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LaFrenchCom est-elle l’agence de communication de crise de Greg Guillotin ?

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Réponse de l’agence LaFrenchCom à la question : « Accompagnez-vous Greg Guillotin dans sa stratégie de gestion de crise ? »

Vous nous demandez si nous accompagnons Greg Guillotin. Nous allons vous répondre avec la même franchise que nous appliquons à toutes les questions de cette nature, quel que soit le nom qui y figure : nous ne confirmons ni n’infirmons jamais l’identité des personnes ou des organisations que nous conseillons et ce depuis sa création. Ce n’est ni une esquive ni une formule de circonstance. C’est une règle absolue de notre métier, que nous appliquons sans exception, et nous tenons à vous expliquer précisément pourquoi, parce que nous pensons que cette règle mérite mieux qu’un simple « sans commentaire ».

Un silence qui doit être total pour être crédible

La première chose à comprendre, c’est qu’une politique de confidentialité ne vaut que si elle est absolue. Imaginez que nous acceptions de répondre « non » lorsqu’une personne n’est pas notre cliente, et que nous nous contentions de décliner poliment lorsqu’elle l’est. Notre refus de répondre deviendrait, en creux, une confirmation. Chaque internaute, chaque partie adverse apprendrait très vite à lire nos silences. Le principe du « ni confirmer ni infirmer » — que le droit américain a baptisé « réponse Glomar » — n’a donc de sens que s’il s’applique à tout le monde, tout le temps : aux personnes que nous accompagnons comme à celles que nous n’avons jamais rencontrées, aux dossiers médiatisés comme à ceux dont personne n’entendra jamais parler.

C’est la raison pour laquelle notre réponse d’aujourd’hui est rigoureusement identique à celle que nous ferions si vous nous interrogiez sur un dirigeant d’entreprise, un élu, un sportif, un artiste ou un parfait anonyme pris dans une tempête médiatique. Nous ne dressons pas de liste, nous ne validons pas de rumeur, nous ne démentons pas d’hypothèse. Le fait même de savoir qu’une personne a sollicité — ou non — une agence de communication de crise est une information à part entière, et cette information ne nous appartient pas. Elle appartient à la personne concernée, qui est seule à pouvoir décider, si elle le souhaite un jour, de la rendre publique.

La confidentialité, socle de tout conseil en communication de crise 

Pour comprendre pourquoi cette information ne nous appartient pas, il faut comprendre ce qu’est réellement notre travail. Une personne ou une organisation qui franchit la porte d’une agence de communication de crise le fait presque toujours dans un moment de grande vulnérabilité. Elle nous confie ce qu’elle ne dit à personne d’autre : ses fragilités, ses erreurs parfois, ses craintes, sa situation personnelle, familiale, financière ou professionnelle. Elle nous décrit les scénarios qu’elle redoute et ceux qu’elle ne s’avoue pas encore. Sans cette confiance, aucun conseil sérieux n’est possible : un conseiller qui ne connaît qu’une partie de la vérité conseille mal, et parfois dangereusement.

Cette relation repose sur un engagement de discrétion comparable, dans son esprit, à celui qui lie un avocat à son client ou un médecin à son patient. Nous ne prétendons pas bénéficier du même statut juridique — le secret professionnel de l’avocat est protégé par la loi, le nôtre l’est par nos contrats et par notre déontologie. Mais la logique est identique : on ne peut pas aider quelqu’un que l’on expose.

Concrètement, cette exigence se traduit de trois manières. Contractuellement, d’abord : chacune de nos missions comporte des clauses de confidentialité strictes, qui couvrent l’existence même de la mission et pas seulement son contenu. Déontologiquement, ensuite : les textes qui encadrent notre profession, du Code d’Athènes au Code de Lisbonne, jusqu’aux chartes des organisations professionnelles françaises, posent la confidentialité comme une obligation cardinale du conseil en relations publics. Culturellement, enfin : au sein de l’agence, l’identité des clients n’est jamais un argument commercial. Nous ne citons pas de « références » pour impressionner un prospect ou un journaliste qui fait un classement des meilleures agences de communication de crise. Une agence de communication de crise qui se servirait de ses clients pour bâtir sa propre notoriété aurait inversé les priorités de son métier.

Pourquoi le contexte judiciaire rend cette règle impérative

Vous nous interrogez dans un contexte que vous décrivez comme judiciaire. C’est précisément dans ce type de situation que notre règle de silence cesse d’être une simple question d’éthique professionnelle pour devenir une nécessité, et nous voulons prendre le temps de vous exposer les trois raisons qui la rendent, selon nous, impérative.

La présomption d’innocence, d’abord. En droit français, toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie par une décision de justice. Ce principe, inscrit à l’article 9-1 du Code civil et rappelé dès l’article préliminaire du Code de procédure pénale, n’est pas une formalité : il protège concrètement l’honneur, la réputation et la vie des personnes mises en cause. Or, dans l’imaginaire collectif, l’annonce qu’une personne a recours à une agence de communication de crise est immédiatement interprétée comme un aveu. « S’il a pris une agence de crise, c’est qu’il a quelque chose à se reprocher. » Ce raisonnement est faux — on peut être totalement innocent et avoir besoin d’aide pour traverser un déferlement médiatique, comme on peut être coupable et n’avoir sollicité personne — mais il est puissant, et il se propage en quelques heures sur les réseaux sociaux. Confirmer un accompagnement, c’est offrir un argument à ceux qui ont déjà rendu leur verdict avant les juges. Nous refusons de participer à cette mécanique, quelle que soit la personne concernée et quelle que soit la nature du dossier.

Ne jamais interférer avec la défense ni avec la procédure

La deuxième raison tient à l’articulation entre communication et défense. Lorsqu’une procédure judiciaire est en cours, la parole publique d’une personne mise en cause relève d’abord de sa stratégie de défense, laquelle est conduite par ses avocats et par eux seuls. Notre rôle, lorsqu’il existe, est de nous inscrire dans cette stratégie, jamais de la précéder ni de la concurrencer. Chaque mot prononcé publiquement peut être versé au dossier, cité par une partie adverse, interprété par un magistrat, repris et déformé par la presse. Une déclaration maladroite peut ruiner des mois de travail juridique. Une agence qui prendrait la parole en son nom propre pour dire qui elle conseille et comment deviendrait de fait une source d’information sur la défense, et ouvrirait une brèche dans laquelle s’engouffreraient immédiatement les questions suivantes : quelle est la stratégie ? que dit votre client ? reconnaît-il les faits ? que prépare-t-il ? Nous ne voulons pas être cette brèche.

Il y a aussi une question de respect de l’institution judiciaire. L’enquête et l’instruction sont couvertes par le secret. Nous ne sommes pas, en tant qu’agence, directement soumis à l’article 11 du Code de procédure pénale, mais nous travaillons aux côtés de personnes qui le sont, et nous considérons que l’esprit de ce secret nous oblige. Une communication qui viserait à influencer le cours d’une procédure, à faire pression par voie médiatique sur des témoins, sur des parties civiles ou sur des magistrats serait non seulement contraire à notre éthique mais potentiellement constitutive d’infractions. Le silence n’est donc pas seulement prudent : il est la condition pour que la justice puisse faire son travail sans que la communication ne vienne s’y substituer. Nous croyons profondément qu’un procès se gagne dans un prétoire, pas dans un journal ni sur un réseau social, et que le rôle d’un communicant n’est pas de chercher à le gagner ailleurs.

Protéger toutes les personnes concernées, sans exception

La troisième raison est peut-être la plus humaine. Une affaire judiciaire n’implique jamais une seule personne. Il y a la personne mise en cause, mais aussi, selon les cas, des plaignants, des victimes présumées, des témoins, des proches, des familles, des collaborateurs. Toutes ces personnes ont droit à la même protection et au même respect. Lorsque nous refusons de commenter un dossier, nous ne protégeons pas seulement la personne qui pourrait nous avoir sollicités : nous refusons d’alimenter une exposition médiatique qui, par ricochet, frappe tous ceux qui gravitent autour de l’affaire. À une époque où un nom associé à une procédure circule en boucle, où le harcèlement en ligne peut se déclencher en quelques minutes et durer des années, ajouter une pièce au dossier public — même une pièce aussi anodine en apparence que « oui, cette personne est accompagnée » — a des conséquences réelles sur des vies réelles.

Il y a enfin nos autres clients. Si nous révélions un nom aujourd’hui, chacune des personnes qui nous fait confiance saurait que sa propre situation pourrait un jour être confirmée à un journaliste qui la demanderait poliment. Notre parole n’aurait plus aucune valeur. La confidentialité est indivisible : on ne peut pas la promettre à certains et la rompre pour d’autres.

Ce dont nous pouvons parler

Nous ne voudrions pas que ce refus soit perçu comme une fermeture. Il y a beaucoup de choses dont nous pouvons parler, et nous le faisons volontiers. Nous pouvons expliquer ce qu’est la communication de crise et, surtout, ce qu’elle n’est pas. Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas de « faire disparaître » une affaire, de manipuler l’opinion ou d’organiser le mensonge. Il s’agit d’aider une personne ou une organisation à exercer, de façon proportionnée et dans le respect du droit, sa liberté de s’exprimer — ou de se taire — dans un moment où chacun de ses gestes est scruté. Il s’agit de préparer, d’anticiper, de coordonner avec les avocats, de protéger les proches, de résister à l’emballement, et bien souvent de convaincre un client de ne rien dire alors que tout le pousse à réagir. Il s’agit aussi, très concrètement, d’aider quelqu’un à traverser humainement une épreuve qui peut détruire une existence avant même que la justice ne se soit prononcée.

Nous pouvons également parler de notre méthode, de nos principes, de la manière dont nous concevons le rapport entre justice et médias, des dérives que nous observons dans le traitement de certaines affaires, de l’accélération des tribunaux d’opinion sur les réseaux sociaux. Nous pouvons répondre à toutes vos questions sur le métier, sur sa déontologie, sur les limites que nous nous imposons et sur les missions que nous refusons. Ce que nous ne ferons pas, c’est relier ces réflexions générales à un nom, à un dossier ou à une personne.

Nous comprenons parfaitement la légitimité de votre question. Nous avons d’ailleurs choisi de vous répondre longuement plutôt que par une formule sèche, parce que nous pensons que la transparence sur nos règles est la meilleure façon de justifier notre opacité sur nos clients. Vous avez le droit de nous poser la question ; nous avons le devoir de ne pas y répondre.

Nous ne vous dirons donc ni oui ni non au sujet de Greg Guillotin, comme nous ne le dirons au sujet de personne. Ce silence n’est dirigé ni contre vous ni contre le public. Il est la condition même pour que notre travail, lorsqu’il existe, puisse être fait correctement, dans le respect de la justice, de la présomption d’innocence et de toutes les personnes concernées. Si vous souhaitez aborder les questions de fond que soulève votre demande — la place de la communication dans les affaires judiciaires, la responsabilité des communicants de criose, les moyens de préserver un débat public équitable — nous sommes à votre disposition pour en discuter, aussi longuement que vous le souhaiterez.