.
Les éléments de langage
Les éléments de langage (EDL) sont les 3 à 5 messages-clés que tous les porte-parole doivent porter de manière cohérente, quel que soit le canal. Ils constituent l’épine dorsale de la communication de crise.
Les caractéristiques d’un bon élément de langage
- Court : une phrase, deux maximum.
- Mémorisable : reproductible à l’identique sans support écrit.
- Reprenable : susceptible d’être cité tel quel par les médias.
- Tenable : qui restera vrai dans 6 mois, dans 2 ans.
- Empathique : commence par les personnes affectées, jamais par l’organisation.
Exemples de structure-type
- “Notre première préoccupation est [les personnes affectées / la sécurité / la transparence].”
- “Nous mobilisons toutes nos ressources pour [comprendre / réparer / accompagner].”
- “Nous coopérons pleinement avec [les autorités / les enquêteurs / les associations de victimes].”
- “Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour que [cela ne se reproduise pas / les victimes soient accompagnées / la transparence soit totale].”
Les EDL sont partagés à l’écrit avec tous les intervenants potentiels, y compris les managers intermédiaires susceptibles d’être interrogés par leurs équipes.
Les arbres de décision
L’arbre de décision est un document visuel qui formalise les questions à se poser dans un ordre précis, avec les bifurcations correspondantes. Il guide la cellule de crise dans ses arbitrages les plus délicats.
Exemples d’arbres de décision utiles
- Faut-il communiquer publiquement ? → Si oui, par quel canal ? Si non, pour combien de temps ?
- Qui doit prendre la parole ? → Selon la gravité, selon la nature, selon la disponibilité.
- Faut-il faire intervenir le DG ? → Selon le niveau d’alerte, selon le type de média, selon le risque personnel.
- Faut-il s’excuser publiquement ? → Selon la responsabilité avérée, selon les contraintes juridiques.
- Faut-il convoquer une conférence de presse ? → Selon l’ampleur, selon la pression médiatique, selon le format préférable.
- Faut-il activer le dark site ? → Selon le niveau d’alerte et le volume de questions externes.
Les arbres de décision gagnent un temps considérable en évitant les débats répétés sur les mêmes questions, à chaque crise.
Les modèles de communiqués de presse de crise
Trames pré-rédigées pour les communiqués de crise, par type d’événement. Chaque modèle propose :
- une structure validée par la direction juridique et la direction de la communication,
- des paragraphes-types ne nécessitant que des adaptations factuelles,
- des emplacements clairement identifiés pour les éléments à compléter (date, faits, chiffres, victimes),
- des mentions juridiques obligatoires déjà intégrées (RGPD, AMF si société cotée).
Les modèles couvrent typiquement :
- communiqué de première réaction (équivalent du holding statement, en format communiqué),
- communiqué d’information sur l’avancement de la situation,
- communiqué de mesures correctives,
- communiqué de clôture de crise.
Les fiches scénarios
Pour chaque scénario rouge identifié dans la cartographie, une fiche scénario synthétise toute la stratégie. Elle agrège les autres documents en un format opérationnel unique :
- Description du scénario et de ses variantes possibles.
- Parties prenantes à informer prioritairement, par ordre.
- Holding statement spécifique.
- Éléments de langage spécifiques.
- Q&A spécifique.
- Modèle de communiqué adapté.
- Procédures particulières (juridiques, RH, opérationnelles, autorités à prévenir).
- Risques spécifiques à anticiper et erreurs à éviter.
- Cas comparables observés chez des concurrents et leurs enseignements.
Une fiche scénario complète fait typiquement 8 à 20 pages. Elle constitue le document de référence consulté en premier par la cellule de crise lorsque le scénario se déclenche.
Les contenus du dark site
Le dark site lui-même est un dispositif technique, mais son contenu éditorial est un document de préparation. Il comprend :
- la structure éditoriale (architecture des pages),
- les contenus génériques pré-rédigés,
- les variantes par scénario,
- les ressources médias (biographies, photos officielles, kit visuel).
L’ensemble du contenu est validé en temps de paix, ce qui permet une activation en moins d’une heure.
Documents complémentaires utiles
Au-delà des 10 documents principaux, plusieurs documents complémentaires renforcent le dispositif :
- Le manuel du porte-parole : guide pratique des techniques de prise de parole en crise.
- Le guide de communication interne en crise : règles de la communication aux salariés.
- Le protocole d’astreinte : qui est joignable quand, comment, par quel canal.
- Les contrats-cadres avec prestataires externes (agence de crise, monitoring, hébergement, traduction) déjà signés et activables.
- Le journal de bord vierge : modèle de tableau pour tracer toutes les décisions et actions pendant la crise.
- Les modèles de courriels internes types : alerte cellule, briefing salariés, mobilisation extraordinaire.
- Le check-list des 24 premières heures : aide-mémoire opérationnel pour la cellule.
Comment maintenir ces documents à jour ?
La règle est simple : un document de crise non maintenu est un document obsolète. Le maintien suppose :
- une revue annuelle systématique de tous les documents,
- une mise à jour immédiate après tout changement de gouvernance, d’organisation, de coordonnées,
- une mise à jour systématique après chaque exercice de simulation,
- une mise à jour systématique après chaque crise réelle (vécue ou observée chez un concurrent),
- une mise à jour réglementaire lorsque l’environnement légal évolue (RGPD, NIS 2, devoir de vigilance).
Le pilotage de cette mise à jour relève généralement du DirCom, en lien avec un consultant externe pour le regard tiers indispensable.
Quel format physique pour ces documents ?
Tous les documents existent typiquement en double format :
- un format numérique dans un espace dédié, accessible 24/7 par les membres de la cellule (intranet sécurisé, espace Sharepoint chiffré, application dédiée),
- un format papier dans une mallette de crise physique conservée dans la war room — précaution indispensable en cas de cyberattaque rendant les outils numériques inaccessibles.
Les organisations matures ont aussi des copies dématérialisées sur clé USB chiffrée auprès des membres clés de la cellule, accessibles en mobilité.
Combien coûte la production de cette boîte à outils ?
Pour une organisation de taille moyenne, la production complète de la boîte à outils représente typiquement :
- 20 000 à 60 000 € HT pour un dispositif standard (3 à 5 scénarios traités),
- 60 000 à 150 000 € HT pour un dispositif avancé (8 à 15 scénarios, multilingue, multi-sites),
- 15 à 25 % du coût initial par an pour le maintien à jour.
Mis en regard du coût d’une crise mal gérée, l’investissement est sans commune mesure.
FAQ
Combien de pages au total représentent ces documents ? Pour un dispositif complet et structuré, l’ensemble représente typiquement 400 à 800 pages. Mais la majorité de ces pages ne sont consultées qu’en préparation et formation. Le noyau opérationnel mobilisé en situation de crise (vade-mecum, fiche scénario active, Q&A à jour) tient sur 30 à 60 pages.
Faut-il rédiger ces documents en interne ou faire appel à une agence ? Le bon dispositif est mixte : pilotage interne (DirCom, juridique, RH) appuyé par une agence spécialisée pour la méthodologie, les benchmarks sectoriels, et la rédaction des contenus stratégiques. Une production 100 % interne souffre d’angles morts ; une production 100 % externe perd en appropriation.
Ces documents doivent-ils être confidentiels ? Oui, pour la majorité d’entre eux. L’accès est limité aux membres de la cellule de crise et à un cercle restreint de cadres dirigeants. La structure du dispositif peut être communiquée plus largement (rassurer sur la préparation), mais les contenus restent confidentiels.
À partir de quelle taille d’entreprise ces documents deviennent-ils nécessaires ? Une PME peut se contenter d’un dispositif allégé (10 à 30 pages au total : plan léger, holding statements, Q&A sur 2-3 scénarios prioritaires). Une ETI a besoin d’un dispositif intermédiaire. Un grand groupe ne peut faire l’économie d’un dispositif complet. La taille change l’échelle, pas la nature du besoin.
Comment s’assurer que ces documents seront vraiment utilisés ? Trois leviers : les exercices de simulation (qui obligent à mobiliser les documents), la formation des nouveaux entrants dans la cellule de crise, et la revue annuelle pilotée par le DirCom avec présentation au comex.
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