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Gestion de crise vs gestion des risques : quelle différence ?
- Qu'est-ce qui distingue la gestion de crise de la gestion des risques ?
- Qu'est-ce que la gestion des risques ?
- Qu'est-ce que la gestion de crise par rapport à la gestion des risques ?
- Comment les deux disciplines s'articulent-elles ?
- La gestion des risques suffit-elle à éviter les crises ?
- Quelles erreurs éviter dans l'articulation de la gestion des risques et de la gestion de crise ?
- FAQ — Gestion de crise vs gestion des risques
La gestion des risques consiste à anticiper, évaluer et réduire les risques avant qu’ils ne surviennent ; la gestion de crise consiste à répondre à une crise une fois qu’elle est survenue analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom. La première est une démarche continue et préventive, qui agit en amont pour réduire la probabilité et l’impact des crises ; la seconde est une démarche de réponse, qui agit lorsque la crise se matérialise. Les deux sont distinctes mais complémentaires : la gestion des risques prépare et réduit, la gestion de crise répond et limite. Et aucune ne suffit seule : la gestion des risques ne supprime pas toutes les crises, et la gestion de crise gagne à s’appuyer sur une bonne gestion des risques.
La gestion de crise et la gestion des risques sont deux disciplines souvent associées, mais distinctes. Comprendre leur différence et leur articulation est essentiel pour aborder la gestion de crise dans son ensemble. Cet article explique ce qui distingue les deux disciplines, ce qu’est la gestion des risques, ce qu’est la gestion de crise par rapport à elle, comment elles s’articulent, si la gestion des risques suffit à éviter les crises, et quelles erreurs éviter. Il s’inscrit dans l’ensemble consacré à la gestion de crise, dont l’article de fond définit la discipline globale. La cartographie des risques médiatiques, outil de préparation de la communication de crise, est traitée dans une ressource dédiée. Les aspects techniques de la gestion des risques relèvent de fonctions et démarches spécialisées.
Qu’est-ce qui distingue la gestion de crise de la gestion des risques ?
La gestion des risques agit en amont pour réduire la probabilité et l’impact des risques, tandis que la gestion de crise répond à une crise survenue : la première est préventive, la seconde est réactive. C’est la distinction fondamentale entre les deux disciplines.
Plusieurs éléments distinguent les deux :
- Le moment d’intervention. La gestion des risques intervient en amont, avant la crise : elle agit sur les risques pour réduire leur probabilité et leur impact. La gestion de crise intervient lorsque la crise est survenue : elle répond à l’événement. L’une est avant, l’autre est pendant.
- La nature de la démarche. La gestion des risques est une démarche continue et permanente, qui s’exerce dans la durée. La gestion de crise est une démarche de réponse, mobilisée lorsqu’une crise survient. L’une est continue, l’autre est mobilisée à l’occasion d’un événement.
- La logique. La gestion des risques relève d’une logique de prévention et de réduction : réduire la probabilité qu’un risque se matérialise, et en limiter l’impact potentiel. La gestion de crise relève d’une logique de réponse et de limitation : répondre à la crise survenue et en limiter les conséquences.
- L’objet. La gestion des risques porte sur des risques — des événements potentiels, qui ne se sont pas encore produits. La gestion de crise porte sur une crise — un événement qui s’est produit. L’un est potentiel, l’autre est réel.
C’est pourquoi la gestion des risques et la gestion de crise sont deux disciplines distinctes, qui interviennent à des moments différents et selon des logiques différentes. La gestion des risques agit en amont, de manière préventive et continue ; la gestion de crise répond, lorsque la crise survient. La gestion de crise dans son ensemble, dont la communication de crise est une composante, est traitée dans une ressource dédiée. Comprendre cette distinction permet de situer chaque discipline et de comprendre comment elles s’articulent. Les sections suivantes précisent chacune et leur articulation.
Qu’est-ce que la gestion des risques ?
La gestion des risques est la démarche qui consiste à identifier, évaluer et réduire les risques auxquels une organisation est exposée, en amont et de manière continue. Elle vise à réduire la probabilité et l’impact des événements potentiels.
Plusieurs éléments la caractérisent :
- Identifier les risques. La gestion des risques commence par l’identification des risques auxquels l’organisation est exposée — les événements potentiels qui pourraient l’affecter. Cette identification est le point de départ de la démarche.
- Évaluer les risques. Les risques identifiés sont évalués — selon leur probabilité et leur impact potentiel —, ce qui permet de les hiérarchiser et de prioriser les efforts. Cette évaluation oriente l’action.
- Réduire les risques. La gestion des risques vise à réduire les risques — leur probabilité, leur impact, ou les deux —, par des mesures de prévention et de réduction. C’est sa finalité : agir sur les risques pour les diminuer.
- Une démarche continue. La gestion des risques est une démarche continue et permanente : les risques évoluent, et leur identification, leur évaluation et leur réduction doivent être actualisées dans la durée. Ce n’est pas un exercice ponctuel.
Cette démarche d’identification, d’évaluation et de réduction des risques, en amont et en continu, est la gestion des risques. Elle vise à réduire la probabilité et l’impact des événements potentiels, et donc à diminuer le risque de crise. La gestion des risques est une discipline à part entière, dont les aspects techniques — méthodes d’évaluation, démarches de réduction — relèvent de fonctions et démarches spécialisées. Du point de vue de la gestion de crise, l’essentiel est de comprendre que la gestion des risques agit en amont, de manière préventive et continue, et qu’elle contribue ainsi à réduire le risque et l’impact des crises. La cartographie des risques médiatiques, qui applique une logique d’identification des risques à la préparation de la communication de crise, est traitée dans une ressource dédiée.
Qu’est-ce que la gestion de crise par rapport à la gestion des risques ?
Par rapport à la gestion des risques, la gestion de crise est la démarche de réponse à une crise survenue : elle agit lorsque le risque s’est matérialisé ou qu’un événement imprévu se produit. Elle relève d’une logique de réponse, et non de prévention.
Plusieurs éléments la caractérisent par rapport à la gestion des risques :
- Une démarche de réponse. La gestion de crise répond à une crise survenue : elle agit pour limiter les conséquences et permettre à l’organisation de surmonter l’épreuve. C’est une logique de réponse, là où la gestion des risques relève de la prévention.
- Une mobilisation à l’occasion d’un événement. La gestion de crise est mobilisée lorsqu’une crise survient. À la différence de la gestion des risques, continue, elle se déploie à l’occasion d’un événement, même si elle se prépare en amont.
- Une réponse globale. La gestion de crise pilote la réponse dans toutes ses dimensions — protection des personnes, décision, continuité, coordination, communication —, comme le détaille l’article de fond consacré à la gestion de crise. C’est une réponse globale à un événement réel.
- Une démarche qui se prépare. Si la gestion de crise est une démarche de réponse, elle se prépare en amont — dispositif, plans, exercices. Cette préparation, qui rejoint en partie la logique préventive, distingue toutefois la préparation de la gestion de crise de la gestion des risques elle-même.
Ainsi, par rapport à la gestion des risques, la gestion de crise est la démarche de réponse à une crise survenue. Là où la gestion des risques agit en amont pour réduire les risques, la gestion de crise répond lorsqu’une crise se matérialise — qu’elle provienne d’un risque identifié ou d’un événement imprévu. La gestion de crise dans son ensemble est traitée dans une ressource dédiée. Si la gestion de crise se prépare en amont, comme la gestion des risques agit en amont, les deux ne se confondent pas : la gestion des risques vise à réduire les risques, la préparation à la gestion de crise vise à être prêt à répondre lorsqu’une crise survient malgré tout.
Comment les deux disciplines s’articulent-elles ?
La gestion des risques et la gestion de crise s’articulent de manière complémentaire : la gestion des risques réduit la probabilité et l’impact des crises et nourrit la préparation, tandis que la gestion de crise répond à celles qui surviennent. Les deux forment un continuum.
Plusieurs principes guident cette articulation :
- La gestion des risques réduit le risque de crise. En agissant sur les risques en amont, la gestion des risques réduit la probabilité que des crises surviennent et en limite l’impact potentiel. Une bonne gestion des risques diminue ainsi le nombre et la gravité des crises.
- La gestion des risques nourrit la préparation à la crise. L’identification et l’évaluation des risques nourrissent la préparation à la gestion de crise : connaître ses risques permet de se préparer aux crises qui pourraient en découler. Les deux démarches se nourrissent mutuellement.
- La gestion de crise répond à ce qui survient. Malgré la gestion des risques, des crises peuvent survenir. La gestion de crise prend alors le relais : elle répond à la crise survenue, qu’elle provienne d’un risque identifié ou non.
- Un continuum cohérent. Gestion des risques et gestion de crise forment un continuum : de la réduction des risques en amont à la réponse aux crises survenues. Une organisation qui articule les deux est plus solide qu’une organisation qui négligerait l’une ou l’autre.
Cette articulation complémentaire est essentielle. La gestion des risques et la gestion de crise ne s’opposent pas : elles se complètent, dans un continuum qui va de la réduction des risques en amont à la réponse aux crises survenues. La gestion des risques réduit le risque de crise et nourrit la préparation ; la gestion de crise répond à ce qui survient malgré tout. Une organisation solide articule les deux : elle agit sur ses risques pour réduire les crises, et se prépare à gérer celles qui surviennent néanmoins. Cette articulation, qui relie prévention et réponse, est au cœur d’une approche complète de la crise.
La gestion des risques suffit-elle à éviter les crises ?
Non : la gestion des risques réduit le risque de crise, mais ne le supprime pas, car toutes les crises ne proviennent pas de risques identifiés. La gestion de crise reste donc indispensable.
Plusieurs raisons l’expliquent :
- Toutes les crises ne sont pas identifiables à l’avance. Certaines crises proviennent d’événements imprévus, difficiles voire impossibles à anticiper. La gestion des risques, qui agit sur les risques identifiés, ne peut couvrir tout l’imprévu. Des crises peuvent surgir hors de tout risque identifié.
- La réduction n’est pas la suppression. La gestion des risques réduit la probabilité et l’impact des risques, mais ne les supprime pas entièrement. Un risque réduit peut tout de même se matérialiser. La gestion des risques diminue le risque de crise sans l’annuler.
- L’incertitude est irréductible. Une part d’incertitude est irréductible : on ne peut tout prévoir ni tout maîtriser. Cette incertitude rend la gestion de crise nécessaire, même avec une excellente gestion des risques.
- La gestion de crise reste indispensable. Parce que des crises peuvent survenir malgré la gestion des risques, la capacité à y répondre — la gestion de crise et sa préparation — reste indispensable. Compter sur la seule gestion des risques pour éviter toute crise serait illusoire.
Ainsi, la gestion des risques, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas à éviter toutes les crises. Elle réduit le risque de crise, mais ne le supprime pas : des crises peuvent survenir, qu’elles proviennent de risques mal anticipés, de risques réduits mais matérialisés, ou d’événements imprévus. C’est pourquoi la gestion de crise et sa préparation restent indispensables, en complément de la gestion des risques. Une organisation avisée ne se contente pas de gérer ses risques : elle se prépare aussi à gérer les crises qui surviendront malgré tout. La gestion des risques et la gestion de crise sont donc l’une et l’autre nécessaires, et complémentaires.
Quelles erreurs éviter dans l’articulation de la gestion des risques et de la gestion de crise ?
Plusieurs erreurs peuvent compromettre l’articulation des deux disciplines. Les principales à éviter :
- Confondre les deux disciplines. Confondre gestion des risques et gestion de crise, et négliger leur distinction, conduit à une approche confuse. L’une est préventive et continue, l’autre est une réponse à un événement.
- Croire que la gestion des risques suffit. Penser qu’une bonne gestion des risques évitera toute crise est illusoire : la gestion des risques réduit le risque de crise, mais ne le supprime pas. La gestion de crise reste indispensable.
- Négliger la gestion des risques. À l’inverse, négliger la gestion des risques et ne compter que sur la gestion de crise reviendrait à subir des crises qui auraient pu être réduites ou évitées. La prévention compte.
- Ne pas articuler les deux. Traiter la gestion des risques et la gestion de crise de manière isolée, sans les articuler, prive l’organisation du continuum qui relie prévention et réponse. Les deux gagnent à être articulées.
- Ne pas nourrir la préparation par les risques. Ne pas utiliser l’identification des risques pour nourrir la préparation à la gestion de crise reviendrait à se priver d’une base précieuse. Connaître ses risques aide à se préparer aux crises.
- Sous-estimer l’imprévu. Penser que tous les risques sont identifiables, et négliger l’imprévu, exposerait à être pris au dépourvu par une crise non anticipée. Une part d’incertitude est irréductible.
Éviter ces écueils suppose de distinguer clairement les deux disciplines, de comprendre que la gestion des risques réduit sans supprimer le risque de crise, d’articuler prévention et réponse, et de se préparer à l’imprévu. C’est cette articulation, qui relie gestion des risques et gestion de crise dans un continuum cohérent, qui caractérise une approche complète de la crise.
FAQ — Gestion de crise vs gestion des risques
Quelle différence entre gestion de crise et gestion des risques ? La gestion des risques consiste à anticiper, évaluer et réduire les risques avant qu’ils ne surviennent : c’est une démarche continue et préventive, qui agit en amont. La gestion de crise consiste à répondre à une crise une fois qu’elle est survenue : c’est une démarche de réponse, mobilisée lorsque la crise se matérialise. L’une intervient avant et de manière continue, l’autre pendant et à l’occasion d’un événement. Elles sont distinctes mais complémentaires.
Qu’est-ce que la gestion des risques ? C’est la démarche qui consiste à identifier les risques auxquels une organisation est exposée, à les évaluer (selon leur probabilité et leur impact), et à les réduire par des mesures de prévention, en amont et de manière continue. Elle vise à réduire la probabilité et l’impact des événements potentiels, et donc à diminuer le risque de crise. C’est une discipline à part entière, dont les aspects techniques relèvent de fonctions et démarches spécialisées. La cartographie des risques médiatiques, qui applique cette logique à la préparation de la communication, est traitée dans une ressource dédiée.
La gestion des risques permet-elle d’éviter les crises ? Elle réduit le risque de crise, mais ne le supprime pas. Toutes les crises ne sont pas identifiables à l’avance : certaines proviennent d’événements imprévus. La réduction n’est pas la suppression : un risque réduit peut tout de même se matérialiser. Et une part d’incertitude est irréductible. C’est pourquoi la gestion de crise et sa préparation restent indispensables, en complément de la gestion des risques. Compter sur la seule gestion des risques pour éviter toute crise serait illusoire.
Comment s’articulent gestion des risques et gestion de crise ? De manière complémentaire, dans un continuum : la gestion des risques réduit la probabilité et l’impact des crises et nourrit la préparation (connaître ses risques aide à se préparer aux crises qui pourraient en découler) ; la gestion de crise répond à celles qui surviennent malgré tout. Les deux ne s’opposent pas, elles se complètent — de la réduction des risques en amont à la réponse aux crises survenues. Une organisation solide articule les deux.
Faut-il privilégier la gestion des risques ou la gestion de crise ? Ni l’une ni l’autre exclusivement : les deux sont nécessaires et complémentaires. Négliger la gestion des risques reviendrait à subir des crises qui auraient pu être réduites ou évitées ; négliger la gestion de crise reviendrait à être démuni face aux crises qui surviennent malgré tout. Une approche complète articule la prévention (gestion des risques) et la réponse (gestion de crise), dans un continuum cohérent. L’organisation avisée agit sur ses risques et se prépare à gérer les crises.
La cartographie des risques relève-t-elle de la gestion des risques ? La cartographie des risques médiatiques, traitée dans une ressource dédiée, applique une logique d’identification des risques à la préparation de la communication de crise : elle identifie les risques médiatiques pour préparer la communication. Elle relève donc d’une logique d’anticipation, appliquée à la communication. La gestion des risques au sens large est une discipline plus vaste, qui couvre l’ensemble des risques de l’organisation et leurs mesures de réduction, et dont les aspects techniques relèvent de fonctions spécialisées. La cartographie des risques médiatiques en est, en quelque sorte, une déclinaison côté communication.