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C’est quoi un Centre d’Accueil des Familles (CAF) ?

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Lorsqu’un événement grave survient, les proches des victimes sont souvent confrontés à l’attente, à l’angoisse et à une profonde désorientation. Le Centre d’Accueil des Familles (CAF) est une réponse essentielle pour leur offrir un cadre structuré, humain et sécurisé. Mis en place dans le cadre des plans de gestion de crise, notamment les plans ORSEC, il centralise l’accueil, l’information officielle et le soutien psychologique. Véritable interface entre les autorités et les familles, le CAF joue un rôle clé pour accompagner les proches dans les premières heures critiques d’une situation dramatique analyse l’expert en communication de crise Florian Silnicki, Président Fondateur de l’agence LaFrenchCom.

Ce guide explique ce qu’est un CAF, sa place dans le dispositif de secours, ses missions et les acteurs qui le mobilisent. Il s’inscrit dans nos ressources dédiées à la gestion de crise.

Qu’est-ce qu’un Centre d’Accueil des Familles ?

Le Centre d’Accueil des Familles est un lieu d’accueil unique destiné aux victimes et à leurs proches, activé lors d’un événement majeur faisant de nombreuses victimes. Sa raison d’être est précise : permettre aux personnes recherchant un proche de se signaler, d’être informées de la situation de la personne qu’elles recherchent, de bénéficier d’un soutien et d’une prise en charge médico-psychologique adaptée, et, le cas échéant, de fournir les éléments nécessaires au travail d’identification des victimes. Activé dans le cadre du dispositif ORSEC, en particulier de son volet NOVI (« NOmbreuses VIctimes »), le CAF rassemble en un seul endroit des proches souvent dispersés et inquiets, pour leur apporter une parole officielle et un accompagnement.

CAF, CAI : deux structures complémentaires

Il importe de ne pas confondre le CAF avec le Centre d’Accueil des Impliqués (CAI). Le CAI accueille les impliqués : les personnes présentes sur les lieux, non blessées physiquement mais exposées et choquées. Le CAF, lui, accueille les proches des victimes : les familles qui recherchent un être cher, attendent des nouvelles et ont besoin d’être informées et accompagnées. Les deux structures, distinctes mais complémentaires, répondent à des besoins différents au sein du même dispositif de crise.

La place du CAF dans le dispositif ORSEC-NOVI

Le CAF s’inscrit dans une architecture coordonnée. Lorsqu’un événement fait de nombreuses victimes, le préfet active le volet NOVI du dispositif ORSEC et dirige le centre opérationnel départemental (COD), tandis qu’un poste de commandement opérationnel organise les secours sur le terrain. Plusieurs structures s’y articulent : le poste médical avancé pour les blessés, le Centre d’Accueil des Impliqués pour les indemnes choqués, le Centre d’Accueil des Familles pour les proches, et la cellule d’information du public (CIP), qui répond par téléphone aux appels des familles. Pour les événements les plus graves — un attentat notamment —, une Cellule interministérielle d’aide aux victimes (CIAV), activée par le Premier ministre, coordonne la réponse et met en place le CAF. Lors de l’attaque de Strasbourg en 2018, près de 700 personnes ont ainsi pu être accueillies et aidées dans un CAF au parcours soigneusement organisé.

Les missions du CAF : accueillir, informer, soutenir, accompagner

Le fonctionnement d’un CAF repose sur quatre piliers. Accueillir : offrir un lieu sûr, calme et respectueux pour recevoir les proches dès leur arrivée, et recenser les personnes concernées. Informer : fournir des informations officielles, claires et actualisées sur la situation et les démarches à suivre — c’est la mission la plus délicate, car elle inclut parfois l’annonce des nouvelles les plus douloureuses, qui doit être faite avec tact et humanité. Soutenir : proposer une prise en charge émotionnelle rapide grâce aux équipes médico-psychologiques (CUMP), souvent organisées dans un poste d’urgence médico-psychologique attenant. Orienter et accompagner, enfin : aider les familles dans leurs démarches pratiques (hospitalisation, hébergement, identification), les informer de leurs droits, recueillir le cas échéant les plaintes, et leur proposer un suivi adapté dans la durée. Le CAF est ainsi à la fois un lieu d’information, de soin et d’accompagnement.

Qui arme un Centre d’Accueil des Familles ?

La mise en place d’un CAF mobilise de nombreux acteurs, sous la coordination du préfet dans le cadre du dispositif ORSEC — ou de la CIAV pour les événements majeurs. Les équipes médico-psychologiques (CUMP), déployées par le SAMU, assurent le soutien psychologique. Les associations agréées de sécurité civile, comme la Croix-Rouge française ou la Protection Civile, fournissent un renfort humain et logistique pour l’accueil et le recensement. Le réseau France Victimes apporte l’information sur les droits, l’accompagnement dans les démarches administratives et la prise en charge juridique. La police judiciaire intervient pour le recueil d’informations utiles à l’identification des victimes, et la collectivité met à disposition les locaux. C’est la coordination étroite de tous ces acteurs qui garantit un accueil digne et efficace.

Le CAF, une exigence d’humanité dans la crise

Au-delà de l’organisation, le CAF incarne l’exigence d’humanité au cœur de la gestion de crise. Pour une famille, la manière dont elle est accueillie, informée et accompagnée dans les premières heures laisse une empreinte durable — et la qualité de cette prise en charge engage aussi l’image des institutions. Offrir aux proches un lieu identifié, une parole officielle et un soutien humain, plutôt que l’errance et l’incertitude, est un devoir autant qu’une nécessité opérationnelle. Les crises majeures des dernières années ont rappelé combien l’accueil des familles est une dimension à part entière de la réponse, qui se prépare et s’organise avec le plus grand soin.

FAQ : le Centre d’Accueil des Familles

Quelle est la différence entre un CAF et un CAI ? Le CAI (Centre d’Accueil des Impliqués) accueille les personnes présentes sur les lieux, non blessées mais choquées. Le CAF (Centre d’Accueil des Familles) accueille les proches des victimes, qui recherchent un être cher et attendent des nouvelles. Les deux sont complémentaires.

Qui décide d’ouvrir un Centre d’Accueil des Familles ? Le CAF est mis en place sous la coordination du préfet, dans le cadre du dispositif ORSEC-NOVI. Pour les événements les plus graves, une Cellule interministérielle d’aide aux victimes (CIAV), activée par le Premier ministre, en assure la mise en place.

Comment les familles sont-elles informées au CAF ? Le CAF fournit des informations officielles, claires et actualisées sur la situation des proches recherchés. L’annonce des nouvelles, y compris les plus douloureuses, est faite avec tact, en lien avec les équipes médico-psychologiques.

Qu’est-ce que la CIAV ? La Cellule interministérielle d’aide aux victimes est une structure activée par le Premier ministre lors d’événements majeurs (notamment les attentats), chargée de coordonner l’aide aux victimes et à leurs proches, et de mettre en place le Centre d’Accueil des Familles.

Qui accompagne les familles au sein du CAF ? Les équipes médico-psychologiques (CUMP) pour le soutien psychologique, les associations agréées de sécurité civile (Croix-Rouge, Protection Civile) pour l’accueil, le réseau France Victimes pour les droits et les démarches, et la police judiciaire pour l’identification.

Quelle différence entre le CAF et la cellule d’information du public (CIP) ? La CIP est une cellule téléphonique qui répond aux appels des familles et du public. Le CAF est un lieu physique d’accueil, d’information, de soutien et d’accompagnement des proches.

Conclusion : accueillir les proches avec dignité

Le Centre d’Accueil des Familles répond à l’une des épreuves les plus difficiles d’une catastrophe : l’attente angoissée des proches. En rassemblant les familles en un lieu unique, en leur délivrant une information officielle, en leur offrant un soutien psychologique et en les accompagnant dans leurs démarches, il transforme l’errance et l’incertitude en prise en charge humaine et structurée. Maillon essentiel du dispositif ORSEC, il rappelle que la gestion de crise ne se mesure pas seulement à l’efficacité des secours, mais aussi à la dignité avec laquelle elle traite celles et ceux qui attendent.

Pour préparer vos dispositifs d’accueil et d’accompagnement en cas de crise, explorez nos ressources dédiées à la gestion de crise et notre article sur le Centre d’Accueil des Impliqués (CAI).