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Communication des entreprises en difficulté

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Communication des entreprises en difficulté : tenir la confidentialité sans perdre le crédit

Dans une procédure amiable, la loi vous interdit de parler. Dans une procédure collective, le tribunal parle pour vous. Entre les deux, vos fournisseurs coupent les livraisons, vos meilleurs salariés partent et vos concurrents téléphonent à vos clients analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom.

LaFrenchCom accompagne les dirigeants, leurs avocats et leurs administrateurs judiciaires sur ce terrain précis, où la moindre phrase publique peut faire échouer une négociation ou accélérer un dépôt de bilan.

Le vrai point de bascule n’est pas médiatique, il est commercial

On croit que la communication d’une entreprise en difficulté est un sujet de presse. C’est faux dans neuf cas sur dix.

Le point de bascule s’appelle le crédit fournisseur, et la séquence est toujours la même.

Une rumeur circule. Un assureur-crédit réduit ou supprime sa garantie sur votre signature. Vos fournisseurs, prévenus par leur assureur avant même que vous ne le sachiez, exigent le paiement comptant. Votre besoin en fonds de roulement explose du jour au lendemain. La difficulté que vous étiez en train de traiter discrètement devient une crise de trésorerie immédiate.

Autrement dit : la rumeur produit elle-même la réalité qu’elle annonce. C’est ce mécanisme qu’il faut casser, et il se casse par une gestion précise de l’information auprès de quelques dizaines d’interlocuteurs, pas par un communiqué.

Deux régimes, deux doctrines opposées

Procédures amiables Procédures collectives
Mandat ad hoc, conciliation Sauvegarde, sauvegarde accélérée, redressement, liquidation
Publicité Confidentielles par la loi Jugement d’ouverture publié au BODACC
Doctrine Silence organisé, gestion ciblée des parties prenantes Prise de parole maîtrisée et rapide, avant que d’autres ne la prennent
Risque principal La fuite Le vide laissé aux interprétations

Le passage de l’un à l’autre est le moment le plus dangereux, parce qu’il est brutal. Une entreprise qui n’avait rien le droit de dire pendant six mois doit soudain s’adresser en vingt-quatre heures à ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, sa banque, les élus locaux et la presse régionale. Cela se prépare pendant la période où l’on se tait.

La confidentialité n’est pas seulement une contrainte, c’est une arme

L’article L. 611-15 du code de commerce impose la confidentialité à toute personne appelée à une conciliation ou à un mandat ad hoc, ou qui en a connaissance par ses fonctions.

La jurisprudence en a fait un outil réellement opposable.

La Cour de cassation a jugé le 15 décembre 2015 que cette confidentialité s’impose aux organes de presse eux-mêmes, sauf lorsque la publication contribue à informer le public sur une question d’intérêt général. Elle a confirmé cette position le 13 juin 2019 en retenant la responsabilité d’un service d’information financière spécialisé et en validant la condamnation à dommages et intérêts. Elle a précisé en octobre 2022 que l’obligation joue aussi entre les parties à la procédure, et pas seulement à l’égard des tiers.

Concrètement, face à un média spécialisé dans le suivi de la dette qui s’apprête à publier le détail de vos négociations, vous n’êtes pas démuni. Une action existe, elle a déjà prospéré, et la seule perspective d’une mise en demeure argumentée suffit souvent.

Nous ne conduisons pas cette action, qui appartient à vos avocats. Nous construisons le dossier factuel, identifions le canal de fuite, évaluons ce qui relève ou non du débat d’intérêt général, et gérons la relation avec le média pendant que la voie juridique se déploie. Les deux vont ensemble : engager une procédure sans stratégie éditoriale produit souvent un deuxième article, plus visible que le premier.

D’où viennent les fuites médiatiques

Rarement du dirigeant. Presque toujours de l’un de ces canaux, que nous cartographions dès le premier jour.

Les créanciers financiers et les fonds de dette, dont les équipes parlent entre elles. Les banques, à travers leurs comités de crédit. Les assureurs-crédit et leurs analystes. Les salariés, et notamment les représentants du personnel informés à certains stades de la procédure. Les fournisseurs qui constatent un allongement des délais de paiement. Les concurrents, très bien renseignés dans les secteurs concentrés. Les cabinets et intermédiaires gravitant autour du dossier. Enfin la presse spécialisée dans le crédit et le restructuring, qui vit précisément de cette information.

Le dispositif LaFrenchCom

Phase 1 : pendant la procédure amiable

Doctrine de silence organisé, ce qui ne veut pas dire absence de communication mais communication ciblée et non écrite.

Cartographie des parties prenantes à tenir, par ordre de dangerosité. Éléments de langage courts et strictement conformes à la confidentialité pour les fournisseurs stratégiques, les clients grands comptes et les assureurs-crédit. Doctrine de réponse aux questions des salariés, qui sentent toujours quelque chose. Préparation du scénario de fuite, avec les messages déjà écrits et validés, prêts à partir dans l’heure.

Ce dernier point est celui que les entreprises négligent le plus. Une fuite traitée en deux heures avec un message préparé ne produit pas les mêmes effets qu’une fuite traitée en deux jours.

Phase 2 : l’ouverture d’une procédure collective

L’information devient publique par le BODACC et par le greffe. À partir de cet instant, chaque heure de silence est remplie par quelqu’un d’autre.

Séquence d’annonce en ordre strict, salariés d’abord, dans les heures qui précèdent la publicité. Puis clients, fournisseurs, banques, élus locaux et préfecture pour les sites industriels, presse régionale, presse professionnelle. Argumentaire distinguant clairement la procédure de la faillite, distinction que le grand public ne fait jamais spontanément et que vos concurrents ne feront pas non plus.

Formation du dirigeant à la prise de parole dans un contexte où il sera interrogé sur les emplois avant d’être interrogé sur l’entreprise.

Phase 3 : la période d’observation

C’est la phase la plus longue et la plus mal accompagnée.

Il s’agit de continuer à vendre alors que chaque prospect a lu l’information, de rester dans les appels d’offres dont les clauses financières vous excluent, de retenir les compétences clés, de traiter les demandes de garanties des fournisseurs, et de tenir un discours cohérent semaine après semaine alors que l’issue est incertaine.

Nous mettons en place un rythme de communication interne régulier, un argumentaire commercial dédié pour les équipes de vente, et un traitement au cas par cas des clients qui menacent de partir.

Phase 4 : cession, reprise, sortie

Lorsque des offres de reprise sont déposées, la communication devient un terrain d’affrontement. Les candidats parlent à la presse, les organisations syndicales se positionnent, les élus s’expriment, et le tribunal lit tout cela.

Nous accompagnons le dirigeant, ou le repreneur, sur cette séquence : positionnement du projet, relation avec la presse locale et les élus, communication auprès des salariés dont l’adhésion pèse sur la reprise, puis communication de sortie et reconstruction de la crédibilité commerciale.

Le cas des sociétés cotées

L’ouverture d’une négociation avec les créanciers, la conclusion d’un accord, l’ouverture d’une procédure sont susceptibles de constituer des informations privilégiées au sens du règlement européen sur les abus de marché. La question du différé de publication, de sa justification et de sa documentation se pose alors très tôt.

Nous travaillons dans ce cadre en coordination avec vos conseils et votre secrétariat général, sans jamais nous substituer à eux sur la qualification.

Ce que nous ne faisons pas

Nous ne donnons aucun conseil juridique et n’intervenons pas sur la conduite de la procédure, qui relève de votre avocat, de votre administrateur judiciaire et du mandataire désigné.

Nous ne construisons pas de communication destinée à peser sur une décision du tribunal.

Nous ne diffusons aucune information susceptible de violer la confidentialité de l’article L. 611-15, y compris à la demande du client. Une divulgation engage la responsabilité de son auteur et peut compromettre la négociation en cours.

Nous n’acceptons pas de mission visant à masquer une situation auprès de partenaires que la loi impose d’informer.

Formules

Cadrage. Deux jours. Cartographie des parties prenantes, évaluation du risque de fuite, doctrine de silence, messages de secours prêts à l’emploi.

Accompagnement de procédure. Forfait mensuel pendant la durée de la procédure amiable, puis dispositif renforcé au moment de l’ouverture et pendant la période d’observation.

Intervention d’urgence. Fuite en cours, article imminent, ouverture non anticipée. Mobilisation sous deux heures.

Questions fréquentes

Peut-on communiquer pendant une conciliation ou un mandat ad hoc ? Pas sur la procédure elle-même. On peut en revanche continuer à communiquer normalement sur l’activité, et répondre de façon maîtrisée aux interlocuteurs qui s’inquiètent, sans jamais confirmer ni infirmer l’existence de la procédure. C’est un exercice d’équilibre qui demande des formulations préparées à l’avance.

Un journaliste s’apprête à publier des informations sur notre conciliation. Que faire ? Réagir vite, avec vos avocats. La confidentialité de l’article L. 611-15 est opposable à la presse, sauf débat d’intérêt général, et cette opposabilité a été confirmée à plusieurs reprises par la Cour de cassation. Parallèlement, il faut préparer le scénario dans lequel la publication a lieu malgré tout.

Que dit-on aux salariés avant l’ouverture d’une procédure ? Ce que la procédure et le calendrier d’information des instances représentatives permettent de dire, ni plus ni moins, mais dit par le dirigeant lui-même et pas découvert dans la presse locale. L’ordre de préséance est un sujet en soi : un salarié qui apprend la nouvelle par un client ne vous le pardonnera pas.

Comment répondre à un client qui menace de partir ? Individuellement, avec des éléments concrets sur la continuité d’exploitation, et jamais avec le même argumentaire que celui destiné à la presse. La communication d’une entreprise en difficulté est un travail de détail, client par client.

Travaillez-vous avec les administrateurs judiciaires et les avocats ? Oui, c’est le cadre normal de nos interventions. Nous nous inscrivons dans la stratégie qu’ils conduisent et n’engageons aucune action publique sans leur validation.

Parler avant que ce soit urgent

La plupart des dossiers nous arrivent trois jours trop tard. Un entretien confidentiel d’une heure permet d’évaluer votre exposition et de préparer les messages de secours pendant que vous en avez encore le temps.

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