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La communication de risque (risk communication)
- Qu'est-ce que la communication de risque (risk communication) ?
- Que signifie la formule « Risk = Hazard + Outrage » de Sandman ?
- Pourquoi l'« outrage » (l'indignation, l'émotion) est-il central ?
- Quelles sont les grandes tâches de la communication de risque ?
- Quel lien (et quelle différence) entre communication de risque et communication de crise ?
- Comment situer et utiliser la communication de risque en France ?
- FAQ — La communication de risque (risk communication)
La communication de risque (risk communication) est une discipline distincte de la communication de crise : elle vise à communiquer sur les risques de manière à aligner la perception du public sur la réalité du danger, en tenant compte autant de l’émotion et de l’indignation (« outrage ») que du danger technique (« hazard ») analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Le consultant et chercheur Peter Sandman l’a résumée par une formule de référence : Risk = Hazard + Outrage — le risque tel que perçu combine le danger réel et l’indignation émotionnelle. Cette discipline, structurée dans le monde anglo-saxon et en santé publique, est rarement nommée telle quelle en France. Dans le cadre de Sandman, la communication de crise n’est qu’une des tâches de la communication de risque — celle où le danger et l’indignation sont tous deux élevés. Ce guide présente la communication de risque, la formule de Sandman, le rôle central de l’« outrage », les grandes tâches de la discipline, et son lien avec la communication de crise. L’objectif de la communication de risque est d’aligner la perception sur la réalité — un niveau d’indignation approprié au danger réel —, et non de minimiser un danger réel, ce qui serait un détournement de la discipline.
La communication de risque est une discipline voisine mais distincte de la communication de crise, peu présentée en français grand public. Cet article explique ce qu’est la communication de risque, ce que signifie la formule « Risk = Hazard + Outrage » de Sandman, pourquoi l’« outrage » est central, quelles sont les grandes tâches de la discipline, quel est son lien avec la communication de crise, et comment la situer en France. Il s’inscrit dans l’ensemble consacré à la communication de crise, qu’il éclaire d’un cadre plus large. Cet article présente un cadre académique de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français ; il n’avance aucun cas réel, et souligne que la communication de risque vise à aligner la perception sur la réalité, non à minimiser un danger.
Qu’est-ce que la communication de risque (risk communication) ?
La communication de risque est une discipline qui vise à communiquer sur les risques de manière à aligner la perception du public sur la réalité du danger, en tenant compte de l’émotion autant que du danger technique. C’est une discipline distincte de la communication de crise.
Plusieurs éléments la caractérisent :
- Une discipline de communication sur les risques. La communication de risque vise à communiquer sur les risques — alerter sur des dangers, rassurer sur des risques surestimés, accompagner face à des risques réels. Elle comprend, selon Sandman, deux facettes : « faire peur » (alerter) et « rassurer » (calmer), pour créer un niveau d’indignation approprié au niveau de danger. C’est une discipline de gestion de la perception du risque.
- Distincte de l’évaluation du risque. La communication de risque se distingue de l’évaluation du risque (risk assessment), qui traite de la physique, de la chimie et de la probabilité d’un événement. L’évaluation du risque définit le risque comme la magnitude multipliée par la probabilité — ce que Sandman appelle le danger (hazard). La communication de risque, elle, traite de la perception et de l’indignation. Les deux sont distinctes.
- Formalisée par Peter Sandman. La communication de risque a été notamment formalisée par le consultant et chercheur Peter M. Sandman, dont le travail est une référence du domaine. Le terme d’« outrage factor » (facteur d’indignation) provient de son ouvrage de 1993, « Responding to Community Outrage: Strategies for Effective Risk Communication ». Sandman en est un auteur de référence.
- Une discipline distincte de la communication de crise. La communication de risque est une discipline distincte — et plus large — que la communication de crise. Sandman estime d’ailleurs, de manière provocatrice, que la communication de risque ne devrait pas relever du seul département communication, soulignant qu’elle est une discipline à part entière. La communication de crise, on le verra, n’en est qu’une des tâches.
C’est pourquoi la communication de risque est une discipline qui vise à aligner la perception du public sur la réalité du danger, en tenant compte de l’émotion autant que du danger technique. Distincte de l’évaluation du risque (qui traite du danger réel) et de la communication de crise (dont elle est plus large), elle a été notamment formalisée par Peter Sandman. Cette discipline, structurée dans le monde anglo-saxon et en santé publique, est rarement nommée en France, où la communication sur les risques s’appuie souvent sur des principes sans nommer le cadre. Cet article la présente de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français. Il importe de souligner, d’emblée, que la communication de risque vise à aligner la perception sur la réalité — un niveau d’indignation approprié au danger réel —, et non à minimiser un danger réel. Les sections suivantes en détaillent la formule, le rôle de l’« outrage », les tâches et le lien avec la crise.
Que signifie la formule « Risk = Hazard + Outrage » de Sandman ?
La formule « Risk = Hazard + Outrage » de Sandman signifie que le risque, tel que perçu par le public, combine le danger réel (hazard) et l’indignation émotionnelle (outrage). C’est la formule de référence de la communication de risque.
Plusieurs éléments l’éclairent :
- Le danger (hazard). Le « hazard » désigne le danger réel, technique — la magnitude et la probabilité du risque, ce que mesure l’évaluation du risque. C’est la dimension sur laquelle se concentrent les experts. Le danger est la composante « technique » du risque.
- L’indignation (outrage). L’« outrage » désigne les facteurs émotionnels et perceptifs qui influencent la perception du risque — tout ce qui inquiète le public et que les experts ont tendance à ignorer. Les risques perçus comme involontaires, industriels et injustes sont souvent jugés plus inacceptables que ceux perçus comme volontaires, naturels et justes. L’indignation est la composante « émotionnelle et perceptive ».
- Le risque perçu combine les deux. Selon Sandman, le risque tel que perçu par le public combine le danger et l’indignation : Risk = Hazard + Outrage (que Sandman reformule parfois en Risk = f(Hazard, Outrage)). Le public ne perçoit pas le risque comme les experts : sa perception intègre l’indignation, et pas seulement le danger.
- Substance et processus. La distinction entre danger et indignation, selon Sandman, est un cas particulier de la distinction entre la substance et le processus : dans une controverse, l’intensité du conflit dépend souvent plus du processus (comment les choses sont faites, perçues) que de la substance (le danger réel). Cette distinction éclaire la formule.
Cette formule « Risk = Hazard + Outrage » signifie donc que le risque perçu combine le danger réel (hazard) et l’indignation émotionnelle (outrage). Elle éclaire un fait central : le public ne perçoit pas le risque comme les experts. Là où les experts se concentrent sur le danger (la magnitude et la probabilité), le public intègre l’indignation — les facteurs émotionnels et perceptifs, comme le caractère involontaire, industriel ou injuste d’un risque. Cette formule, signature de la communication de risque, explique pourquoi un danger technique faible peut susciter une forte inquiétude (forte indignation), et inversement. Le rôle central de l’« outrage », qui découle de cette formule, est précisé dans la section suivante. Cette logique éclaire d’ailleurs des phénomènes traités dans le corpus, comme la peur du public face à certains risques, traitée à propos de secteurs comme l’énergie dans une ressource dédiée.
Pourquoi l’« outrage » (l’indignation, l’émotion) est-il central ?
L’« outrage » est central parce que les experts se concentrent sur le danger tandis que le public réagit à l’indignation, et parce que, selon Sandman, c’est l’indignation, et non le danger, qui détermine la réputation. Adresser l’indignation est donc essentiel.
Plusieurs raisons fondent cette centralité :
- Les experts répondent au danger, le public à l’indignation. Selon Sandman, les experts répondent au danger, et le public à l’indignation. Quand le danger est élevé et l’indignation faible, les experts s’inquiètent et le public reste apathique ; quand le danger est faible et l’indignation forte, le public s’inquiète et les experts restent apathiques. Ce décalage est au cœur des controverses sur le risque.
- Une faible corrélation entre inquiétude et danger réel. Sandman souligne que la corrélation entre l’inquiétude du public et le danger réel est faible. Le public surestime ou sous-estime souvent le danger, et les experts sous-estiment souvent l’indignation. Les deux ont une vision légitime mais incomplète du risque.
- L’indignation détermine la réputation. Selon Sandman, c’est l’indignation, et non le danger, qui détermine la réputation : même des dangers significatifs sont souvent tolérés quand l’indignation est faible. La réputation se joue donc largement sur l’indignation. C’est un point central pour la communication.
- « Éduquer » ne suffit pas. Sandman souligne qu’« éduquer le public » ne suffit pas à traiter l’indignation : si les gens sont indignés et comprennent le danger, il faut adresser l’indignation, et non se contenter d’expliquer les données. Adresser l’indignation, et non seulement informer, est essentiel.
Cette centralité de l’« outrage » est au cœur de la communication de risque. Les experts répondant au danger et le public à l’indignation, un décalage s’installe souvent : le public peut s’inquiéter d’un danger faible (forte indignation) ou rester apathique face à un danger élevé (faible indignation). Or, selon Sandman, c’est l’indignation, et non le danger, qui détermine la réputation. Et « éduquer le public » ne suffit pas à traiter l’indignation : il faut l’adresser. Cette centralité de l’indignation explique pourquoi la communication de risque ne peut se réduire à informer sur le danger : elle doit prendre au sérieux et adresser l’indignation du public. Ce point rejoint, dans le corpus, l’importance de l’empathie et de la prise au sérieux des préoccupations, traitée dans des ressources dédiées : on ne désamorce pas une inquiétude en niant l’émotion, mais en l’adressant. Les grandes tâches de la communication de risque, qui découlent de cette logique, sont précisées dans la section suivante.
Quelles sont les grandes tâches de la communication de risque ?
Sandman distingue plusieurs grandes tâches de la communication de risque, selon la combinaison du danger et de l’indignation : l’alerte (precaution advocacy), la gestion de l’indignation (outrage management), la communication de crise, et la consultation. Chacune répond à une situation différente.
Sur la base de la formule, Sandman catégorise la communication de risque en plusieurs grandes tâches :
- L’alerte (precaution advocacy). Quand le danger est élevé mais l’indignation faible, l’objectif est d’alerter des personnes insuffisamment inquiètes sur des risques sérieux. Le message est, en substance, « attention ». Cette tâche vise à créer une indignation appropriée à un danger réel mais sous-estimé.
- La gestion de l’indignation (outrage management). Quand le danger est faible mais l’indignation forte, l’objectif est de rassurer des personnes trop inquiètes sur de petits risques. Le message est, en substance, « calmez-vous ». Cette tâche vise à ramener l’indignation à un niveau approprié à un danger réel mais surestimé. Elle suppose d’adresser l’indignation, non de nier l’émotion.
- La communication de crise. Quand le danger et l’indignation sont tous deux élevés, l’objectif est d’aider des personnes légitimement inquiètes à faire face à des risques importants. Le message est, en substance, que l’on traversera l’épreuve ensemble. Cette tâche est la communication de crise, qui n’est donc, dans le cadre de Sandman, qu’une des tâches de la communication de risque.
- La consultation. Quand le danger et l’indignation sont modérés, l’objectif, selon Sandman, est d’associer le public à la décision par la consultation. Cette tâche, de dialogue et d’association des parties prenantes, correspond à des situations intermédiaires.
Ces grandes tâches — alerte, gestion de l’indignation, communication de crise, consultation — répondent chacune à une combinaison différente du danger et de l’indignation. La communication de risque adapte ainsi son objectif à la situation : alerter quand le danger est sous-estimé, rassurer quand il est surestimé, accompagner quand danger et indignation sont élevés (la crise), associer quand ils sont modérés. Il importe de souligner que la gestion de l’indignation (rassurer sur de petits risques) vise à aligner la perception sur la réalité — un niveau d’indignation approprié au danger réel —, et non à minimiser un danger réel : rassurer sur un danger réellement faible est légitime, mais minimiser un danger réel serait un détournement de la discipline et une faute, comme le souligne, dans le corpus, le refus de la minimisation, traité dans une ressource dédiée. La communication de crise comme tâche de la communication de risque, et le lien entre les deux, sont précisés dans la section suivante.
Quel lien (et quelle différence) entre communication de risque et communication de crise ?
Dans le cadre de Sandman, la communication de crise est l’une des tâches de la communication de risque — celle où le danger et l’indignation sont tous deux élevés. La communication de risque est donc la discipline plus large, dont la communication de crise est un mode.
Plusieurs éléments éclairent ce lien :
- La communication de crise comme tâche de la communication de risque. Dans le cadre de Sandman, la communication de crise correspond à la situation où le danger et l’indignation sont tous deux élevés. Elle est donc l’une des tâches de la communication de risque, aux côtés de l’alerte, de la gestion de l’indignation et de la consultation. La crise est un mode de la communication de risque.
- La communication de risque comme discipline plus large. La communication de risque est plus large que la communication de crise : elle couvre aussi l’alerte (danger élevé, indignation faible), la gestion de l’indignation (danger faible, indignation forte) et la consultation (danger et indignation modérés). La communication de crise n’en est qu’une des situations. La communication de risque englobe donc la communication de crise.
- Une logique commune : prendre au sérieux l’indignation. Communication de risque et communication de crise partagent une logique : prendre au sérieux l’indignation et l’émotion du public, et ne pas se contenter d’informer sur le danger. Cette logique, centrale dans la communication de risque, éclaire aussi la communication de crise, traitée dans un ensemble de ressources dédiées, notamment l’importance de l’empathie.
- Une perspective qui enrichit la communication de crise. Situer la communication de crise comme une tâche de la communication de risque enrichit la perspective : la crise (danger et indignation élevés) s’inscrit dans un continuum de situations de risque, et les enseignements de la communication de risque — notamment sur l’indignation — éclairent la communication de crise. Cette perspective est utile.
Ce lien entre communication de risque et communication de crise est éclairant. Dans le cadre de Sandman, la communication de crise est l’une des tâches de la communication de risque — celle où le danger et l’indignation sont tous deux élevés —, tandis que la communication de risque est la discipline plus large, qui couvre aussi l’alerte, la gestion de l’indignation et la consultation. La communication de risque englobe donc la communication de crise, traitée dans un ensemble de ressources dédiées, comme l’un de ses modes. Les deux partagent une logique : prendre au sérieux l’indignation et l’émotion du public, et ne pas se contenter d’informer sur le danger — une logique qui rejoint l’importance de l’empathie dans la communication de crise, traitée dans une ressource dédiée. Situer la communication de crise dans le cadre plus large de la communication de risque enrichit ainsi la perspective, en inscrivant la crise dans un continuum de situations de risque. La communication de risque est aussi très développée en santé publique, où des cadres comme le CERC (Crisis & Emergency Risk Communication) la structurent — un cadre apparenté, qui pourra faire l’objet d’une présentation dédiée.
Comment situer et utiliser la communication de risque en France ?
La communication de risque est une discipline distincte et structurante, rarement nommée en France, qui enrichit la communication de crise et la gestion des risques. La situer comme une discipline à part entière, et l’utiliser avec discernement, est utile.
Plusieurs repères permettent de la situer et de l’utiliser :
- Une discipline rarement nommée en France. La communication de risque, bien que structurée dans le monde anglo-saxon et en santé publique, est rarement nommée et présentée en français grand public. La nommer et la présenter, comme le fait cet article, permet d’enrichir la réflexion d’un cadre nommé.
- Un cadre qui enrichit la communication de crise. La communication de risque enrichit la communication de crise, traitée dans un ensemble de ressources dédiées, en l’inscrivant dans un continuum de situations de risque et en soulignant la centralité de l’indignation. Connaître ce cadre aide à mieux comprendre et gérer la dimension émotionnelle et perceptive du risque.
- Un cadre qui dépasse la seule communication. Sandman souligne que la communication de risque ne devrait pas relever du seul département communication : elle touche à la gestion des risques, à la relation aux parties prenantes, à la décision. Ce cadre dépasse donc la communication, et rejoint la gestion des risques, traitée à propos de la distinction avec la gestion de crise dans une ressource dédiée.
- Un cadre à adapter et à utiliser avec discernement. La communication de risque est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français, et à utiliser avec discernement — comme un cadre d’analyse, et non une recette. La distinction danger/indignation, et les tâches de la discipline, éclairent la réflexion, sans la remplacer.
- Un cadre à utiliser dans le respect de l’honnêteté. L’objectif de la communication de risque étant d’aligner la perception sur la réalité, son usage doit rester honnête : adresser l’indignation et ajuster la perception au danger réel, sans minimiser un danger réel ni exagérer un danger faible. Cette exigence d’honnêteté est essentielle.
Ces repères permettent de situer et d’utiliser la communication de risque : une discipline distincte et structurante, rarement nommée en France, qui enrichit la communication de crise et la gestion des risques. Elle offre un cadre précieux — la distinction entre le danger et l’indignation, et les tâches de la discipline —, qui éclaire la dimension émotionnelle et perceptive du risque, centrale et souvent sous-estimée. Mais c’est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français, à utiliser avec discernement, et dans le respect de l’honnêteté : aligner la perception sur la réalité, sans minimiser ni exagérer. Connaître la communication de risque enrichit la réflexion sur la communication de crise, en lui donnant un cadre plus large et nommé, et en soulignant la centralité de l’indignation — un enseignement qui rejoint l’importance de l’empathie et du refus de la minimisation, traités dans des ressources dédiées. La communication de risque est ainsi une discipline voisine précieuse, dont la communication de crise est un mode.
FAQ — La communication de risque (risk communication)
Qu’est-ce que la communication de risque ? C’est une discipline qui vise à communiquer sur les risques de manière à aligner la perception du public sur la réalité du danger, en tenant compte de l’émotion et de l’indignation autant que du danger technique. Elle comprend, selon Peter Sandman qui l’a formalisée, deux facettes — alerter et rassurer — pour créer un niveau d’indignation approprié au danger. Elle se distingue de l’évaluation du risque (qui traite du danger réel) et de la communication de crise (dont elle est plus large). Son objectif est d’aligner la perception sur la réalité, non de minimiser un danger réel.
Que signifie la formule « Risk = Hazard + Outrage » ? Cette formule de Peter Sandman signifie que le risque, tel que perçu par le public, combine le danger réel (hazard — la magnitude et la probabilité, ce que mesurent les experts) et l’indignation émotionnelle (outrage — les facteurs émotionnels et perceptifs, comme le caractère involontaire, industriel ou injuste d’un risque). Le public ne perçoit pas le risque comme les experts : sa perception intègre l’indignation, et pas seulement le danger. C’est pourquoi un danger technique faible peut susciter une forte inquiétude, et inversement. Sandman reformule parfois la formule en Risk = f(Hazard, Outrage).
Pourquoi l’indignation (« outrage ») est-elle si importante ? Parce que, selon Sandman, les experts répondent au danger tandis que le public réagit à l’indignation, et parce que c’est l’indignation, et non le danger, qui détermine la réputation : même des dangers significatifs sont souvent tolérés quand l’indignation est faible. De plus, « éduquer le public » ne suffit pas à traiter l’indignation : si les gens sont indignés et comprennent le danger, il faut adresser l’indignation, et non se contenter d’expliquer les données. Prendre au sérieux et adresser l’indignation est donc essentiel, ce qui rejoint l’importance de l’empathie, traitée dans une ressource dédiée.
Quelles sont les grandes tâches de la communication de risque ? Sandman en distingue plusieurs, selon la combinaison du danger et de l’indignation : l’alerte (precaution advocacy — danger élevé, indignation faible : alerter sur des risques sérieux sous-estimés, « attention »), la gestion de l’indignation (outrage management — danger faible, indignation forte : rassurer sur de petits risques surestimés, « calmez-vous »), la communication de crise (danger et indignation élevés : accompagner face à des risques importants), et la consultation (danger et indignation modérés : associer le public à la décision). Chacune adapte l’objectif à la situation. La gestion de l’indignation vise à aligner la perception sur la réalité, non à minimiser un danger réel.
Quelle différence entre communication de risque et communication de crise ? Dans le cadre de Sandman, la communication de crise est l’une des tâches de la communication de risque — celle où le danger et l’indignation sont tous deux élevés. La communication de risque est donc la discipline plus large, qui couvre aussi l’alerte, la gestion de l’indignation et la consultation ; la communication de crise n’en est qu’un mode. Les deux partagent une logique : prendre au sérieux l’indignation et l’émotion du public, et ne pas se contenter d’informer sur le danger. Situer la communication de crise, traitée dans un ensemble de ressources dédiées, dans le cadre plus large de la communication de risque enrichit la perspective.
La communication de risque sert-elle à minimiser les risques ? Non. L’objectif de la communication de risque est d’aligner la perception du public sur la réalité du danger — un niveau d’indignation approprié au danger réel. Cela signifie alerter quand un danger réel est sous-estimé (precaution advocacy), et rassurer quand un danger réellement faible est surestimé (outrage management). Mais minimiser un danger réel, ou exagérer un danger faible, serait un détournement de la discipline et une faute : rassurer sur un danger réellement faible est légitime, minimiser un danger réel ne l’est pas. L’usage de la communication de risque doit donc rester honnête, ce qui rejoint le refus de la minimisation, traité dans une ressource dédiée.