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Comment gérer une crise impliquant un partenaire, un fournisseur ou un tiers (crise par ricochet) ?

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Une crise par ricochet survient lorsqu’une organisation est atteinte par l’association avec un tiers — partenaire, fournisseur, client — à l’origine d’un problème dont elle n’est pas directement responsable et qu’elle ne maîtrise pas analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Cette situation est particulière : l’organisation subit une contagion réputationnelle pour des faits qui ne sont pas les siens, tout en étant liée à leur auteur. Les enjeux clés sont de situer clairement sa propre responsabilité par rapport à celle du tiers, de décider de se solidariser ou de prendre ses distances, et de gérer la contagion sans préjuger ni rejeter prématurément la faute. Une crise par ricochet mal gérée peut faire porter à l’organisation une responsabilité qui n’est pas la sienne.

La crise par ricochet — l’implication via un tiers — est un type de crise particulier, où l’organisation est atteinte non par ses propres faits, mais par son association avec un autre acteur. Cet article explique ce qu’est une crise par ricochet, pourquoi elle est particulière, comment situer sa responsabilité et celle du tiers, s’il faut se solidariser ou prendre ses distances, comment gérer la contagion réputationnelle, et quelles erreurs éviter. La dimension de chaîne dans l’agroalimentaire, la cartographie des risques et la gestion d’une rumeur font l’objet de ressources spécifiques. Cet article aborde le sujet sous l’angle de la communication, de manière non partisane ; les aspects juridiques et contractuels relèvent de spécialistes.

Qu’est-ce qu’une crise par ricochet impliquant un tiers ?

Une crise par ricochet est une crise où l’organisation est atteinte par son association avec un tiers — partenaire, fournisseur, client — à l’origine d’un problème : elle subit une contagion réputationnelle pour des faits qui ne sont pas les siens. Cette situation est distincte d’une crise dont l’organisation serait elle-même à l’origine.

Plusieurs éléments la caractérisent :

  • Un problème venant d’un tiers. La crise trouve son origine dans les faits, les agissements ou les difficultés d’un tiers — un partenaire, un fournisseur, un client, un sous-traitant —, et non dans ceux de l’organisation elle-même.
  • Une atteinte par association. L’organisation est atteinte par son association avec ce tiers : son lien avec l’auteur du problème la rend, aux yeux du public, partie prenante de la crise, alors qu’elle n’en est pas directement à l’origine.
  • Une responsabilité indirecte ou nulle. L’organisation peut n’avoir aucune responsabilité directe dans les faits, ou une responsabilité indirecte — par exemple un défaut de vigilance dans le choix ou le suivi du tiers. La question de sa responsabilité réelle est centrale.
  • Une absence de maîtrise. L’organisation ne maîtrise pas les agissements du tiers, ce qui la place dans une position particulière : elle subit une crise dont elle ne contrôle pas la source.

C’est pourquoi la crise par ricochet appelle une gestion spécifique, distincte de celle d’une crise dont l’organisation serait elle-même à l’origine. Il s’agit de gérer une atteinte par association, pour des faits qui ne sont pas les siens et qu’elle ne maîtrise pas. Cette situation se distingue de la dimension de chaîne propre à l’agroalimentaire, traitée dans une ressource dédiée, qui est sectorielle : la crise par ricochet est transversale et peut toucher toute organisation liée à un tiers. Elle se distingue aussi de la rumeur, traitée dans une ressource dédiée, qui repose sur une information fausse : ici, l’association avec le tiers et son problème sont réels. Les sections suivantes en détaillent la gestion.

Pourquoi une crise par ricochet est-elle particulière ?

Une crise par ricochet est particulière parce que l’organisation subit une crise dont elle n’est pas directement responsable et qu’elle ne maîtrise pas : elle doit gérer une atteinte pour des faits qui ne sont pas les siens. Cette position crée une tension propre.

Plusieurs raisons la rendent particulière :

  • Subir sans être responsable. L’organisation peut subir une atteinte réputationnelle sans être directement responsable des faits. Cette situation, où l’on paie pour les agissements d’un autre, est frustrante et délicate à gérer.
  • L’absence de maîtrise de la source. L’organisation ne maîtrise pas les agissements du tiers ni, souvent, sa communication. Elle subit une crise dont la source lui échappe, ce qui limite sa capacité d’action sur le fond.
  • La tension entre lien et distance. L’organisation est liée au tiers, mais peut souhaiter se distancier de ses agissements. Cette tension entre le lien réel et la volonté de distance est au cœur de la gestion d’une crise par ricochet.
  • Le risque de porter une responsabilité qui n’est pas la sienne. Si elle gère mal cette crise, l’organisation peut se voir attribuer une responsabilité qui n’est pas la sienne, ou être assimilée aux agissements du tiers. Éviter cette assimilation est un enjeu central.

Cette position particulière — subir une crise dont on n’est pas directement responsable et qu’on ne maîtrise pas — distingue la crise par ricochet des autres types de crise. Elle crée une tension propre, entre le lien réel avec le tiers et la volonté de se distancier de ses agissements, et un risque : porter une responsabilité qui n’est pas la sienne. La gestion d’une crise par ricochet consiste largement à clarifier sa position vis-à-vis du tiers et à éviter cette assimilation, sans pour autant rejeter brutalement la faute sur le tiers, ce qui serait mal perçu. Les sections suivantes détaillent ces arbitrages.

Comment situer sa propre responsabilité et celle du tiers ?

Situer sa propre responsabilité et celle du tiers suppose de clarifier honnêtement ce qui relève de l’organisation et ce qui relève du tiers, sans préjuger ni rejeter prématurément la faute. Cette clarification est délicate et centrale.

Plusieurs principes guident cette clarification :

  • Clarifier ce qui relève de l’organisation. L’organisation doit d’abord clarifier sa propre position : a-t-elle une responsabilité directe, indirecte, ou nulle dans les faits ? Cette clarification honnête est le préalable à toute communication.
  • Assumer sa part éventuelle. Si l’organisation a une part de responsabilité — par exemple un défaut de vigilance dans le choix ou le suivi du tiers —, elle doit l’assumer honnêtement, plutôt que de la nier. Nier une responsabilité réelle se retournerait contre elle.
  • Ne pas préjuger des faits du tiers. Avant que les faits et les responsabilités du tiers soient établis, il ne faut pas préjuger publiquement. Préjuger serait prématuré et risqué, comme dans toute situation où les responsabilités ne sont pas encore claires.
  • Ne pas rejeter prématurément la faute sur le tiers. La tentation peut être de rejeter immédiatement toute la faute sur le tiers. Mais un rejet prématuré ou brutal de la faute est souvent mal perçu et peut paraître fuyant, surtout avant l’établissement des faits. Cette prudence rejoint le refus de rejeter la faute, traité dans des ressources dédiées.

Cette clarification de sa responsabilité par rapport à celle du tiers est centrale dans une crise par ricochet. Elle suppose d’identifier honnêtement ce qui relève de l’organisation — responsabilité directe, indirecte ou nulle —, d’assumer sa part éventuelle, et de ne pas préjuger ni rejeter prématurément la faute sur le tiers. Cet équilibre est délicat : il s’agit de ne pas porter une responsabilité qui n’est pas la sienne, sans pour autant paraître fuir en accablant le tiers. La détermination des responsabilités relève souvent d’une enquête, d’une expertise ou du droit, et non de la communication ; celle-ci doit s’en tenir aux faits établis et clarifier honnêtement sa position.

Faut-il se solidariser ou prendre ses distances vis-à-vis du tiers ?

La décision de se solidariser ou de prendre ses distances vis-à-vis du tiers est stratégique et dépend de la situation : du lien avec le tiers, de la gravité des faits et de la responsabilité en jeu. Cet arbitrage est au cœur de la gestion.

Plusieurs repères guident cette décision :

  • Tenir compte de la nature du lien. La nature et l’étroitesse du lien avec le tiers — partenaire de longue date, fournisseur ponctuel, client — influencent la posture. Un lien étroit rend la distanciation plus délicate qu’un lien lointain.
  • Tenir compte de la gravité des faits. Plus les faits reprochés au tiers sont graves, plus la distanciation peut s’imposer. Rester solidaire d’un tiers dont les agissements sont gravement répréhensibles exposerait l’organisation à être assimilée à ces agissements.
  • Évaluer la solidarité. Dans certains cas, une forme de solidarité mesurée peut être appropriée — par exemple si le tiers est lui-même victime, ou si le lien est fort et les faits peu graves. Mais cette solidarité ne doit pas conduire à cautionner des agissements répréhensibles.
  • Évaluer la distanciation. Dans d’autres cas, prendre ses distances est nécessaire pour ne pas être assimilé aux agissements du tiers. Cette distanciation doit toutefois être mesurée et fondée, et non un rejet brutal et prématuré de la faute.
  • Coordonner avec les conseils. La décision, qui peut avoir des implications juridiques et contractuelles, doit être prise en coordination avec les conseils compétents, notamment lorsque des relations contractuelles sont en jeu.

Cette décision de se solidariser ou de prendre ses distances est un arbitrage stratégique, au cœur de la gestion d’une crise par ricochet. Elle dépend de la nature du lien avec le tiers, de la gravité des faits et de la responsabilité en jeu. Entre une solidarité qui risquerait de cautionner des agissements répréhensibles et une distanciation brutale qui paraîtrait fuir, il s’agit de trouver une posture juste et mesurée, adaptée à la situation. Cette décision, qui peut avoir des implications juridiques et contractuelles, gagne à être prise en coordination avec les conseils compétents. La clarté de la position adoptée, et sa cohérence, sont essentielles.

Comment gérer la contagion réputationnelle ?

Gérer la contagion réputationnelle suppose de limiter l’assimilation aux agissements du tiers, par une communication claire sur sa propre position, tout en composant avec une absence de maîtrise de la source. C’est l’enjeu central d’une crise par ricochet.

Plusieurs principes guident cette gestion :

  • Communiquer clairement sur sa position. Pour limiter la contagion, l’organisation doit communiquer clairement sur sa propre position et sa responsabilité réelle, sans laisser le doute s’installer. Une position claire aide à éviter l’assimilation aux agissements du tiers.
  • Faire valoir ce qui la distingue. L’organisation peut faire valoir ce qui la distingue du tiers — sa propre conduite, ses propres pratiques, ses valeurs —, pour ne pas être assimilée. Cette distinction doit être fondée et factuelle.
  • Composer avec l’absence de maîtrise. Ne maîtrisant pas la source de la crise — les agissements et la communication du tiers —, l’organisation doit concentrer sa communication sur ce qu’elle maîtrise : sa propre position, sa propre conduite, ses propres mesures.
  • Démontrer les mesures prises. Si l’organisation prend des mesures — vis-à-vis du tiers, ou pour prévenir une situation similaire —, les démontrer témoigne de sa responsabilité et aide à limiter la contagion. Ces mesures rejoignent la prévention, traitée dans une ressource dédiée.
  • Suivre la dynamique de la crise. La contagion réputationnelle pouvant évoluer, une veille, traitée dans une ressource dédiée, permet de suivre la dynamique et d’ajuster la communication.

Cette gestion de la contagion réputationnelle est l’enjeu central d’une crise par ricochet. Elle consiste à limiter l’assimilation aux agissements du tiers, par une communication claire sur sa propre position et sa responsabilité réelle, et à faire valoir ce qui distingue l’organisation. Ne maîtrisant pas la source de la crise, l’organisation doit concentrer sa communication sur ce qu’elle maîtrise — sa position, sa conduite, ses mesures. Cette approche permet d’éviter de porter une responsabilité qui n’est pas la sienne, sans rejeter brutalement la faute sur le tiers. La clarté de sa position, et la démonstration de sa propre conduite, sont les clés pour limiter la contagion.

Quelles erreurs éviter dans une crise par ricochet ?

Plusieurs erreurs peuvent aggraver une crise par ricochet. Les principales à éviter :

  • Rejeter brutalement la faute sur le tiers. Rejeter immédiatement et brutalement toute la faute sur le tiers, surtout avant l’établissement des faits, est souvent mal perçu et peut paraître fuyant. La distanciation doit être mesurée et fondée.
  • Préjuger des faits et des responsabilités. Préjuger publiquement des faits ou des responsabilités du tiers, avant qu’ils soient établis, serait prématuré et risqué. Il faut s’en tenir aux faits établis.
  • Nier une responsabilité réelle. Si l’organisation a une part de responsabilité — par exemple un défaut de vigilance —, la nier se retournerait contre elle. Il faut assumer sa part éventuelle honnêtement.
  • Se laisser assimiler au tiers. Ne pas clarifier sa position et sa responsabilité réelle laisse le doute s’installer et favorise l’assimilation aux agissements du tiers. La clarté est essentielle pour limiter la contagion.
  • Cautionner des agissements répréhensibles. Une solidarité mal mesurée avec un tiers dont les agissements sont gravement répréhensibles exposerait l’organisation à être assimilée à ces agissements. La solidarité ne doit pas conduire à cautionner.
  • Adopter une position fluctuante. Une position vis-à-vis du tiers qui changerait au gré des circonstances fragiliserait l’organisation. La clarté et la cohérence de la position sont essentielles.
  • Négliger la coordination avec les conseils. La gestion d’une crise par ricochet, qui peut avoir des implications juridiques et contractuelles, doit être coordonnée avec les conseils compétents. Improviser sur ce point serait risqué.

Éviter ces écueils suppose de clarifier honnêtement sa position et sa responsabilité réelle, de ne pas préjuger ni rejeter brutalement la faute, d’adopter vis-à-vis du tiers une posture juste et cohérente, et de limiter la contagion par une communication claire. C’est cette approche, fondée sur la clarté de sa position et la mesure vis-à-vis du tiers, qui caractérise une bonne gestion d’une crise par ricochet.

FAQ — Gérer une crise impliquant un partenaire, un fournisseur ou un tiers

Qu’est-ce qu’une crise par ricochet ? C’est une crise où l’organisation est atteinte par son association avec un tiers — partenaire, fournisseur, client, sous-traitant — à l’origine d’un problème, sans qu’elle en soit directement responsable ni qu’elle le maîtrise. Elle subit une contagion réputationnelle pour des faits qui ne sont pas les siens, tout en étant liée à leur auteur. Cette situation est distincte d’une crise dont l’organisation serait elle-même à l’origine, et de la rumeur, qui repose sur une information fausse : ici, l’association et le problème du tiers sont réels.

Pourquoi cette crise est-elle particulière ? Parce que l’organisation subit une crise dont elle n’est pas directement responsable et dont elle ne maîtrise pas la source — les agissements et la communication du tiers lui échappent. Cela crée une tension propre entre le lien réel avec le tiers et la volonté de se distancier de ses agissements, et un risque : porter une responsabilité qui n’est pas la sienne, ou être assimilée aux agissements du tiers. La gestion consiste largement à clarifier sa position et à éviter cette assimilation, sans rejeter brutalement la faute sur le tiers.

Faut-il rejeter la faute sur le tiers responsable ? Non, pas brutalement ni prématurément. Rejeter immédiatement toute la faute sur le tiers, surtout avant que les faits soient établis, est souvent mal perçu et peut paraître fuyant. Il faut clarifier honnêtement sa propre position et sa responsabilité réelle, assumer sa part éventuelle (par exemple un défaut de vigilance), et ne pas préjuger des faits du tiers. La distanciation, lorsqu’elle est nécessaire, doit être mesurée et fondée, et non un rejet brutal de la faute. La détermination des responsabilités relève souvent d’une enquête ou du droit.

Faut-il se solidariser ou prendre ses distances vis-à-vis du tiers ? C’est un arbitrage stratégique qui dépend de la nature du lien avec le tiers, de la gravité des faits et de la responsabilité en jeu. Une solidarité mesurée peut être appropriée si le lien est fort et les faits peu graves, mais elle ne doit pas conduire à cautionner des agissements répréhensibles. Une distanciation peut être nécessaire pour ne pas être assimilé à des agissements graves, mais elle doit être mesurée et fondée. Cette décision, qui peut avoir des implications juridiques et contractuelles, gagne à être prise en coordination avec les conseils compétents.

Comment éviter d’être assimilé aux agissements du tiers ? En communiquant clairement sur sa propre position et sa responsabilité réelle, sans laisser le doute s’installer, et en faisant valoir ce qui distingue l’organisation du tiers — sa propre conduite, ses pratiques, ses valeurs —, de manière fondée et factuelle. Ne maîtrisant pas la source de la crise, l’organisation doit concentrer sa communication sur ce qu’elle maîtrise : sa position, sa conduite, ses mesures. Démontrer les mesures prises, le cas échéant, aide à limiter l’assimilation et la contagion réputationnelle.

En quoi cela diffère-t-il de la dimension de chaîne dans l’agroalimentaire ? La dimension de chaîne dans l’agroalimentaire, traitée dans une ressource dédiée, est sectorielle : elle concerne la traçabilité et la solidarité entre les maillons de la chaîne alimentaire. La crise par ricochet est transversale : elle peut toucher toute organisation liée à un tiers — partenaire, fournisseur, client — dont les agissements la mettent en cause par association, quel que soit le secteur. Le principe d’une atteinte via un tiers est commun, mais la crise par ricochet en est la déclinaison générale, au-delà du seul cas de la chaîne alimentaire.