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La SCCT (théorie situationnelle de la communication de crise) de Coombs
- Qu'est-ce que la SCCT (théorie situationnelle de la communication de crise) ?
- Sur quoi repose la SCCT ?
- Quels sont les trois types de crise (clusters) selon la SCCT ?
- Quelles stratégies de réponse la SCCT propose-t-elle ?
- Comment appliquer la SCCT en pratique ?
- Quelles sont les limites de la SCCT et comment la situer ?
- FAQ — La SCCT (théorie situationnelle de la communication de crise)
La théorie situationnelle de la communication de crise (SCCT, Situational Crisis Communication Theory), développée par le chercheur W. Timothy Coombs, propose de faire correspondre la stratégie de réponse à une crise au niveau de responsabilité attribué à l’organisation et à la menace réputationnelle que la crise fait peser analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. La SCCT suggère que les responsables de crise adaptent leurs réponses stratégiques au niveau de responsabilité et à la menace réputationnelle de la crise, et a été proposée par W. Timothy Coombs en 2007. Ce cadre, de référence dans la recherche anglo-saxonne en communication de crise, est rarement nommé tel quel en France. Il repose sur l’idée que les publics attribuent une responsabilité à l’organisation selon le type de crise, et que la réponse doit être calibrée en conséquence. Ce guide présente la SCCT, son fondement, ses types de crise, ses stratégies de réponse, son application et ses limites. Il s’agit d’un cadre théorique, à utiliser avec discernement, et non d’une recette ; cet article le présente et l’adapte au contexte français.
La SCCT est l’une des théories les plus structurantes et les plus citées de la communication de crise, mais elle est rarement présentée en français grand public. Cet article explique ce qu’est la SCCT, sur quoi elle repose, quels sont ses trois types de crise, quelles stratégies de réponse elle propose, comment l’appliquer, et quelles sont ses limites. Il s’inscrit dans l’ensemble consacré à la communication de crise, dont il éclaire le fondement théorique. La communication selon le type de crise, et les stratégies de réponse comme les excuses publiques ou l’empathie, sont traitées dans des ressources dédiées, que ce cadre théorique systématise. Cet article présente un cadre académique de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français ; il n’avance aucun cas réel.
Qu’est-ce que la SCCT (théorie situationnelle de la communication de crise) ?
La SCCT est une théorie de la communication de crise, développée par W. Timothy Coombs, qui propose de faire correspondre la stratégie de réponse à une crise au type de crise, au niveau de responsabilité attribué, et à la menace réputationnelle. C’est un cadre de référence, rarement nommé en France.
Plusieurs éléments la caractérisent :
- Une théorie de la communication de crise. La SCCT, ou Situational Crisis Communication Theory, est une théorie du champ de la communication de crise. Elle offre un cadre pour anticiper comment les parties prenantes réagiront à une crise selon la menace réputationnelle qu’elle représente, et comment elles réagiront aux stratégies de réponse employées. C’est un cadre structuré, issu de la recherche.
- Développée par W. Timothy Coombs. La SCCT a été développée par le chercheur W. Timothy Coombs, spécialiste de la communication de crise et de la réputation. Coombs a notamment développé la SCCT dans un article de 2007, « Protecting organization reputations during a crisis », qui en présente le développement et l’application. Coombs a poursuivi ce travail dans plusieurs publications.
- Un cadre empiriquement fondé. La SCCT se veut un cadre fondé sur des données : Coombs l’a conçue pour donner aux communicants des repères issus de la recherche, plutôt que de la seule intuition. Des études expérimentales ont cherché à fournir des preuves empiriques à la SCCT, qui propose des lignes directrices pour faire correspondre les stratégies de réponse aux types de crise afin de restaurer au mieux la réputation. Cette base empirique est une caractéristique du cadre.
- Un cadre rarement nommé en France. Bien que de référence dans la recherche anglo-saxonne, la SCCT est rarement nommée et présentée en français grand public. Cet article la présente et l’adapte au contexte français, en citant ses sources.
C’est pourquoi la SCCT est un cadre de référence de la communication de crise, qui propose de faire correspondre la réponse à une crise au type de crise, au niveau de responsabilité attribué, et à la menace réputationnelle. Développée par W. Timothy Coombs et fondée sur des données, elle est rarement nommée en France, où la pratique de la communication de crise s’appuie souvent sur des principes sans nommer le cadre théorique sous-jacent. Cet article présente la SCCT de manière fidèle, en citant ses sources, et l’adapte au contexte français. Il importe de préciser, d’emblée, qu’il s’agit d’un cadre théorique — un modèle, à utiliser avec discernement, et non une recette mécanique. Les sections suivantes en détaillent le fondement, les types de crise, les stratégies et l’application.
Sur quoi repose la SCCT ?
La SCCT repose sur la théorie de l’attribution : face à une crise, les publics attribuent une responsabilité à l’organisation, et cette attribution détermine la menace réputationnelle et la réponse appropriée. C’est le principe fondateur du cadre.
Plusieurs éléments fondent la SCCT :
- La théorie de l’attribution. La SCCT s’appuie sur la théorie de l’attribution, selon laquelle les personnes cherchent à attribuer des causes aux événements, surtout négatifs ou inattendus. Selon Coombs, les crises sont des événements négatifs qui conduisent les parties prenantes à faire des attributions sur la responsabilité de la crise, ce qui affecte leur interaction avec l’organisation. L’attribution de responsabilité est au cœur du cadre.
- L’attribution détermine la menace réputationnelle. Selon la SCCT, plus les publics attribuent une responsabilité à l’organisation dans la crise, plus la menace pour sa réputation est forte. Évaluer le type de crise, l’historique de crise et la réputation relationnelle antérieure aide à prédire le niveau de menace réputationnelle et la manière dont les publics attribueront la responsabilité. L’attribution module la menace.
- La réponse doit être calibrée sur l’attribution. Le principe fondateur de la SCCT est que la stratégie de réponse doit être calibrée sur le niveau de responsabilité attribué et la menace réputationnelle. Plus la responsabilité attribuée est forte, plus la réponse doit être accommodante. C’est la logique de correspondance entre la réponse et la situation.
- Une logique situationnelle. La SCCT est dite « situationnelle » parce qu’elle fait dépendre la réponse de la situation — du type de crise et de l’attribution de responsabilité. Il n’y a pas une réponse unique, mais une réponse adaptée à chaque situation. Cette logique situationnelle est l’essence du cadre.
C’est pourquoi la SCCT repose sur la théorie de l’attribution : face à une crise, les publics attribuent une responsabilité à l’organisation, cette attribution détermine la menace réputationnelle, et la réponse doit être calibrée en conséquence. Le principe fondateur est cette correspondance entre la réponse et la situation — plus la responsabilité attribuée est forte, plus la réponse doit être accommodante. Cette logique situationnelle, fondée sur l’attribution, distingue la SCCT d’une approche qui appliquerait une réponse unique à toute crise. Elle rejoint, en la systématisant, l’idée pratique selon laquelle la communication doit s’adapter au type de crise, traitée dans des ressources dédiées. Les types de crise que distingue la SCCT, et les stratégies de réponse qu’elle propose, sont précisés dans les sections suivantes.
Quels sont les trois types de crise (clusters) selon la SCCT ?
La SCCT distingue trois types de crise (ou « clusters »), selon le niveau de responsabilité attribué à l’organisation : le cluster de la victime, le cluster accidentel, et le cluster intentionnel (ou évitable). Chacun correspond à une menace réputationnelle différente.
Trois types de crise sont identifiés par Coombs : le cluster de la victime, le cluster accidentel et le cluster intentionnel. Les voici, présentés selon le niveau de responsabilité et la menace :
- Le cluster de la victime. Dans ce cluster, l’organisation est elle-même une victime de la crise. Coombs y range des crises comme les catastrophes naturelles ou les rumeurs, où l’organisation est victime, avec une menace réputationnelle mineure. La responsabilité attribuée est faible, et la menace réputationnelle minime.
- Le cluster accidentel. Dans ce cluster, les actions de l’organisation ayant conduit à la crise étaient involontaires. Il s’agit par exemple de défaillances d’équipement ou de produit, ou d’accusations d’acteurs externes, avec une menace réputationnelle moyenne. La responsabilité attribuée est faible mais réelle, et la menace moyenne.
- Le cluster intentionnel ou évitable. Dans ce cluster, l’organisation est tenue pour responsable — par négligence ou comportement répréhensible. Le cluster évitable correspond aux cas où l’organisation est pleinement responsable, par négligence ou comportement non éthique, comme la fraude ou les violations de sécurité. La responsabilité attribuée est forte, et la menace réputationnelle élevée.
Au-delà du type de crise, la SCCT prévoit que deux facteurs peuvent intensifier la menace : la SCCT identifie la responsabilité initiale, l’historique de crise et la réputation relationnelle antérieure comme des facteurs critiques. Ainsi, une organisation ayant un historique de crises, ou une réputation déjà dégradée, voit la menace s’aggraver. L’évaluation se fait donc en deux temps : déterminer le type de crise, puis l’ajuster selon l’historique et la réputation antérieure. Ces trois clusters — victime, accidentel, intentionnel —, et leur ajustement par l’historique et la réputation, permettent d’apprécier la menace réputationnelle et d’orienter la réponse, précisée dans la section suivante. Cette typologie systématise, sur une base théorique, l’idée pratique que la communication s’adapte au type de crise, traitée dans des ressources dédiées.
Quelles stratégies de réponse la SCCT propose-t-elle ?
La SCCT propose d’abord des réponses de base — informer et rassurer —, puis des stratégies de réparation de la réputation, regroupées en postures : le déni, la diminution, et la reconstruction, complétées par le renforcement. Ces stratégies sont calibrées sur le niveau de responsabilité.
Pour les réponses de base, préalables :
- L’information instructive et l’information d’ajustement. Avant les stratégies de réparation, la SCCT prévoit des réponses de base. Selon Coombs, les réponses initiales comprennent l’information instructive (ce qui s’est passé, comment la crise peut affecter le public, ce que le public doit faire) et l’information d’ajustement (ce que l’organisation fait pour éviter une répétition). Ces réponses de base — informer et rassurer — précèdent la réparation de la réputation.
Pour les stratégies de réparation de la réputation, la SCCT s’appuie sur le modèle de restauration d’image de William Benoit. Coombs a décrit dix stratégies de réparation, regroupées en quatre postures : le déni (attaquer l’accusateur, nier, désigner un bouc émissaire), la diminution (excuser, justifier), la reconstruction (s’excuser, indemniser). Les principales postures sont :
- Le déni. La posture du déni — nier la responsabilité, attaquer l’accusateur, ou désigner un autre responsable — est employée lorsque l’organisation n’est pas responsable. Elle convient aux situations où la responsabilité attribuée est faible, comme certaines crises du cluster de la victime.
- La diminution. La posture de la diminution — minimiser la responsabilité ou la gravité, par l’excuse ou la justification — convient aux situations de responsabilité faible à modérée, comme le cluster accidentel.
- La reconstruction. La posture de la reconstruction — s’excuser, indemniser, assumer la responsabilité — convient aux situations de forte responsabilité, comme le cluster intentionnel ou évitable. Les études montrent que les crises évitables ont l’effet le plus négatif sur la réputation, et que la stratégie de reconstruction conduit à la meilleure restauration réputationnelle.
- Le renforcement (bolstering). En complément, une posture secondaire de renforcement — rappeler les bonnes actions de l’organisation, ou qu’elle est aussi victime — peut soutenir les autres stratégies. Le renforcement est une stratégie secondaire de soutien, rappelant les bonnes œuvres de l’organisation ou le fait qu’elle est aussi une victime.
La logique d’ensemble est que la réponse doit être d’autant plus accommodante (vers la reconstruction) que la responsabilité attribuée est forte. Il est à noter que ni Benoit ni Coombs ne considèrent le silence comme une stratégie, Coombs estimant que le silence est trop passif et laisse d’autres contrôler la crise. Cette position rejoint l’idée, traitée dans des ressources dédiées, que le silence est rarement approprié en situation de crise aiguë. Ces stratégies — réponses de base, puis déni, diminution, reconstruction et renforcement — systématisent, sur une base théorique, des approches de réponse traitées dans des ressources dédiées, comme les excuses publiques (qui relèvent de la reconstruction) ou l’expression d’empathie. Le modèle de restauration d’image de Benoit, sur lequel s’appuie la SCCT, pourra faire l’objet d’une présentation dédiée.
Comment appliquer la SCCT en pratique ?
Appliquer la SCCT suppose d’évaluer la situation en deux temps — déterminer le type de crise, puis l’ajuster selon l’historique et la réputation —, puis de choisir la stratégie de réponse calibrée sur le niveau de responsabilité. C’est une démarche d’analyse de la situation avant la réponse.
Plusieurs étapes guident cette application :
- Déterminer le type de crise. La première étape est de déterminer le type de crise — victime, accidentel, ou intentionnel —, selon le niveau de responsabilité attribué. Cette détermination, qui apprécie comment les publics attribueront la responsabilité, est le point de départ de l’analyse.
- Ajuster selon l’historique et la réputation. La deuxième étape est d’ajuster l’évaluation de la menace selon l’historique de crise et la réputation relationnelle antérieure, qui peuvent l’intensifier. Les responsables de crise utilisent une évaluation en deux temps pour apprécier la menace réputationnelle. Cet ajustement affine l’appréciation de la menace.
- Calibrer la réponse sur le niveau de responsabilité. Une fois la menace appréciée, la troisième étape est de calibrer la stratégie de réponse — du déni à la reconstruction —, d’autant plus accommodante que la responsabilité attribuée est forte. Cette correspondance entre la réponse et la situation est le cœur de l’application de la SCCT.
- Commencer par les réponses de base. L’application suppose de commencer par les réponses de base — informer (information instructive) et rassurer (information d’ajustement) —, avant les stratégies de réparation. Ces réponses de base sont premières.
- Adapter au contexte français et avec discernement. La SCCT étant un cadre anglo-saxon, son application au contexte français suppose de l’adapter avec discernement, sans la plaquer mécaniquement. C’est un cadre d’analyse, qui éclaire la décision, mais ne la remplace pas. Le discernement reste essentiel.
Cette application de la SCCT — déterminer le type de crise, ajuster selon l’historique et la réputation, calibrer la réponse, commencer par les réponses de base, adapter avec discernement — est une démarche d’analyse de la situation avant la réponse. Elle systématise une intuition : la réponse doit être adaptée à la situation, et d’autant plus accommodante que la responsabilité est forte. La SCCT offre ainsi un cadre d’analyse qui peut éclairer la décision de communication de crise, en aidant à apprécier la menace réputationnelle et à calibrer la réponse. Mais c’est un cadre, à utiliser avec discernement et à adapter au contexte — notamment français —, et non une recette mécanique. Les limites de la SCCT, et la manière de la situer, sont précisées dans la section suivante.
Quelles sont les limites de la SCCT et comment la situer ?
La SCCT est un cadre utile mais qui a ses limites : c’est un modèle, à utiliser avec discernement, qui éclaire la décision sans la remplacer, et qu’il faut adapter au contexte. La situer comme un outil d’analyse, et non comme une recette, est essentiel.
Plusieurs limites et repères sont à considérer :
- Un modèle, non une recette. La SCCT est un modèle théorique, qui propose une logique d’analyse et de réponse. Mais aucun modèle ne capture toute la complexité d’une crise réelle : la SCCT éclaire la décision, sans la remplacer. L’appliquer mécaniquement, comme une recette, serait une erreur. Le discernement reste essentiel.
- Une catégorisation parfois délicate. Classer une crise dans un cluster — victime, accidentel, intentionnel — peut être délicat, certaines crises étant ambiguës ou évolutives. La catégorisation, qui oriente la réponse, demande du discernement, et la réalité d’une crise peut ne pas correspondre nettement à un cluster.
- Une origine anglo-saxonne à adapter. La SCCT est un cadre anglo-saxon, fondé sur des recherches dans ce contexte. Son application à d’autres contextes — notamment français, ou à d’autres cultures, comme le traite l’adaptation culturelle dans une ressource dédiée — suppose de l’adapter, sans présumer qu’elle s’applique identiquement partout.
- Un cadre centré sur la réputation et l’attribution. La SCCT est centrée sur la protection de la réputation et l’attribution de responsabilité. D’autres dimensions d’une crise — humaine, opérationnelle, éthique — dépassent ce cadre. La SCCT éclaire la dimension réputationnelle, mais la communication de crise, et plus encore la gestion de crise, traitées dans des ressources dédiées, sont plus larges.
- Un cadre parmi d’autres. La SCCT est un cadre théorique parmi d’autres en communication de crise — comme le modèle de restauration d’image de Benoit, sur lequel elle s’appuie, ou d’autres approches. La connaître permet d’enrichir sa réflexion, sans en faire l’unique référence.
Ces limites et repères permettent de situer la SCCT : un cadre utile et structurant, mais un modèle, à utiliser avec discernement, qui éclaire la décision sans la remplacer, et qu’il faut adapter au contexte. La SCCT offre une logique d’analyse précieuse — apprécier la menace réputationnelle et calibrer la réponse selon la responsabilité —, qui systématise des intuitions de la pratique, traitées dans des ressources dédiées (la communication selon le type de crise, les stratégies de réponse comme les excuses). Mais elle ne capture pas toute la complexité d’une crise, est centrée sur la réputation, et doit être adaptée au contexte, notamment français. La situer comme un outil d’analyse, et non comme une recette, est essentiel. Connaître la SCCT enrichit la réflexion sur la communication de crise, en lui donnant un cadre théorique nommé, rarement présenté en France, mais elle s’inscrit dans une approche plus large, et son application demande discernement et adaptation.
FAQ — La SCCT (théorie situationnelle de la communication de crise)
Qu’est-ce que la SCCT ? La SCCT (Situational Crisis Communication Theory, ou théorie situationnelle de la communication de crise) est une théorie développée par le chercheur W. Timothy Coombs, qui propose de faire correspondre la stratégie de réponse à une crise au type de crise, au niveau de responsabilité attribué à l’organisation, et à la menace réputationnelle. Elle suggère d’adapter les réponses stratégiques au niveau de responsabilité et à la menace réputationnelle, et a été proposée par Coombs en 2007. C’est un cadre de référence dans la recherche anglo-saxonne, rarement nommé en France. C’est un cadre théorique, à utiliser avec discernement, et non une recette.
Qui a développé la SCCT ? La SCCT a été développée par W. Timothy Coombs, chercheur spécialiste de la communication de crise et de la réputation. Il l’a notamment présentée dans un article de 2007, « Protecting organization reputations during a crisis ». Coombs a conçu la SCCT comme un cadre fondé sur des données expérimentales, pour donner aux communicants des repères issus de la recherche, et a poursuivi ce travail dans plusieurs publications. La SCCT s’appuie par ailleurs sur le modèle de restauration d’image du chercheur William Benoit.
Quels sont les trois types de crise selon la SCCT ? Coombs identifie trois clusters : le cluster de la victime, le cluster accidentel et le cluster intentionnel. Le cluster de la victime regroupe les crises où l’organisation est victime (catastrophe naturelle, rumeur), avec une responsabilité faible et une menace mineure. Le cluster accidentel regroupe les crises involontaires (défaillance d’équipement ou de produit), avec une responsabilité faible et une menace moyenne. Le cluster intentionnel ou évitable regroupe les crises où l’organisation est responsable (négligence, comportement répréhensible), avec une forte responsabilité et une menace élevée. L’historique de crise et la réputation antérieure peuvent intensifier la menace.
Quelles stratégies de réponse propose la SCCT ? La SCCT prévoit d’abord des réponses de base : l’information instructive (ce qui s’est passé, comment la crise affecte le public, ce qu’il doit faire) et l’information d’ajustement (ce que l’organisation fait pour éviter une répétition). Puis des stratégies de réparation de la réputation, regroupées en postures : le déni (nier, attaquer l’accusateur), la diminution (excuser, justifier), et la reconstruction (s’excuser, indemniser, assumer), complétées par le renforcement (rappeler les bonnes actions). La réponse doit être d’autant plus accommodante (vers la reconstruction) que la responsabilité attribuée est forte. Le silence n’est pas considéré comme une stratégie.
Comment appliquer la SCCT ? En évaluant la situation en deux temps — déterminer le type de crise (victime, accidentel, intentionnel), puis ajuster la menace selon l’historique de crise et la réputation antérieure —, puis en calibrant la stratégie de réponse sur le niveau de responsabilité (d’autant plus accommodante que la responsabilité est forte), après avoir commencé par les réponses de base (informer et rassurer). La SCCT offre un cadre d’analyse qui éclaire la décision, mais c’est un modèle, à utiliser avec discernement et à adapter au contexte — notamment français —, et non une recette mécanique.
La SCCT est-elle une recette à appliquer mécaniquement ? Non. La SCCT est un cadre théorique utile et structurant, mais c’est un modèle, qui éclaire la décision sans la remplacer. Aucun modèle ne capture toute la complexité d’une crise réelle : la catégorisation d’une crise peut être délicate, le cadre est centré sur la réputation et l’attribution (d’autres dimensions — humaine, opérationnelle, éthique — le dépassent), et son origine anglo-saxonne suppose de l’adapter au contexte, notamment français. La SCCT s’utilise donc avec discernement, comme un outil d’analyse parmi d’autres, et non comme une recette mécanique. Elle enrichit la réflexion sur la communication de crise, sans en être l’unique référence.