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L’annonce de la procédure de sauvegarde qui touche Rallye, maison mère de Casino, inquiète les salariés du groupe de distribution basé à Saint-Étienne, qui s’attendent à « des suppressions d’emplois, même au siège ».

Chez Casino, l’inquiétude grandit

Siège social du groupe Casino, pendant la pause déjeuner. Les salariés du géant de la grande distribution (36,6 Md€ de CA) s’amassent progressivement sur le parvis de l’imposant édifice, qui emploie 2 000 personnes à Saint-Étienne. Un vaisseau amiral qui, depuis plus d’un an, vit au rythme des soubresauts boursiers et qui, malgré une communication de crise orchestrée pour rassurer les marchés, semble avoir de plus en plus de mal à garder le cap. C’est en tout cas ce que laisse transparaître l’inquiétude grandissante chez les salariés après l’annonce, le 23 mai, de la mise en procédure de sauvegarde de Rallye, la maison mère du groupe (qui détient 51,7 % du groupe Casino).

« Bien sûr que la situation nous inquiète. On voit le titre qui dégringole en Bourse, les cessions d’actifs immobilier, les cessions de magasins à la concurrence. Et puis l’on voit ce qui se passe globalement dans la grande distribution, notamment à Auchan. On s’attend à des suppressions d’emplois, même au siège », commentent deux salariées du service achats.

« Des salariés m’ont fait part de leur inquiétude. Au niveau des équipes, ils perçoivent que la démotivation gagne tout le monde, y compris des cadres très engagés. Certains services ont été questionnés par rapport à la mobilité géographique ou dans une autre filiale », expose une ex-salariée du groupe qui a gardé des contacts.

« Aucune conséquence sur Casino »

En interne, la direction a bien tenté de rassurer ses troupes en organisant des réunions avec le personnel et les organisations syndicales, et ce dès le 24 mai avec la diffusion d’une note d’information signée de la main du PDG, Jean-Charles Naouri. Note dans laquelle il rappelle que la procédure de sauvegarde de Rallye « est destinée à mettre un terme aux attaques répétées et de grande ampleur de la part de fonds spéculatifs, dont Casino est la cible depuis de longs mois » et qu’elle va permettre à Rallye de « travailler, sereinement, en concertation avec ses créanciers, à un plan visant à pérenniser son rôle d’actionnaire de contrôle du groupe Casino ». Rappelant au passage que cette décision n’a « aucune conséquence opérationnelle, sociale, ni financière pour le groupe Casino ».

« Un risque de perte de contrôle et de démantèlement »

« La procédure de sauvegarde ne concerne pas Casino, mais il y a quand même des questions qui se posent : quelle va être la stratégie de refinancement ? Quid de la succession de Jean-Charles Naouri ? En bout de course, il y a un vrai risque de perte de contrôle du groupe avec derrière un possible démantèlement et des conséquences en termes d’emplois », analyse Florian Silnicki, expert en communication de crise et fondateur de LaFrench’Com.

Et d’ajouter : « Jean-Charles Naouri envoie au marché le signal d’une proie blessée que l’on va pouvoir facilement attaquer. La procédure de sauvegarde qui devait servir de bouclier devient alors un handicap. » Une analyse corroborée par la décision des agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s, quelques jours après l’annonce de la procédure de sauvegarde, de dégrader à nouveau la note de Casino.

« JEAN-CHARLES NAOURI ENVOIE AU MARCHÉ LE SIGNAL D’UNE PROIE BLESSÉE QUE L’ON VA POUVOIR FACILEMENT ATTAQUER. »
Florian Silnicki, expert en communication de crise et fondateur de LaFrenchCom