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Quelles phrases ne faut-il jamais dire en situation de crise ?
- Pourquoi certaines phrases sont-elles toxiques en situation de crise ?
- Quelles phrases minimisent ou nient la gravité ?
- Quelles phrases défensives éveillent le soupçon ?
- Quelles phrases d'évitement et de refus faut-il proscrire ?
- Quelles phrases rejettent la faute ou paraissent condescendantes ?
- Quelles phrases absolues ou promesses imprudentes éviter ?
- Par quoi remplacer ces phrases toxiques ?
- FAQ — Les phrases à ne jamais dire en situation de crise
Certaines phrases sont à proscrire en situation de crise parce qu’elles se retournent systématiquement contre celui qui les prononce : celles qui minimisent, celles qui nient sur la défensive, celles qui évitent de répondre, celles qui rejettent la faute, et les promesses absolues analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. « No comment », « pas de panique », « nous n’avons rien à cacher », « ce n’est pas notre faute », « cela n’arrivera jamais » : ces formulations, souvent prononcées par réflexe, aggravent la crise au lieu de l’apaiser. À chacune correspond une alternative plus constructive. Connaître ces phrases toxiques et savoir les remplacer fait partie des réflexes essentiels du porte-parole.
Au-delà des grandes familles d’erreurs, certaines formulations précises sont particulièrement dommageables en situation de crise. Prononcées dans l’urgence ou par réflexe défensif, elles produisent l’effet inverse de celui recherché. Cet article recense les phrases à ne jamais dire, regroupées par famille, explique pourquoi chacune se retourne contre le porte-parole, et indique par quoi les remplacer. Il complète le panorama des erreurs fréquentes, traité dans une ressource dédiée, en se concentrant sur les formulations précises. Les phrases citées ici sont des exemples génériques, et non des propos attribués à quiconque.
Pourquoi certaines phrases sont-elles toxiques en situation de crise ?
Certaines phrases sont toxiques parce qu’elles déclenchent une réaction négative prévisible : elles éveillent le soupçon, paraissent indifférentes, agressives ou peu sincères, et aggravent la perception au lieu de l’améliorer. Le problème tient à l’effet qu’elles produisent, indépendamment de l’intention.
Plusieurs mécanismes rendent ces phrases toxiques :
- Elles trahissent une posture défavorable. Beaucoup de ces phrases révèlent une posture — défensive, évitante, minimisante — qui se retourne contre le porte-parole. La phrase trahit l’attitude.
- Elles produisent l’effet inverse. Souvent prononcées pour rassurer ou se protéger, ces phrases produisent l’effet inverse : « pas de panique » inquiète, « rien à cacher » éveille le soupçon. L’intention est trahie par l’effet.
- Elles sont prononcées par réflexe. Ces phrases surgissent souvent par réflexe, dans l’urgence ou sous la pression, sans que le porte-parole en mesure l’effet. C’est pourquoi il faut les connaître pour s’en garder.
- Elles s’ancrent dans la perception. Une phrase malheureuse peut marquer durablement et être reprise, devenant elle-même un élément de la crise.
C’est pourquoi connaître ces phrases toxiques est essentiel : il s’agit d’identifier les formulations à éviter par réflexe, pour ne pas les laisser échapper sous la pression. Les sections suivantes recensent ces phrases par famille, expliquent pourquoi chacune nuit, et indiquent par quoi les remplacer. Ces formulations précises complètent le panorama plus large des erreurs fréquentes, traité dans une ressource dédiée.
Quelles phrases minimisent ou nient la gravité ?
Les phrases qui minimisent ou nient la gravité sont parmi les plus dommageables, car elles paraissent indifférentes à la situation et peuvent être démenties. Elles sous-estiment ce que vivent les personnes ou la réalité des faits.
Parmi ces phrases à éviter :
- « Pas de panique » / « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ». Dire aux gens de ne pas s’inquiéter produit souvent l’effet inverse et paraît minimiser une inquiétude légitime. Mieux vaut reconnaître l’inquiétude et expliquer ce qui est fait pour y répondre.
- « Ce n’est pas grave » / « Il ne s’est rien passé de grave ». Minimiser la gravité, surtout si la situation s’avère sérieuse, est perçu comme de l’indifférence et expose à un démenti. Il vaut mieux reconnaître la gravité réelle de la situation.
- « C’est un cas isolé » (prématurément). Affirmer qu’un problème est isolé avant de le savoir expose à un démenti si d’autres cas apparaissent. Mieux vaut s’en tenir à ce qui est établi.
- « Tout est sous contrôle » (sans fondement). Affirmer que tout est maîtrisé, alors que ce n’est pas le cas, peut être rapidement démenti par les faits. Mieux vaut décrire honnêtement ce qui est fait.
Ces phrases minimisantes sont mal reçues parce qu’elles paraissent sous-estimer la situation ou l’inquiétude des personnes, et parce qu’elles peuvent être démenties. Elles rejoignent l’erreur, plus large, de minimiser une crise, traitée dans une ressource dédiée. L’alternative est de reconnaître la gravité réelle et l’inquiétude légitime, tout en montrant ce qui est fait — une posture d’empathie et de responsabilité, traitée dans une ressource dédiée.
Quelles phrases défensives éveillent le soupçon ?
Les phrases défensives, qui protestent de l’innocence ou de la bonne foi, éveillent paradoxalement le soupçon : à trop se défendre, on attire le doute. Elles produisent l’effet inverse de celui recherché.
Parmi ces phrases à éviter :
- « Nous n’avons rien à cacher ». Affirmer n’avoir rien à cacher suggère, paradoxalement, qu’il pourrait y avoir quelque chose à cacher. La protestation appelle le soupçon. Mieux vaut faire preuve de transparence par les actes que la proclamer.
- « Je n’ai rien à me reprocher ». Protester de son innocence avec véhémence, surtout face à une accusation, peut paraître défensif et éveiller le doute. La réponse à une accusation, traitée dans une ressource dédiée, suppose mesure et coordination, plutôt que protestation.
- « Croyez-moi » / « Faites-moi confiance ». Demander qu’on lui fasse confiance trahit que la confiance n’est pas acquise. La confiance se démontre par les faits et la cohérence, elle ne se réclame pas.
- « Je suis le premier à le regretter ». Ce type de formule, qui cherche à se mettre en avant, peut paraître centré sur soi plutôt que sur les personnes affectées.
Ces phrases défensives éveillent le soupçon parce qu’elles protestent au lieu de démontrer : à trop affirmer son innocence ou sa bonne foi, on attire le doute. L’alternative est de démontrer la transparence et la responsabilité par les actes et par une parole mesurée, plutôt que de la proclamer. Une posture sereine et factuelle inspire davantage confiance qu’une défense véhémente, comme le montre la gestion d’une accusation, traitée dans une ressource dédiée.
Quelles phrases d’évitement et de refus faut-il proscrire ?
Les phrases d’évitement et de refus, qui esquivent la question sans l’expliquer, sont perçues comme des dérobades, voire des aveux. Elles donnent l’image d’une organisation qui se ferme.
Parmi ces phrases à éviter :
- « No comment » / « Pas de commentaire » / « Sans commentaire ». Ces formules sont perçues comme un aveu de culpabilité et donnent l’image d’une organisation qui a quelque chose à cacher. Pourquoi ne jamais dire « no comment » et comment répondre autrement est traité dans une ressource dédiée.
- « Je ne peux pas vous répondre » (sans explication). Un refus brut, sans explication, est perçu comme une dérobade. Si l’on ne peut répondre, il faut en expliquer la raison — secret médical, procédure en cours, élément non établi —, ce qui est compréhensible, là où un refus sec ne l’est pas.
- « Ce n’est pas le moment » / « Il est trop tôt pour en parler » (comme esquive). Utilisées pour esquiver, ces formules paraissent évitantes. Si certains éléments ne sont pas connus, mieux vaut le reconnaître et s’engager à revenir.
- « On verra » / « L’avenir le dira ». Ces réponses vagues paraissent éluder la question. Mieux vaut répondre sur ce que l’on sait et ce que l’on fait.
Ces phrases d’évitement sont perçues comme des dérobades parce qu’elles ferment la porte sans l’expliquer. L’alternative est claire : plutôt que de refuser sèchement, il faut expliquer pourquoi l’on ne peut répondre, reconnaître ce qu’on ne sait pas encore, ou ramener la conversation vers ce que l’on peut dire. La gestion d’une question sans réponse et le refus du « no comment », traités dans des ressources dédiées, offrent ces alternatives constructives.
Quelles phrases rejettent la faute ou paraissent condescendantes ?
Les phrases qui rejettent la faute sur autrui, ou qui paraissent condescendantes envers le journaliste ou le public, nuisent à l’image du porte-parole. Elles trahissent une posture de fuite ou de mépris.
Parmi ces phrases à éviter :
- « C’est la faute de… ». Rejeter la responsabilité sur un tiers — un fournisseur, un sous-traitant, un autre acteur — paraît fuyant et peu responsable, surtout avant que les causes soient établies. Mieux vaut se concentrer sur ce que l’on fait que sur la désignation d’un coupable.
- « Comme je l’ai déjà dit » / « Je le répète » (sur un ton impatient). Ces formules, prononcées avec agacement, paraissent condescendantes envers le journaliste ou le public. Mieux vaut reformuler son message sans manifester d’impatience.
- « Les faits parlent d’eux-mêmes ». Cette formule peut paraître dédaigneuse, comme un refus d’expliquer. Mieux vaut expliquer clairement plutôt que de renvoyer à des faits supposés évidents.
- « Vous ne comprenez pas » / « C’est plus compliqué que ça ». Ces formules paraissent condescendantes et suggèrent que l’interlocuteur est incapable de comprendre. Mieux vaut faire l’effort d’expliquer simplement, comme le ferait un expert porte-parole, traité dans une ressource dédiée.
Ces phrases nuisent parce qu’elles trahissent soit une fuite de responsabilité, soit du mépris. L’alternative est de rester responsable et respectueux : se concentrer sur l’action plutôt que sur la désignation d’un coupable, et expliquer avec clarté et sans condescendance. Le rejet de la faute, en particulier, est mal perçu avant que les causes soient établies, et rejoint la prudence requise sur les responsabilités, traitée dans des ressources dédiées.
Quelles phrases absolues ou promesses imprudentes éviter ?
Les phrases absolues et les promesses imprudentes sont à proscrire parce qu’elles peuvent être démenties par les faits, enfermant le porte-parole dans une position intenable. L’excès de certitude est risqué en situation d’incertitude.
Parmi ces phrases à éviter :
- « Cela n’arrivera jamais » / « C’est impossible ». Affirmer une impossibilité absolue expose à un démenti cinglant si l’événement se produit néanmoins. Mieux vaut éviter les affirmations catégoriques sur ce qu’on ne maîtrise pas entièrement.
- « Nous garantissons à 100 % que… ». Une garantie absolue peut être démentie par les faits. Mieux vaut s’engager sur ce que l’on fait réellement, sans promesse intenable.
- « Je vous promets que… » (sur des éléments incertains). S’engager sur des éléments qu’on ne maîtrise pas — délais, résultats, causes — peut enfermer dans une position intenable si la situation évolue. Mieux vaut s’en tenir à des engagements réalistes.
- Les affirmations préjugeant des causes. Affirmer une cause ou une responsabilité avant qu’elle soit établie expose à un démenti et peut avoir des conséquences. Mieux vaut reconnaître que l’investigation est en cours.
Ces phrases absolues sont risquées parce qu’elles peuvent être démenties, ce qui décrédibilise le porte-parole et l’enferme dans une position difficile. L’alternative est la prudence : éviter les affirmations catégoriques sur ce qu’on ne maîtrise pas, s’engager seulement sur ce qui est réaliste, et reconnaître l’incertitude lorsqu’elle existe. Cette prudence rejoint la règle, fondamentale en crise, de ne pas s’avancer sur ce qui n’est pas établi.
Par quoi remplacer ces phrases toxiques ?
À chaque phrase toxique correspond une alternative plus constructive : reconnaître plutôt que minimiser, démontrer plutôt que protester, expliquer plutôt qu’esquiver, assumer plutôt que rejeter, et rester prudent plutôt qu’absolu. C’est la logique d’ensemble des bonnes formulations.
Les grands principes de remplacement :
- Reconnaître au lieu de minimiser. Plutôt que « pas de panique » ou « ce n’est pas grave », reconnaître la gravité et l’inquiétude légitime, tout en montrant ce qui est fait.
- Démontrer au lieu de protester. Plutôt que « nous n’avons rien à cacher » ou « croyez-moi », faire preuve de transparence par les actes et par une parole mesurée.
- Expliquer au lieu d’esquiver. Plutôt que « no comment » ou un refus brut, expliquer pourquoi l’on ne peut répondre, ou reconnaître ce qu’on ne sait pas encore.
- Assumer au lieu de rejeter. Plutôt que « c’est la faute de… », se concentrer sur ce que l’on fait, sans rejeter la responsabilité ni préjuger des causes.
- Rester prudent au lieu d’être absolu. Plutôt que « cela n’arrivera jamais » ou « nous garantissons à 100 % », s’en tenir à des engagements réalistes et reconnaître l’incertitude.
- Centrer sur l’humain. Plutôt que des formules défensives ou techniques, commencer par la considération envers les personnes affectées.
Ces alternatives reposent sur les principes fondamentaux de la communication de crise : empathie, transparence, prudence, responsabilité, et priorité à l’humain. Elles montrent que les phrases toxiques ne sont pas seulement à éviter, mais à remplacer par des formulations constructives. La maîtrise de ces alternatives, ancrée par l’entraînement et le travail des messages clés — traités dans des ressources dédiées —, est ce qui permet d’éviter les phrases qui se retournent contre le porte-parole.
FAQ — Les phrases à ne jamais dire en situation de crise
Pourquoi « no comment » est-il à proscrire ? Parce que cette formule, comme « pas de commentaire » ou « sans commentaire », est perçue comme un aveu de culpabilité et donne l’image d’une organisation qui a quelque chose à cacher. Si l’on ne peut répondre, il faut en expliquer la raison plutôt que de se fermer. Pourquoi ne jamais dire « no comment » et comment répondre autrement est traité dans une ressource dédiée.
Pourquoi ne pas dire « pas de panique » ? Parce que dire aux gens de ne pas s’inquiéter produit souvent l’effet inverse et paraît minimiser une inquiétude légitime. Cette phrase, prononcée pour rassurer, est mal reçue. L’alternative est de reconnaître l’inquiétude des personnes et d’expliquer concrètement ce qui est fait pour y répondre. Reconnaître plutôt que minimiser est un principe clé de la communication de crise.
Pourquoi « nous n’avons rien à cacher » se retourne-t-il contre soi ? Parce que cette protestation suggère, paradoxalement, qu’il pourrait y avoir quelque chose à cacher : à trop affirmer son innocence ou sa transparence, on éveille le soupçon. La transparence se démontre par les actes, elle ne se proclame pas. Une posture sereine et factuelle, qui montre la transparence plutôt que de l’affirmer, inspire davantage confiance qu’une défense véhémente.
Que dire à la place de « ce n’est pas notre faute » ? Plutôt que de rejeter la responsabilité sur un tiers, ce qui paraît fuyant et peu responsable — surtout avant que les causes soient établies —, mieux vaut se concentrer sur ce que l’organisation fait : les mesures prises, la mobilisation, la coopération avec les autorités. Préjuger des causes ou désigner un coupable avant l’établissement des faits expose à un démenti et peut avoir des conséquences.
Pourquoi éviter les phrases absolues comme « cela n’arrivera jamais » ? Parce qu’une affirmation catégorique peut être démentie par les faits, ce qui décrédibilise le porte-parole et l’enferme dans une position intenable. De même, une garantie « à 100 % » ou une promesse sur des éléments incertains est risquée. L’alternative est la prudence : éviter les affirmations absolues sur ce qu’on ne maîtrise pas, s’engager seulement sur ce qui est réaliste, et reconnaître l’incertitude lorsqu’elle existe.
Comment éviter de prononcer ces phrases sous la pression ? En les connaissant à l’avance et en s’entraînant à les remplacer par des formulations constructives, car ces phrases surgissent souvent par réflexe, dans l’urgence. La préparation des messages clés et l’entraînement par la simulation, traités dans des ressources dédiées, permettent d’ancrer les bonnes formulations et d’éviter que les phrases toxiques n’échappent au porte-parole au moment où la pression est forte. C’est l’entraînement qui transforme le réflexe.