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Plan de gestion de crise sanitaire : pourquoi et comment chaque CPTS doit s’y préparer
- La CPTS, acteur de la réponse aux crises sanitaires
- Pourquoi chaque CPTS doit se doter d'un plan de gestion de crise sanitaire
- Que contient un plan de gestion de crise sanitaire de CPTS ?
- Comment élaborer et faire vivre ce plan
- FAQ : le plan de gestion de crise sanitaire des CPTS
- Conclusion : anticiper aujourd'hui pour répondre demain
Les crises sanitaires ne préviennent pas. Qu’il s’agisse d’une épidémie, d’un épisode climatique extrême ou d’un événement à impact local, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) sont aujourd’hui en première ligne pour y répondre analyse l’expert en gestion de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. La pandémie de Covid-19 l’a démontré : la médecine de ville, organisée à l’échelle d’un territoire, est un maillon décisif de la réponse sanitaire. C’est précisément pourquoi chaque CPTS doit désormais se doter d’un plan de gestion de crise sanitaire.
Ce guide explique pourquoi ce plan est devenu incontournable, ce qu’il doit contenir et comment l’élaborer. Il s’inscrit dans nos ressources dédiées à la gestion de crise. Précision : il présente des informations générales ; chaque CPTS doit se référer à la trame et aux consignes de son agence régionale de santé (ARS).
La CPTS, acteur de la réponse aux crises sanitaires
La mobilisation des CPTS pendant le Covid-19 — dépistage, campagnes de vaccination, coordination des professionnels de ville — a révélé leur valeur dans la gestion de crise. Cette expérience a été consacrée par l’avenant 2 à l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI), signé le 20 décembre 2021 et entré en vigueur le 3 septembre 2022, qui a fait de la réponse aux crises sanitaires graves une mission socle des CPTS. Concrètement, chaque communauté doit préparer un plan d’action définissant comment elle participera à la réponse du système de santé face à une situation sanitaire exceptionnelle (SSE).
Un point mérite d’être clarifié : le rôle de la CPTS n’est pas de concevoir des scénarios de crise — cette mission revient à l’ARS — mais de participer à la résolution de la crise sur son territoire. Sa mobilisation se décide au cas par cas, par le directeur général de l’ARS, le préfet ou le ministre, et n’est pas systématique : toutes les tensions ne sont pas des SSE.
Pourquoi chaque CPTS doit se doter d’un plan de gestion de crise sanitaire
Plusieurs raisons rendent ce plan indispensable. La première est réglementaire et conventionnelle : il s’agit d’une mission socle, et le plan doit être transmis à l’ARS et à la CPAM, puis mis à jour au moins une fois par an. Ne pas s’en doter, c’est manquer à un engagement de l’ACI.
La deuxième tient aux leçons du Covid : faute de préparation, les premières réponses ont souvent été improvisées, dans l’urgence et la confusion. Un plan anticipé fait gagner un temps précieux et permet une réponse coordonnée plutôt que désordonnée.
La troisième est opérationnelle : la CPTS est en première ligne du soin de ville. En organisant la continuité des soins, la prise en charge des soins non programmés et la mobilisation des professionnels, elle contribue à la réponse globale et soulage l’hôpital.
Enfin, ce plan articule la ville avec le dispositif national. La réponse sanitaire aux situations exceptionnelles repose sur le dispositif ORSAN (Organisation de la Réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles), lui-même articulé avec le dispositif ORSEC de la sécurité civile. Les établissements de santé déclinent ORSAN dans leur plan de gestion des tensions hospitalières et des SSE ; les CPTS, maisons et centres de santé le déclinent dans leur propre plan. Sans plan de CPTS, la médecine de ville reste à l’écart de cette chaîne coordonnée.
Que contient un plan de gestion de crise sanitaire de CPTS ?
La trame nationale proposée par le ministère de la Santé structure le plan autour de quatre volets fondamentaux : l’anticipation, l’adaptation à la crise, le pilotage de la crise et l’évaluation de la réponse. Concrètement, le plan comprend plusieurs éléments clés.
Un état des lieux et une cartographie des risques du territoire, pour identifier les vulnérabilités locales. Une gouvernance de crise : une cellule de crise adaptable selon le type d’événement, un référent crise, et une définition claire de qui décide et qui coordonne. Un annuaire et des modalités de mobilisation des professionnels, incluant la gestion des ressources humaines mobilisées (par exemple pour armer un centre de dépistage ou de vaccination). L’articulation avec les autres acteurs : ARS, SAMU et service d’accès aux soins, établissements de santé du territoire et leurs plans, EHPAD, pharmacies, collectivités. Un volet communication, à la fois vers la population (identification des lieux de consultation, rappel des gestes barrières) et entre professionnels. Des dispositions assurant la continuité des soins, notamment pour les patients chroniques. Un journal de bord garantissant la traçabilité des actions. Et des procédures par type de situation : agent infectieux émergent et campagne de vaccination exceptionnelle, événement nucléaire, radiologique ou chimique, ou encore altération de l’offre de soins (pénurie de médicaments, neige, inondation).
Comment élaborer et faire vivre ce plan
L’élaboration d’un plan utile suppose une démarche structurée. Il s’agit d’abord de s’appuyer sur le cadre et les ressources existants : la trame nationale du ministère de la Santé, ainsi que les guides méthodologiques et l’accompagnement proposés par les ARS, souvent en partenariat avec les URPS. Il faut ensuite co-construire le plan avec les professionnels du territoire, car son efficacité dépend de leur adhésion et de leur connaissance des procédures. Le plan doit s’articuler avec les autres plans — ceux des établissements de santé et le dispositif ORSAN — pour s’inscrire dans la réponse coordonnée du territoire. Enfin, un plan ne vaut que vivant : il doit être testé par des exercices, mis à jour au moins annuellement, et nourri par des retours d’expérience après chaque mobilisation. Un document rédigé une fois puis oublié ne protège personne.
FAQ : le plan de gestion de crise sanitaire des CPTS
Qu’est-ce qu’une CPTS ? Une Communauté Professionnelle Territoriale de Santé regroupe, à l’échelle d’un territoire, des professionnels de santé qui s’organisent pour coordonner les soins de la population. La réponse aux crises sanitaires est l’une de ses missions socles.
Le plan de gestion de crise est-il obligatoire pour une CPTS ? Il s’agit d’une mission socle inscrite dans l’avenant 2 à l’ACI, entré en vigueur en septembre 2022. Le plan doit être transmis à l’ARS et à la CPAM et mis à jour au moins une fois par an.
Qu’est-ce qu’une situation sanitaire exceptionnelle (SSE) ? C’est un événement qui dépasse le fonctionnement habituel du système de santé : épidémie, événement nucléaire, radiologique ou chimique, ou altération grave de l’offre de soins. Elle est déclenchée par le directeur général de l’ARS, le préfet ou le ministre.
Qu’est-ce que le dispositif ORSAN ? ORSAN organise la réponse du système de santé aux situations sanitaires exceptionnelles. Il s’articule avec le dispositif ORSEC de la sécurité civile et est décliné par chaque opérateur de soins dans son propre plan, dont celui des CPTS.
Une CPTS est-elle toujours mobilisée en cas de crise ? Non. La mobilisation se décide au cas par cas, selon la situation : une, plusieurs ou toutes les CPTS peuvent être sollicitées. Toutes les tensions (épidémies hivernales, événements ponctuels) ne constituent pas des SSE.
Comment structurer le plan ? La trame nationale prévoit quatre volets : anticipation, adaptation à la crise, pilotage de la crise et évaluation de la réponse. Chaque CPTS l’adapte à son territoire à partir de la trame de son ARS.
Conclusion : anticiper aujourd’hui pour répondre demain
Pour une CPTS, le plan de gestion de crise sanitaire n’est pas une formalité administrative : c’est l’outil qui permettra, le jour venu, de mobiliser vite et bien les professionnels d’un territoire au service de la population. Mission socle désormais inscrite dans l’ACI, maillon de la réponse coordonnée du système de santé, il transforme l’expérience du Covid en capacité durable. Sa valeur ne tient pas au document lui-même, mais à la préparation, à la co-construction et aux exercices qui le rendent opérationnel. Anticiper aujourd’hui, c’est se donner les moyens de répondre demain.
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