La parole politique de François Hollande se fragmente tout en tentant de saturer l’espace mĂ©diatique selon Florian Silnicki

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Hollande s’invite ce soir dans votre poste de tĂ©lĂ©, encore une fois

Par Matthieu Deprieck , publié le 22/04/2015

48 heures après une Ă©mission spĂ©ciale sur Canal+, le chef de l’Etat remet le couvert avec une interview sur France 3 consacrĂ©e Ă  l’Europe. Comment expliquer cette omniprĂ©sence? Difficilement, rĂ©pondent deux communicants politiques.

Dimanche, François Hollande parlait Ă  un public jeune, urbain et branchĂ©. 48 heures plus tard, il change d’auditoire. A 23h15, ce mardi, il s’exprimera sur les sujets europĂ©ens dans l’Ă©mission de France 3 Avenue de l’Europe. Un programme pointu destinĂ© Ă  des tĂ©lĂ©spectateurs exigeants, fondus d’Union europĂ©enne.

“Dans les deux cas, il s’adresse aux Ă©lites de gauche, observe Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique. Mais l’angle est diffĂ©rent, d’abord affectif sur Canal+, ensuite sur le fond avec France 3.” C’est bien la seule cohĂ©rence que le prĂ©sident de MCBG Conseil dĂ©cèle dans la stratĂ©gie de François Hollande : “Parler aux mĂ©dias comme il le fait tous les jours dilue son message. Il fait du prĂ©sentĂ©isme mĂ©diatique. Je ne vois pas l’impact que cela peut avoir.”

Florian Silnicki, fondateur de l’agence LaFrenchCom’, n’est pas plus indulgent : “EnchaĂ®ner deux Ă©missions aussi diffĂ©rentes en si peu de temps brouille son message. Quand vous vous exprimez sur autant de supports avec des messages distincts, vous prenez le risque de paraĂ®tre incohĂ©rent.”

Un programme chargé en Hollande

Le 11 mars, Challenges filoutait et transformait un rendez-vous avec le chef d’Etat en entretien exclusif. Le 3 avril, le magazine Society publiait son interview prĂ©sidentielle sur plusieurs pages. Le 16, François Hollande Ă©tait la vedette d’un documentaire sur Jean-Marc Ayrault. Le 20, il occupait le plateau du SupplĂ©ment de Canal+. Le 22, celui de France 3. Dimanche, on le verra dans Zone interdite (M6) au cours d’une plongĂ©e dans les coulisses de l’ElysĂ©e. Le mois prochain, le dessinateur Mathieu Sapin publiera une bande dessinĂ©e intitulĂ©e Le Château, un an dans les coulisses de l’ElysĂ©e. D’ici juin, le rĂ©alisateur Yves Jeuland proposera lui-aussi une immersion de plusieurs mois aux cĂ´tĂ©s du prĂ©sident de la RĂ©publique.

Sommes-nous revenus Ă  l’Ă©poque de l’hyper-mĂ©diatisation pratiquĂ©e par Nicolas Sarkozy? “On observe deux mĂ©canismes diffĂ©rents : une surprĂ©sence et une volontĂ© de parler au-delĂ  des audiences traditionnelles des chefs de l’Etat comme les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s ou les prime-time sur des chaĂ®nes nationales”, thĂ©orise Florian Silnicki. La parole hollandaise se fragmente tout en saturant l’espace mĂ©diatique suivant le principe suivant: un canal, un message, un public.

Hollande, “OVNI de la communication”

“Quand le prĂ©sident prend la parole dans les mĂ©dias, il faut toujours qu’il y ait une dimension inĂ©dite, singulière, surprenante, voire exceptionnelle. Il faut trouver des formats conjuguant solennitĂ© et proximitĂ©”, analysait un conseiller du chef de l’Etat dans Le Monde. C’est dans ce but qu’une camĂ©ra du Petit journal a Ă©tĂ© autorisĂ©e Ă  filmer les minutes qui ont suivi l’enregistrement du SupplĂ©ment. On y dĂ©couvre un chef de l’Etat dans une discussion Ă  bâtons rompus avec des collĂ©giens. “Il se place dans la position du père de la Nation”, juge Florian Silnicki.

Encore faut-il pouvoir tenir cette posture en toutes circonstances. “Il ne sait pas ĂŞtre dans l’empathie lorsqu’il se trouve dans l’exercice d’une interview en plateau. ParaĂ®tre sympa dans la rue est plus facile que l’ĂŞtre dans un cadre formel, assène Philippe Moreau-Chevrolet, qui pose LA question : “Qui est François Hollande ? Il parle, il parle mais on ne sait toujours pas qui il est.” Si ce n’est, conclut le stratège, “un OVNI de la communication”.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/hollande-s-invite-ce-soir-dans-votre-poste-de-tele-encore-une-fois_1673647.html#Fv7q6ByJp3eP5DZV.99

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Le pouvoir ne se donne pas, il se prend. Encore faut-il s’ĂŞtre prĂ©parĂ© Ă  l’assumer selon Florian Silnicki

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Les 8 Ă©tapes Ă  ne pas rater pour prendre la place du boss

Le pouvoir, dit-on, ne se donne pas, il se prend. Encore faut-il s’ĂŞtre prĂ©parĂ© Ă  l’assumer en se forgeant une carrure Ă  la mesure du poste. Nos conseils pour passer en douceur du statut d’opĂ©rationnel Ă  celui de stratège en chef.

En mai 2016, Isabelle Kocher prendra la tĂŞte de GDF Suez. SacrĂ©e numĂ©ro 2 du groupe par le conseil d’administration Ă  l’automne dernier, la dauphine de GĂ©rard Mestrallet sera la première femme Ă  diriger une entreprise du CAC 40 depuis Patricia Russo chez Alcatel-Lucent. Pour emporter la mise, cette normalienne et ingĂ©nieure du corps des mines, entrĂ©e chez Suez en 2002 Ă  la direction de la stratĂ©gie, a rĂ©alisĂ© un parcours sans fautes et Ă©vitĂ© bien des embĂ»ches. Il faut en effet une dose de chance – ĂŞtre l’homme ou la femme du moment – mais aussi beaucoup de dĂ©termination et d’habiletĂ© pour briguer la direction d’une entreprise ou mĂŞme d’un dĂ©partement. Et, une fois le Graal atteint, pas de rĂ©pit pour autant.

Homme ou femme de l’ombre, le numĂ©ro 2 qui devient numĂ©ro 1 doit s’habituer Ă  ĂŞtre dĂ©sormais sous le feu des projecteurs. Et prouver que cette nomination n’a rien d’usurpĂ©.

Viser un poste de commandement suppose d’abord d’en avoir l’envie. «C’est surprenant mais les candidats sont peu nombreux», note Caroline Golenko, associĂ©e chez CTPartners et spĂ©cialiste de l’accompagnement des dirigeants. Etre numĂ©ro 1, que ce soit d’une entreprise, d’une business unit ou d’un service, demande forcĂ©ment plus d’implication. «Et mĂŞme parfois un investissement hors du commun, car plus on monte dans les strates de la hiĂ©rarchie, plus l’Ă©cart entre les numĂ©ros 1 et 2 s’accroĂ®t», prĂ©vient HervĂ© Saint-Aubert, fondateur du cabinet de coaching CCinternational. Le premier dĂ©finit la feuille de route et le second l’applique. Or un stratège et un opĂ©rationnel ont a priori peu de choses en commun. Comment alors vous prĂ©parer au grand saut?

1. PEAUFINER SON PROFIL. Pour acquĂ©rir l’envergure correspondant au poste, menez votre carrière avec un esprit d’entrepreneur. En veillant Ă  varier les expĂ©riences techniques et managĂ©riales. Dans les grands groupes, occuper un poste Ă  l’Ă©tranger est indispensable. Une façon d’ĂŞtre crĂ©dible face aux managers d’autres pays qui sont comme vous sur les rangs. «En outre, vous dĂ©velopperez une sensibilitĂ© culturelle prĂ©cieuse pour apprĂ©hender n’importe quel marché», observe Marc Bartel, managing partner chez Heidrick & Struggles France. Prenez Jean-Pascal Tricoire, qui a succĂ©dĂ© Ă  Henri Lachmann Ă  la tĂŞte de Schneider Electric. Au cours de sa carrière chez l’industriel, ce polyglotte a travaillĂ© cinq annĂ©es en Italie, cinq en Chine et une en Afrique du Sud.

Certaines voies, qualifiĂ©es de royales, vous mèneront plus facilement au sommet. «En tĂŞte, la direction financière [dont est d’ailleurs issue isabelle Kocher, NDLR] et la direction commerciale et marketing», explique Matteo Guerra, le directeur de Page Executive. En rĂ©alitĂ©, tout dĂ©pend du secteur dans lequel Ă©volue votre entreprise. Dans la grande conso, une casquette marketing/ventes est incontournable, comme en tĂ©moigne le parcours de Jean-Paul Agon, qui a commencĂ© sa carrière chez L’OrĂ©al comme chef de produit. Dans une entreprise technologique, un DSI aura toutes ses chances. «Identifiez aussi les talents dont on aura besoin demain, conseille marc Bartel, comme les pros du digital.» leur mĂ©tier, de plus en plus stratĂ©gique, pourrait les conduire vers les hautes sphères. Enfin, sachez tirer profit d’une situation propice en vous rĂ©vĂ©lant l’homme du moment. Comme StĂ©phane Roussel, le DRH de SFR, promu PDG en 2012 pour son profil adaptĂ© aux impĂ©ratifs de restructuration. Il a rejoint depuis la direction gĂ©nĂ©rale de vivendi.

Bien remplir sa mission ne suffit pas. A l’instar d’un aspirant numĂ©ro 2 (lire page 78), celui qui veut conquĂ©rir le plus haut niveau de la pyramide doit «aller au-delĂ  de son rĂ´le», insiste Philippe Burger, associĂ© responsable du capital humain chez Deloitte.

2. PROCÉDER AVEC TACT. PlutĂ´t que de vous focaliser sur un poste supposĂ© stratĂ©gique, faites-vous remarquer en Ă©tant au cĹ“ur ou Ă  l’initiative d’un projet. Comme isabelle Kocher lorsqu’elle pilotait, de 2007 Ă  2011, la lyonnaise des eaux: elle a organisĂ© un grand forum d’idĂ©es autour de l’eau avec l’acadĂ©micien Erik Orsenna, ce qui lui a permis de ressouder les liens avec les collectivitĂ©s locales, clientes de la Lyonnaise, et de rĂ©colter des louanges. Vous pouvez vous rendre populaire en Ă©tant, par exemple, l’artisan du rapprochement de deux entitĂ©s ou du lancement d’un modèle Ă  succès pour l’entreprise.

Autre aspect Ă  ne pas nĂ©gliger, le jeu politique. On arrive rarement aux postes de numĂ©ro 2 et de numĂ©ro 1 sans un minimum d’efforts de ce cĂ´tĂ© lĂ : cultivez votre rĂ©seau en interne, identifiez ceux qui pourraient faciliter votre ascension. C’est ce qu’a fait, il y a une quinzaine d’annĂ©es, Patrick PouyannĂ©, aujourd’hui Ă  la tĂŞte de total. En poste au Qatar, il a nouĂ© des liens privilĂ©giĂ©s avec Christophe de Margerie, du temps oĂą le futur PDG, alors patron de l’exploration-production, y multipliait les escales. Faisant fi de ses diffĂ©rences avec ce mentor tout en rondeur, issu d’une grande famille et diplĂ´mĂ© de l’ESCP, PouyannĂ©, polytechnicien aux origines modestes, a mis ses pas dans les siens, jusqu’Ă  occuper le bureau mitoyen du boss.

3. SOIGNER SON RÉSEAU EXTÉRIEUR. Isabelle Kocher est restĂ©e proche du corps des mines, dont elle est issue, comme des politiques – Jean-Pierre Jouyet, Manuel Valls… qu’elle a cĂ´toyĂ©s au cabinet de Lionel Jospin. Ce genre de liens peut se rĂ©vĂ©ler prĂ©cieux si, Ă  un moment, vos ambitions sont freinĂ©es en interne et que vous devez briguer une place de direction Ă  l’extĂ©rieur. «Lorsque Carlos Ghosn a quittĂ© Michelin Ă  la fin des annĂ©es 1990 pour Renault, analyse olivier Gilson de Jefferson & Partners, il savait que, dans le groupe clermontois, oĂą la direction Ă©tait trustĂ©e par les membres de la famille, il ne pourrait jamais grimper au sommet.» de fait, Michelin a attendu 2012 pour dĂ©signer un PDG hors lignĂ©e (lire page 80). Soyez clairvoyant sur vos chan ces de succès: il y a des groupes qui favorisent la promotion interne (L’OrĂ©al) et d’autres qui prĂ©fèrent recruter leur patron Ă  l’extĂ©rieur (PSA).

4. ÉVITER LES INTRIGUES DE COUR. MalgrĂ© cette belle stratĂ©gie, vous ne serez sans doute pas seul Ă  briguer le commandement. Comment Ă©carter les concurrents? «en Ă©vitant justement de montrer que vous ĂŞtes le dauphin dĂ©signé», rĂ©pond Florian Silnicki, fondateur de LaFrench’Com agence de communication de crise. Vous garderez ainsi une libertĂ© de parole et une marge de ma nĹ“uvre pour sortir du bois le moment venu. C’est en restant discret sur ses intentions que JĂ©rĂ´me Yomtov, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de Numericable, a pu coiffer au poteau ses rivaux lors de la fusion avec SFR et dĂ©crocher le poste de DG dĂ©lĂ©guĂ©. De Robert Greene (Power. Les 48 lois du pouvoir) Ă  Jeffrey fox (les 75 lois de fox. Comment devenir le n° 1), la littĂ©rature sur l’art d’Ă©craser ses ri vaux ne manque pas. «Gardez-vous de ces intrigues de cour, conseille HervĂ© Saint-Aubert, de CCinternational. DĂ©montrez plutĂ´t votre avantage sur les autres, cela aura davantage de poids.»

5. PRENDRE LES RĂŠNES EN DOUCEUR. Vous ĂŞtes enfin parvenu aux commandes? «attention Ă  ce que cette promotion ne soit pas le poste de trop, prĂ©vient Caroline Golenko, associĂ©e chez Ct Partners. Les numĂ©ros 1 ne sont souvent pas assez prĂ©parĂ©s.» rares sont les prĂ©dĂ©cesseurs qui vous aideront, surtout en France oĂą la succession est vĂ©cue comme une abdication. La solution? Entourez-vous de quelques fidèles et faites-vous coacher. MĂŞme s’ils s’en cachent, c’est ce que fait la majoritĂ© des patrons du CAC 40 nouvellement nommĂ©s. «On sait aujourd’hui que 80% du leadership relève de l’acquis et non de l’inné», prĂ©cise olivier Boulard, responsable du dĂ©partement leadership consulting chez Heidrick & Struggles.

Assurer la transition avec son prĂ©dĂ©cesseur, surtout s’il Ă©tait charismatique, exige de se montrer fin tacticien. «La question prend presque une dimension psychanalytique: Ă  quel moment tuer le père?» souligne olivier Boulard. Ce sera d’autant plus vrai si vous reprenez les rĂŞnes d’une entreprise familiale, comme Anne Leitzgen, lorsqu’elle a succĂ©dĂ© Ă  sa mère en 2006 Ă  la tĂŞte du groupe Alsacien Salm (cuisines Schmidt, Cuisinella, EMK). «Inscrivez-vous dans la continuitĂ©, prĂ©conise le coach Bernard Ortega, fondateur de tao Communication. Le partant se sentira moins dĂ©possĂ©dĂ©.» entrĂ©e sept ans plus tĂ´t dans l’entreprise, Anne Leitzgen n’avait rien d’une novice, elle y est pourtant allĂ©e Ă  tâtons. «Je n’ai pas cherchĂ© Ă  tout changer mais Ă  amĂ©liorer le modèle grâce Ă  un regard neuf. Je voulais y arriver avec l’Ă©quipe existante», raconte-t-elle. Pari tenu pour cette quadra: elle a conservĂ© la garde rapprochĂ©e, tout en opĂ©rant un virage Ă  l’international et en diversifiant la famille de produits.

6. RASSURER LES ÉQUIPES. Vous inscrire dans le sillage de l’ex-numĂ©ro 1 ne vous interdit pas de poser quelques actes fondateurs pour affirmer votre style. Le nouveau patron du groupe de BTP Eiffage, Pierre Berger, qui a remplacĂ© l’influent Jean-François Roverato en 2012, s’est, par exemple, dotĂ© d’un comitĂ© exĂ©cutif quand son prĂ©dĂ©cesseur privilĂ©giait les consultations en tĂŞte Ă  tĂŞte.

Dernière Ă©tape, gagner la confiance de vos collaborateurs, a priori rĂ©fractaires au changement. Sachez faire preuve de patience. Comme AndrĂ© Loutsch, l’ex-bras droit du cĂ©lèbre pâtissier Pierre HermĂ©. En prenant en septembre les commandes de Dupont avec un thĂ© (c’est le nom d’une enseigne normande qui compte cinq boutiques), il s’est retrouvĂ© Ă  la tĂŞte d’une Ă©quipe de 35 personnes. Ce sont les chefs de poste qui ont tiquĂ© le plus: le poste Ă©tant restĂ© vacant, ils avaient pris l’habitude de s’autogĂ©rer. «Pour ne pas les bousculer, je me suis accordĂ© deux mois d’observation», tĂ©moigne AndrĂ© Loutsch. Le temps d’identifier les points faibles – un manque de rigueur dans les gestes – et de proposer quelques mises au point, avant d’aborder des changements plus profonds.

7. CONFIANCE EN SOI : Apprenez Ă  rĂ©sister au syndrome de l’imposteur

Vous pensez que vous ne mĂ©ritez pas ce poste de patron, que vous ne serez pas Ă  la hauteur, alors que de toute Ă©vidence vous possĂ©dez les qualitĂ©s requises? vous ĂŞtes sans doute victime du syndrome de l’imposteur. «Certains numĂ©ros 2 ont du mal Ă  occuper la place au-dessus car ils sont submergĂ©s par l’enjeu», observe Olivier Boulard, de Heidrick & Struggles. Ce trouble, dĂ©couvert en 1978 par deux chercheuses, Pauline rose Clance et Suzanne Imes, a d’abord Ă©tĂ© diagnostiquĂ© chez des femmes. Depuis, les Ă©tudes montrent qu’il touche autant les hommes, et de manière gĂ©nĂ©rale près de 3% des dirigeants. Rien Ă  voir avec les vrais imposteurs, qui trichent volontairement. Les plus touchĂ©s sont au contraire les perfectionnistes, ceux dont l’ascension a Ă©tĂ© trop rapide ou les cadres dĂ©valorisĂ©s par le passĂ©. Tous souffrent d’un manque d’estime de soi. Pour corriger le tir, deux pistes: cesser de se torturer en acceptant ses limites et ne plus croire que les autres nous jugent sans arrĂŞt… alors qu’en rĂ©alitĂ© nous nous flagellons nous-mĂŞmes.

8. SECOND EN POLITIQUE : L’impossible ascension

On a vu des dauphins de PDG tomber en disgrâce: Jean-Charles Naouri chez Publicis, François Cirelli chez GDF Suez… mais, sauf erreur de casting ou usure du pouvoir, celui qui est promu DG dĂ©lĂ©guĂ© se sait dĂ©signĂ© pour ĂŞtre le prochain numĂ©ro 1. Rien de tel en politique. Tous les Premiers ministres en exercice de la Ve rĂ©publique qui ont briguĂ© la prĂ©sidence ont Ă©chouĂ©. Chaban-Delmas en 1974, Balladur en 1995, Jospin en 2002. Première diffĂ©rence avec les numĂ©ros 2 classiques, aucun d’eux n’avait Ă©tĂ© adoubĂ© par le prĂ©sident en place. Pompidou venait de mourir quand Chaban s’est prĂ©sentĂ©, Balladur et Jospin subissaient une cohabitation… ensuite, la fonction de Premier ministre est bien plus inconfortable. «Vous ĂŞtes clairement un fusible», explique Florian Silnicki, de LaFrenchCom’. Enfin, le poste expose Ă  une fatigue extrĂŞme. Un Premier ministre sort souvent usĂ© de son mandat. Difficile alors d’avoir l’Ă©lan pour mener campagne et remporter la bataille.

Christine Halary


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Pourquoi le boycott de Canal+ par le PSG et Marseille est contreproductif

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Le Paris SG et Marseille mettent un terme Ă  leur boycott de la chaĂ®ne Canal+, qui durait depuis 10 jours, ont-ils annoncĂ© lundi, Ă©voquant une volontĂ© de la Ligue de football professionnel de “clarifier l’utilisation” des images tournĂ©es hors terrain.

boycott canalplus canal+ PSG

“La dĂ©cision du Paris SG de suspendre toutes relations avec les chaĂ®nes du groupe Canal+ Ă©tait justifiĂ©e par notre volontĂ© de changer les choses. Nous avons de bonnes raisons de penser que notre message est passĂ© auprès de la LFP”, Ă©crit le club parisien dans un communiquĂ©.

La direction de l’OM de son cĂ´tĂ© “tient Ă  prĂ©ciser qu’elle a pu avoir, au cours de ces derniers jours, des discussions constructives avec la direction de Canal+ et qu’elle est convaincue qu’une avancĂ©e positive a pu ĂŞtre enregistrĂ©e sur ce dossier particulièrement important pour tous les clubs de Ligue 1”.

Le 10 avril, le PSG et l’Olympique de Marseille avaient annoncĂ© leur dĂ©cision de boycotter la chaĂ®ne payante au lendemain de sanctions infligĂ©es Ă  leurs joueurs Zlatan Ibrahimovic et Dimitri Payet pour des propos tenus en marge des matches et diffusĂ©s par la chaĂ®ne. Les sanctions avaient Ă©tĂ© rĂ©duites par la suite.

Boycotter un mĂ©dia est injustifiable. Ce n’est jamais une stratĂ©gie. C’est une erreur en termes de tactique de communication. C’est mĂŞme un piège Ă  Ă©viter.  La communication de crise est basĂ©e sur l’anticipation et la mobilisation. Pour ĂŞtre efficace, elle suppose donc que l’organisation concernĂ©e ne se referme pas sur elle. De plus, boycotter ici s’apparente Ă  vouloir limiter la libertĂ© d’expression, c’est antinomique avec le positionnement “je suis charlie” affichĂ© par les clubs en question lors des Ă©vènements dramatiques de janvier 2015.

GĂ©nĂ©ralement, mĂŞme en pleine crise, il faut toujours veiller Ă  conserver de bonnes relations avec les mĂ©dias. Les mĂ©dias ne font pas la crise. Ils ne sont jamais vos ennemis ou vos adversaires. Il faut toujours garder Ă  l’esprit l’idĂ©e qu’un mĂ©dia Ă  travers ses journalistes ne fait que poser les questions que se posent ses lecteurs ou auditeurs. Il est donc lĂ©gitime Ă  enquĂŞter ou Ă  poser les questions qui dĂ©rangent.

Dans le mĂŞme genre d’erreur, stigmatiser un journaliste, en l’empĂŞchant d’accĂ©der aux informations de votre organisation ou en l’empĂŞchant d’accĂ©der Ă  une confĂ©rence de presse corporate en ne l’accrĂ©ditant pas est une erreur. D’abord, ne doutez pas du fait qu’il aura Ă  coeur de traiter l’information, d’autant que vous souhaitez l’Ă©carter de votre confĂ©rence. Ne doutez pas non plus qu’un confrère lui passera les informations utiles lui permettant de rĂ©diger un article.

Si vous n’ĂŞtes pas satisfait de la couverture mĂ©diatique d’une information, dites le, argumentez et remettez en question votre storytelling, vos illustrations et la prĂ©sentation de l’information. Si les journalistes ne se sont pas intĂ©ressĂ©s Ă  votre actualitĂ©, c’est sans doute que vous avez mal prĂ©sentĂ© les choses.

L’Ă©tablissement de relations de confiance avec les journalistes est un prĂ©alable indispensable Ă  la rĂ©ussite d’une stratĂ©gie de communication. Mais la presse est indĂ©pendante et les journalistes ne sont pas vos attachĂ©s commerciaux, ils n’ont pas Ă  vendre vos produits. Ils ne relaieront jamais une information commerciale.

Un journaliste cherche Ă  relayer une actualitĂ©, une information. Veillez donc toujours Ă  mettre en perspective votre actualitĂ© en expliquant ce qui vous diffĂ©rencie ou ce qui fait l’originalitĂ© ou l’importance de votre actu. C’est ce qui en fera une information qui sera relayĂ©e.

Que des clubs sportifs ou des organisations annoncent boycotter un mĂ©dia qu’ils ne trouvent pas assez positif ou complaisant Ă  leur goĂ»t est d’un ridicule absolu. C’est une erreur stratĂ©gique qui coĂ»te cher sur le long terme notamment en termes d’image.

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Facebook durcit sa guerre contre les faux “j’aime”

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Facebook a indiquĂ© vendredi avoir triplĂ© sur les six derniers mois le nombre de faux “j’aime” qu’il dĂ©tecte et bloque avant qu’ils ne soient enregistrĂ©s sur des pages du rĂ©seau social.

L’annonce est faite sur l’un des blogs du groupe amĂ©ricain par l’un de ses ingĂ©nieurs chargĂ© de la sĂ©curitĂ©, H. Kerem Cevahir, qui n’indique pas prĂ©cisĂ©ment combien de faux “j’aime” ont ainsi Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s.

Il assure en revanche que du fait de ses initiatives en la matière, “il est devenu extrĂŞmement difficile pour les gens qui vendent des faux +j’aime+ de vraiment tenir leurs promesses envers les clients qui les payent”, et qu’un grand nombre d’entre eux ont mĂŞme dĂ» mettre la clĂ© sous la porte.

L’achat de “j’aime” sur Facebook, ou de faux fans sur d’autres rĂ©seaux sociaux, est une manière d’augmenter de manière fictive sa popularitĂ© sur internet, une pratique qui peut s’avĂ©rer tentante pour de jeunes artistes, de petites entreprises peu connues ou des hommes politiques en campagne par exemple.

Certains vendeurs de faux “j’aime” utilisent des programmes informatiques et des robots pour crĂ©er des identitĂ©s numĂ©riques fictives, ou des armĂ©es d’employĂ©s peu payĂ©s dans des “usines Ă  clic”, mais d’autres ont aussi recours Ă  de vrais internautes, encouragĂ©s Ă  “aimer” par des micro-rĂ©tributions ou de petits cadeaux.

Ces pratiques peuvent toutefois poser problème aux rĂ©seaux sociaux, car elles nuisent Ă  la crĂ©dibilitĂ© de leurs statistiques d’utilisation qui jouent un rĂ´le important pour les annonceurs publicitaires.

“Les +j’aime+ crĂ©Ă©s par de faux comptes ou des gens sans intĂ©rĂŞt rĂ©el sont mauvais pour les membres de Facebook, les publicitaires et Facebook lui-mĂŞme”, indique d’ailleurs le groupe sur son site.

H. Kerem Cevahir prĂ©cise que quand il bloque ou supprime des “j’aime” fictifs, Facebook prĂ©vient les administrateurs des pages concernĂ©es.

“Depuis l’introduction de cette fonctionnalitĂ© en mars 2015, nous avons informĂ© 200.000 pages que nous avions protĂ©gĂ© leurs comptes contre les faux +j’aime+”, ajoute-t-il.

Il assure toutefois que les pratiques frauduleuses ne concernent qu’une “petite fraction” de l’activitĂ© gĂ©nĂ©rale sur le rĂ©seau.

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Comment Ă©laborer un message pour les journalistes ? #guidedesrelationspresse

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débordé

Le journaliste est noyĂ© par l’information. Il est de plus en plus dĂ©bordĂ©. Aussi, plus il est expĂ©rimentĂ©, plus il est mĂ©fiant. Sa dĂ©formation professionnelle va le pousser Ă  se demander: qu’est ce qu’ils ne veulent pas dire ? Qu’est-ce qu’ils me cachent ? Quelle est la rĂ©alitĂ© de la situation derrière ce communiquĂ© de presse si finement Ă©laborĂ© ?

Le client veut souvent tout dire. Le rĂ´le du communicant est majeur dès lors qu’il doit guider son client dans ce qui doit ĂŞtre dit, quand cela doit ĂŞtre dit et comment il convient de dire. Il faut hiĂ©rarchiser vos messages. Mettre d’abord les plus importants et ensuite ceux qui le sont moins (s’ils sont vraiment moins importants, ne les faites par figurer dans un communiquĂ© de presse car ils apparaitront comme encore moins importants aux yeux du journaliste qui vous lira!

Le consultant, conseiller en communication, prendra en compte le contexte et l’environnement  sectoriel et concurrentiel pour mettre en scène le message. C’est ainsi qu’envoyer un dossier de presse Ă  toutes les rĂ©dactions nationales n’a aucun intĂ©rĂŞt si vous n’avez pas d’actualitĂ© Ă  valoriser et si vous n’attirez pas l’attention du journaliste sur le “pourquoi de cet envoi”.

Pensez Ă  illustrer vos messages. Une image vaut mille mots disait Confucius. C’est encore plus vrai en matière de communication. Une police lisible, un communiquĂ© agrĂ©able Ă  lire sont autant de points que votre agence de communication soignera. Pensez avant tout Ă  ne pas perdre de vue l’essentiel: votre communiquĂ© de presse comme votre dossier de presse ne sont pas des documents commerciaux. Ils visent Ă  informer et non pas Ă  vendre. Les journalistes ne sont pas vos clients… ou ils ne sont pas des clients comme les autres.

Plus votre message sera original et non “marketĂ©”, plus il aura de chance de sortir du lot.

Vous l’avez compris, l’angle de votre message est la clĂ© de son succès !

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Comment faire publier une information par un journaliste ? #guidedesrelationspresse

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journaliste

 

Le mĂ©tier de conseiller en communication est Ă  la base, assez simple. Il consiste Ă  diffuser aux bons contacts des informations qu’une organisation juge utile. Les journalistes concernĂ©s par le secteur de l’information, traitent l’information. En fait, ils ne la relaient que s’ils la jugent digne d’intĂ©rĂŞts pour leurs lecteurs.

Il faut donc trouver le bon journaliste, dans le bon média, au bon moment.

La pĂ©riode actuelle se caractĂ©rise par son hypermĂ©diatisation et son hyperrĂ©activitĂ©. En bref, il n’y a dĂ©sormais plus de temps morts dans la diffusion d’informations. Les grandes dĂ©monstrations ne sont pas nĂ©cessaires. Pour se convaincre, il suffit d’allumer sa tĂ©lĂ©vision sur l’une des chaines d’informations en continues (BFM, ItĂ©lĂ©, LCI par exemple) et constater le zapping incroyable qui les caractĂ©rise. Il faut donc arriver au bon moment auprès du journaliste pour avoir une chance de voir son information reprise !

Trop de clients oublient de mettre en perspective l’information qu’ils souhaitent voir diffuser.  Ils sont aussi trop nombreux Ă  ĂŞtre convaincu que le journaliste reprendra l’information qu’ils Ă©mettent telle qu’elle. C’est se tromper lourdement. Le journaliste veillera Ă  mettre en perspective l’information, Ă  la contextualiser, Ă  la comparer, Ă  l’analyser, … et Ă  la simplifier !

Alors, c’est vrai, les journalistes ont de moins en moins le temps de vĂ©rifier et de traiter l’information. Ils comptent donc beaucoup sur les agences en communication pour leur transmettre une information “prĂŞt Ă  diffuser”, c’est Ă©videmment lĂ  que le lien de confiance tissĂ©e par votre agence avec les diffĂ©rents mĂ©dias de la place va compter. Un journaliste aura naturellement tendance Ă  reprendre plus facilement une information d’une agence dont il connait le sĂ©rieux et la lĂ©gitimitĂ© que celle d’un site internet en ligne qui diffuse tout et n’importe quoi Ă  longueur de temps. Vous avez  toutes les chances de voir votre communiquĂ© de presse finir dans la corbeille de la boite email du journaliste qui Ă©tait votre cible.

Car… contrairement Ă  une idĂ©e reçue, le consultant en communication n’est pas le frère ennemi ou l’adversaire du journaliste. C’est mĂŞme l’exact inverse. Ils ont Ă©troitement besoin de l’autre. D’ailleurs, beaucoup de spindoctors ou de stratèges en communication sont des journalistes passĂ©s de l’autre cĂ´tĂ© Ă  l’image du père de la profession, Ivy Lee !

Enfin, pour espĂ©rer voir une information reprise par un mĂ©dia, encore faut-il que cette dernière ne se rĂ©sume pas Ă  une publicitĂ© ou Ă  un message commercial, mĂŞme dĂ©guisĂ© ! Un article de presse n’est pas un publireportage.

Il faut cependant noter qu’un article de presse positif, mettant en valeur votre produit ou vos services, peut rapporter bien davantage qu’une grande campagne de publicitĂ©.

Vous l’aurez compris, le facteur temps est un facteur clĂ© et le journaliste est indĂ©pendant !

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La communication offensive a ses limites : Cristaline condamnĂ© pour sa campagne dĂ©nigrant l’eau du robinet

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cristaline

Le groupement d’intĂ©rĂŞt Ă©conomique (GIE) Cristaline et la sociĂ©tĂ© Neptune, qui gère l’eau de source Ă©ponyme, ont Ă©tĂ© condamnĂ©s jeudi Ă  une mĂŞme peine de 100.000 euros d’amende pour une campagne de publicitĂ© datant de 2007, qui dĂ©nigrait l’eau du robinet.

La sociĂ©tĂ© Eau de Paris, qui produit et distribue l’eau dans la capitale, avait portĂ© plainte au sujet d’une campagne publicitaire Ă  Paris et en Ile-de-France qui avait fait polĂ©mique.

Pour vanter les mĂ©rites de l’eau de source Cristaline, elle recourait Ă  des slogans tels que “Qui prĂ©tend que l’eau du robinet a toujours bon goĂ»t ne doit pas en boire souvent !”, montrait un robinet avec trois flèches rouges pointĂ©es vers l’eau qui coulait en indiquant “nitrates”, “plomb”, “chlore”.

Enfin, une troisième affiche montrait une cuvette de toilettes barrĂ©e d’une croix avec le slogan “Je ne bois pas l’eau que j’utilise”.

Les prévenus ont été relaxés du chef de pratique commerciale trompeuse, mais ont été déclarés coupables du chef de publicité comparative illicite.

Outre le GIE Cristaline et la sociĂ©tĂ© Neptune, le tribunal correctionnel a condamnĂ© la sociĂ©tĂ© d’exploitation des sources Roxane et le patron de Cristaline, Pierre Papillaud, chacun Ă  une amende de 20.000 euros.

L’agence de publicitĂ© Business a Ă©galement Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  la mĂŞme peine, son prĂ©sident Eric Bousquet Ă  5.000 euros d’amende.

Les prĂ©venus devront solidairement verser 50.000 euros de dommages et intĂ©rĂŞts Ă  Eau de Paris, la mĂŞme somme au Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) et un euro Ă  l’association de consommateurs UFC-Que Choisir.

Le tribunal a Ă©galement ordonnĂ© la publication d’un communiquĂ© judiciaire faisant Ă©tat du jugement dans le Parisien, 20 Minutes et le Figaro.

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