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Comment réagir à une question dont on n’a pas la réponse ?

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Quand on n’a pas la réponse à une question en crise, il ne faut jamais inventer ni spéculer : il faut reconnaître honnêtement qu’on ne dispose pas encore de l’information, expliquer pourquoi si nécessaire, s’engager à revenir avec la réponse, et offrir ce que l’on peut dire analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Dire « je ne dispose pas de cette information à ce stade, mais nous communiquerons dès que nous l’aurons vérifiée » — formulé avec assurance — préserve bien mieux la crédibilité que de bluffer. La règle cardinale est l’honnêteté assortie d’un engagement, jamais l’improvisation.

Ne pas tout savoir, surtout dans les premières heures d’une crise, est normal et compréhensible : personne n’attend d’un porte-parole qu’il maîtrise immédiatement tous les faits. Ce qui se juge, en revanche, c’est la manière dont il gère ce manque d’information. Cet article explique que faire quand on n’a pas la réponse, pourquoi il ne faut jamais inventer, comment admettre son ignorance sans paraître incompétent, comment formuler ce type de réponse et quelles erreurs éviter.

Que faire quand on n’a pas la réponse à une question en crise ?

La bonne réponse repose sur trois réflexes simples : reconnaître, s’engager, offrir. Plutôt que de chercher à donner l’illusion de tout savoir, le porte-parole gagne à assumer franchement qu’il ne dispose pas de l’information, tout en montrant qu’il s’en préoccupe et qu’il y reviendra.

Concrètement, la réponse s’articule ainsi :

  • Reconnaître honnêtement que l’on n’a pas l’information à ce stade ;
  • S’engager à revenir avec la réponse dès qu’elle sera disponible et vérifiée ;
  • Offrir ce que l’on peut dire : un fait établi, une action en cours, un message clé, afin de ne pas laisser un vide.

Cette approche transforme une situation potentiellement embarrassante en démonstration de sérieux et de transparence. Loin de fragiliser le porte-parole, l’aveu maîtrisé d’un manque d’information, assorti d’un engagement, renforce sa crédibilité. C’est l’inverse du bluff, qui expose à des conséquences bien plus lourdes.

Pourquoi ne faut-il jamais inventer une réponse ?

Parce qu’une information inexacte donnée en crise est une faute bien plus grave que l’aveu de ne pas savoir. Sous la pression d’une interview, la tentation est grande de combler son ignorance par une supposition, une estimation ou une affirmation hasardeuse. C’est un piège : le risque encouru est sans commune mesure avec le léger inconfort d’admettre qu’on ne sait pas.

Inventer une réponse expose à plusieurs dangers :

  • Le démenti. Une affirmation fausse sera tôt ou tard contredite par les faits, ce qui décrédibilise durablement le porte-parole et l’organisation.
  • L’effet d’amplification. En crise, une information erronée se propage vite et devra être corrigée publiquement — une correction qui relance la crise et entame la confiance.
  • La perte de crédibilité. La parole du porte-parole engage l’organisation tout entière. Une seule affirmation prise en défaut jette le doute sur tout le reste de son discours.
  • L’engrenage. Une réponse inventée en appelle souvent une autre pour la justifier, entraînant le porte-parole dans une spirale dont il ne maîtrise plus la cohérence.

Le principe est donc absolu : on ne s’avance jamais sur ce que l’on ne sait pas. Cette règle vaut tout particulièrement pour les chiffres, les causes et les responsabilités, terrains sur lesquels une affirmation prématurée peut avoir des conséquences lourdes, y compris juridiques.

Comment admettre qu’on n’a pas la réponse sans paraître incompétent ?

Admettre qu’on ne sait pas ne nuit pas à la crédibilité — à condition de le faire avec assurance et de l’accompagner d’un engagement. Tout est dans la manière : un « je ne sais pas » balbutié, le regard fuyant, donne une impression d’égarement ; le même aveu, formulé avec calme et suivi d’un engagement clair, témoigne au contraire de sérieux et d’honnêteté.

Plusieurs principes permettent de transformer cet aveu en force :

  • Reconnaître sans gêne excessive. Ne pas tout savoir dans une crise est normal. Le reconnaître posément, sans s’excuser à outrance, montre de l’assurance et de la transparence.
  • Expliquer pourquoi, si c’est pertinent. Préciser que les faits ne sont pas encore établis, ou qu’une vérification est en cours, rend l’absence de réponse parfaitement compréhensible.
  • S’engager à revenir avec l’information. C’est ce qui distingue l’aveu d’incompétence de la gestion responsable. Promettre de fournir la réponse dès qu’elle sera disponible montre que l’on prend la question au sérieux.
  • Offrir ce que l’on peut dire. Plutôt que de s’arrêter à « je ne sais pas », enchaîner sur ce que l’on sait, sur les actions engagées ou sur son message clé, évite de laisser un vide et garde l’initiative.
  • Adopter un ton assuré. La forme compte autant que le fond : un aveu délivré avec calme et fermeté ne se confond jamais avec un aveu d’impuissance.

C’est la combinaison de l’honnêteté, de l’engagement et de l’assurance qui permet de dire « je ne sais pas » sans paraître dépassé. Bien menée, cette réponse peut même renforcer la perception de sincérité du porte-parole.

Faut-il toujours s’engager à revenir avec la réponse ?

Oui, mais à la condition impérative de tenir cet engagement. S’engager à revenir avec l’information est ce qui transforme un aveu d’ignorance en gestion responsable — mais une promesse non tenue produit l’effet inverse et ruine la crédibilité. L’engagement n’a de valeur que s’il est suivi d’effet.

Deux règles encadrent cet engagement :

  • Ne promettre que ce que l’on peut tenir. Mieux vaut s’engager prudemment (« nous communiquerons dès que les éléments seront vérifiés ») que de promettre une réponse précise à un horizon que l’on ne maîtrise pas.
  • Tenir réellement la promesse. Si l’on a annoncé que l’on reviendrait avec l’information, il faut le faire, faute de quoi le porte-parole apparaîtra comme quelqu’un qui se défausse. Le suivi fait partie intégrante de la réponse.

Cet engagement à revenir s’inscrit dans la dynamique plus large de la communication de crise, qui se déroule dans le temps : la première réponse ouvre une séquence qu’il faut ensuite alimenter à mesure que l’information se précise. Honorer ses engagements de communication est l’un des fondements de la confiance.

Comment formuler une réponse quand on ne sait pas ?

Quelques formulations types permettent de répondre avec justesse lorsqu’on ne dispose pas de l’information. Elles combinent toutes l’aveu, l’engagement et l’offre d’un élément.

  • Pour une information non encore disponible : « Je ne dispose pas de cette information à ce stade. Dès que nous l’aurons vérifiée, nous communiquerons. Ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est… »
  • Pour des faits non établis : « Les faits ne sont pas encore établis. Plutôt que de spéculer, je préfère m’en tenir à ce que nous savons avec certitude : … »
  • Pour une question hors de son domaine : « Ce point précis ne relève pas de mon domaine, mais je veille à ce que vous obteniez une réponse fiable. En revanche, sur… je peux vous dire que… »
  • Pour un chiffre incertain : « Je ne veux pas vous communiquer un chiffre qui pourrait se révéler inexact. Ce que je peux confirmer à ce stade, c’est… »

Ces formulations partagent la même logique : elles refusent l’invention, assument la limite du moment, et redirigent vers ce qui peut être dit. Lorsqu’il s’agit de ramener ensuite la conversation vers son message, le porte-parole s’appuie sur la technique de la passerelle ou la méthode ABC, traitées dans des ressources dédiées.

Quelles erreurs éviter quand on n’a pas la réponse ?

Plusieurs réactions transforment une situation gérable en faute. Les principales erreurs à éviter :

  • Inventer ou supposer. Combler son ignorance par une affirmation hasardeuse expose à un démenti et ruine la crédibilité. C’est l’erreur la plus grave.
  • Se réfugier dans le « no comment ». Opposer un refus brut, sans expliquer ni offrir d’élément, est perçu comme un aveu ; il faut au contraire reconnaître et rediriger, comme le détaille une ressource dédiée.
  • S’excuser à outrance ou paraître dépassé. Multiplier les excuses ou montrer des signes de panique transforme un aveu normal en aveu d’incompétence. Le calme est essentiel.
  • Promettre ce qu’on ne pourra pas tenir. S’engager sur une réponse précise ou un délai que l’on ne maîtrise pas conduit à une promesse non tenue, destructrice de confiance.
  • Répéter « je ne sais pas » sans rien offrir. S’arrêter à l’aveu, sans enchaîner sur ce que l’on sait ou sur son message, laisse un vide et donne une image de porte-parole démuni.
  • Ne pas honorer son engagement. Annoncer que l’on reviendra avec l’information puis ne pas le faire ruine la crédibilité acquise par l’aveu honnête.

Éviter ces écueils suppose de garder à l’esprit le principe fondamental : l’honnêteté assortie d’un engagement vaut toujours mieux que l’improvisation. Ne pas savoir n’est pas une faute ; bluffer en est une.

FAQ — Réagir à une question dont on n’a pas la réponse

Est-il grave de dire « je ne sais pas » à un journaliste ? Non, à condition de le faire avec assurance et de l’accompagner d’un engagement à revenir avec l’information. Ne pas tout savoir, surtout dans les premières heures d’une crise, est normal. Un aveu honnête, formulé posément et suivi d’une offre de réponse, préserve bien mieux la crédibilité qu’une affirmation hasardeuse.

Pourquoi ne faut-il jamais inventer une réponse ? Parce qu’une information fausse donnée en crise sera tôt ou tard démentie, ce qui décrédibilise durablement le porte-parole et oblige à une correction publique qui relance la crise. Le risque encouru est sans commune mesure avec le léger inconfort d’admettre qu’on ne sait pas. La règle est absolue, surtout pour les chiffres, les causes et les responsabilités.

Comment admettre son ignorance sans paraître incompétent ? En reconnaissant posément, en expliquant pourquoi si c’est pertinent (faits non établis, vérification en cours), en s’engageant à revenir avec la réponse, et en offrant ce que l’on peut dire. La forme compte autant que le fond : un aveu délivré avec calme et fermeté témoigne de sérieux, là où un aveu balbutié donne une impression d’égarement.

Faut-il s’engager à donner la réponse plus tard ? Oui, mais uniquement si l’on tient cet engagement. Promettre de revenir avec l’information transforme l’aveu en gestion responsable ; ne pas honorer cette promesse produit l’effet inverse. Il faut donc s’engager prudemment, sur ce que l’on peut réellement tenir, puis fournir effectivement la réponse annoncée.

Que faire si la question ne relève pas de mon domaine ? Le reconnaître sans détour et s’assurer que l’interlocuteur obtiendra une réponse fiable d’une autre source, tout en répondant sur ce qui relève de votre périmètre. Par exemple : « Ce point ne relève pas de mon domaine, mais je veille à ce que vous ayez une réponse précise ; en revanche, sur tel aspect, je peux vous dire que… »

Comment s’entraîner à gérer les questions sans réponse ? Par la simulation d’interview, qui confronte le porte-parole à des questions auxquelles il ne peut pas répondre. S’exercer à reconnaître, s’engager et offrir un élément — plutôt qu’à bluffer ou à se figer — permet d’ancrer le bon réflexe et de le rendre disponible sous la pression d’une crise réelle.