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Comment garder le contrôle de son message face à la presse ?
- Qu'est-ce que garder le contrôle de son message ?
- Pourquoi est-il difficile de garder le contrôle face à la presse ?
- Quels sont les principes pour garder le contrôle de son message ?
- Le contrôle du message, est-ce manipuler ou esquiver ?
- Comment la préparation permet-elle de garder le contrôle ?
- Quelles erreurs font perdre le contrôle de son message ?
- FAQ — Garder le contrôle de son message face à la presse
Garder le contrôle de son message consiste à rester sur son propre agenda plutôt que de laisser le journaliste dicter l’échange : en préparant des messages clairs, en prenant l’initiative, en cadrant le récit, en ramenant les questions vers ses messages et en les répétant analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Le contrôle repose sur une posture proactive, et non seulement réactive : il ne s’agit pas d’attendre les questions pour y répondre, mais de savoir ce que l’on veut faire passer et d’y revenir quoi qu’il arrive. Les techniques d’interview — passerelle, méthode ABC — sont les outils de ce contrôle ; le contrôle lui-même est l’état d’esprit qui les guide.
Attention toutefois : garder le contrôle ne signifie ni manipuler, ni esquiver, ni réciter. Un contrôle trop rigide se voit, paraît évasif et se retourne contre le porte-parole. Le bon contrôle est presque invisible : il coexiste avec des réponses sincères et un échange crédible. Cet article explique ce qu’est le contrôle du message, pourquoi il est difficile à tenir, quels principes l’assurent, où passe la frontière avec l’esquive, et comment la préparation en est le fondement.
Qu’est-ce que garder le contrôle de son message ?
Garder le contrôle de son message, c’est faire en sorte que ses points essentiels passent, quelles que soient les questions posées. C’est rester maître de son agenda plutôt que de subir celui du journaliste. Dans une interview, deux agendas coexistent : celui du journaliste, qui pose les questions et oriente l’échange, et celui du porte-parole, qui a des messages à transmettre. Garder le contrôle, c’est veiller à ce que le second ne soit pas écrasé par le premier.
La distinction clé est celle entre une posture réactive et une posture proactive. Le porte-parole purement réactif se contente de répondre aux questions, dans l’ordre et selon le cadrage que lui impose le journaliste ; il subit l’échange. Le porte-parole proactif, lui, répond aux questions tout en ramenant systématiquement la conversation vers ses messages : il participe activement à orienter l’échange. C’est cette proactivité qui caractérise le contrôle du message.
Contrôler son message ne veut pas dire monopoliser la parole ni refuser de répondre. Cela veut dire ne jamais perdre de vue ce que l’on est venu dire, et y revenir, même lorsque les questions cherchent à nous en éloigner.
Pourquoi est-il difficile de garder le contrôle face à la presse ?
Parce que, par défaut, c’est le journaliste qui mène l’échange. Plusieurs facteurs jouent contre le porte-parole et expliquent pourquoi le contrôle doit être activement conquis, jamais tenu pour acquis.
D’abord, le journaliste détient l’initiative naturelle. C’est lui qui pose les questions, choisit les sujets, fixe le rythme et propose un cadrage. Le porte-parole qui se contente de suivre se retrouve mécaniquement sur le terrain de l’autre.
Ensuite, la pression de la crise pousse à dévier. Sous le stress, face à des questions incisives, le porte-parole a tendance à se justifier, à entrer dans les détails, à répondre point par point aux attaques — autant de réactions qui l’éloignent de ses messages.
Enfin, le cadrage de la question oriente la réponse. Une question formulée de manière négative ou orientée entraîne, si l’on n’y prend garde, une réponse sur ce même terrain défavorable. Adopter sans le vouloir le vocabulaire ou la perspective du journaliste, c’est déjà perdre une part du contrôle.
Garder le contrôle suppose donc un effort conscient et entraîné pour résister à cette pente naturelle. Ce n’est pas un état spontané, mais le résultat d’une préparation et d’une discipline.
Quels sont les principes pour garder le contrôle de son message ?
Garder le contrôle repose sur quelques principes stratégiques, qui dépassent les techniques d’interview proprement dites. Les voici.
- Préparer ses messages clés. On ne contrôle que ce que l’on a préparé. Sans messages clairs définis à l’avance, il n’y a rien à contrôler. La construction de ces messages fait l’objet d’une ressource dédiée.
- Être proactif, pas seulement réactif. Entrer dans l’échange avec un agenda — ce que l’on veut absolument faire passer — et y revenir activement, plutôt que de se contenter de répondre aux questions dans l’ordre imposé.
- Cadrer le récit. Proposer sa propre lecture de la situation, dans ses propres termes, plutôt que d’adopter le cadrage du journaliste. Reformuler positivement, et ne pas reprendre le vocabulaire défavorable de la question.
- Ramener vers ses messages. Utiliser la technique de la passerelle ou la méthode ABC pour relier chaque réponse à ses messages clés. Ces techniques, traitées dans des ressources dédiées, sont les outils concrets du contrôle.
- Répéter ses messages. La répétition est une forme de contrôle : un message qui revient à plusieurs reprises s’impose, tandis qu’un message dit une seule fois se dilue. En crise, marteler avec mesure un message juste est plus efficace que de varier les angles.
- Garder l’initiative. Ne pas se contenter d’attendre les questions : compléter ses réponses, apporter spontanément les éléments que l’on juge essentiels, occuper l’espace avec ses messages.
- Conclure sur ses propres termes. Veiller à ce que la dernière chose dite soit son message, et non la dernière question du journaliste. La conclusion marque les esprits ; elle doit servir le porte-parole.
Ces principes, mis en œuvre ensemble, permettent de transformer une posture subie en posture maîtrisée. Ils s’appuient sur les techniques d’interview, mais les dépassent : ils relèvent de la stratégie de la prise de parole, pas seulement de sa tactique.
Le contrôle du message, est-ce manipuler ou esquiver ?
Non — et c’est une distinction fondamentale. Garder le contrôle de son message n’a rien à voir avec manipuler, mentir ou esquiver. Un contrôle mal compris, qui se traduirait par des réponses rigides, des messages récités ou un refus de répondre, se retournerait immédiatement contre le porte-parole : il paraîtrait évasif, robotique, et nourrirait le soupçon.
Le bon contrôle obéit à plusieurs équilibres :
- Répondre tout en orientant. Contrôler ne signifie pas refuser de répondre, mais répondre et ramener vers ses messages. Aux questions légitimes, on répond ; on n’utilise les techniques de redirection que lorsque c’est nécessaire.
- Rester sincère et crédible. Le contrôle repose sur des messages vrais et défendables. Il ne s’agit pas de travestir la réalité, mais de mettre en avant ce qui est essentiel et juste.
- Éviter la rigidité. Un porte-parole qui répète mécaniquement les mêmes formules, sans s’adapter, donne l’impression de réciter. Le contrôle doit s’exercer avec souplesse et naturel.
- Rester à l’écoute. Garder le contrôle ne dispense pas d’écouter réellement les questions et d’y réagir. Un contrôle qui ignorerait les questions serait perçu comme du mépris.
Autrement dit, le contrôle du message est invisible quand il est bien fait : il ressemble à un échange normal et sincère, au cours duquel le porte-parole parvient simplement à faire passer ses points essentiels. C’est l’opposé de la manipulation, qui cherche à tromper, et de l’esquive, qui cherche à fuir. Le contrôle, lui, cherche à transmettre.
Comment la préparation permet-elle de garder le contrôle ?
La préparation est le véritable fondement du contrôle : on ne maîtrise sous pression que ce que l’on a travaillé à froid. Improviser le contrôle de son message en pleine interview de crise est illusoire ; c’est en amont que tout se joue.
Plusieurs éléments de préparation conditionnent directement la capacité à garder le contrôle :
- Des messages clés solides, définis et mémorisés à l’avance, sans lesquels il n’y a rien à contrôler.
- L’anticipation des questions difficiles, qui permet de ne pas être pris au dépourvu et de préparer la manière de revenir à ses messages.
- L’entraînement par la simulation, qui ancre les réflexes de redirection et apprend à garder le cap sous une pression réaliste. C’est en s’exerçant que le porte-parole apprend à résister à la pente naturelle qui l’éloigne de ses messages.
- La maîtrise du stress et du non-verbal, car un porte-parole submergé par l’émotion perd le contrôle de son message ; ces dimensions sont traitées dans des ressources dédiées.
C’est pourquoi le contrôle du message n’est pas une qualité innée ni un talent d’improvisation, mais le produit d’une préparation rigoureuse. Le porte-parole qui garde le contrôle en interview est celui qui s’y est préparé en amont.
Quelles erreurs font perdre le contrôle de son message ?
Plusieurs réflexes conduisent à perdre le contrôle. Les connaître permet de les corriger :
- Être purement réactif. Se contenter de répondre aux questions, sans jamais revenir à ses messages, revient à laisser le journaliste mener entièrement l’échange.
- Adopter le cadrage du journaliste. Reprendre son vocabulaire défavorable ou sa perspective, c’est se placer d’emblée sur un terrain qui n’est pas le sien.
- Ne pas avoir de message clair. Sans messages préparés, le porte-parole n’a rien sur quoi s’ancrer et se laisse porter par les questions.
- Se sur-justifier. Entrer dans une justification détaillée et défensive éloigne des messages et place le porte-parole en position de faiblesse.
- Réciter de manière rigide. À l’inverse, marteler mécaniquement les mêmes formules sans souplesse donne une impression d’évitement et fait perdre en crédibilité.
- Se laisser submerger par l’émotion. Un porte-parole gagné par le stress ou l’agacement perd le fil de ses messages ; la maîtrise de soi est une condition du contrôle.
- Conclure sur les termes du journaliste. Laisser la dernière question du journaliste clore l’échange, au lieu de terminer sur son propre message, revient à abandonner la conclusion.
Éviter ces écueils suppose de combiner préparation, proactivité et souplesse. Le contrôle du message n’est jamais acquis une fois pour toutes au sein d’un échange : il se maintient question après question, par un effort conscient et entraîné.
FAQ — Garder le contrôle de son message face à la presse
Que signifie « garder le contrôle de son message » ? Cela signifie faire en sorte que ses points essentiels passent quelles que soient les questions, en restant sur son propre agenda plutôt qu’en subissant celui du journaliste. Il ne s’agit pas de monopoliser la parole ni de refuser de répondre, mais de ne jamais perdre de vue ses messages et d’y revenir, même lorsque les questions cherchent à en éloigner.
Garder le contrôle, est-ce esquiver les questions ? Non. Contrôler son message, c’est répondre et orienter, pas refuser de répondre. Aux questions légitimes, il faut répondre ; les techniques de redirection ne servent que lorsque c’est nécessaire. Un contrôle qui se traduirait par de l’esquive ou des réponses rigides paraîtrait évasif et se retournerait contre le porte-parole. Le bon contrôle est sincère et presque invisible.
Quels sont les principaux outils pour garder le contrôle ? Les principaux outils sont les techniques d’interview — la passerelle et la méthode ABC — qui permettent de ramener chaque réponse vers ses messages clés. À cela s’ajoutent des principes stratégiques : préparer ses messages, être proactif, cadrer le récit, répéter ses messages, garder l’initiative et conclure sur ses propres termes.
Pourquoi est-il si difficile de garder le contrôle en interview ? Parce que le journaliste détient l’initiative naturelle : il pose les questions, choisit les sujets et propose un cadrage. La pression de la crise pousse en outre à se justifier et à dévier de ses messages. Garder le contrôle demande donc un effort conscient et entraîné pour résister à cette pente, et non un état spontané.
La répétition aide-t-elle à garder le contrôle ? Oui. La répétition est une forme de contrôle : un message qui revient à plusieurs reprises s’impose dans l’esprit du public et des médias, alors qu’un message dit une seule fois se dilue. En crise, répéter avec mesure un message juste est plus efficace que de multiplier les angles, à condition de le faire avec souplesse pour ne pas paraître réciter.
Comment s’entraîner à garder le contrôle de son message ? Par la préparation et la simulation. On ne maîtrise sous pression que ce que l’on a travaillé à froid : messages clés solides, anticipation des questions difficiles, entraînement en conditions réalistes. C’est en s’exerçant que le porte-parole apprend à résister à la pente qui l’éloigne de ses messages et à garder le cap question après question.