#SwissLeaks : HSBC joue la carte de la vraie-fausse ouverture dans sa communication

Gestion de crise maitrisée d’HSBC

Les Echos, no. 21874
Finance & Marchés, mardi 10 février 2015, p. 26

Confrontée à une crise sans précédent, HSBC joue la carte de la vraie-fausse ouverture dans sa communication.

« J’ai rêvé d’une banque qui me permettrait de ne pas payer d’impôt… » On imagine sans peine les saillies sarcastiques qui guettent Gad Elmaleh. Après avoir avoué dans un spot publicitaire avoir « rêvé » d’une banque idéale – LCL en l’occurrence -, le voilà rattrapé par la réalité. L’humoriste aurait disposé entre 2006 et 2007 d’un compte chez HSBC Genève, dont la situation aurait été, depuis, régularisée. Mais le mal est fait et il est loin de ne toucher que Gad Elmaleh. Ce n’est pas faute, pour HSBC, d’avoir soigné sa communication de crise, confiée au cabinet DGM. Acte inédit, HSBC a ainsi fait amende honorable.

Comme le relève Florian Silnicki, expert en stratégies de communication de l’agence LaFrenchCom, « à la différence de Total avec “l’Erika” ou de Coca-Cola au début de la crise des canettes contaminées, qui ont payé très cher leur manque de sincérité, la banque avoue la faute. Ce qui représente un acte de contrition inédit de la part d’un acteur de la sphère économico-financière suisse » .

Mais avait-elle le choix, à l’époque d’Internet et des réseaux sociaux ? Et à peine a-t-elle avoué que HSBC enchaîne sur le thème bien connu du « J’ai changé » , évoquant, dans son communiqué, « des pratiques du passé » . Surtout, l’information est redoutablement verrouillée. Aucune prise de parole pas plus que d’interview. Aucun risque de dérapage, donc. Ses conseils objectent qu’une bonne soixantaine de médias mondiaux étaient demandeurs d’informations et que, en période d’urgence, il était acrobatique de mettre en place une prise de parole cohérente sur un plan global.

Véronique Richebois
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