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Lubrizol — L’incendie de Rouen (26 septembre 2019)

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Communication de crise en régime d’incertitude et défaillance de la parole publique

1. Le contexte : un site classé Seveso au cœur d’une métropole

L’incendie de Lubrizol à Rouen, dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019, occupe une place singulière dans le corpus français des crises industrielles. Il n’a fait aucun mort direct, mais il a produit l’une des crises de confiance les plus durables entre une population, un industriel et l’État. Sa singularité tient à la nature de la pollution — un nuage de fumées noires de plusieurs kilomètres de long visible depuis l’agglomération rouennaise —, à l’incertitude prolongée sur la toxicité des panaches, et surtout à la défaillance communicationnelle conjointe de l’entreprise et des autorités publiques. Pour cette raison, l’affaire constitue un cas pédagogique précieux sur les crises où la communication elle-même devient le principal vecteur du dommage perçu analyse Florian Silnicki, Expert en communication de crise et Président Fondateur de LaFrenchCom.

Lubrizol est une entreprise américaine, filiale du conglomérat Berkshire Hathaway depuis 2011, spécialisée dans la production d’additifs pour lubrifiants industriels et pour carburants. Son site de Rouen, implanté dans le quartier des Petites-Dalles, sur la rive droite de la Seine, est l’un des principaux sites européens du groupe. Il est classé Seveso seuil haut, c’est-à-dire qu’il manipule des substances dangereuses en quantités telles qu’il fait l’objet d’un régime de surveillance renforcée prévu par la directive européenne Seveso III. Le site avait déjà connu en 2013 un incident — une fuite de mercaptan, gaz odoriférant ajouté au gaz naturel pour le rendre détectable — qui avait fait sentir son odeur jusque dans le sud de l’Angleterre et provoqué la première alerte sur la communication de l’entreprise. À ce premier épisode succède, six ans plus tard, un événement d’une tout autre échelle.

L’environnement géographique aggrave la portée de la crise. Le site se trouve à moins de deux kilomètres du centre-ville de Rouen, dans une zone densément peuplée, à proximité immédiate du quartier Saint-Sever, de plusieurs écoles, du centre hospitalier universitaire, et de zones d’habitat populaire. La proximité d’un site Seveso seuil haut d’une grande ville n’est pas une anomalie française — la jurisprudence post-AZF de 2001 avait théoriquement encadré ces situations —, mais elle crée mécaniquement une exposition humaine considérable en cas d’incident grave.

À côté de Lubrizol, sur le même quartier, se trouve un autre site industriel, Normandie Logistique, qui stockait dans des hangars adjacents des produits chimiques et qui prendra feu également pendant l’incendie. Cette dimension est importante : la pollution émise ne provient pas exclusivement de Lubrizol, mais d’un ensemble de produits dont la composition exacte mettra plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à être établie.

2. La chronologie : douze heures de feu, plusieurs mois d’incertitude

La chronologie de la crise s’organise en quatre phases distinctes : l’événement lui-même, la séquence d’urgence, la communication publique et la séquence judiciaire.

Phase 1 — L’incendie (nuit du 25 au 26 septembre 2019). Vers 2 heures 40 du matin, un incendie se déclare dans une zone de stockage de produits finis sur le site Lubrizol, à proximité immédiate d’un hangar de Normandie Logistique. En quelques minutes, le feu se propage à plusieurs centaines de fûts et de containers stockés à l’extérieur. À 3 heures 15, l’incendie est qualifié d’« important » par les services de secours. Les sapeurs-pompiers du Service départemental d’incendie et de secours de Seine-Maritime, renforcés par des moyens venus de Paris et de plusieurs départements voisins, déploient un dispositif considérable. Le feu produit un nuage de fumée noire de 22 kilomètres de long et plusieurs centaines de mètres de hauteur, visible depuis toute l’agglomération et au-delà. L’incendie est maîtrisé en début d’après-midi, mais le panache persiste pendant plusieurs jours et des dépôts de suie noire et grasse sont signalés jusque dans les Hauts-de-France.

Phase 2 — La communication d’urgence (26-30 septembre 2019). Dès le matin du 26 septembre, le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, donne une première conférence de presse aux côtés du procureur et des responsables des secours. Le message principal est rassurant : l’incendie est circonscrit, il n’y a pas de toxicité particulière connue à ce stade, les écoles peuvent ouvrir mais certaines activités extérieures sont à éviter. Cette première communication, qui s’efforce de prévenir la panique, produit l’effet exactement inverse. Les habitants de Rouen voient un nuage noir au-dessus de leur ville, sentent une odeur âcre, observent des dépôts gras sur les voitures et les balcons, et reçoivent un message officiel qui leur dit en substance que la situation est sous contrôle. L’écart entre l’expérience sensible et la parole publique fonde la défiance qui marquera toute la crise.

Le 27 septembre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne se rendent sur place. Leurs déclarations restent prudentes mais ne lèvent pas l’incertitude. Les médias locaux — Paris-Normandie, France Bleu Normandie, France 3 — relaient les inquiétudes des habitants, des enseignants, des médecins. Le hashtag #LubrizolRouen devient viral sur les réseaux sociaux, alimenté par des photographies du panache, des dépôts de suie, et par des témoignages d’irritations respiratoires. La liste des produits brûlés n’est pas communiquée publiquement pendant plusieurs jours, ce qui alimente les théories du complot et la défiance vis-à-vis des autorités. Lorsqu’elle est finalement publiée, le 1ᵉʳ octobre, elle comprend des centaines de substances dont certaines sont des produits potentiellement cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Cette publication tardive aggrave la crise communicationnelle plus qu’elle ne la résout.

Phase 3 — La crise prolongée (octobre-décembre 2019). Les semaines qui suivent voient s’enchaîner les communications contradictoires. Les analyses de l’air, des sols, des eaux, des productions agricoles sont publiées par paliers, sans coordination claire. Les agriculteurs de la zone — Seine-Maritime, Oise, Aisne, Somme, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-France — subissent des consignes de gel des récoltes et de destruction du lait, sans toujours comprendre les fondements scientifiques de ces décisions. Une mission parlementaire est créée à l’Assemblée nationale, présidée par Christophe Bouillon et rapportée par Damien Adam, qui publiera son rapport en février 2020. Une autre mission est constituée au Sénat. Les conclusions de ces travaux, sans condamner unanimement la gestion de crise, pointent une « communication défaillante » et un « manque de transparence ».

Phase 4 — La séquence judiciaire (depuis 2019). Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire fin septembre 2019, confiée à un juge d’instruction du pôle santé publique, pour « destruction involontaire de bien par incendie », « atteintes à l’environnement » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Lubrizol et Normandie Logistique sont mises en examen en février 2020. L’instruction se prolonge sur plusieurs années, marquée par des expertises techniques complexes et par la difficulté à établir précisément les causes de départ du feu. À la date de rédaction de ce cours, l’instruction n’est pas close et aucun procès au fond n’a été tenu, ce qui s’inscrit dans la temporalité longue caractéristique des crises industrielles françaises depuis AZF.

3. L’anatomie d’une défaillance communicationnelle conjointe

L’affaire Lubrizol présente une particularité majeure : la défaillance communicationnelle ne se loge pas seulement chez l’industriel, mais aussi — et peut-être surtout — chez les autorités publiques. Cette double défaillance crée un effet de résonance qui amplifie la crise au-delà de ce qu’aurait produit chacun des acteurs pris isolément.

La défaillance de l’industriel. Lubrizol, dans les premiers jours, adopte une posture quasi mutique. La communication est portée par le siège américain à Cleveland, par communiqués brefs et techniques, traduits tardivement en français. Aucun dirigeant ne se déplace immédiatement sur le terrain. Eric Schnur, alors directeur général mondial, ne s’exprime publiquement que plusieurs jours après l’incendie. Cette absence reproduit, dans un contexte différent, l’erreur déjà documentée chez Lactalis et chez d’autres groupes : le dirigeant ne se montre pas, et son silence est interprété comme un désengagement. Pour une entreprise américaine implantée en France depuis des décennies, la difficulté est accrue par la distance culturelle entre la communication corporate américaine, généralement plus juridique et plus prudente, et l’attente française d’une présence physique et empathique du responsable.

La défaillance de la communication publique. Le préfet, les ministres, l’Agence régionale de santé, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), Santé publique France, l’Anses ont chacun produit leurs communications. Mais ces communications ont été mal coordonnées, parfois contradictoires, presque toujours en retard sur les questions du public. La doctrine implicite — rassurer pour éviter la panique — s’est révélée inadaptée à un contexte où l’expérience sensible des habitants (fumées, odeurs, suies) contredisait frontalement le message officiel. Le rapport parlementaire dirigé par Christophe Bouillon a explicitement pointé ce décalage : « La parole publique a manqué de clarté, de cohérence et d’humilité. »

La défaillance de l’information sur les produits brûlés. Le point le plus critiqué de la crise tient à la liste des produits stockés et brûlés. Cette information existait, légalement, dans les déclarations Seveso, mais elle n’était pas immédiatement disponible sous forme exploitable. Sa publication tardive, et progressive, a alimenté l’impression d’un secret organisé. Or, en communication de crise, une vérité tardive est presque toujours pire qu’une vérité immédiate, même incomplète. La règle classique veut qu’on communique ce qu’on sait et qu’on annonce ce qu’on ne sait pas encore, en précisant le calendrier de publication. Cette règle n’a pas été appliquée, et l’ensemble des analyses ultérieures n’a pas réussi à reconstituer le capital de confiance perdu dans les premiers jours.

La défaillance de la prise en compte des effets longs. La crise ne s’est pas terminée avec l’extinction du feu. Les inquiétudes sanitaires se sont prolongées sur plusieurs années. Une cohorte épidémiologique a été mise en place par Santé publique France pour suivre les habitants exposés, dont les résultats préliminaires, publiés à partir de 2021, ont montré une augmentation significative des symptômes signalés (irritations, troubles digestifs, anxiété) sans permettre, à ce stade, d’établir un lien causal avec des pathologies graves. Cette temporalité longue, caractéristique des crises sanitaires environnementales, est mal prise en charge par les dispositifs de communication classique, conçus pour des crises courtes.

4. La leçon institutionnelle : AZF revisité

L’affaire Lubrizol doit être lue dans la continuité d’AZF, l’explosion de l’usine d’engrais à Toulouse le 21 septembre 2001 qui avait fait 31 morts et 2 500 blessés. AZF avait conduit à la loi du 30 juillet 2003 dite « loi Bachelot » sur la prévention des risques technologiques, à l’introduction des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) et à un renforcement substantiel de la doctrine française du risque industriel.

Or l’affaire Lubrizol révèle, dix-huit ans plus tard, que la doctrine n’a pas suffi à combler les failles communicationnelles. Le dispositif d’alerte des populations, prévu par les plans particuliers d’intervention (PPI), n’a pas fonctionné de façon optimale dans la nuit du 26 septembre. Les sirènes ont retenti, mais leur signification n’était pas claire pour les habitants. Le système d’alerte par SMS de masse, alors expérimental en France, n’a pas été déployé. Les consignes — confinement, fermeture des fenêtres — ont été communiquées de manière hétérogène selon les communes.

Cette dimension institutionnelle a alimenté un débat plus large sur la culture du risque en France. La comparaison avec les pays anglo-saxons, où la communication de crise environnementale fait l’objet d’une formation systématique des autorités publiques, a été régulièrement convoquée. La gestion par les autorités américaines de catastrophes industrielles comparables — pour bonne ou mauvaise qu’elle ait été — a servi de point de comparaison. L’affaire a accéléré, en France, plusieurs évolutions : développement de FR-Alert (système d’alerte SMS géolocalisé, opérationnel à partir de 2022), réflexion sur la formation des préfets à la communication de crise, refonte partielle des plans Seveso, renforcement des moyens de l’Ineris.

5. Analyse de la communication en régime d’incertitude

L’affaire Lubrizol est l’un des meilleurs cas d’étude disponibles sur la communication en régime d’incertitude scientifique. Quand un incendie produit un panache de fumée dont la composition n’est pas immédiatement connue, plusieurs stratégies sont théoriquement disponibles.

La première consiste à minimiser : annoncer que « tout est sous contrôle » et que « les risques sont limités ». C’est la stratégie de précaution rassurante, qui suppose que l’incertitude scientifique justifie une présomption d’innocuité. Elle est confortable politiquement à court terme mais désastreuse si l’incertitude se résout ensuite défavorablement. C’est globalement la stratégie qui a été suivie dans les premiers jours, et elle a produit la défiance qu’on a décrite.

La deuxième consiste à dramatiser : annoncer le pire pour préparer le public à toutes les éventualités. Cette stratégie est inappropriée parce qu’elle peut elle-même produire des dommages psychologiques et économiques disproportionnés.

La troisième, recommandée par la littérature contemporaine, consiste à pratiquer la transparence de l’incertitude : annoncer ce qu’on sait, annoncer ce qu’on ne sait pas, annoncer quand on saura, et prendre des mesures de précaution proportionnées à l’incertitude. Cette stratégie suppose une maturité communicationnelle qui n’existait pas en France en 2019. L’expérience de la pandémie de Covid-19 en 2020, qui a obligé les autorités à apprendre à communiquer dans l’incertitude, a probablement déplacé les standards depuis lors. Lubrizol restera, dans l’historiographie, un cas de transition entre l’ancien régime de communication rassurante et le nouveau régime de communication en incertitude assumée.

6. Les transformations induites

L’affaire Lubrizol a produit, sur plusieurs années, des effets concrets sur la régulation et sur les pratiques.

Sur le plan réglementaire, le décret du 24 septembre 2020 a renforcé les obligations de transmission des informations sur les substances stockées dans les sites Seveso. Le déploiement de FR-Alert en 2022 a doté la France d’un système d’alerte SMS comparable à ceux des pays anglo-saxons. Les plans particuliers d’intervention ont été révisés dans plusieurs départements. Les obligations d’exercices conjoints entre industriels, services de secours et populations ont été renforcées.

Sur le plan industriel, Lubrizol a investi plus de 100 millions d’euros dans la sécurisation de son site rouennais et dans la reconstruction des installations détruites. Le site a redémarré progressivement à partir de 2020. L’entreprise a également profondément refondu sa communication, en créant un dispositif local de dialogue avec les riverains et en renforçant ses équipes françaises.

Sur le plan symbolique, l’affaire a contribué à la prise de conscience croissante en France de la question des sites industriels en zone urbaine. Le débat sur le maintien ou non d’installations Seveso à proximité immédiate des grandes villes — Lyon, Marseille, Le Havre, Nantes — a été relancé. Plusieurs collectivités ont engagé des réflexions sur l’évolution de l’urbanisme industriel.

Enfin, sur le plan associatif, l’affaire a accéléré la structuration de collectifs citoyens spécialisés dans la surveillance industrielle — Respire, Robin des Bois, l’Association pour la défense des riverains des sites industriels —, qui jouent désormais un rôle structurant dans les crises ultérieures.

7. Lecture pédagogique

Pour un usage en cours, l’affaire Lubrizol offre plusieurs angles d’enseignement particulièrement riches.

D’abord, c’est l’un des meilleurs cas disponibles sur la communication conjointe entreprise-État. Dans une crise industrielle classée Seveso, ce ne sont pas seulement les communicants de l’entreprise qui sont en première ligne ; ce sont aussi les autorités publiques. La coordination entre ces deux types d’acteurs, qui obéissent à des logiques différentes, est elle-même un objet d’étude. Le cas Lubrizol montre comment l’absence de coordination peut produire une dissonance communicationnelle dont les conséquences réputationnelles affectent à la fois l’industriel et l’État.

Ensuite, le cas est un exemple paradigmatique de crise sans victime immédiate identifiable dont les effets se prolongent sur des années. Cette temporalité longue est caractéristique des crises environnementales contemporaines et exige des dispositifs de communication adaptés, que les manuels traditionnels de communication de crise — encore centrés sur le triptyque urgence-aigu-résolution — peinent à théoriser.

Troisièmement, le cas offre un terrain idéal pour discuter de la communication scientifique en situation d’incertitude. La question « est-ce que la fumée est toxique ? » n’a pas de réponse binaire ; elle dépend de la composition exacte, de la concentration, de la durée d’exposition, des vents, des âges des personnes exposées. Apprendre à communiquer cette complexité sans la simplifier ni l’occulter est l’une des compétences cardinales du communicant de crise contemporain, et Lubrizol fournit un cas négatif qui éclaire par contraste ce qu’aurait dû être une communication mieux maîtrisée.

Enfin, le cas autorise une comparaison fructueuse avec d’autres incendies industriels — la cathédrale Notre-Dame-de-Paris (15 avril 2019), Beyrouth (4 août 2020), East Palestine en Ohio (3 février 2023) —, dont la gestion communicationnelle peut être mise en regard pour identifier les invariants et les spécificités culturelles de chaque système politique.

L’incendie de Lubrizol du 26 septembre 2019 restera, dans l’histoire française de la communication de crise, comme le cas paradigmatique de la défaillance communicationnelle conjointe entreprise-État. Il n’a pas fait de mort direct, il n’a pas conduit à une catastrophe sanitaire avérée, et pourtant il a produit une rupture de confiance durable entre la population rouennaise, l’industriel et les autorités. Cette dissociation entre la matérialité du dommage et l’ampleur de la crise réputationnelle est précisément ce qui fait de l’affaire un cas d’étude majeur : elle démontre que la communication, ou son absence, peut constituer en elle-même le principal vecteur du dommage perçu.

Le cas s’inscrit dans une généalogie française qui remonte à AZF et qui se prolonge dans les crises ultérieures — Notre-Dame-de-Paris, la pandémie Covid-19, les crises climatiques —, dont il anticipe les difficultés communicationnelles. Il marque un moment de transition entre une doctrine de communication rassurante héritée du XXᵉ siècle et une doctrine de communication en incertitude assumée encore en construction. À ce titre, il ne sera pas le dernier de son genre. Mais il restera longtemps celui par lequel on enseigne, en France, ce qu’il ne faut pas faire — et, par contraste, ce qu’il aurait fallu faire.