FAQ - Cas pratiques

Centrale de Saint-Alban : record de production battu

Centrale de Saint-Alban

La centrale nucléaire de St-Alban/St-Maurice a de nouveau battu on record de production et a obtenu le premier prix de sécurité par la Direction du parc nucléaire français. De beaux résultats expliqués en partie par une année sans  » arrêts  » d’activité très longs de la centrale.

1999, 2000 et 2001 ont été les trois meilleures années de production de la centrale, constate heureux son directeur depuis trois ans, Pierre Virleux. Les deux unités de production ont produit 17,9 térawattheures soit presque 18 milliards de kilowattheures. Un record expliqué en partie par le peu d’arrêt de tranches de la centrale.

 » Tous les 15 à 18 mois, nous devons arrêter l’activité de tranche pour remplacer 1/3 du combustible. L’arrêt dure environ cinq semaines et nous en profitons pour réaliser des travaux de maintenance et effectuer des contrôles. « , explique Pierre Virleux. 75 % des résultats de production se font sur les périodes d’arrêt de tranche. Si l’année 2000 a connu deux arrêts importants et programmés, 2001 n’a fait l’objet que de petits arrêts. L’année 2002 connaîtra elle deux arrêts : un premier de la tranche 1 dans trois semaines pour simple rechargement, et un deuxième de la tranche 2 en juin. Cette année sera donc moins productive.

 » Nous avons aussi été un élément régulateur du réseau national car nous avons dû adapter notre niveau de production à la demande. « , poursuit le directeur. Chaque jour le programme a été modifié pour répondre à la demande et pendant plusieurs week-ends d’été, la production a même été arrêtée. Une  » production en dentelles  » qui sollicite plus de matériel et explique quelques petites avaries techniques et l’intervention des équipes de maintenance, douze week-ends dans l’année. La fierté de la centrale : la reprise d’activité lors de ces petits arrêts s’est effectuée à l’heure onze fois sur douze, le seul retard qui ait eu lieu n’ayant duré qu’une demi-heure.

En 2001, la centrale a déclaré 21 événements dans le domaine de la sûreté (contre 18 en 2000) dont six ont été classés au niveau  » 1  » de l’échelle INES (classement des événements par rapport à leur gravité) comme simples anomalies. Les autres ont été classés au niveau  » 0 « , c’est-à-dire considérés comme des  » écarts  » :  » On parle d’écart lorsque par exemple un essai de matériel est effectué un peu plus tard que la date prévue ou lorsque la réparation d’une anomalie entraîne l’arrêt automatique du réacteur. « , explique Jean-Christian Marianne, directeur délégué. Pendant deux ans (1998/2000), aucun arrêt automatique du réacteur n’avait été enregistré. La centrale a également connu seize exercices programmés d’entraînements pour tester l’organisation d’une gestion de crise et seize visites d’inspecteurs de l’Autorité de sûreté.

Premier prix de sécurité

Avec seulement sept accidents du travail bénins (entorses, contusions ), la centrale a remporté le premier prix de sécurité décerné par la Direction du Parc nucléaire national. Elle a aussi reçu le troisième prix du Parc pour ses résultats dosimétriques. De bons résultats donc qui viennent conforter la démarche de la direction :  » Nous avons une démarche de progrès dans tous les domaines. Atteindre les objectifs fixés, voire les dépasser. « , lance Pierre Virleux.

Autre actualité de la centrale, la mise en application d’un nouvel arrêté de prise d’eau et de rejets signé en janvier 2001 par les ministères de l’Evironnement, de l’Industrie et de la Santé. Il remplace les quatre arrêtés d’origine préfectorale ou ministérielle et détermine les conditions de prélèvement d’eau et de rejets d’effluents liquides et gazeux. Le but : fixer des limites et des seuils nouveaux en matière de rejets radioactifs.  » Cette nouvelle réglementation, que nous n’avions pas attendue pour progresser en matière d’environnement, nous permet de poser les problèmes à la source. On maille plus fin et de ce fait on repère plus de choses à améliorer. Sur un an, cela représente pour nous 1500 contrôles supplémentaires. « , explique William Vaccani, chef de mission Environnement et radioprotection. Quatre millions de francs vont être injectés en trois ans pour que la centrale soit en mesure de mettre en place les différents contrôles supplémentaires prévus par l’arrêté.

Dans le domaine de la propreté radiologique, l’année 2001 a connu 100 % d’expéditions de combustibles usés (9 en 2001) et de convois de déchets (20 en 2001) arrivés propres à leur lieu de destination. De bons résultats, importants pour la crédibilité de la centrale et son bon fonctionnement. Les voiries empruntées pour le transport des combustibles usés vers La Hague ont été déclarées propres, et 439 m3 de déchets ont été acheminés à Centraco dans le Vaucluse (centre de traitement de déchets nucléaires à faible activité) de 1999 à 2001.

Rappelons que la centrale rassemble 729 agents et a embauché en 2001 quinze nouveaux collaborateurs.  » La centrale est prévue pour fonctionner a minima jusqu’en 2025 si tout va bien et si on arrive à démontrer à l’Autorité de sûreté que le matériel est toujours fiable. « , conclut le directeur. Les résultats de la centrale iséroise pour l’année 2001 ne devraient pas inquiéter les autorités.

L’équipe dirigeante de gauche à droite : Jean-Christian Marianne, directeur délégué, Patrice Mourier, DRH, Pierre Virleux, directeur, William Vaccani, chef de mission Environnement et radioprotection, et Aurore Cuenca, chargée de communication.