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Comment former un expert technique à parler aux médias ?
- Pourquoi l'expert technique est-il un porte-parole précieux en crise ?
- Quels obstacles spécifiques rencontre un expert face aux médias ?
- Comment apprendre à un expert à vulgariser sans trahir ?
- Comment aider un expert à intégrer la dimension humaine et émotionnelle ?
- Comment valoriser l'atout de crédibilité de l'expert ?
- Quelles erreurs éviter dans la formation d'un expert ?
- FAQ — Former un expert technique à parler aux médias
Former un expert technique à parler aux médias, c’est transformer un savoir en capacité à expliquer simplement : l’expert maîtrise son sujet, mais pas nécessairement l’art de le rendre accessible analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Ses obstacles propres sont le jargon, l’excès de détails et de précision, la réticence à simplifier (« c’est plus compliqué que ça ») et la difficulté à intégrer la dimension humaine et émotionnelle. La formation doit donc lui apprendre à vulgariser sans trahir, à aller à l’essentiel, et à conjuguer rigueur technique et empathie — tout en valorisant son atout majeur : sa crédibilité.
Ce qui distingue la formation d’un expert tient à ce paradoxe : il possède le contenu, mais doit acquérir la forme. Là où un dirigeant doit canaliser son aisance et un communicant jongler entre deux rôles, l’expert doit, lui, apprendre à traduire son expertise pour un public non spécialiste, dans un contexte chargé d’émotion. Cet article explique pourquoi l’expert est un porte-parole précieux, quels obstacles spécifiques il rencontre, comment lui apprendre à vulgariser, comment l’aider à intégrer l’émotion, et quelles erreurs éviter. Les techniques d’interview transversales et le processus global de préparation à la crise sont traités dans des ressources dédiées.
Pourquoi l’expert technique est-il un porte-parole précieux en crise ?
Parce que l’expert apporte une crédibilité que personne d’autre ne peut offrir sur les aspects techniques d’une crise. Responsable industriel, médical, sécurité, informatique : l’expert est souvent le seul à pouvoir expliquer avec autorité les causes d’un accident, les mesures prises ou les détails techniques d’une situation. Cette légitimité est un atout considérable.
Plusieurs raisons font de l’expert un porte-parole de valeur :
- Sa crédibilité. L’expert parle de ce qu’il connaît en profondeur. Sa parole, perçue comme fondée sur la compétence, inspire confiance sur les sujets techniques.
- Sa capacité à expliquer le concret. Lui seul peut détailler avec exactitude ce qui s’est passé, comment et pourquoi, là où un dirigeant ou un communicant ne pourrait donner que des généralités.
- Son rôle rassurant. Sur des sujets anxiogènes — sécurité, santé, environnement —, l’explication d’un expert compétent peut apaiser, à condition d’être accessible.
- Sa légitimité sur les sujets sensibles. Pour expliquer une cause technique ou une mesure de sécurité, l’expert est le porte-parole le plus crédible, complémentaire du dirigeant qui porte la dimension symbolique.
Mais cette valeur ne se concrétise qu’à une condition : que l’expert sache rendre son expertise accessible. Un savoir, aussi solide soit-il, ne sert à rien s’il est exprimé de façon incompréhensible. C’est tout l’enjeu de sa formation, et c’est aussi là que résident ses obstacles spécifiques. Le rôle de l’expert au sein du dispositif de porte-parole, aux côtés du dirigeant et du communicant, est précisé dans une ressource dédiée.
Quels obstacles spécifiques rencontre un expert face aux médias ?
Le principal obstacle de l’expert n’est pas le manque de savoir, mais le « savoir-expliquer » : il maîtrise son sujet sans toujours savoir le rendre accessible. Ses difficultés sont, à bien des égards, l’inverse de celles d’autres profils — non un excès d’aisance, mais un excès de technicité.
Plusieurs obstacles reviennent fréquemment :
- Le jargon. L’expert emploie naturellement le vocabulaire de son domaine, qui peut être incompréhensible pour le grand public. Ce réflexe de langage est l’un des premiers à corriger.
- L’excès de détails et de précision. Habitué à la rigueur, l’expert tend à donner trop d’informations, à entrer dans des nuances et des détails qui noient le message essentiel et perdent l’audience.
- La réticence à simplifier. Par souci d’exactitude, l’expert peut résister à l’idée de simplifier, craignant de trahir la complexité de son sujet. Le réflexe du « c’est plus compliqué que ça » est un frein classique à la vulgarisation.
- La difficulté à intégrer l’émotion. Centré sur les faits et la technique, l’expert peut négliger la dimension humaine et émotionnelle, pourtant essentielle en crise — surtout en présence de personnes affectées.
- Le manque d’habitude des médias. Contrairement au communicant, l’expert s’exprime rarement face aux médias et peut être déstabilisé par l’exercice, son format et sa pression.
Ces obstacles sont spécifiques au profil de l’expert et appellent une formation ciblée. L’enjeu n’est pas de lui apprendre son sujet — qu’il maîtrise —, mais de transformer cette maîtrise en capacité à communiquer. C’est cette transformation, de l’expertise vers la pédagogie, qui constitue le cœur de sa préparation.
Comment apprendre à un expert à vulgariser sans trahir ?
Apprendre à un expert à vulgariser, c’est lui montrer qu’il peut simplifier sans trahir : rendre accessible n’est pas déformer. C’est souvent la clé de sa formation, car c’est sa réticence à simplifier qui constitue le principal frein. Il faut lui faire comprendre que la vulgarisation est une compétence noble, au service de la compréhension, et non une trahison de la rigueur.
Plusieurs principes guident cet apprentissage :
- Bannir le jargon. L’expert doit apprendre à remplacer les termes techniques par des mots accessibles, ou à les expliquer immédiatement lorsqu’ils sont indispensables. La clarté prime sur la technicité.
- Recourir aux images et aux analogies. Une comparaison, une image ou un exemple concret permet de rendre un concept complexe immédiatement compréhensible. C’est l’un des outils les plus efficaces de la vulgarisation.
- Aller à l’essentiel. L’expert doit apprendre à hiérarchiser : distinguer ce qui est essentiel pour le public de ce qui relève du détail technique. Tout dire revient à ne rien faire passer.
- Accepter une simplification maîtrisée. Simplifier n’est pas mentir : il s’agit de transmettre l’essentiel d’une réalité complexe sous une forme accessible, sans la déformer. L’expert doit s’autoriser cette simplification, dès lors qu’elle reste exacte.
- Penser au public, pas aux pairs. L’expert doit s’adresser au grand public, et non à ses confrères. Cela suppose d’adopter le point de vue de quelqu’un qui ignore tout du sujet et de partir de ses questions.
Cette capacité à vulgariser se travaille concrètement, notamment par la simulation : s’exercer à expliquer son sujet à un non-spécialiste, puis se voir et s’entendre, permet de prendre conscience du jargon et de l’excès de détails, et de corriger. La construction de messages clés clairs, traitée dans une ressource dédiée, s’appuie directement sur ce travail de simplification.
Comment aider un expert à intégrer la dimension humaine et émotionnelle ?
L’expert doit apprendre que, en crise, la rigueur technique ne suffit pas : il faut aussi de l’empathie. Centré sur les faits, l’expert peut négliger la dimension humaine, ce qui le ferait paraître froid ou indifférent, surtout lorsqu’il y a des personnes affectées. Or, en crise, l’émotion compte autant que l’exactitude.
Plusieurs principes aident l’expert à intégrer cette dimension :
- Commencer par l’humain. Comme tout porte-parole, l’expert doit, dans une crise grave, exprimer d’abord la considération envers les personnes concernées, avant les explications techniques. Cet ordre — l’humain avant les faits — est essentiel.
- Conjuguer rigueur et empathie. L’expert n’a pas à choisir entre exactitude et humanité : il peut être à la fois précis et empathique. Sa formation doit lui apprendre à tenir ces deux registres ensemble.
- Ne pas se réfugier dans la technique. Face à une question émotionnelle, l’expert peut être tenté de répondre par des faits techniques, ce qui paraît esquiver l’humain. Il doit apprendre à reconnaître l’émotion avant d’apporter l’explication.
- Exprimer une empathie sincère sans s’avancer. Comme pour tout porte-parole, l’expert doit pouvoir témoigner de compassion sans reconnaître prématurément de responsabilité — un équilibre traité dans une ressource dédiée.
Cette dimension émotionnelle est souvent celle qui demande le plus de travail à un expert, dont la formation et la culture professionnelle privilégient les faits. Lui apprendre à intégrer l’humain, sans renoncer à sa rigueur, est l’un des apports majeurs de sa préparation. La gestion de l’émotion et l’expression de l’empathie, traitées dans des ressources dédiées, complètent ce travail.
Comment valoriser l’atout de crédibilité de l’expert ?
L’atout majeur de l’expert est sa crédibilité : sa formation doit l’aider à en tirer parti, et non à la gâcher par une communication défaillante. Bien préparé, l’expert combine le meilleur des deux mondes — l’autorité de la compétence et la clarté de l’explication.
Plusieurs principes permettent de valoriser cet atout :
- S’appuyer sur sa légitimité. L’expert n’a pas à chercher à convaincre par l’effet : sa crédibilité lui est acquise par sa compétence. Il doit s’appuyer sur cette autorité naturelle, en restant factuel et précis.
- Transformer la crédibilité en confiance. Une explication claire, délivrée par quelqu’un de manifestement compétent, est profondément rassurante. C’est en rendant son expertise accessible que l’expert transforme sa crédibilité en confiance pour le public.
- Ne pas gâcher cet atout par le jargon ou la froideur. Le risque, pour l’expert, est de neutraliser sa crédibilité par une communication incompréhensible ou distante. Sa formation vise précisément à éviter ce gâchis.
- Compléter le dispositif. L’expert apporte la dimension technique, complémentaire de la dimension symbolique portée par le dirigeant et de la coordination assurée par le communicant. Sa valeur s’exprime pleinement dans cette complémentarité.
C’est pourquoi la formation d’un expert n’a pas pour but de le transformer en communicant professionnel, mais de lui permettre d’exploiter son atout unique — la crédibilité — au service d’une communication claire et humaine. Bien préparé, l’expert devient l’un des porte-parole les plus efficaces sur les sujets techniques d’une crise.
Quelles erreurs éviter dans la formation d’un expert ?
Plusieurs erreurs spécifiques peuvent compromettre la formation d’un expert technique. Les principales à éviter :
- Croire qu’il suffit de connaître son sujet. Maîtriser un domaine ne suffit pas à savoir l’expliquer aux médias. L’expert a besoin d’une formation à la communication, distincte de son expertise.
- Laisser le jargon s’installer. Ne pas corriger le réflexe du vocabulaire technique condamne l’expert à être incompréhensible pour le grand public.
- Tolérer l’excès de détails. Laisser l’expert noyer son message dans les nuances et les précisions techniques fait perdre l’essentiel et l’audience.
- Négliger le travail sur l’émotion. Former l’expert aux seuls aspects techniques, sans l’aider à intégrer la dimension humaine, le laisse paraître froid en situation de crise grave.
- Vouloir le transformer en communicant. L’objectif n’est pas de gommer l’identité de l’expert, mais de valoriser sa crédibilité tout en la rendant accessible. Sur-formater l’expert lui ferait perdre son atout d’authenticité.
- Négliger sa préparation faute d’habitude. L’expert s’exprimant rarement, sa préparation peut être négligée ; or c’est précisément ce manque d’habitude qui rend l’entraînement nécessaire.
Éviter ces écueils suppose d’aborder la formation d’un expert pour ce qu’elle est : une transformation de l’expertise en capacité à communiquer, qui valorise son savoir au lieu de le gommer. La simulation, en révélant le jargon et l’excès de détails, est l’outil le plus efficace de cette transformation.
FAQ — Former un expert technique à parler aux médias
Pourquoi un expert a-t-il besoin d’une formation pour parler aux médias ? Parce que maîtriser un sujet ne signifie pas savoir l’expliquer. L’expert possède le savoir, mais pas nécessairement le « savoir-expliquer » : il tend à employer du jargon, à donner trop de détails et à négliger la dimension humaine. Sa formation vise à transformer son expertise en capacité à communiquer simplement et avec empathie, pour valoriser sa crédibilité au lieu de la gâcher.
Quels sont les principaux obstacles d’un expert face aux médias ? Le jargon technique, l’excès de détails et de précision, la réticence à simplifier (« c’est plus compliqué que ça ») et la difficulté à intégrer l’émotion et la dimension humaine. S’y ajoute le manque d’habitude des médias, l’expert s’exprimant rarement. Ces obstacles sont spécifiques à son profil et appellent une formation ciblée sur la vulgarisation et l’empathie.
Comment apprendre à un expert à vulgariser sans trahir son sujet ? En lui montrant que simplifier n’est pas déformer : la vulgarisation transmet l’essentiel d’une réalité complexe sous une forme accessible, sans la trahir. Concrètement, il s’agit de bannir le jargon, de recourir aux images et analogies, d’aller à l’essentiel et de penser au grand public plutôt qu’aux pairs. La simulation, en révélant le jargon et l’excès de détails, aide à corriger ces réflexes.
Un expert doit-il aussi exprimer de l’empathie ? Oui, absolument. En crise, la rigueur technique ne suffit pas : l’expert doit, comme tout porte-parole, commencer par l’humain dans une situation grave et conjuguer exactitude et empathie. Le risque, pour lui, est de se réfugier dans la technique face à une question émotionnelle, ce qui paraît froid. Lui apprendre à reconnaître l’émotion avant d’expliquer est un apport majeur de sa formation.
La formation cherche-t-elle à transformer l’expert en communicant ? Non. L’objectif n’est pas de gommer l’identité de l’expert ni d’en faire un communicant professionnel, mais de valoriser son atout unique — la crédibilité — en la rendant accessible. Sur-formater l’expert lui ferait perdre son authenticité, qui fait précisément sa force. Sa formation l’aide à exploiter sa compétence au service d’une communication claire et humaine.
Quel est l’atout principal d’un expert comme porte-parole ? Sa crédibilité. L’expert parle de ce qu’il connaît en profondeur, et sa parole, perçue comme fondée sur la compétence, inspire confiance sur les sujets techniques. Bien préparé, il transforme cette crédibilité en confiance pour le public, à condition de rendre son expertise accessible. Il apporte la dimension technique, complémentaire de la dimension symbolique du dirigeant et de la coordination du communicant.