Un tiers des préfectures ne sont pas équipées de locaux pouvant accueillir des cellules de crise, a révélé mardi un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur lors d’un colloque consacré à la gestion de crises. 

Selon Didier Montchamp, sous-directeur des opérations de secours au ministère de l’Intérieur, seulement 67 des 100 préfectures françaises possèdent des locaux de “niveau correct” pour y installer un Centre opérationnel de défense (COD). Un COD est une cellule de crise et de coordination mise en oeuvre lors de tempêtes (décembre 1999), de manifestations (blocages de voies de communication par des routiers ou des agriculteurs) ou d’accidents de grande ampleur (AZF). 

Sur ces 67 préfectures, a-t-il précisé, 49 ont des salles “dédiées et équipées” spécialement pour la gestion de crises et 18 ont des “locaux modernes” qui peuvent accueillir un COD. 

Quant au tiers des préfectures qui n’en sont pas dotées, la moitié d’entre elles sont en cours d’installation et l’autre moitié en projet, a ajouté Montchamp chiffrant “l’effort financier” du ministère de l’Intérieur à 1,5 million d’euros pour les années 2002-2003-2004. 

Ce chiffre est à rapprocher de celui du surcoût (un million d’euros) occasionné par l’installation du Samu sur une plate-forme commune avec le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis) du Vaucluse. Cette plate-forme, opérationnelle depuis juin, recoit tous les appels du 15 (Samu), 18 (incendie), 112 (urgences) dans un Centre de traitement de l’appel unique (CTAU), a expliqué le lieutenant-colonel Georges Ringotte, responsable de la gestion opérationnelle du Service d’incendie et de secours (SDIS) 84. 

55 centres d’incendie du Vaucluse, sept services médicaux d’urgence (Smur) partagent les outils techniques de la plate-forme, la régulation médicale restant sous la responsabilité du Samu. En 2005, des données bio-médicales pourront être transmises, via cette plate-forme, d’un véhicule médical à un hôpital du département. 

Ce colloque, intitulé “Centres opérationnels de commandement et de gestion de crise, état de l’art”, était organisé par le Haut comité français pour la défense civile (HCFDC) en partenariat avec l’Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) situé à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). 

L’occasion pour le préfet Jean Dussourd du secrétariat général de la défense nationale (SGDN), service du Premier ministre chargé de coordonner la politique de défense (civile et militaire), d’insister sur la “réponse que doit apporter l’Etat en cas de crise”. 

M. Dussourd a relevé que l’Etat avait été mis en cause, lors de la canicule de l’été 2003 (15.000 morts), “sur sa capacité à défendre la population”, soulignant que le “moment était venu de renforcer nos capacités de gestion de crises”.