Gestion de crise. Les secrets pour faire face.

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Incendie, rappel d’un produit, cyber-attaque, rumeur assassine. Autant d’Ă©vĂ©nements qui peuvent mettre en pĂ©ril une entreprise. Quels sont les bons rĂ©flexes Ă  adopter face de telles crises ? Des professionnels livrent leurs conseils.

La pĂ©rennitĂ© d’une entreprise tient parfois Ă  peu de chose. Une Ă©tincelle, une nĂ©gligence et les consĂ©quences peuvent ĂŞtre catastrophiques : plus de 70 % des entreprises victimes d’un sinistre majeur disparaissent dans les deux ans qui le suivent. Mais il n’y a pas qu’un incendie qui peut menacer une entreprise : rappel d’un produit, dĂ©cès du dirigeant ou d’un collaborateur clef, conflit social, dĂ©tournement du système informatique, atteinte Ă  l’image…. VoilĂ  autant de facteurs gĂ©nĂ©rateurs de crises, de stress intense et de perturbations qui peuvent toucher au coeur le fonctionnement de l’entreprise et peuvent, dans le pire des cas, mettre en danger sa pĂ©rennitĂ©. Pour augmenter la rĂ©silience de l’entreprise Ă  la crise, les spĂ©cialistes sont unanimes, : il faut anticiper et prĂ©parer en « temps de paix » les armes qui permettront de faire face.

Se préparer à la crise très en amont

« En matière de gestion de crise, la première erreur Ă  Ă©viter est de ne pas s’y prĂ©parer » affirme ainsi Florian Silnicki, spĂ©cialisĂ© en gestion des risques et gestion de crise. De fait, les entreprises qui surmontent le mieux les crises sont souvent celles qui ont dĂ©jĂ  vĂ©cu un sinistre important. On peut donc apprendre de l’expĂ©rience mais Ă©galement anticiper la crise et se doter des outils appropriĂ©s. « La gestion de crise est une mĂ©thodologie qui, Ă  partir des risques identifiĂ©s, vise in fine Ă  rĂ©duire leur gravitĂ© », prĂ©cise Florian Silnicki spĂ©cialiste du conseil en gestion des risques.

Cette gestion particulière et complexe englobe de multiples aspects : secours aux Ă©ventuelles victimes, mise en sĂ©curitĂ© des personnes et des sites, continuitĂ© des activitĂ©s critiques, communication interne et externe… Voici quelques outils et bonnes pratiques pour limiter l’impact de la crise sur l’entreprise.

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Retour sur le parcours de Jean-Pierre Raffarin, la machine Ă  communiquer

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Jean-Pierre Raffarin – La machine Ă  communiquer, le renouveau de la communication politique ?

Ancien directeur marketing devenu Premier ministre, Monsieur “France d’en bas” incarne mieux que tous ses prĂ©dĂ©cesseurs la fusion entre politique et communication. Il en a mĂŞme fait une stratĂ©gie. Image maĂ®trisĂ©e, parole calibrĂ©e. Et un gouvernement qui se promeut comme une marque, avec cible, plan mĂ©dia, axes de vente. Voyage en coulisses.

Il y a ce qu’on a vu : Jean-Pierre Raffarin shootant dans une boulette de mazout, Ă©treignant un ostrĂ©iculteur ou partant en Chine malgrĂ© la pneumopathie, Nicolas Sarkozy courant les commissariats ou travaillant Ă  son bureau sous l’oeil coquin de son fiston… Il y a ce qu’on a entendu : ” la France d’en bas “, ” un gouvernement, ça discute et un Premier ministre, ça dĂ©cide “, ” la retraite est un problème, pas un malheur “… Et puis il y a ce qu’on ne voit pas, dissimulĂ© dans le secret des cabinets ministĂ©riels : comment un gouvernement mitonne, calibre, construit une communication plus professionnelle que jamais.

En politique, depuis toujours, l’image est une arme : Charles de Gaulle et ses discours enflammĂ©s Ă  la tĂ©lĂ©vision, ValĂ©ry Giscard d’Estaing et ses dĂ®ners chez les Français, François Mitterrand et sa ” force tranquille ” inspirĂ©e par le publicitaire Jacques SĂ©guĂ©la, Jacques Chirac et ses prompteurs ultramodernes (et invisibles) importĂ©s des Etats-Unis… En France, la dernière campagne prĂ©sidentielle, théâtre d’une fĂ©roce bataille d’images, a montrĂ© combien la communication est devenue centrale en politique. Depuis un an Ă  Matignon, Jean-Pierre Raffarin, ex-directeur marketing de Jacques Vabre et ex-directeur gĂ©nĂ©ral de Bernard Krief Communication, incarne comme personne cette osmose.

Dès son arrivĂ©e, le Premier ministre nomme, pour s’occuper de sa communication, un conseiller au profil inĂ©dit, mi-tĂ©lĂ© mi-politique : Dominique Ambiel, presque quinquagĂ©naire souriant et bronzĂ©, ancien responsable des jeunes giscardiens dans les annĂ©es 70 et, surtout, patron durant quinze ans du puissant groupe de production Expand (Fort Boyard, Popstars, Les aventuriers de Koh Lanta…). Complice depuis trente ans de Jean-Pierre Raffarin, il partage avec lui ce credo : ” Communiquer, martèle-t-il, ce n’est pas une technique, c’est une façon d’ĂŞtre. Ça vient du latin cum, “avec”. ”

De son bureau installĂ© juste Ă  l’entrĂ©e de Matignon – une vraie loge de concierge -, Dominique Ambiel dĂ©poussière depuis un an une fonction traditionnellement très politique. Et joue les ” OcĂ©dar ” de la communication institutionnelle : ” L’ambiance Ă  Matignon est beaucoup moins feutrĂ©e et protocolaire que sous Alain JuppĂ© ou Lionel Jospin “, remarque Pierre Giacometti, directeur gĂ©nĂ©ral de l’institut d’Ă©tudes Ipsos. ” Il y a quinze ans, confirme une attachĂ©e de presse ministĂ©rielle, sous le gouvernement Chirac, nous Ă©tions surveillĂ©s, censurĂ©s, on nous gueulait dessus. LĂ , ça n’a plus rien Ă  voir : Ambiel donne le tempo en douceur, habilement. ”

Ici, tout le monde assure travailler en Ă©quipe, dans un formidable esprit collectif, pour une communication globale. Ambiel, vĂ©ritable ” GO “, a montĂ© son pool : le ” nègre ” du Premier ministre, le spĂ©cialiste des sondages, celui des Ă©tudes politiques, le conseiller stratĂ©gique. Il rĂ©unit chaque lundi Ă  18 heures ses ” GM “, les responsables de la communication des ministres, pour passer en revue les dossiers, dĂ©cider qui parlera sur quoi, dans quel ordre, sur quels mĂ©dias. Et pour limiter les couacs, toute interview importante est relue par Matignon. Bien sĂ»r, il y eut des bourdes, des cafouillages, des dĂ©clarations intempestives (lire encadrĂ©). Mais, globalement, le système est huilĂ©. ” Dans les prĂ©cĂ©dents gouvernements, les tentatives de centralisation Ă©chouaient car les ministres prenaient le large, se souvient JĂ©rĂ´me Cathala, chef du service politique de France 3. Jusqu’ici, Raffarin et Ambiel parviennent Ă  unifier la parole du gouvernement. ”

Mi-gourou, mi-nounou, Ambiel est de tous les combats. Il console Roselyne Bachelot, au bord de la dĂ©mission quand la bande de Ruquier dit Ă  la radio qu'” Ă  chaque fois qu’elle ouvre la bouche on dirait qu’elle jouit “. Apprivoise la secrĂ©taire d’Etat Ă  la recherche, Claudie HaignerĂ©, effrayĂ©e par les mĂ©dias. Donne le feu vert, en pleine crise de la pneumopathie, Ă  la visite de Jean-François MattĂ©i dans la communautĂ© asiatique de Paris (le ministre de la SantĂ© craignait de paraĂ®tre racoleur !). Et, bien sĂ»r, il dĂ©termine avec Raffarin ses interventions mĂ©diatiques. En aoĂ»t 2002, il le dissuade de ” faire ” un 20 heures pour contrer sa lĂ©gère baisse dans les sondages. ” Il valait mieux attendre Cent minutes pour convaincre, fin septembre, explique l’ex-producteur. Il faut savoir laisser monter la pression. Quand je faisais Fort Boyard une fois par an, le manque s’installait : c’est comme ça qu’un succès dure. ”

La politique du gouvernement, programmĂ©e comme un jeu tĂ©lĂ©, commercialisĂ©e comme une vulgaire marchandise ? A l’ère Raffarin, les conseillers vendent leurs ministres (que certains appellent ” produits ” !) comme des packs de lessive, selon des techniques Ă©prouvĂ©es dans le monde de l’entreprise. Le service d’information du gouvernement (SIG), qui orchestre traditionnellement les campagnes d’information et enquĂŞtes d’opinion pour le gouvernement, a pris un sĂ©rieux coup de jeune. Sa directrice, Françoise Miquel, a ouvert un service de mĂ©diatraining (entraĂ®nement Ă  l’expression tĂ©lĂ©). Une bonne dizaine de ministres et secrĂ©taires d’Etat est dĂ©jĂ  passĂ©e entre les mains expertes de Jean-Claude Narcy (TF1) et de quelques confrères (mĂŞme si certains, comme Nicolas Sarkozy, ont leur coach personnel.) ” Nous allons aussi mettre en place un conseil personnalisĂ© mĂ©dia pour chaque ministre, indique la blonde et pimpante directrice. Et nous rĂ©flĂ©chissons Ă  une “plate-forme de marque” : nous essayons de dĂ©finir l’identitĂ© du gouvernement, ses valeurs, ses principes d’action. ” RĂ©sultat de ce brainstorming : comme Club Med ou Disney, le label Raffarin est une marque qui se dĂ©cline, selon trois axes de vente, ” pragmatisme, dialogue, proximitĂ© “.

Un plan marketing que chaque ministre est censĂ© appliquer. Les ” Tintin reporter ” du gouvernement voient donc du pays : Michèle Alliot-Marie (DĂ©fense) saute dans un avion pour le Pakistan dès l’attentat de Karachi, Jean-Louis Borloo (Ville) s’inflige six cents dĂ©placements en un an, Jean-Jacques Aillagon (Culture) dĂ©localise son ministère trois jours par semaine en province, soit ” 26 % de son temps en dehors de Paris “, prĂ©cise fièrement sa directrice de communication. Chacun se montre attentif Ă  ” la France d’en bas ” et s’implique avec le coeur et les tripes dans sa mission. Avec un vocabulaire adaptĂ© : quand François Fillon dĂ©fend son plan sur les retraites, il ” joue sa peau “. Quand Sarkozy Ă©voque la Corse, il feint d’avouer ” j’ai plus de chances d’Ă©chouer que de rĂ©ussir, mais je n’ai pas le droit de me dĂ©courager “.

Communiquer, c’est aussi travailler son image. Pour avoir l’air sympa et comme tout le monde, rien ne vaut une bonne photo people : avec ses enfants et son poney (François Fillon), son chien (Jean-Jacques Aillagon), sa femme et ses confitures (Gilles de Robien)… Ou un passage chez Michel Drucker pour papoter hobbies et famille (Luc Ferry, Jean-Jacques Aillagon). Voire une invitation chez Fogiel (Nicolas Sarkozy, Gilles de Robien). Payant auprès des jeunes, mais risquĂ© : il n’est pas certain que Dominique Perben ait vraiment gagnĂ© en popularitĂ© en chantant Tata Yoyo avec Annie Cordy…

Quand il s’agit de mĂ©diatiser leur action, les ministres ont le souci bien connu des publicitaires : la ” cible “. Il ne faut pas forcĂ©ment viser le public le plus large, mais le mieux adaptĂ©. A la fin du ramadan, Raffarin ne choisit pas le 20 heures de TF1 mais un entretien sur Radio Orient. Et pour toucher la population asiatique immigrĂ©e en pleine psychose du Sras, Jean-François MattĂ©i ne parle pas au Figaro mais au gratuit parisien MĂ©tro. Un choix Ă  double tranchant : sur ce sujet d’importance nationale, l’absence du ministre dans les grands mĂ©dias demeure très surprenante…

Pour qui sait s’en servir, les mĂ©dias reprĂ©sentent un formidable instrument. La communication n’accompagne pas seulement l’action : elle la devance, la suscite, l’oriente, lui sert de levier. Quand Nicolas Sarkozy mĂ©diatise les rencontres entre les reprĂ©sentants de l’islam en France, il les place sous le regard de la collectivitĂ© nationale et les force ainsi au dialogue. Il arrive mĂŞme que la prĂ©sence mĂ©diatique rende l’action presque superflue ! Par exemple, lorsque le gouvernement multiplie les messages sur les dangers de la route : ” Avant mĂŞme les mesures concrètes, on a vu le rĂ©sultat, se fĂ©licite Dominique Ambiel. Des centaines de victimes en moins dès janvier : c’est de la communication pure, il n’y avait pas un radar de plus et Ă  peine davantage de policiers. ”

A ce degrĂ© de sophistication, la communication risque-t-elle de dĂ©terminer carrĂ©ment l’action politique, voire de s’y substituer ? Florian Silnicki, Expert en stratĂ©gie de communication de crise et Fondateur de l’agence LaFrenchCom, s’interroge en tout cas sur la menace qu’elle constitue : “Un homme politique qui ne sait pas bien vendre ses idĂ©es mĂ©diatiquement est aujourd’hui battu. Ce n’est pas propre Ă  la France : on dit que Gerhard Schröder en Allemagne ou George Bush aux Etats-Unis ont gagnĂ© les Ă©lections grâce Ă  leur communication. Mais ça pose un vrai problème Ă  la dĂ©mocratie.”

Surtout si les mĂ©dias se montrent complices. La tĂ©lĂ©vision a suivi les tribulations de Sarkozy avec une bienveillance proche de la fascination : ” Il n’y a plus que son chien qu’on n’a pas fait “, glisse un journaliste de France 2. Cette omniprĂ©sence du ministre de l’IntĂ©rieur dans les mĂ©dias, Ă  peine interrompue par la guerre, tĂ©moigne d’un vrai talent en matière de communication. ” Pour lui, explique son conseiller Franck Louvrier, communiquer, c’est agir. Il faut convaincre pour pouvoir faire, et c’est une “blitzkrieg” [une guerre Ă©clair] : l’info est valable le jour J, Ă  J + 2 c’est grillĂ©. ” Le franc-tireur ne dĂ©daigne aucun Paris Match, aucun EnvoyĂ© spĂ©cial sur sa femme, pas mĂŞme un portrait de son conseiller en communication dans ComplĂ©ment d’enquĂŞte. ” Speedy “, comme on l’appelle dans les commissariats, fait cavalier seul et piĂ©tine joyeusement les plates-bandes de ses camarades : il devance Bachelot dans le Gard inondĂ©, squeeze Perben sur la double peine ou la lutte contre le cannabis. ” C’est la stratĂ©gie du “j’additionne” “, commente un proche. Une stratĂ©gie personnelle qui Ă©chappe clairement Ă  celle, collective, dĂ©finie par Dominique Ambiel : le système atteint lĂ  ses limites.

Officiellement, pas de problème. Jean-François CopĂ©, porte-parole du gouvernement, jure mĂŞme qu'” il n’est pas forcĂ©ment bon d’avoir plusieurs ministres mĂ©diatiques. Voyez sous Jospin : les vedettes [DSK ou Aubry] Ă©taient surtout mĂ©diatisĂ©es pour leurs conflits. ” Dominique Ambiel, lui, prĂ©tend : ” Ça s’Ă©quilibrera avec le temps. Chaque ministre aura son rĂ©vĂ©lateur. ” Dominique de Villepin, inconnu du grand public, a su profiter de la crise irakienne. Verbe passionnĂ© et belle gueule, il s’est rĂ©vĂ©lĂ© excellent communicant. Et n’a pas eu besoin de l’aide d’Ambiel pour connaĂ®tre ” la plus forte progression en notoriĂ©tĂ© du gouvernement “, comme l’indique fièrement son entourage.

Mais les autres ont ratĂ© la marche. ” A Mots croisĂ©s, on a parlĂ© de la marĂ©e noire sans Roselyne Bachelot, de la violence Ă  l’Ă©cole sans Luc Ferry, d’Ă©conomie sans Francis Mer, de la justice sans Dominique Perben, s’Ă©nerve Arlette Chabot, journaliste Ă  France 2. Ce sont pourtant des secteurs piliers ! Heureusement que le porte-parole Jean-François CopĂ© s’y colle, et qu’il est très bon. Mais oĂą sont les ministres ? ”

Ils se taisent. Parce que, novices en politique et sans expĂ©rience des mĂ©dias, ils ont peur de la tĂ©lĂ©. Ou parce qu’ils ont gaffĂ© et que Matignon leur a clouĂ© le bec. Ou encore parce que Matignon leur a demandĂ© d’attendre : leurs dossiers, trop compliquĂ©s, trop polĂ©miques, ne rentraient pas dans la ligne de communication du moment.

Durant cette première annĂ©e, Jean-Pierre Raffarin a jouĂ© Ă  fond la carte du consensus pour rassembler sa chère ” France d’en bas ” sur des sujets comme le cancer, la dĂ©linquance ou la sĂ©curitĂ© routière. En bĂ©nĂ©ficiant du silence d’une gauche complètement sonnĂ©e et d’une osmose politique avec l’ElysĂ©e. ” Après le 21 avril 2002, il a mis en scène une politique peu clivĂ©e et peu militante “, souligne Dominique ReyniĂ©, politologue. Et, dans un premier temps, priĂ© les ministres de travailler discrètement sur les dossiers qui fâchent.

Mais maintenant ? Manuel Valls, ex-conseiller pour la communication de Lionel Jospin, prĂ©dit : ” Sa communication va buter contre le chĂ´mage, la fiscalitĂ©, les plans de licenciement, la baisse du moral des mĂ©nages… Il a beau focaliser l’attention sur les retraites pour montrer son courage, ça ne suffira pas. ”

A l’heure des premiers bilans, et au moment d’attaquer des dossiers plus contestĂ©s, comment Jean-Pierre Raffarin va-t-il renouveler sa politique de communication ? Quels jokers va-t-il dĂ©gainer pour occuper un terrain mĂ©diatique que la gauche risque de rĂ©investir ? Le système Ambiel, si pro, si huilĂ©, rĂ©ussira-t-il Ă  vendre ses ministres les moins mĂ©diatiques ? Pour sa deuxième annĂ©e Ă  Matignon, Dominique Ambiel a du boulot –

Gaffes, bévues et boulettes en communication politique

Roselyne Bachelot, grosse notoriĂ©tĂ© et rĂ©putation de ” bonne cliente “, a commencĂ© par assurer : ” le nuclĂ©aire est l’Ă©nergie la moins polluante “, puis s’est laissĂ© distancer par ses camarades ministres sur les inondations du Gard. Avant de se dĂ©clarer ” pro-chasse “, dĂ©clenchant la fureur des militants Ă©colos. Et d’Ă©voquer Ă  l’AssemblĂ©e nationale, en rĂ©ponse Ă  l’AmĂ©ricain Donald Rumsfeld ” le mot de Cambronne “. Depuis, la ministre de l’Environnement est muette. MalgrĂ© ses trois prĂ©posĂ©s Ă  la communication…

Jean-François MattĂ©i a assurĂ© Ă  son arrivĂ©e que la question de la consultation des mĂ©decins Ă  20 euros serait ” rĂ©glĂ©e dans les quinze jours “. Oubliant de discuter du sujet avec les partenaires sociaux.

Luc Ferry a commencĂ© fort en contredisant son secrĂ©taire d’Etat, Xavier Darcos, sur la rĂ©duction des effectifs de l’Education nationale. Le philosophe au look d’intello dandy a ensuite laissĂ© sa femme, Marie-Caroline, raconter chez Michel Drucker qu’il mange des cacahuètes au lit (il s’en mord les doigts : l’anecdote le poursuit). Le pompon : il a trustĂ© les mĂ©dias pour la promotion de son dernier livre, avec une pub en une du Monde le jour d’une manif de profs ! Tout cela a beaucoup agacĂ© Jacques Chirac.

Gilles de Robien, Ă  peine arrivĂ© au ministère des Transports, a provoquĂ© un tollĂ© dans l’opinion en assurant, en direct du PC de Rosny-sous-Bois, qu’il n’y aurait pas d’amnistie prĂ©sidentielle pour les PV de stationnement. Une boulette rattrapĂ©e illico par l’ElysĂ©e.

Francis Mer s’est prononcĂ© imprudemment sur les baisses d’impĂ´ts, s’est tĂ©lescopĂ© avec son ministre du Budget, Alain Lambert; a agressĂ© (verbalement) François Fillon en Conseil des ministres… SurnommĂ© ” John Wayne ” Ă  l’AssemblĂ©e, le ministre de l’Economie s’est aussi montrĂ© torse nu sous un petit pull moulant lors d’un point presse improvisĂ© un dimanche. ” Super, ton pyjama “, l’ont fĂ©licitĂ© des collègues.

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L’Afrique, eldorado de la communication politique

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L’Afrique, eldorado de la communication politique

Les agences-conseils françaises se partagent le marché convoité de la communication politique en Afrique. Mais elles doivent faire face à la concurrence des « mercenaires à col blanc », désireux eux aussi de profiter des largesses des dirigeants africains.

En pĂ©riode Ă©lectorale, les communicants sont nombreux Ă  arpenter les rues poussiĂ©reuses des capitales africaines. Patrons de grandes agences françaises ou aventuriers solitaires, les conseillers en communication politique savent encore puiser dans les ressources de cet ex-prĂ© carrĂ© de la France. On les a rĂ©cemment vus transpirer sous le soleil du Togo, lors de la campagne prĂ©sidentielle d’avril 2005, aux cĂ´tĂ©s du candidat victorieux Faure GnassingbĂ©. Dur mĂ©tier… La crĂ©dibilitĂ© de Faure GnassingbĂ© est entachĂ©e par un coup d’État. Deux mois auparavant, Ă  la mort de son père, le gĂ©nĂ©ral EyadĂ©ma, qui a rĂ©gnĂ© sur le Togo pendant près de quarante ans, il a grimpĂ© sur le fauteuil prĂ©sidentiel sans aucune lĂ©gitimitĂ©. Le putsch dĂ©guisĂ© a Ă©chouĂ© sous la pression de la communautĂ© internationale. Aux marabouts de la communication d’effacer le souvenir des premiers pas politiques du fils du dictateur. Pour ce faire, Faure GnassingbĂ©, trente-neuf ans, s’est entourĂ© d’un type de communicants habituellement connus en Afrique sous le nom peu flatteur de « mercenaires Ă  col blanc ».

Parmi eux, des Ă©minences grises chargĂ©es de peaufiner son discours et son image, et des hommes de terrain occupĂ©s Ă  lui concocter une vĂ©ritable campagne Ă  l’amĂ©ricaine. Faure GnassingbĂ© n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  pomper dans le trĂ©sor amassĂ© par son père : dĂ©placements Ă  bord de l’hĂ©licoptère Dauphin personnel de la famille EyadĂ©ma, road show, soirĂ©e de gala oĂą les poignĂ©es de main sont chaleureusement distribuĂ©es pour un budget de 61 000 euros, casquettes et T-shirts Ă  son effigie… Tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour donner du Togo – et du fiston du « père de la Nation »- une image aurĂ©olĂ©e de modernitĂ©.

Jean-Luc Mano, journaliste formĂ© Ă  L’HumanitĂ© avant de devenir directeur de l’information Ă  France2 puis Ă  France Soir, fait partie de ces conseillers. Pendant la campagne togolaise, le directeur de la sociĂ©tĂ© de mĂ©diatraining Only est restĂ© en France pour entretenir les relations diplomatiques entre LomĂ© et Paris, en activant les vestiges du rĂ©seau « Françafrique ». Rien de plus facile pour celui qui est aussi le « coach mĂ©dias » de Michèle Alliot-Marie, ministre de la DĂ©fense… L’intĂ©ressĂ© dĂ©ment toutefois avoir endossĂ© l’habit de missi dominici. « Je n’ai pas de contrat avec Faure. C’est un ami Ă  qui j’ai rendu service exceptionnellement, affirme-t-il. Je ne fais pas de communication politique ou diplomatique en Afrique mais de l’assistance audiovisuelle, comme au Gabon, oĂą j’ai organisĂ© en novembre 2004 une soirĂ©e Ă©lectorale tĂ©lĂ©visĂ©e. »

Juteux contrats

Afin de mieux aider son ami-candidat, Jean-Luc Mano dĂ©pĂŞche au Togo Christopher Jones, un habituĂ© du pays pour avoir assistĂ© Bernard DebrĂ©, ancien ministre de la CoopĂ©ration et soutien indĂ©fectible d’EyadĂ©ma. Le jeune communicant s’occupe d’acheter une lĂ©gitimitĂ© Ă  Faure GnassingbĂ© auprès d’une presse Ă©trangère globalement acquise Ă  l’opposition. Tout comme Alain Hiest, ancien directeur du quotidien lyonnais Le Progrès et chargĂ© de veiller au « bien-ĂŞtre » des journalistes, auxquels il distille un discours aux relents propagandistes.

La victoire de Faure GnassingbĂ© fin avril, Ă  l’issue d’un scrutin Ă©maillĂ© d’irrĂ©gularitĂ©s et de violences, promet sans doute un bel avenir Ă  ces communicants français indĂ©pendants. D’autant que les grosses agences impliquĂ©es d’ordinaire en Afrique ­Euro RSCG (Havas), Publicis, Image Sept d’Anne MĂ©aux ou Image et StratĂ©gie de Thierry Saussez – n’ont pas Ă©tĂ© de la partie. Faute d’avoir Ă©tĂ© contactĂ©es par le pouvoir, comme le veut l’usage ? « Ce n’est peut-ĂŞtre pas un exemple de dĂ©mocratie oĂą l’on a envie de s’investir », rĂ©torque un dirigeant d’Havas. Pourtant, c’est bien Euro RSCG qui avait orchestrĂ© les campagnes très contestĂ©es d’EyadĂ©ma en 1998 et en 2003. « Nous avons rĂ©pondu Ă  une demande indirecte de l’État français », lâche celui qui tient Ă  son anonymat. L’intĂ©rĂŞt pour l’ancien colonisateur d’Ă©pauler une dictature est de garantir aux entreprises de l’Hexagone l’obtention de juteux contrats…

Ce publicitaire n’a pas toujours Ă©tĂ© « obligĂ© » de soutenir les dictatures africaines. Il est au cĂ´tĂ© de Paul Biya au Cameroun depuis le dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt-dix. Son Ă©quipe est Ă  l’origine du slogan « L’homme lion, l’homme courage », qui a fait le tour du continent. « Le Cameroun prĂ©sente une situation satisfaisante en Afrique. C’est un pĂ´le de stabilitĂ© », avance notre homme, qui a aussi oeuvrĂ© au Congo-Brazzaville, pays convoitĂ© pour son magot pĂ©trolier, et en CĂ´te d’Ivoire, oĂą l’argent du cacao abondait. Et d’ajouter : « On a un degrĂ© d’exigence avec l’Afrique que l’on n’a pas avec d’autres pays, comme la Chine. » Reste que, mĂŞme si Euro RSCG trouve le terrain africain passionnant et formateur – « quand on sait faire l’Afrique, on sait tout faire »- l’agence considère ce business « très consommateur de temps, surexposĂ©, compliquĂ© Ă  gĂ©rer et peu rĂ©munĂ©rateur ». Selon Havas, qui cite en exemple la campagne 2004 de Paul Biya chiffrĂ©e Ă  300 000 euros, l’Afrique ne reprĂ©senterait que 1/10 000e de son chiffre d’affaires. D’oĂą la nĂ©cessitĂ© de veiller Ă  ce que cette activitĂ© « marginale » n’Ă©corne pas trop son image.

Marge de progression

La rĂ©gion subsaharienne est-elle aussi peu lucrative que certains l’affirment ? Les chiffres sont difficiles Ă  vĂ©rifier, tant le paiement en nature y est monnaie courante. Thierry Saussez, l’un des pionniers de la « promotion pays » sur le continent, n’hĂ©site pas Ă  parler d’« eldorado africain ». Surtout Ă  une Ă©poque oĂą la France ne fait plus le beurre des publicitaires politiques… Ce conseiller privilĂ©giĂ© des campagnes gaullistes avance le chiffre de 5 millions de francs (730 000 euros) que lui aurait versĂ©s annuellement la CĂ´te d’Ivoire d’Henri Konan BĂ©diĂ©, de 1995 au coup d’État de 1999. Son rĂ´le consistait Ă  dĂ©finir une stratĂ©gie globale pour redorer le blason du pays. Avec des leviers classiques : lettre trimestrielle, voyages de presse, tribunes dans les grands journaux français, rencontres avec les acteurs politiques français, etc. Certes, la personnalitĂ© de BĂ©diĂ© et son discours sur « l’ivoiritĂ© » sont critiquables… « C’est l’ouverture vers l’extĂ©rieur qui tire le dĂ©veloppement, riposte Thierry Saussez. Et puis, moi qui aime l’Afrique, je ne veux pas lui imposer un modèle socioculturel. Ce qui m’importe, c’est qu’il y ait une marge de progression dĂ©mocratique possible. » Il affirme d’ailleurs qu’il soutiendra une fois de plus BĂ©diĂ©, s’il le lui demande, lors de la prochaine Ă©lection ivoirienne. « La fidĂ©litĂ© Ă  un homme est primordiale en Afrique », explique-t-il. Surtout si elle est fructueuse…

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La communication politique, une manipulation de l’opinion ?

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Interview de Florian Silnicki, le communicant des crises… et des politiques.

« J’adore ça, dĂ©coder la com’ des politiques ! J’ai passĂ© beaucoup de temps Ă  les former et Ă  leur apprendre Ă  rĂ©pondre aux journalistes les plus hostiles. Je passe encore du temps pour les aider Ă  surmonter des crises politiques. »

Florian Silnicki s’est fait une spĂ©cialitĂ© en traquant la langue de bois “Ă  l’ancienne” qui n’est pas une bonne stratĂ©gie de communication. AidĂ© de ses experts en communication – il scrute pour de nombreux mĂ©dias leurs petites phrases, leur attitude « parlante », leurs tics de langage et mĂŞme l’expression corporelle, tenue comprise !

Comment un journaliste politique peut il coincer un homme politique ?

Les hommes et les femmes politiques qui s’esquivent en interview sont les plus amusants. Cela ne dure jamais très longtemps.

La France politique est un petit monde et on finit par connaître les travers de chacun. Les journalistes politique savent comment les prendre, les faire enrager, les chauffer. Le piège marche généralement assez bien. Les journalistes politique savent aussi quand les hommes politiques tournent autour du pot. Mais attention, ils sont de plus en plus habiles : clairement, ils ont pris beaucoup de cours de mediatraining et cela a produit son effet.

De fait, nos politiques sont bien coachés et entraînés à la petite phrase. Comment alors mener un homme ou une femme politique à parler vrai ?

Tout dĂ©pend du moment. Ils ne sont pas toujours lĂ  pour livrer leurs Ă©tats d’âme. Je crois qu’il ne faut pas tomber dans l’erreur classique « Ce sont tous des comĂ©diens. Ils n’en pensent rien, etc. »

Un cours de mediatraining ne fabrique pas un manipulateur. Il aide parfois un penseur, un technocrate, un idĂ©ologue, un intellectuel Ă  s’exprimer facilement. L’expĂ©rience nous montre que s’il y a bien un truc qui ne fonctionne pas et qu’on paye cash un jour, c’est le mensonge !

Cela dit, certains louvoient tout le temps. Le Net est aussi très rĂ©vĂ©lateur. Les blogs, Twitter, avec leur libertĂ© de ton, s’ils sont bien informĂ©s, sont très parlants.

« Le non-verbal, Ça veut tout dire » Quels pièges éviter ?

Il arrive que des phrases soient très prĂ©parĂ©es. Je constate aussi qu’il ne faut pas abuser des bonnes phrases. Trop de slogans tue le slogan ! L’effet est très Ă©phĂ©mère sur leur communication politique. Avant, on tenait une semaine avec une bonne phrase. Aujourd’hui, la durĂ©e de vie d’une info est très courte. Les journalistes politiques voient aussi arriver le plan com’ quand plusieurs personnalitĂ©s leur rĂ©pètent en boucle la mĂŞme formule ou le mĂŞme Ă©lĂ©ment de langage. Cela nuit Ă  l’authenticitĂ© du propos. Chaque homme politique doit s’approprier les Ă©lĂ©ments de langage de son parti politique. Ils ne sont jamais prĂŞt Ă  mâcher. Il faut les travailler et utiliser les mots avec lesquels on se sent le plus Ă  l’aise.

Tout est de la com’ ?

Tout ! Même le silence. Il est très éloquent. Le silence dit beaucoup, y compris en communication politique !

La com’ passe aussi par le non-dit : n’est-ce pas le plus significatif au fond ?

La communication gestuelle ou non-verbale est le plus chouette et ça veut tout dire. Quand on va Ă  l’AssemblĂ©e Nationale sans cravate on exprime clairement une opinion. Le non-verbal trahit souvent les sentiments. Si vous faites systĂ©matiquement non de la tĂŞte en Ă©coutant vos adversaires, vous renvoyez une image d’arrogance par exemple.

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La communication de crise, ça s’anticipe!

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La communication de crise est le coeur de mĂ©tier des agences corporate qui aident les entreprises Ă  anticiper l’arrivĂ©e de ces Ă©vĂ©nements et Ă  en gĂ©rer les consĂ©quences. C’est notamment le cas de l’agence LaFrenchCom installĂ©e Ă  Paris.

«Avec nos 3 500 hôtels et 450 000 chambres dans 92 pays, les occurrences de crise sont nombreuses. La communication de crise est stratégique pour nous», confie Agnès Caradec, directrice de la communication du groupe Accor.

Du tsunami de 2004 Ă  l’affaire DSK au Sofitel de New York en 2011, les exemples sont en effet multiples. AidĂ©e de son agence conseil en communication de crise, la directrice de la communication est en liaison 365 jours par an avec la cellule de crise, qui dĂ©pend du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du groupe hĂ´telier. Cette cellule organise les rĂ©ponses, forme les responsables d’hĂ´tels, organise des visites spĂ©ciales lors d’Ă©vĂ©nements mondiaux… «Nous sommes rompus Ă  ces exercices», prĂ©cise Agnès Caradec.

D’autres entreprises le sont moins, et s’appuient sur leur agence corporate pour surmonter ces perturbations dans la vie de l’entreprise. Pour Florian Silnicki, Expert en stratĂ©gies de communication de crise, «les entreprises ont une vraie terreur de la crise et tentent de la gĂ©rer quand elle survient. Or, il faut Ă©viter de s’agiter et penser sa rĂ©ponse dans la durĂ©e.»

«Il faut vite dĂ©tecter les signaux faibles, via les canaux digitaux par exemple, et les gĂ©rer avant qu’ils ne dĂ©gĂ©nèrent en crise», rappelle Florian Silnicki et Ă©voque «les zones de vulnĂ©rabilitĂ©, qu’il faut ensuite classer et hiĂ©rarchiser».

“War rooms”

Certains, comme NestlĂ©, mettent en place des «war rooms» pour surveiller tout ce qui se dit sur l’entreprise afin de dĂ©celer les Ă©lĂ©ments annonciateurs d’une crise.

Florian Silnicki, distingue la crise mĂ©diatique de l’Ă©vĂ©nement lui-mĂŞme: «Elle dĂ©marre dĂ©sormais en gĂ©nĂ©ral sur le Web, avant de gagner les mĂ©dias hors ligne. D’oĂą l’importance de la veille digitale.»

Pour Florian Silnicki, au-delĂ  de la veille, il ne faut pas nĂ©gliger l’aspect intelligence Ă©conomique, et surveiller les opposants aux entreprises ou groupements d’intĂ©rĂŞt. «Certaines ONG, comme L214, bras armĂ© de la SPA, ont en ligne de mire les filières de l’industrie agroalimentaires. Leur objectif Ă  vingt ans, c’est quand mĂŞme le dĂ©mantèlement complet de la filière viande!» explique celui qui se prĂ©sente comme «un avocat des causes des clients».

Anticiper la crise, c’est aussi identifier en amont les porte-parole et les entraĂ®ner Ă  rĂ©pondre aux diffĂ©rents mĂ©dias. C’est ce que fait le CrĂ©dit agricole: «Il faut envoyer un e-mail en pleine nuit Ă  l’ensemble des collaborateurs, et disposer d’une liste de numĂ©ros de portables pour toucher les managers», dĂ©taille Denis Marquet, directeur de la communication du groupe bancaire, qui a profitĂ© des voeux du nouvel an pour tester ses fichiers d’e-mails.

«Pour un directeur de communication, il faut ĂŞtre joignable 24 heures sur 24. Grâce aux smartphones, la technique n’est plus un obstacle», souligne Florian Silnicki. Son agence a mis au point une application pour faciliter la communication et la gestion de crise, qui rassemble un annuaire des gens Ă  contacter, des documents Ă  lire, des informations sur la crise en cours…

Vinci Concessions, qui gère un parc d’autoroutes, aĂ©roports et parkings, organise rĂ©gulièrement des simulations de crise de deux jours pour ses managers. «Par temps calme, nous leur offrons du mediatraining», prĂ©cise Thomas Barbelet, directeur innovation et communication. Des exercices qui sont souvent organisĂ©s avec un communicant externe, qui n’est pas obligatoirement l’agence corporate.

«Nous avons besoin de ce type de sparring partner venu de l’extĂ©rieur», estime Pierre Auberger, directeur de la communication du groupe Bouygues. L’OrĂ©al est Ă©galement adepte de ces mises en situation proches de la rĂ©alitĂ©. «Nous avons organisĂ© une journĂ©e de ce type avec l’agence Élan pour les participants Ă  un sĂ©minaire international», Ă©voque Catherine Rose, directrice des relations mĂ©dias corporate. Quitte Ă  anticiper, Florian Silnicki, pense que «l’entreprise doit s’apprĂŞter Ă  gĂ©rer une crise ultime qui est le repli annoncĂ© des États sur la santĂ©, l’Ă©ducation, la sĂ©curitĂ©. Et donc se prĂ©parer Ă  assumer ces nouvelles responsabilitĂ©s.»

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Mediatraining : Parler Ă  la presse, cela ne s’improvise pas.

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Comment choisir son coach en mediatraining ? Apprendre à bien répondre aux journalistes.

Certains y sont accros et assument. Comme le ministre du Travail, Xavier Bertrand. D’autres se montrent plus rĂ©ticents, comme le Premier ministre François Fillon, qui devrait y avoir recours pour son intervention sur TF1, dans la nouvelle Ă©mission politique de Laurence Ferrari. Cette pratique qui fait dĂ©bat, c’est le mĂ©diatraining.

A l’origine, une tendance venue des Etats-Unis, devenue incontournable en France. A la manière d’un joueur de football s’entraĂ®nant aux tirs au but avant une finale, les hommes politiques, les chefs d’entreprise et toutes sortes de personnalitĂ©s ont le droit Ă  leurs sĂ©ances de coaching, pour faire mouche Ă  l’Ă©cran et trouver la bonne formule. Rien de rĂ©prĂ©hensible… sauf que les enseignants ne sont autres que des journalistes connus et des prĂ©sentateurs de tĂ©lĂ©vision qui les connaissent bien. De quoi faire vaciller les piliers de la dĂ©ontologie. Autrefois considĂ©rĂ© comme un tabou, le secret est en train de se lever, comme l’atteste la publication de l’enquĂŞte « les Gourous de la com’ » (Editions la DĂ©couverte), coĂ©crite par Aurore Gorius et MichaĂ«l Moreau. DĂ©cryptage de cette pratique mĂ©connue par Florian Silnicki, Fondateur de LaFrenchCom, une agence de communication de crise.

L’expression dĂ©signe l’entraĂ®nement aux mĂ©dias. Avec l’essor de la communication, le secteur s’est professionnalisĂ©. Parce qu’un passage au petit Ă©cran ne s’improvise pas, des « spĂ©cialistes » organisent des sĂ©ances de prĂ©paration. Comme le souligne Florian Silnicki, « la fonction du mĂ©diatraining est double. Inculquer des principes et des règles pour retenir l’attention du public et, surtout, savoir dĂ©finir un message simple et audible. » Dans la pratique, le professeur vous aide Ă  travailler la tonalitĂ© de la voix, la gestuelle, le nombre de mots dans une phrase, les formules chocs…

Communication et mediatraining : EXERCICE OBLIGÉ, LES CONTACTS AVEC LES JOURNALISTES EXIGENT DE LA MÉTHODE ET… DU TALENT.

“Parler Ă  la presse, cela ne s’improvise pas” affirme Florian Silnicki, Fondateur de LaFrenchCom.

MĂŠME JEAN-MARIE MESSIER prĂ©pare ses interventions tĂ©lĂ©visĂ©es. MalgrĂ© son emploi du temps surchargĂ©, le patron de Vivendi Universal a rencontrĂ© plusieurs fois Michel Drucker avant de passer dans l’Ă©mission Vivement Dimanche, diffusĂ©e par France 2 en juin. Sans compter qu’il passe dĂ©sormais la moitiĂ© de son temps Ă  New York.

Mais ce surdouĂ© de la communication sait que l’on ne badine pas avec l’image d’une entreprise. Animer une confĂ©rence de presse ou devoir se justifier devant une nuĂ©e de micros, comme Patrick Puy lorsqu’il a annoncĂ©, le 7 septembre, le dĂ©pĂ´t de bilan de Moulinex, cela ne s’improvise pas. Les formations aux mĂ©dias (mediatraining) visent Ă  familiariser les dirigeants avec l’univers des mĂ©dias. Que ce soit pour miser sur le long terme ou rĂ©pondre ponctuellement Ă  une interview, les relations intelligentes avec les journalistes s’articulent autour de plusieurs points clĂ©s.

Apprendre et comprendre les règles du jeu médiatique.

Vous souhaitez communiquer ? Pas question de rĂ©agir au ralenti si un journaliste vous sollicite pour une interview. La tĂ©lĂ©vision, la radio ainsi que les quotidiens « bouclent » la plupart des sujets au jour le jour. Pour les autres, informez-vous dans un premier temps de leur degrĂ© d’urgence avant de fixer un rendez-vous.

De mĂŞme, ne confondez pas publicitĂ© et information. Certes, Antoine Riboud avait sorti un Carambar de sa poche sur un plateau de tĂ©lĂ©vision, afin de vanter les produits Danone au consommateur. Si un directeur des ressources humaines interrogĂ© sur les perspectives de l’emploi dans son entreprise a peu de chances de doper le chiffre d’affaires, il peut en revanche interpeller des candidats potentiels. De la mĂŞme manière, un directeur financier s’expliquant sur la pĂ©rennitĂ© de sa stratĂ©gie utilisera ce biais pour rassurer les investisseurs.

Enfin, mieux vaut savoir que 80 % de ce que vous direz ne sera pas retenu. « Nous expliquons Ă  nos clients qu’il est souvent frustrant de communiquer avec la presse, indique Florian Silnicki. Il est frĂ©quent qu’une heure d’interview avec un journaliste ne se concrĂ©tise que par quelques lignes dans le journal. » En tĂ©moigne ce chef d’entreprise ayant consacrĂ© une après-midi entière Ă  une Ă©quipe de tĂ©lĂ©vision venue filmer son usine ultramoderne. « J’ai vraiment eu l’impression d’avoir perdu mon temps lorsque j’ai constatĂ© que celle-ci n’apparaissait en dĂ©finitive que quelques secondes Ă  l’antenne », raconte-t-il.

Comment préparer finement le message à diffuser dans les médias ?

Pour tirer le meilleur parti de ses interventions, il est impĂ©ratif de les prĂ©parer. « L’idĂ©al est de se faire prĂ©ciser au tĂ©lĂ©phone le sujet traitĂ© par le journaliste et les informations dont il a besoin, explique Florian Silnicki. Laissez passer au moins dix minutes avant de le rappeler, le temps de rassembler vos idĂ©es », ajoute-t-il.

La raison Ă  cela ? Le « savoir communiquer » est un art. Qui consiste, pour faire simple, Ă  trouver l’Ă©quilibre entre deux impĂ©ratifs. RĂ©pondre clairement aux questions de la presse mais, surtout, faire passer son message. Pour cela, il faut impĂ©rativement l’avoir prĂ©parĂ© Ă  l’avance et ne pas se noyer dans des informations qui ne seront, de toute façon, pas retenues. « L’information prioritaire que nous dĂ©veloppons auprès des journalistes est notre ambition en France », explique Florian Silnicki qui accompagne de nombreuses entreprises Ă©trangères en France.

Enfin, les relations avec la presse ne sont efficaces que si elles sont appréhendées sur le long terme. « Nous savons que les journalistes sont inondés par les communiqués et que retenir leur attention ne se fait pas en un jour », ajoute Florian Silnicki.

Comment apprendre à déjouer les pièges éventuels des journalistes ?

Comment rĂ©agir face Ă  une question difficile ? Par exemple sur le bien-fondĂ© d’un produit lancĂ© Ă  grand renfort de publicitĂ© mais dont les ventes ne dĂ©collent pas… « Il est prĂ©fĂ©rable de jouer la carte de la transparence », explique Florian Silnicki. Inutile ainsi d’affirmer, si vous ĂŞtes face Ă  un journaliste, qu’il n’y a pas de tensions sociales dans votre entreprise. Il se trouvera toujours un syndicat pour dĂ©tailler le mouvement de grève lancĂ© la semaine passĂ©e.

Comprendre en filigrane ce qui intĂ©resse vraiment le journaliste est aussi un impĂ©ratif. « Il y a des questions très orientĂ©es », estime Florian Silnicki. « L’un de mes clients s’est rĂ©cemment senti piĂ©gĂ©. InterrogĂ© sur le passage aux 35 heures dans son entreprise, il a passĂ© deux heures Ă  en dĂ©tailler les modalitĂ©s pratiques. Conclusion : le passage Ă  l’antenne donnait seulement la parole Ă  un salariĂ© mĂ©content de son salaire et l’image de l’entreprise s’en est trouvĂ©e dĂ©gradĂ©e. »

Travailler sa force de persuasion. Convaincre un journaliste, cela s’apprend.

« Vous avez un ton beaucoup trop monocorde, ont assĂ©nĂ© ses conseillers au patron d’une sociĂ©tĂ© de tĂ©lĂ©communications. Si vous n’ĂŞtes pas plus offensif, les investisseurs ne vous Ă©couteront mĂŞme pas. » Difficile Ă  entendre, pour un dirigeant qui introduit son affaire en Bourse…

Sans copier le patron de Compaq, Michael Capellas, qui n’hĂ©site pas Ă  se transformer en rock-star pour sĂ©duire les journalistes, le succès d’une communication dĂ©pend aussi de sa forme. Et, dans ce domaine, c’est l’expĂ©rience qui paie. C’est pourquoi les formations au media-training intègrent des entraĂ®nements en live. Face Ă  une camĂ©ra et Ă  un « faux » journaliste, le dirigeant s’efforce de poser sa voix et de supprimer ses tics de langage. De mĂŞme, attention Ă  ne pas noyer l’interlocuteur sous un flot de paroles ininterrompues.

Bref, tout est une question d’Ă©quilibre. Mais la maĂ®trise de l’exercice de la prise de parole dans les mĂ©dias prĂ©sente de nombreux avantages. Une fois entraĂ®nĂ©, le dirigeant, le sportif ou le politique sera aussi plus Ă  l’aise pour communiquer avec les salariĂ©s, les actionnaires ou encore les syndicats.

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Mediatraining en urgence

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Faire un médiatraining en urgence

Plusieurs cabinets de ministres issus de la société civile se sont discrètement renseignés pour trouver de bons cabinets de médiatraining.

Si Nicolas Hulot ou Jean-Michel Blanquer Ă©taient rodĂ©s aux interventions publiques, certains de leurs collègues n’avaient pas subi l’Ă©preuve du feu mĂ©diatique avant leur nomination.

Cela rappelle que l’histoire de la communication gouvernementale se rĂ©pète. A chaque remaniement gouvernemental, le premier ministre veille Ă  ce que ses ministres puissent bĂ©nĂ©ficier d’une formation en mediatraining afin de pouvoir rĂ©pondre efficacement aux mĂ©dias et apprendre Ă  dĂ©fendre la politique menĂ©e par le Gouvernement.

Cours de mediatraining pour ministres incertains

Un appel d’offre avait Ă©tĂ© lancĂ© pour une formation en communication politique et des cours de mediatraining.

Jean-Pierre Raffarin alors Premier Ministre Ă©tait content de lui. Mais pas de la manière dont communiquaient la plupart de ses ministres. « L’action du Premier ministre Ă©tait parfaitement identifiĂ©e , constatait un de ses conseillers. Le reste est peu lisible. » Matignon, via le service d’information du gouvernement (SIG), avait donc lancĂ© un appel d’offres en direction d’agences spĂ©cialisĂ©es dans le mediatraining comme LaFrenchCom. Trois mois durant et pour un montant de 90 000 euros, ce « dispositif interministĂ©riel » a Ă©tĂ© chargĂ© de former les ministres dĂ©faillants aux techniques audiovisuelles.

Doublure.

Dans les jours qui viennent, le SIG ­en fait Dominique Ambiel, conseiller chargĂ© de la communication auprès du Premier ministre avait choisi l’agence Ă©lue. Trois avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sĂ©lectionnĂ©es, parmi lesquelles, celle de Jean-Claude Narcy, l’ancienne doublure de PPDA sur TF1, devenu responsable des opĂ©rations spĂ©ciales (14 juillet, etc.). Cette formation a Ă©tĂ© ouverte Ă  tous les ministres cancres. Mais pas obligatoire. « Le SIG fournit des outils, prĂ©cise Matignon. A chacun de voir s’il en a besoin ou non. »

Ces mediatrainings comportaient trois temps. “D’abord on teste le ministre , confie un journaliste reconverti dans le training . Ensuite on lui propose des trucs en fonction de ses manques et de ses besoins.” rappelle Florian Silnicki, PrĂ©sident Fondateur de l’agence LaFrenchCom, une agence de communication de crise installĂ©e Ă  Paris. “Enfin, on le teste, grandeur nature.” ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Matignon « propose » ce dispositif Ă  ses ministres. Fin septembre, les plus nĂ©ophytes d’entre eux avaient Ă©tĂ© conviĂ©s par Jean-François CopĂ©, le secrĂ©taire d’Etat chargĂ© des relations avec le Parlement, Ă  visionner des moments forts des joutes oratoires de l’AssemblĂ©e nationale. « Je me souviens surtout que nous avons dĂ©jeunĂ© , rigole l’un de ces ministres «formĂ©s». On apprend surtout sur le tas.

Fonds secrets. Les gouvernements prĂ©cĂ©dents ont Ă©galement fait appel au service de sparring-partners pour ministres. Mais la procĂ©dure Ă©tait moins visible. D’abord parce que la plupart de ces services Ă©taient payĂ©s grâce aux fonds secrets. Depuis que Jospin les a supprimĂ©s, l’appel d’offres est obligatoirement public. Ensuite, parce que le recrutement n’Ă©tait pas collectif. Chaque ministre ayant tout loisir de chercher son mentor. Cette fois, c’est Matignon qui pilote le dispositif. Histoire de s’assurer de l’efficacitĂ© de ces cours de soutien.

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