Actualités

Lactalis – l’affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles (Craon, 2017-2018)

lataclis crise

Un cas d’école de la défaillance de traçabilité et de communication de crise

1. Le contexte : un leader mondial discret au cœur d’un marché ultrasensible

Pour saisir l’ampleur de la crise qui éclate en décembre 2017, il faut d’abord rappeler ce qu’est Lactalis. Né de la laiterie fondée à Laval en 1933 par André Besnier, le groupe est devenu sous l’impulsion de son fils Michel puis de son petit-fils Emmanuel Besnier le premier groupe laitier mondial, avec un chiffre d’affaires qui dépasse les 20 milliards d’euros, plus de 80 000 collaborateurs et un portefeuille de marques iconiques (Président, Lactel, Galbani, Société, Bridel, Parmalat, Celia, Milumel, Picot). Le groupe est resté familial, non coté et farouchement opaque : Emmanuel Besnier, son PDG depuis 2000, n’a accordé aucune interview pendant près de dix-huit ans, n’apparaît sur aucune photographie publique avant 2018, et a fait du secret un véritable principe stratégique. Cette culture du silence — efficace en temps normal pour préserver l’avantage compétitif d’un groupe non coté — va se révéler désastreuse en situation de crise analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de LaFrenchCom.

Le marché du lait infantile est par ailleurs particulier à plusieurs titres. C’est un marché à très forte valeur ajoutée, soumis à une réglementation sanitaire stricte (directive 2006/141/CE, règlement (CE) n° 178/2002 sur la sécurité alimentaire générale, règlement « hygiène » 852/2004), où le consommateur final est un nourrisson, c’est-à-dire un public d’une vulnérabilité immunologique extrême. C’est aussi un marché mondialisé : l’usine de Craon, en Mayenne, exporte vers plus de 80 pays, avec une présence particulièrement forte en Chine — où l’affaire de la mélamine de 2008 a durablement traumatisé les consommateurs et exacerbé la sensibilité aux scandales sanitaires.

L’usine elle-même est emblématique. Située à Craon (Mayenne), elle a appartenu à la société Celia avant son rachat par Lactalis en 2006. Elle abrite deux tours de séchage qui transforment le lait liquide en poudre, étape technologique sensible où les conditions de température, d’humidité et d’hygiène déterminent la sécurité microbiologique du produit fini. Or cette usine a déjà connu en 2005, sous la précédente direction Celia, une contamination à Salmonella agona. C’est ce détail, longtemps minimisé, qui transformera l’affaire de 2017 d’un accident industriel ponctuel en un soupçon de récidive structurelle.

2. La chronologie : douze mois entre signal faible et bascule médiatique

La chronologie de la crise est essentielle, car elle permet d’identifier le moment précis où une « affaire industrielle » bascule en « scandale sanitaire ». On peut la découper en quatre phases.

Phase 1 — La contamination silencieuse (printemps-été 2017). Selon les conclusions de l’enquête, la contamination par Salmonella agona serait survenue dans la plus ancienne des deux tours de séchage entre le 1ᵉʳ et le 6 mai 2017, à la suite de travaux de maintenance. La bactérie, présente dans l’environnement depuis 2005 selon les analyses ultérieures de l’Institut Pasteur, aurait été remise en suspension dans l’atmosphère de l’atelier. Le 16 août puis le 8 novembre 2017, des autocontrôles internes révèlent la présence de salmonelles, mais seulement dans l’environnement (sols, équipements périphériques), non dans les produits finis. La réglementation française de l’époque n’imposait pas, dans ce cas précis, de déclaration obligatoire aux pouvoirs publics : la décision d’arrêter ou non la ligne de production relevait de l’industriel. Lactalis ne suspend pas la production et n’informe pas l’administration. C’est, du point de vue de la gestion de crise, la première erreur cardinale : laisser un signal faible exclusivement dans le périmètre interne, sans déclencher de procédure d’alerte précoce.

Phase 2 — L’alerte sanitaire (décembre 2017). Le 1ᵉʳ décembre 2017, la Direction générale de la santé est alertée par Santé publique France : une vingtaine de nourrissons présentent des salmonelloses dans plusieurs régions, et la souche identifiée correspond à Salmonella agona. Le 2 décembre, Lactalis publie un premier communiqué et procède à un retrait limité de douze lots. Le 9 décembre, sous la pression de la DGCCRF, le rappel est étendu à 624 lots. Le 21 décembre, l’arrêté ministériel impose le retrait de l’ensemble de la production de Craon depuis le 15 février 2017. Trois vagues de rappel en trois semaines : c’est, en termes de communication, le scénario du « rappel-saucisson », où la révision permanente du périmètre fait douter de la maîtrise de la situation.

Phase 3 — La crise médiatique et politique (janvier-février 2018). Le 11 janvier 2018, Le Canard enchaîné puis France 2 révèlent qu’en dépit du rappel, des produits contaminés ont continué à être vendus dans plusieurs enseignes — Leclerc, Carrefour, Auchan, Système U, Cora, mais aussi en pharmacies et chez Cdiscount. C’est le tournant : la défaillance n’est plus seulement industrielle, elle est désormais logistique et systémique. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire convoque les distributeurs et déclare publiquement que « l’État s’est substitué à une entreprise défaillante, dont je rappelle qu’elle est la seule responsable de la qualité et de la sécurité des produits mis sur le marché ». Le 14 janvier, après quarante-cinq jours de silence, Emmanuel Besnier rompt enfin le mutisme dans une interview au Journal du dimanche. La couverture, sa photographie, et surtout sa première réponse — où il évoque Bruno Le Maire avant d’exprimer la moindre empathie pour les familles — sont unanimement jugées désastreuses par les professionnels de la communication. Le consultant Guillaume Foucault, sur franceinfo, résume : « Ils ont rallumé la crise avec cette interview. » Le 21 janvier, Lactalis annonce le retrait de l’intégralité des produits issus de Craon depuis 2005 — plus de 12 millions de boîtes dans 83 pays. Le 1ᵉʳ février, l’Institut Pasteur confirme que la souche identifiée en 2017 est génétiquement identique à celle de 2005 ; entre 2006 et 2016, 25 nourrissons ont été contaminés par cette même bactérie sans que le lien avec l’usine n’ait été établi à l’époque. Le 2 février, Emmanuel Besnier présente publiquement ses excuses lors d’une audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Phase 4 — La séquence judiciaire (depuis octobre 2018). Le 9 octobre 2018, le pôle santé publique du parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour « tromperie sur les qualités substantielles des marchandises », « blessures involontaires » et « inexécution de procédures de retrait ou de rappel ». Plus de 300 plaintes sont déposées par les familles, par foodwatch, par l’UFC-Que Choisir et par l’Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS). Le 16 février 2023, Lactalis et la société Celia Laiterie de Craon sont officiellement mises en examen, placées sous contrôle judiciaire avec une caution de 300 000 euros chacune. Parallèlement, Lactalis ouvre un contentieux civil contre le laboratoire Eurofins, à qui il sous-traitait certains autocontrôles, et lui réclame plus d’un milliard d’euros au titre du préjudice. Le procès au fond n’a pas encore eu lieu à ce jour, l’instruction se poursuivant.

3. L’anatomie d’une défaillance de traçabilité

L’épine dorsale du scandale, au-delà du nombre de nourrissons malades — 38 cas confirmés en France selon Santé publique France, 53 en comptant les suspicions, plusieurs dizaines à l’étranger — réside dans la défaillance systémique de la traçabilité. Cette défaillance opère à quatre niveaux.

Premier niveau : la traçabilité intra-industrielle. L’enquête met au jour que Lactalis disposait dès août 2017 d’autocontrôles environnementaux positifs aux salmonelles. La réglementation française n’imposait certes pas la transmission de ces résultats aux autorités lorsqu’ils concernaient l’environnement et non le produit fini. Mais ce silence relevait d’une lecture étroite et littérale de la norme, en contradiction flagrante avec l’esprit du règlement européen 178/2002 qui pose le principe de précaution alimentaire. Cette zone grise réglementaire a été refermée par la loi EGAlim du 30 octobre 2018, qui oblige désormais les industriels à transmettre tout résultat d’autocontrôle défavorable, y compris environnemental, et qui a renforcé considérablement les obligations de retrait-rappel.

Deuxième niveau : la traçabilité aval, vers les distributeurs. C’est ici que se loge la défaillance la plus spectaculaire. Le 11 janvier 2018, soit plus de cinq semaines après le premier rappel, des boîtes faisant l’objet d’un retrait étaient encore vendues en magasin chez l’ensemble des grandes enseignes françaises. Plusieurs explications coexistent : absence de blocage automatique en caisse (le code-barres EAN ne déclenche pas d’alerte à la sortie), réimplantation tardive des rayons, retours fournisseurs non centralisés, sous-traitance logistique opaque, et pour les pharmacies un circuit parallèle moins outillé. L’affaire révèle que la chaîne de retrait-rappel à la française reposait pour l’essentiel sur la bonne volonté et l’organisation de chaque opérateur, sans dispositif technologique de verrouillage. C’est cette lacune qui a justifié la mise en place ultérieure du portail unique RappelConso (en avril 2021), centralisant l’ensemble des rappels et bloquant désormais une partie des produits en caisse.

Troisième niveau : la traçabilité aval, vers les consommateurs. Une fois le produit acheté, le consommateur n’avait aucun moyen simple d’être prévenu individuellement. La grande distribution dispose pourtant, via les cartes de fidélité, des coordonnées de millions de clients. L’affaire Lactalis a accéléré l’usage de l’alerte ciblée par e-mail ou SMS sur la base des achats identifiés — pratique aujourd’hui généralisée chez les principales enseignes.

Quatrième niveau : la traçabilité historique. Le constat le plus glaçant de l’affaire est sans doute celui formulé par l’Institut Pasteur le 1ᵉʳ février 2018 : la souche de Salmonella agona présente à Craon en 2017 est génétiquement identique à celle qui avait sévi en 2005 sous Celia, et 25 nourrissons en ont été affectés entre 2006 et 2016 sans que le lien épidémiologique avec l’usine ne soit établi. Cela signifie que pendant plus d’une décennie, un foyer endémique a coexisté avec une production industrielle, sans que les outils de surveillance — internes ou externes — ne permettent de faire le rapprochement. Cette « cécité longitudinale » est devenue, en santé publique alimentaire, un argument central pour la mise en place de plateformes de séquençage génomique systématique, désormais portées au niveau européen par l’EFSA et l’ECDC.

4. Analyse de la communication de crise

Du point de vue de la communication de crise — et c’est ce qui fait de Lactalis un cas d’école durable —, plusieurs erreurs cardinales s’enchaînent.

Le déficit de présence du dirigeant. Pendant six semaines entre le premier rappel et l’interview au JDD, Emmanuel Besnier n’apparaît pas. La communication est portée par le porte-parole Michel Nalet, par des communiqués techniques et par les seuls services de presse. Or, en théorie de la communication de crise — qu’on suive Pauchant et Mitroff, Patrick Lagadec, Thierry Libaert ou Steven Fink — la visibilité du dirigeant est l’un des marqueurs cardinaux de l’engagement institutionnel. Son absence est mécaniquement interprétée comme une fuite, voire comme un mépris. Pour un groupe familial dont le patron porte le nom de la marque historique (Besnier), cette absence est d’autant plus assourdissante. À titre de comparaison, Johnson & Johnson dans l’affaire Tylenol (1982) avait mis son PDG James Burke en première ligne dès les premières heures ; BP avait au contraire payé cher le « I’d like my life back » de Tony Hayward, qui restera la matrice du dirigeant inadéquat. Emmanuel Besnier réussit l’exploit d’être à la fois absent puis maladroit.

La rhétorique de la conformité procédurale. Lorsque le dirigeant parle enfin, c’est pour affirmer : « Il n’y a pas eu de manquements de notre part sur les procédures. » Cette phrase, qui se veut juridiquement défensive, est éthiquement et sémiotiquement désastreuse. En situation de crise sanitaire impliquant des nourrissons, le public n’attend pas une déclaration de conformité procédurale ; il attend une déclaration d’humanité. La règle classique formalisée par Coombs dans sa Situational Crisis Communication Theory (SCCT) veut que la première parole soit celle de l’empathie (« bolstering »), avant toute argumentation factuelle. Or l’interview du JDD inverse l’ordre : Besnier évoque Bruno Le Maire dès la première question, et ce n’est qu’au fil de l’entretien qu’il évoque les familles. Le consultant Guillaume Foucault l’a immédiatement diagnostiqué : « À la première question, il oublie juste une chose : c’est d’avoir un peu de sentiment, d’être un peu dans le pathos. »

L’effet de séquence ratée. Le choix du JDD — un hebdomadaire du dimanche — au lieu d’une intervention télévisée en direct, et le format (deux pages d’interview noyées dans cinq pages de dossier) produisent un effet inverse de celui recherché : au lieu d’éteindre la crise, ils la relancent. La une du journal, avec la photographie d’un Besnier visiblement mal à l’aise, devient elle-même un événement médiatique. Le porte-parole de l’AFVLCS Quentin Guillemain réagit immédiatement sur Twitter : « M. Besnier n’achètera pas notre silence avec son argent ! » Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux ajoute : « Indemniser c’est bien, mais l’argent n’achète pas tout. » L’entreprise se retrouve doublement perdante : elle a parlé et n’a pas convaincu.

La sous-estimation du risque réputationnel international. Avec 83 pays concernés, l’affaire Lactalis prend une dimension globale que la communication française ne maîtrise pas. En Chine, particulièrement sensible depuis le scandale de la mélamine de 2008, la marque Celia subit un effondrement de confiance. En Espagne, en Grèce, à Hong Kong, des cas pédiatriques sont signalés. Or Lactalis communique majoritairement en français, depuis le siège de Laval, avec une logique encore très hexagonale. Cette inadéquation entre l’empreinte industrielle mondiale et l’empreinte communicationnelle locale est devenue un cas étudié dans les formations en communication de crise internationale.

5. Les enseignements pédagogiques et les transformations induites

L’affaire Lactalis a produit des effets normatifs, organisationnels et symboliques qui débordent largement le cadre de l’entreprise concernée.

Sur le plan normatif, elle a directement nourri trois évolutions législatives et réglementaires. D’abord, la loi EGAlim du 30 octobre 2018, qui impose la transmission systématique des autocontrôles défavorables aux autorités, étend le champ des produits soumis à obligation renforcée, et alourdit les sanctions en cas de non-exécution des procédures de retrait-rappel (jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel). Ensuite, la création en avril 2021 du portail public RappelConso, plateforme unique centralisée portée par la DGCCRF, qui rend les rappels visibles, recherchables et exploitables en temps réel par les distributeurs comme par les consommateurs. Enfin, le décret de 2022 sur les rappels par e-mail à partir des cartes de fidélité, qui s’inspire directement des dysfonctionnements observés en 2017.

Sur le plan organisationnel, l’affaire a entraîné chez Lactalis une refonte profonde du dispositif qualité — désaffectation et muraille de la tour incriminée, recours à trois laboratoires d’analyse extérieurs, renforcement de la documentation des opérations de maintenance — mais aussi une professionnalisation tardive de la communication. Le groupe a recruté à partir de 2018 plusieurs profils dédiés aux affaires publiques et à la communication de crise, après avoir longtemps fonctionné avec une cellule très réduite.

Sur le plan symbolique, le cas Lactalis fait désormais figure de matrice française du « rappel chaotique », au même titre que Buitoni (2022) ou Kinder/Ferrero (2022) qui l’ont suivi. Les trois affaires partagent une typologie commune : contamination détectée tardivement, communication initialement défensive, périmètre de rappel élargi par paliers, intervention publique du dirigeant en retard sur la dynamique médiatique. Cette régularité a conduit l’AFVLCS à devenir l’Association pour la santé des enfants, militante d’une réforme structurelle de la sécurité alimentaire infantile en France.

6. Une grille d’analyse pour le cours

Pour un usage pédagogique, l’affaire se prête particulièrement à quatre exercices.

D’abord, une analyse en typologie Mitroff : la crise relève simultanément du registre technico-économique (défaillance industrielle, contamination), du registre humain-social (silence du dirigeant, défiance des familles) et du registre culturel-organisationnel (culte du secret, opacité familiale). C’est précisément la superposition des trois registres qui produit l’amplification médiatique.

Ensuite, une comparaison contrastive avec Tylenol (Johnson & Johnson, 1982) : même type de crise — produit ingéré contaminé, victimes vulnérables —, mais réponses inversées. Là où Johnson & Johnson rappelle d’emblée 31 millions de boîtes sans attendre la pression réglementaire, où le PDG James Burke devient le visage public de la transparence, et où l’entreprise reconstruit un emballage inviolable en moins de six semaines, Lactalis rappelle par paliers, garde son PDG en retrait, et s’en tient à une lecture procédurale du droit. Le contraste fait apparaître que la qualité de la réponse compte davantage que la nature de l’incident initial.

Troisièmement, un exercice de simulation de communication : reconstruire ce qu’aurait dû être la prise de parole d’Emmanuel Besnier en décembre 2017 et non en janvier 2018, en suivant les protocoles classiques — empathie première, transparence factuelle, engagement chiffré, calendrier de remédiation. C’est l’occasion de rappeler la règle dite des « 4R » de la communication de crise : Regret, Reason, Remedy, Reform.

Enfin, un travail sur la traçabilité comme objet de communication : montrer que la traçabilité n’est pas qu’une question technique de système d’information, mais aussi un dispositif communicationnel — c’est-à-dire un signe public de maîtrise. L’incapacité à retirer effectivement les produits a fait plus de dégâts réputationnels que la contamination elle-même, parce qu’elle a transformé une faute industrielle (excusable) en une faute de gouvernance (non excusable).

L’affaire Lactalis-Craon n’est pas la plus meurtrière des crises agroalimentaires françaises ; les conséquences sanitaires, bien que graves, sont restées sans décès. Mais elle est, par son ampleur logistique, par la durée de son onde de choc, et par la nature emblématique des erreurs commises, devenue le cas de référence francophone pour enseigner la communication de crise alimentaire. Elle illustre cette vérité paradoxale : dans une crise sanitaire, ce n’est pas la bactérie qui tue la marque, c’est la posture du dirigeant. Et c’est précisément parce que Lactalis incarne cette inversion — un géant industriel discret rattrapé par un défaut très visible de communication — que le cas continuera d’être enseigné longtemps après que les juges auront rendu leur verdict.