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L’issue management (gestion des enjeux émergents)

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L’issue management (gestion des enjeux, ou gestion des enjeux émergents) est une discipline proactive qui consiste à identifier et à gérer, en amont, les enjeux — publics, politiques, sociaux, réglementaires — susceptibles d’affecter une organisation, avant qu’ils ne dégénèrent en crise analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Le terme a été forgé par le pionnier des relations publiques W. Howard Chase en 1976. L’idée fondatrice est que, plutôt que de subir passivement les pressions externes, une organisation peut anticiper les enjeux émergents et s’y préparer, se ménageant un temps d’avance pour mieux y répondre. L’issue management se distingue ainsi de la gestion de crise, réactive : il intervient en amont, sur les enjeux qui montent, là où la gestion de crise répond aux crises déclarées. Ce cadre, de référence dans la recherche anglo-saxonne en relations publiques, est rarement nommé tel quel en France. Ce guide présente l’issue management, son modèle, sa logique d’anticipation, son lien avec la gestion de crise, et son évolution. Cet article présente un cadre académique de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français.

L’issue management est l’une des disciplines fondatrices de la communication stratégique et des relations publiques, en amont de la crise, mais elle est rarement nommée en français grand public. Cet article explique ce qu’est l’issue management, quel est son modèle, pourquoi gérer les enjeux en amont, quel est son lien avec la gestion de crise, comment il a évolué et quelle est sa dimension éthique, et comment le situer en France. Il s’inscrit dans l’ensemble consacré à la communication et à la gestion de crise, dont il éclaire l’amont. La gestion de crise et la gestion des risques, la cartographie des risques médiatiques, et la veille et le monitoring médiatique sont traitées dans des ressources dédiées, dont l’issue management est proche mais distinct. Cet article aborde un cadre anglo-saxon de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français ; il n’avance aucun cas réel.

Qu’est-ce que l’issue management (gestion des enjeux) ?

L’issue management est une discipline proactive qui consiste à identifier et à gérer, en amont, les enjeux susceptibles d’affecter une organisation, avant qu’ils ne dégénèrent en crise. Le terme a été forgé par W. Howard Chase en 1976.

Plusieurs éléments le caractérisent :

  • Une discipline de gestion des enjeux émergents. L’issue management consiste à identifier et à gérer les enjeux — publics, politiques, sociaux, réglementaires — susceptibles d’affecter une organisation. Il s’agit de gérer ces enjeux de manière proactive, en amont, plutôt que de les subir. C’est une discipline de gestion des enjeux émergents.
  • Un terme forgé par W. Howard Chase. Le terme « issue management » a été forgé par le pionnier des relations publiques W. Howard Chase en avril 1976, dans le premier numéro de sa lettre d’information consacrée aux enjeux publics des entreprises et à leur gestion. Chase, considéré comme le père de l’issue management, en a développé l’approche, notamment dans un ouvrage de 1984. Chase en est l’auteur de référence.
  • Une définition stratégique. Chase a défini l’issue management, en substance, comme la capacité à comprendre, mobiliser, coordonner et orienter l’ensemble des fonctions de planification stratégique et des compétences de relations publiques, vers un objectif : participer de manière significative à la création des politiques publiques qui affectent l’organisation. C’est une définition stratégique et ambitieuse.
  • Une discipline proactive, en amont. L’issue management est une discipline proactive : il intervient en amont, sur les enjeux qui montent, avant qu’ils ne dégénèrent. Cette dimension proactive, en amont, le distingue d’une posture réactive. L’anticipation est au cœur de la discipline.

C’est pourquoi l’issue management est une discipline proactive qui consiste à identifier et à gérer, en amont, les enjeux susceptibles d’affecter une organisation, avant qu’ils ne dégénèrent en crise. Le terme a été forgé par W. Howard Chase en 1976, qui en a développé l’approche stratégique. L’idée fondatrice est que, plutôt que de subir passivement les pressions externes, une organisation peut et doit anticiper les enjeux émergents et s’y préparer. Ce cadre, de référence dans la recherche anglo-saxonne en relations publiques, est rarement nommé en France. Cet article le présente de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français. L’issue management éclaire une dimension souvent négligée : l’amont de la crise — la gestion des enjeux avant qu’ils ne deviennent des crises. Le modèle de l’issue management, qui structure cette gestion, est précisé dans la section suivante.

Quel est le modèle de l’issue management (le modèle Chase-Jones) ?

Le modèle de l’issue management, développé par Chase avec son collègue Barrie Jones, comprend cinq étapes : l’identification de l’enjeu, son analyse, les options de stratégie, les programmes d’action, et l’évaluation des résultats. C’est le modèle de référence de la discipline.

Le modèle Chase-Jones, développé par W. Howard Chase avec son collègue Barrie Jones, comprend cinq étapes clés :

  • L’identification de l’enjeu. La première étape est d’identifier les enjeux émergents susceptibles d’affecter l’organisation — repérer les signaux, les tendances, les enjeux qui montent. Cette identification, en amont, est le point de départ : elle suppose une veille et une attention aux signaux, ce qui rejoint la veille et le monitoring, traités dans une ressource dédiée.
  • L’analyse de l’enjeu. La deuxième étape est d’analyser l’enjeu identifié — comprendre sa nature, son évolution possible, son impact potentiel sur l’organisation. Cette analyse permet d’apprécier l’enjeu et d’orienter la réponse.
  • Les options de stratégie. La troisième étape est de définir les options de stratégie face à l’enjeu — les différentes manières dont l’organisation peut répondre. Cette étape, qui envisage plusieurs stratégies possibles, prépare le choix d’une réponse.
  • Les programmes d’action. La quatrième étape est de mettre en œuvre les programmes d’action — traduire la stratégie choisie en actions concrètes. Cette étape passe de la stratégie à l’action.
  • L’évaluation des résultats. La cinquième étape est d’évaluer les résultats des actions menées — apprécier leur efficacité, ajuster si nécessaire. Cette évaluation, qui clôt le cycle, nourrit l’amélioration continue.

Ce modèle Chase-Jones — identification, analyse, options de stratégie, programmes d’action, évaluation des résultats — est le modèle de référence de l’issue management. Il structure la gestion d’un enjeu, de son identification à l’évaluation de la réponse. L’hypothèse du modèle, selon Chase, est que, plutôt que d’agir en réactants passifs face aux pressions externes, les organisations peuvent et doivent gérer les enjeux de manière systématique — Chase soulignant que le suivi des enjeux et la réponse de l’organisation devraient être systématiques, pour élever la fonction relations publiques au niveau de la gestion stratégique. Ce modèle, fondateur, a été enrichi et discuté depuis, certains travaux soulignant que les modèles linéaires de cycle de vie ne capturent pas toute la dynamique de la discipline. Le cycle de vie de l’enjeu, et la logique d’anticipation, sont précisés dans la section suivante.

Pourquoi gérer les enjeux en amont (le cycle de vie de l’enjeu) ?

Gérer les enjeux en amont permet de se ménager un temps d’avance pour mieux y répondre, plutôt que de subir l’enjeu une fois qu’il est avancé. C’est la logique d’anticipation, fondée sur le cycle de vie de l’enjeu.

Plusieurs éléments fondent cette logique :

  • Les enjeux évoluent selon un cycle de vie. Un enjeu évolue selon un cycle de vie — il émerge, monte, s’intensifie, et peut dégénérer. L’issue management repose sur l’idée que l’on peut intervenir tôt dans ce cycle, avant que l’enjeu ne soit avancé. Le cycle de vie de l’enjeu structure la logique d’anticipation.
  • Intervenir tôt offre un temps d’avance. L’idée fondatrice de Chase est que des professionnels, au sein de l’organisation, peuvent alerter tôt qu’un enjeu monte, ce qui ménage un temps d’avance (un « lead time ») pour mieux répondre. Intervenir tôt, plutôt qu’une fois l’enjeu avancé, offre une marge précieuse. Le temps d’avance est l’enjeu.
  • Éviter de subir l’enjeu une fois avancé. Chase observait que les organisations sollicitaient souvent un conseil trop tard — après l’article dommageable, après la législation pénalisante, après le boycott organisé. Intervenir en amont permet d’éviter de subir l’enjeu une fois qu’il est avancé et difficile à infléchir. L’anticipation évite la posture de « pompier ».
  • Une posture proactive plutôt que réactive. L’issue management oppose une posture proactive — anticiper et gérer les enjeux en amont — à une posture réactive — subir les enjeux une fois déclarés. Cette posture proactive, qui rejoint l’environnement scanning (la veille de l’environnement), est l’essence de la discipline.

Cette logique d’anticipation — les enjeux évoluant selon un cycle de vie, intervenir tôt offrant un temps d’avance, éviter de subir l’enjeu une fois avancé, une posture proactive plutôt que réactive — est l’essence de l’issue management. L’idée fondatrice de Chase est qu’en repérant tôt les enjeux qui montent, une organisation se ménage un temps d’avance pour mieux y répondre, plutôt que de les subir une fois qu’ils sont avancés et difficiles à infléchir. Cette logique d’anticipation rejoint, dans le corpus, l’importance de l’anticipation et de la veille — la cartographie des risques médiatiques et la veille et le monitoring, traitées dans des ressources dédiées, participent de cette logique. L’issue management systématise ainsi, dans une discipline nommée, l’idée que la meilleure gestion des enjeux (et, en aval, des crises) commence en amont, par l’anticipation. Le lien entre l’issue management et la gestion de crise est précisé dans la section suivante.

Quel lien entre l’issue management et la gestion de crise ?

L’issue management est en amont (proactif, sur les enjeux émergents), tandis que la gestion de crise est en aval (réactive, sur les crises déclarées). Bien gérer les enjeux en amont peut prévenir des crises. Les deux disciplines sont liées et complémentaires.

Plusieurs éléments éclairent ce lien :

  • L’issue management en amont, la gestion de crise en aval. L’issue management intervient en amont, sur les enjeux émergents, avant qu’ils ne dégénèrent ; la gestion de crise intervient en aval, sur les crises déclarées. L’issue management est proactif ; la gestion de crise, traitée dans une ressource dédiée, est largement réactive. C’est une distinction de moment et de posture.
  • Gérer les enjeux peut prévenir les crises. Bien gérer un enjeu en amont peut empêcher qu’il ne dégénère en crise. L’issue management contribue ainsi à la prévention des crises : un enjeu anticipé et géré tôt a moins de chances de devenir une crise. Cette logique de prévention rejoint la prévention de la récidive et la gestion des risques, traitées dans des ressources dédiées.
  • Une frontière parfois discutée. La frontière entre l’issue management et la gestion de crise est parfois discutée : certains travaux soulignent que les définitions et les modèles linéaires ne capturent pas toute la dynamique, et proposent de penser ces disciplines comme des activités interdépendantes. Il y a donc un débat sur leur articulation, mais la distinction amont/aval reste éclairante.
  • Une logique commune avec la gestion des risques. L’issue management est proche de la gestion des risques, traitée à propos de sa distinction avec la gestion de crise dans une ressource dédiée : les deux relèvent de l’anticipation et de la prévention, en amont. L’issue management se concentre sur les enjeux (publics, politiques, sociaux), tandis que la gestion des risques couvre les risques plus largement. Les deux participent de l’amont.

Ce lien entre l’issue management et la gestion de crise est éclairant. L’issue management intervient en amont (proactif, sur les enjeux émergents), tandis que la gestion de crise, traitée dans une ressource dédiée, intervient en aval (réactive, sur les crises déclarées). Bien gérer les enjeux en amont peut prévenir des crises : un enjeu anticipé et géré tôt a moins de chances de dégénérer. L’issue management contribue ainsi à la prévention, ce qui rejoint la prévention de la récidive et la gestion des risques, traitées dans des ressources dédiées. La frontière entre les deux disciplines est parfois discutée — certains travaux les pensant comme interdépendantes —, mais la distinction amont/aval reste éclairante. Connaître l’issue management complète ainsi la compréhension de la gestion de crise, en éclairant son amont : la gestion des enjeux avant qu’ils ne deviennent des crises. L’évolution de la discipline et sa dimension éthique sont précisées dans la section suivante.

Comment l’issue management a-t-il évolué, et quelle dimension éthique ?

L’issue management a évolué depuis son origine : conçu à l’origine dans une perspective explicitement pro-entreprise et asymétrique, il a évolué vers des approches plus éthiques et plus symétriques, attentives à la relation et au dialogue. Cette évolution a une dimension éthique importante.

Plusieurs éléments éclairent cette évolution :

  • Une origine explicitement pro-entreprise. À son origine, la perspective de Chase était, selon des analyses ultérieures, explicitement pro-entreprise, anti-gouvernement et asymétrique — orientée vers la défense des intérêts de l’entreprise dans la création des politiques publiques. Cette origine, marquée par son contexte, est à connaître.
  • Une évolution vers des approches plus symétriques. La discipline a évolué, sous l’influence notamment de la recherche en relations publiques, vers des approches plus symétriques et plus éthiques — attentives au dialogue, à la relation, et à la prise en compte des parties prenantes, et non à la seule défense des intérêts de l’organisation. Cette évolution a transformé la discipline.
  • Une dimension éthique. L’issue management a une dimension éthique : il peut être pratiqué de manière à dialoguer sincèrement avec les parties prenantes et à participer de bonne foi au débat public, ou, à l’inverse, de manière purement défensive ou manipulatrice. L’évolution de la discipline a souligné l’importance d’une pratique éthique, attentive à la relation et au dialogue. Cette dimension éthique est essentielle.
  • Une discipline reliée à la réputation et aux parties prenantes. L’issue management moderne est relié à la gestion de la réputation et à la gestion des parties prenantes — l’anticipation des enjeux servant aussi à entretenir des relations et à protéger la réputation. Cette évolution relie l’issue management à des disciplines voisines, comme la cartographie des parties prenantes, traitée dans une ressource dédiée.

Cette évolution de l’issue management — d’une origine explicitement pro-entreprise et asymétrique vers des approches plus éthiques et symétriques, attentives à la relation et au dialogue — a une dimension éthique importante. La discipline, conçue à l’origine dans une perspective de défense des intérêts de l’entreprise, a évolué sous l’influence de la recherche en relations publiques vers une pratique plus attentive au dialogue, à la relation et aux parties prenantes. Cette évolution souligne que l’issue management peut être pratiqué de manière éthique — dialoguer sincèrement, participer de bonne foi au débat public —, ou, à l’inverse, de manière purement défensive ou manipulatrice. La pratique éthique, attentive à la relation et au dialogue, est essentielle, et rejoint la ligne du corpus, qui valorise l’honnêteté et le respect des parties prenantes. Connaître cette évolution permet de pratiquer l’issue management dans une perspective éthique et symétrique, et non dans la seule logique défensive de ses origines. La manière de situer et d’utiliser l’issue management en France est précisée dans la section suivante.

Comment situer et utiliser l’issue management en France ?

L’issue management est une discipline d’anticipation, rarement nommée en France, qui éclaire l’amont de la crise et complète la gestion des risques et la veille. La situer comme une discipline proactive, et l’utiliser dans une perspective éthique, est utile.

Plusieurs repères permettent de la situer et de l’utiliser :

  • Une discipline rarement nommée en France. L’issue management, bien que fondateur dans la recherche anglo-saxonne en relations publiques, est rarement nommé et présenté en français grand public. Le nommer et le présenter, comme le fait cet article, permet d’enrichir la réflexion d’une discipline nommée.
  • Une discipline qui éclaire l’amont de la crise. L’issue management éclaire une dimension souvent négligée : l’amont de la crise — la gestion des enjeux avant qu’ils ne deviennent des crises. Cette dimension proactive complète la gestion de crise (réactive), traitée dans une ressource dédiée, en soulignant l’importance de l’anticipation.
  • Une discipline proche de la gestion des risques et de la veille. L’issue management est proche de la gestion des risques et de la veille, traitées dans des ressources dédiées : toutes relèvent de l’anticipation, en amont. L’issue management se concentre sur les enjeux ; la gestion des risques, sur les risques ; la veille, sur le suivi. Les relier enrichit la compréhension de l’amont.
  • Une discipline à pratiquer de manière éthique. L’issue management gagne à être pratiqué dans une perspective éthique et symétrique — dialoguer sincèrement, participer de bonne foi au débat public —, et non dans la seule logique défensive de ses origines. Cette pratique éthique rejoint la ligne du corpus.
  • Une discipline à adapter au contexte. L’issue management est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français — notamment institutionnel et culturel. Son application suppose discernement et adaptation, comme cadre d’anticipation et non comme recette.

Ces repères permettent de situer et d’utiliser l’issue management : une discipline d’anticipation, rarement nommée en France, qui éclaire l’amont de la crise et complète la gestion des risques et la veille. Elle offre un cadre précieux — l’anticipation et la gestion des enjeux émergents en amont, par le modèle Chase-Jones —, qui souligne que la meilleure gestion des crises commence avant la crise, par l’anticipation des enjeux. Proche de la gestion des risques et de la veille, traitées dans des ressources dédiées, elle complète la gestion de crise (réactive) en éclairant son amont. Mais c’est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français, à pratiquer dans une perspective éthique et symétrique (et non dans la seule logique défensive de ses origines), et à utiliser avec discernement. Connaître l’issue management enrichit la réflexion sur la communication et la gestion de crise, en éclairant l’amont — la gestion des enjeux avant qu’ils ne deviennent des crises —, rarement nommé en France. L’issue management est ainsi une discipline d’anticipation précieuse, à connaître et à relier à la pratique.

FAQ — L’issue management (gestion des enjeux émergents)

Qu’est-ce que l’issue management ? L’issue management (gestion des enjeux, ou gestion des enjeux émergents) est une discipline proactive qui consiste à identifier et à gérer, en amont, les enjeux — publics, politiques, sociaux, réglementaires — susceptibles d’affecter une organisation, avant qu’ils ne dégénèrent en crise. Le terme a été forgé par le pionnier des relations publiques W. Howard Chase en 1976. L’idée fondatrice est que, plutôt que de subir passivement les pressions externes, une organisation peut anticiper les enjeux émergents et s’y préparer. C’est un cadre de référence dans la recherche anglo-saxonne en relations publiques, rarement nommé en France.

Quel est le modèle Chase-Jones ? Le modèle Chase-Jones, développé par W. Howard Chase avec son collègue Barrie Jones, comprend cinq étapes : l’identification de l’enjeu (repérer les enjeux émergents), l’analyse de l’enjeu (comprendre sa nature et son impact potentiel), les options de stratégie (définir les manières de répondre), les programmes d’action (traduire la stratégie en actions), et l’évaluation des résultats (apprécier l’efficacité et ajuster). C’est le modèle de référence de l’issue management, qui structure la gestion d’un enjeu, de son identification à l’évaluation. Il a été enrichi et discuté depuis, certains travaux soulignant que les modèles linéaires ne capturent pas toute la dynamique.

Pourquoi gérer les enjeux en amont ? Parce que les enjeux évoluent selon un cycle de vie (ils émergent, montent, s’intensifient, et peuvent dégénérer), et qu’intervenir tôt dans ce cycle offre un temps d’avance (« lead time ») pour mieux répondre, plutôt que de subir l’enjeu une fois qu’il est avancé et difficile à infléchir. Chase observait que les organisations sollicitaient souvent un conseil trop tard — après l’article dommageable, la législation pénalisante ou le boycott. L’issue management oppose ainsi une posture proactive (anticiper) à une posture réactive (subir), ce qui rejoint l’importance de l’anticipation et de la veille, traitées dans des ressources dédiées.

Quelle différence entre issue management et gestion de crise ? L’issue management intervient en amont (proactif, sur les enjeux émergents, avant qu’ils ne dégénèrent), tandis que la gestion de crise, traitée dans une ressource dédiée, intervient en aval (réactive, sur les crises déclarées). C’est une distinction de moment et de posture. Bien gérer un enjeu en amont peut prévenir qu’il ne dégénère en crise : l’issue management contribue ainsi à la prévention. La frontière entre les deux est parfois discutée — certains travaux les pensant comme interdépendantes —, mais la distinction amont/aval reste éclairante. L’issue management est aussi proche de la gestion des risques, traitée dans une ressource dédiée.

L’issue management est-il une discipline défensive ou manipulatrice ? Il peut être pratiqué de manière éthique ou non, et la discipline a évolué sur ce point. À son origine, la perspective de Chase était, selon des analyses ultérieures, explicitement pro-entreprise et asymétrique. Mais la discipline a évolué, sous l’influence de la recherche en relations publiques, vers des approches plus éthiques et symétriques — attentives au dialogue, à la relation et aux parties prenantes. L’issue management gagne à être pratiqué dans cette perspective éthique — dialoguer sincèrement, participer de bonne foi au débat public —, et non dans la seule logique défensive de ses origines. Cette pratique éthique rejoint la ligne du corpus.

Comment utiliser l’issue management en France ? En le situant comme une discipline d’anticipation, qui éclaire l’amont de la crise — la gestion des enjeux avant qu’ils ne deviennent des crises —, et complète la gestion de crise (réactive). On peut le relier à la gestion des risques et à la veille, traitées dans des ressources dédiées, qui relèvent aussi de l’anticipation. Il gagne à être pratiqué dans une perspective éthique et symétrique, et adapté au contexte français — notamment institutionnel et culturel. C’est un cadre d’anticipation, à utiliser avec discernement et non comme recette. Connaître l’issue management enrichit la réflexion sur la communication et la gestion de crise, en éclairant leur amont, rarement nommé en France.