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Le discourse of renewal (le discours du renouveau)

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Le discourse of renewal (discours du renouveau, ou renouveau organisationnel) est une approche de la communication de crise qui privilégie une vision prospective tournée vers le futur, le renouveau, l’apprentissage et l’opportunité de s’améliorer plutôt qu’une vision rétrospective centrée sur le blâme, la responsabilité et la défense de l’image analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. Développé sur une décennie par les chercheurs Robert Ulmer, Timothy Sellnow et Matthew Seeger, ce cadre se pose comme une alternative et un complément aux théories centrées sur l’image, comme la restauration d’image de Benoit et la SCCT de Coombs. Il repose sur quatre éléments : l’apprentissage organisationnel, la communication éthique, la vision prospective, et une rhétorique efficace. Ce cadre, de référence dans la recherche anglo-saxonne en communication de crise, est rarement nommé en France. Avertissement important : la notion de « crise comme opportunité » ne doit jamais servir à éluder une responsabilité, à minimiser un préjudice, ni à paraître désinvolte — surtout dans une crise touchant des victimes. Le cadre est ancré dans l’éthique et l’apprentissage, reconnaît que toute crise comporte des enjeux de responsabilité, et s’applique plus naturellement à certaines crises qu’à d’autres.

Le discourse of renewal est l’un des cadres les plus distinctifs de la communication de crise, par son orientation prospective, mais il est rarement présenté en français grand public. Cet article explique ce qu’est le discourse of renewal, quelles sont ses quatre composantes, en quoi il diffère de la restauration d’image et de la SCCT, ce que recouvre la notion de crise comme opportunité (sa portée et ses limites), quel est son lien avec l’après-crise et la résilience, et comment le situer en France. Il s’inscrit dans l’ensemble consacré à la communication de crise, dont il éclaire l’après et la dimension prospective. La restauration d’image de Benoit, la SCCT, la reconstruction de la réputation après une crise, la communication après une crise, et la résilience organisationnelle sont traitées dans des ressources dédiées, auxquelles ce cadre se relie. Cet article présente un cadre académique de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français ; il n’avance aucun cas réel, et souligne avec soin les limites éthiques de la notion de crise comme opportunité.

Qu’est-ce que le discourse of renewal (le discours du renouveau) ?

Le discourse of renewal est une approche de la communication de crise qui privilégie une vision prospective — tournée vers le futur, le renouveau et l’apprentissage —, plutôt qu’une vision rétrospective centrée sur le blâme et l’image. Il a été développé par Ulmer, Sellnow et Seeger.

Plusieurs éléments le caractérisent :

  • Une approche prospective de la crise. Le discourse of renewal privilégie une vision prospective de la crise — tournée vers le futur, le renouveau, l’apprentissage et l’opportunité de s’améliorer —, plutôt qu’une vision rétrospective centrée sur le blâme, la responsabilité et la responsabilité juridique. Selon ses auteurs, il offre une approche fondée sur une vision positive et tournée vers l’avenir, pour dépasser la crise. La dimension prospective est au cœur du cadre.
  • Développé par Ulmer, Sellnow et Seeger. Le discourse of renewal (aussi appelé renouveau organisationnel) a été conceptualisé sur une décennie par les chercheurs Robert R. Ulmer, Timothy L. Sellnow et Matthew W. Seeger, dans de nombreux travaux, dont leur ouvrage « Effective Crisis Communication: Moving from Crisis to Opportunity » (Communication de crise efficace : passer de la crise à l’opportunité). Ils en sont les auteurs de référence.
  • Une alternative aux approches centrées sur l’image. Le discourse of renewal se pose comme une approche complémentaire et alternative aux théories centrées sur l’image, comme la restauration d’image de Benoit et la SCCT de Coombs, traitées dans des ressources dédiées. Là où ces théories sont centrées sur l’image et rétrospectives, le discourse of renewal est tourné vers le renouveau et l’opportunité. C’est un changement de perspective.
  • Un cadre étayé par des études de cas. Le discourse of renewal a été développé et appliqué principalement à travers des études de cas de diverses crises. Cette base, étayée par la recherche, en fait l’un des cadres établis de la communication de crise. Le cadre est solidement étudié.

C’est pourquoi le discourse of renewal est une approche de la communication de crise qui privilégie une vision prospective — tournée vers le futur, le renouveau et l’apprentissage —, plutôt qu’une vision rétrospective centrée sur le blâme et l’image. Développé par Ulmer, Sellnow et Seeger, il se pose comme une alternative et un complément aux théories centrées sur l’image (Benoit, Coombs), traitées dans des ressources dédiées. Ce cadre, de référence dans la recherche anglo-saxonne, est rarement nommé en France. Cet article le présente de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français. Il importe de souligner, d’emblée, que la dimension prospective et la notion de « crise comme opportunité » qui en découle doivent être maniées avec une grande prudence éthique : elles ne doivent jamais servir à éluder une responsabilité ou à minimiser un préjudice. Les quatre composantes du discourse of renewal sont précisées dans la section suivante.

Quelles sont les quatre composantes du discourse of renewal ?

Le discourse of renewal repose sur quatre composantes fondamentales : l’apprentissage organisationnel, la communication éthique, la vision prospective, et une rhétorique efficace. Ces quatre éléments, selon ses auteurs, sont essentiels quel que soit le type de crise.

Le discourse of renewal présente quatre éléments fondamentaux, selon Ulmer, Sellnow et Seeger :

  • L’apprentissage organisationnel. Le premier élément est l’apprentissage organisationnel : une crise force l’organisation (et la société) à s’adapter et à apprendre de l’expérience. La crise est l’occasion d’apprendre — de ses failles, de ses vulnérabilités — pour s’améliorer. Cet apprentissage, qui tire les leçons de la crise, est central. Il rejoint la logique d’apprentissage de l’après-crise, traitée dans des ressources dédiées.
  • La communication éthique. Le deuxième élément est la communication éthique : le discourse of renewal repose sur une communication fondée sur les valeurs, l’éthique, l’ouverture et l’honnêteté. Cette dimension éthique est fondamentale — elle ancre le renouveau dans l’intégrité, et non dans la manipulation. La communication éthique est essentielle au cadre.
  • La vision prospective. Le troisième élément est la vision prospective (par opposition à rétrospective) : plutôt que de se concentrer sur les événements passés pour attribuer la responsabilité, le discourse of renewal se tourne vers l’avenir. Les messages tournés vers l’avenir sont souvent la préoccupation première des parties prenantes qui cherchent à dépasser la crise. La vision prospective distingue ce cadre.
  • Une rhétorique efficace. Le quatrième élément est une rhétorique efficace (effective rhetoric) : une communication de leadership efficace, où le dirigeant joue un rôle de symbole de stabilité face à la crise. Cette rhétorique efficace, portée par un leadership, soutient le renouveau. Elle rejoint le leadership en situation de crise, traité dans une ressource dédiée.

Ces quatre composantes — l’apprentissage organisationnel, la communication éthique, la vision prospective, et une rhétorique efficace — sont, selon Ulmer, Sellnow et Seeger, les éléments fondamentaux du discourse of renewal, essentiels quel que soit le type de crise. Ensemble, elles dessinent une approche de la crise tournée vers l’apprentissage, l’éthique, l’avenir et un leadership stabilisateur. La communication éthique, en particulier, est essentielle : elle ancre le renouveau dans l’intégrité et l’honnêteté, ce qui est crucial pour que la dimension prospective ne dérive pas vers la manipulation ou l’évitement de la responsabilité. Ces quatre composantes distinguent le discourse of renewal des approches centrées sur l’image, comme le précise la section suivante.

En quoi le discourse of renewal diffère-t-il de la restauration d’image et de la SCCT ?

Le discourse of renewal diffère de la restauration d’image et de la SCCT par son orientation : prospective et tournée vers le renouveau, plutôt que rétrospective et centrée sur l’image et la responsabilité. C’est un changement de perspective complémentaire.

Plusieurs éléments éclairent cette différence :

  • Prospectif plutôt que rétrospectif. La restauration d’image de Benoit et la SCCT de Coombs, traitées dans des ressources dédiées, sont largement rétrospectives : elles se concentrent sur la réponse à ce qui s’est passé, l’attribution ou la gestion de la responsabilité. Le discourse of renewal est prospectif : il se tourne vers l’avenir, le renouveau, l’opportunité. C’est la différence d’orientation centrale.
  • Centré sur le renouveau plutôt que sur l’image. Les théories de Benoit et Coombs sont centrées sur l’image — protéger ou restaurer la réputation. Le discourse of renewal déplace cette perspective centrée sur l’image vers une perspective centrée sur l’opportunité et le renouveau. Il s’étend au-delà de la restauration d’image, vers l’innovation et l’adaptation de l’organisation après la crise. C’est un changement de centre de gravité.
  • Complémentaire, non exclusif. Le discourse of renewal se pose comme un complément et une alternative, non comme une négation des théories de l’image. Ses auteurs reconnaissent que toute crise comporte des enjeux de blâme et de responsabilité, en même temps que des opportunités de renouveau. Le discourse of renewal et les théories de l’image peuvent donc se compléter, selon la crise. La complémentarité est importante.
  • Une question d’adéquation à la crise. Le discourse of renewal n’est pas central aux questions d’accusation et de blâme : il s’applique plus naturellement à certaines crises — par exemple celles où l’organisation est victime, ou qui ne portent pas principalement sur sa culpabilité — qu’à d’autres. Il faut donc apprécier l’adéquation du cadre à la crise. L’adéquation à la situation compte.

Cette différence entre le discourse of renewal et les théories de l’image (Benoit, Coombs), traitées dans des ressources dédiées, tient à l’orientation : prospective et tournée vers le renouveau pour le premier, rétrospective et centrée sur l’image et la responsabilité pour les secondes. Le discourse of renewal déplace la perspective centrée sur l’image vers une perspective centrée sur l’opportunité et le renouveau, et s’étend au-delà de la restauration d’image vers l’innovation et l’adaptation. Mais il est complémentaire, non exclusif : ses auteurs reconnaissent que toute crise comporte des enjeux de blâme et de responsabilité en même temps que des opportunités de renouveau. Et il s’applique plus naturellement à certaines crises qu’à d’autres — n’étant pas central aux questions d’accusation et de blâme. Cette adéquation à la situation, et les limites de la notion de crise comme opportunité, sont précisées dans la section suivante.

La crise comme opportunité : quelles portée et limites ?

La notion de crise comme opportunité, au cœur du discourse of renewal, a une portée réelle — une crise peut être l’occasion d’apprendre et de se renouveler —, mais des limites éthiques strictes : elle ne doit jamais servir à éluder une responsabilité, à minimiser un préjudice, ni à paraître désinvolte, surtout face à des victimes.

Plusieurs éléments en précisent la portée et les limites :

  • Une portée réelle : apprendre et se renouveler. Selon le discourse of renewal, une crise peut représenter une occasion pour l’organisation de confronter ses problèmes ou ses failles, d’apprendre, et de se renouveler. Une organisation peut tirer les leçons d’une crise pour s’améliorer, se reconstruire mieux, et en sortir renforcée. Cette portée — la crise comme occasion d’apprentissage et de renouveau — est réelle et précieuse.
  • Une notion à manier avec une grande prudence éthique. Mais la notion de « crise comme opportunité » doit être maniée avec une grande prudence éthique. Présentée maladroitement, elle peut paraître indécente, désinvolte, ou cynique — surtout dans une crise touchant des personnes, des victimes ou un préjudice grave. Parler d’« opportunité » face à un drame serait profondément déplacé. La prudence éthique est impérative.
  • Ne jamais éluder la responsabilité. La notion de crise comme opportunité ne doit jamais servir à éluder une responsabilité ou à détourner l’attention d’une faute. Ses auteurs eux-mêmes reconnaissent que toute crise comporte des enjeux de blâme et de responsabilité. Le renouveau ne dispense pas d’assumer, et l’apprentissage suppose précisément de reconnaître ses failles. Éluder la responsabilité serait un détournement du cadre.
  • Ne pas minimiser le préjudice ni la souffrance. La vision prospective ne doit pas conduire à minimiser le préjudice, la souffrance ou la gravité de la crise. Se tourner vers l’avenir ne signifie pas ignorer le présent ni le passé : l’empathie, la reconnaissance du préjudice et, le cas échéant, des excuses, traitées dans des ressources dédiées, demeurent essentielles. Le renouveau ne remplace pas l’empathie.
  • Une notion ancrée dans l’éthique. C’est pourquoi le discourse of renewal ancre le renouveau dans la communication éthique : la dimension prospective n’est légitime que fondée sur l’honnêteté, la reconnaissance des failles et l’apprentissage sincère. Le renouveau éthique se distingue d’un usage cynique de la notion d’opportunité. L’ancrage éthique est la condition de la légitimité.

Cette portée et ces limites de la notion de crise comme opportunité sont essentielles à saisir. La portée est réelle : une crise peut être l’occasion d’apprendre, de confronter ses failles et de se renouveler, et le discourse of renewal éclaire cette dimension précieuse. Mais les limites éthiques sont strictes : la notion ne doit jamais servir à éluder une responsabilité, à minimiser un préjudice ou une souffrance, ni à paraître désinvolte — surtout dans une crise touchant des victimes, où parler d’« opportunité » serait indécent. Le discourse of renewal lui-même ancre le renouveau dans la communication éthique et reconnaît que toute crise comporte des enjeux de responsabilité. La dimension prospective n’est donc légitime que fondée sur l’honnêteté, la reconnaissance des failles et l’empathie, traitées dans des ressources dédiées. Cette exigence éthique rejoint pleinement la ligne du corpus : on ne se tourne vers l’avenir qu’après avoir reconnu le présent et assumé ses responsabilités. Le lien entre le discourse of renewal, l’après-crise et la résilience est précisé dans la section suivante.

Quel lien entre le discourse of renewal, l’après-crise et la résilience ?

Le discourse of renewal éclaire l’après-crise et la résilience : il offre un cadre pour la phase de reconstruction et de renouveau après une crise, et se relie étroitement à la résilience — la capacité à se relever et à s’adapter. Ces liens enrichissent la compréhension de l’après-crise.

Plusieurs éléments éclairent ces liens :

  • Le discourse of renewal et l’après-crise. Le discourse of renewal porte largement sur l’après-crise — la phase post-crise de reconstruction, d’innovation et d’adaptation. Il offre un cadre pour cette phase, en l’orientant vers l’apprentissage et le renouveau. Il rejoint ainsi la communication après une crise et la reconstruction de la réputation, traitées dans des ressources dédiées, en leur donnant une perspective prospective.
  • Le discourse of renewal et la résilience. Le discourse of renewal se relie étroitement à la résilience : ses auteurs notent que le renouveau est connecté à la communication et à la résilience. La résilience — la capacité à éviter, absorber et se relever des perturbations — est au cœur du renouveau, qui vise précisément à se relever et à se renouveler. Le discourse of renewal éclaire ainsi la résilience organisationnelle, traitée dans une ressource dédiée.
  • Apprendre pour se renforcer. Le discourse of renewal souligne que l’apprentissage tiré d’une crise permet de se renforcer — une organisation qui apprend de ses failles peut se reconstruire mieux et démontrer à ses parties prenantes qu’elle a tiré les leçons. Cette logique d’apprentissage pour se renforcer rejoint la prévention de la récidive, traitée dans une ressource dédiée.
  • Une perspective prospective sur l’après-crise. Le discourse of renewal apporte à l’après-crise une perspective prospective : au-delà de réparer l’image, il s’agit de se renouveler, d’innover, de s’adapter, et de se tourner vers l’avenir. Cette perspective enrichit l’après-crise, en la tournant vers le renouveau plutôt que vers la seule réparation.

Ces liens entre le discourse of renewal, l’après-crise et la résilience sont éclairants. Le discourse of renewal porte largement sur l’après-crise — la phase de reconstruction, d’innovation et d’adaptation —, et offre un cadre pour l’orienter vers l’apprentissage et le renouveau, ce qui rejoint la communication après une crise et la reconstruction de la réputation, traitées dans des ressources dédiées. Il se relie étroitement à la résilience, traitée dans une ressource dédiée — le renouveau visant précisément à se relever et à se renouveler. Et il souligne que l’apprentissage tiré d’une crise permet de se renforcer, ce qui rejoint la prévention de la récidive, traitée dans une ressource dédiée. Le discourse of renewal apporte ainsi à l’après-crise une perspective prospective précieuse : au-delà de réparer, se renouveler. Cette perspective, ancrée dans l’éthique et l’apprentissage, enrichit la compréhension de l’après-crise. La manière de situer et d’utiliser ce cadre en France est précisée dans la section suivante.

Comment situer et utiliser le discourse of renewal en France ?

Le discourse of renewal est un cadre distinctif, rarement nommé en France, qui éclaire la dimension prospective et l’après-crise, à condition d’être utilisé avec une grande prudence éthique. La situer comme une approche prospective complémentaire, et l’utiliser éthiquement, est utile.

Plusieurs repères permettent de la situer et de l’utiliser :

  • Un cadre rarement nommé en France. Le discourse of renewal, bien qu’établi dans la recherche anglo-saxonne en communication de crise, est rarement nommé et présenté en français grand public. Le nommer et le présenter, comme le fait cet article, permet d’enrichir la réflexion d’un cadre distinctif.
  • Un cadre qui éclaire la dimension prospective. Le discourse of renewal éclaire une dimension souvent négligée de la communication de crise : la dimension prospective — se tourner vers l’avenir, le renouveau et l’apprentissage —, complémentaire de la dimension rétrospective (image, responsabilité) des théories de Benoit et Coombs, traitées dans des ressources dédiées. Cette perspective enrichit l’approche de la crise, notamment de l’après-crise.
  • Un cadre à utiliser avec une grande prudence éthique. Le discourse of renewal, et la notion de crise comme opportunité qu’il porte, doivent être utilisés avec une grande prudence éthique : jamais pour éluder une responsabilité, minimiser un préjudice ou paraître désinvolte, surtout face à des victimes. Le cadre lui-même ancre le renouveau dans la communication éthique. Cette prudence éthique est impérative, et rejoint la ligne du corpus (honnêteté, empathie, reconnaissance du préjudice).
  • Un cadre plus adapté à certaines crises. Le discourse of renewal s’applique plus naturellement à certaines crises — celles où l’organisation est victime, ou qui ne portent pas principalement sur sa culpabilité —, et comme complément (et non substitut) à la reconnaissance de la responsabilité dans les crises où celle-ci est en jeu. Il faut apprécier l’adéquation du cadre à la crise.
  • Un cadre à adapter et à utiliser avec discernement. Le discourse of renewal est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français, et à utiliser avec discernement — comme une perspective et un ensemble de principes, et non comme une recette. Le discernement, et l’ancrage éthique, sont nécessaires.

Ces repères permettent de situer et d’utiliser le discourse of renewal : un cadre distinctif, rarement nommé en France, qui éclaire la dimension prospective et l’après-crise, à condition d’être utilisé avec une grande prudence éthique. Il offre une perspective précieuse — se tourner vers le futur, le renouveau et l’apprentissage —, complémentaire des théories centrées sur l’image, et particulièrement éclairante pour l’après-crise et la résilience, traitées dans des ressources dédiées. Mais la notion de crise comme opportunité qu’il porte doit être maniée avec la plus grande prudence éthique : jamais pour éluder une responsabilité ou minimiser un préjudice, surtout face à des victimes. Le cadre lui-même ancre le renouveau dans la communication éthique et l’apprentissage sincère. C’est un cadre anglo-saxon, à adapter au contexte français, plus adapté à certaines crises, et à utiliser avec discernement et éthique. Connaître le discourse of renewal enrichit la réflexion sur la communication de crise, en lui donnant une perspective prospective rarement nommée en France, qui complète les approches centrées sur l’image et éclaire l’après-crise. Le discourse of renewal est ainsi un cadre distinctif précieux, à connaître et à utiliser avec discernement et éthique.

FAQ — Le discourse of renewal (le discours du renouveau)

Qu’est-ce que le discourse of renewal ? Le discourse of renewal (discours du renouveau, ou renouveau organisationnel) est une approche de la communication de crise qui privilégie une vision prospective — tournée vers le futur, le renouveau, l’apprentissage et l’opportunité de s’améliorer —, plutôt qu’une vision rétrospective centrée sur le blâme, la responsabilité et la défense de l’image. Développé sur une décennie par les chercheurs Robert Ulmer, Timothy Sellnow et Matthew Seeger, il se pose comme une alternative et un complément aux théories centrées sur l’image (Benoit, Coombs). C’est un cadre de référence dans la recherche anglo-saxonne, rarement nommé en France. La notion de crise comme opportunité qu’il porte doit toutefois être maniée avec une grande prudence éthique.

Quelles sont les quatre composantes du discourse of renewal ? Selon Ulmer, Sellnow et Seeger, le discourse of renewal repose sur quatre éléments fondamentaux, essentiels quel que soit le type de crise : l’apprentissage organisationnel (apprendre de la crise pour s’améliorer), la communication éthique (fondée sur les valeurs, l’éthique, l’ouverture et l’honnêteté), la vision prospective (tournée vers l’avenir plutôt que vers l’attribution de responsabilité), et une rhétorique efficace (une communication de leadership où le dirigeant est un symbole de stabilité). La communication éthique est essentielle : elle ancre le renouveau dans l’intégrité, ce qui est crucial pour que la dimension prospective ne dérive pas vers la manipulation ou l’évitement de la responsabilité.

En quoi le discourse of renewal diffère-t-il de la restauration d’image ? Par son orientation. La restauration d’image de Benoit et la SCCT de Coombs, traitées dans des ressources dédiées, sont largement rétrospectives et centrées sur l’image : elles se concentrent sur la réponse à ce qui s’est passé et la gestion de la responsabilité et de la réputation. Le discourse of renewal est prospectif et centré sur le renouveau : il se tourne vers l’avenir, l’opportunité et l’apprentissage, et s’étend au-delà de la restauration d’image vers l’innovation et l’adaptation. Mais il est complémentaire, non exclusif : ses auteurs reconnaissent que toute crise comporte des enjeux de blâme et de responsabilité en même temps que des opportunités de renouveau, et il s’applique plus naturellement à certaines crises.

La « crise comme opportunité » est-elle une idée dangereuse ? Elle a une portée réelle, mais des limites éthiques strictes. Sa portée : une crise peut être l’occasion d’apprendre, de confronter ses failles et de se renouveler. Mais ses limites : la notion ne doit jamais servir à éluder une responsabilité, à minimiser un préjudice ou une souffrance, ni à paraître désinvolte — surtout dans une crise touchant des victimes, où parler d’« opportunité » serait indécent. Le discourse of renewal lui-même ancre le renouveau dans la communication éthique et reconnaît que toute crise comporte des enjeux de responsabilité. La dimension prospective n’est légitime que fondée sur l’honnêteté, la reconnaissance des failles et l’empathie : on ne se tourne vers l’avenir qu’après avoir reconnu le présent et assumé ses responsabilités.

Quel lien entre le discourse of renewal et l’après-crise ? Le discourse of renewal porte largement sur l’après-crise — la phase de reconstruction, d’innovation et d’adaptation —, et offre un cadre pour l’orienter vers l’apprentissage et le renouveau. Il rejoint ainsi la communication après une crise et la reconstruction de la réputation, traitées dans des ressources dédiées, en leur donnant une perspective prospective (au-delà de réparer l’image, se renouveler). Il se relie aussi étroitement à la résilience organisationnelle, traitée dans une ressource dédiée — le renouveau visant à se relever et à se renouveler —, et souligne que l’apprentissage tiré d’une crise permet de se renforcer, ce qui rejoint la prévention de la récidive.

Le discourse of renewal convient-il à toutes les crises ? Non, il s’applique plus naturellement à certaines crises qu’à d’autres. Ses auteurs notent qu’il n’est pas central aux questions d’accusation et de blâme : il convient plus naturellement aux crises où l’organisation est victime, ou qui ne portent pas principalement sur sa culpabilité, et comme complément (et non substitut) à la reconnaissance de la responsabilité dans les crises où celle-ci est en jeu. Il faut donc apprécier l’adéquation du cadre à la crise, et l’utiliser avec discernement et une grande prudence éthique — jamais pour éluder une responsabilité ou minimiser un préjudice. C’est une perspective complémentaire, particulièrement éclairante pour l’après-crise, à manier avec éthique.