Retour sur la communication de crise de La Redoute

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Autopsie de la communication de crise de La Redoute.

Après la mise en ligne d’une photo compromettante, les deux leaders de la VAD se livrent un match amical. Erreur ou coup montĂ©? Analyse d’un pro de la communication de crise.

L’enseigne roubaisienne s’en est finalement bien tirĂ©e. La Redoute s’est retrouvĂ©e au centre de l’attention des internautes, après la dĂ©couverte d’un homme nu sur une photo prĂ©sentant des vĂŞtements d’enfants. La photographie fait aussitĂ´t le tour d’internet. DĂ©cryptage de ce «cas de communication de crise» avec Florian Silnicki, le patron de LaFrenchCom, une agence spĂ©cialisĂ©e dans la communication de crise.

Le mea-culpa en communication de crise

«DĂ©sormais, on ne peut plus ne pas rĂ©agir : la technique de l’autruche et du dos rond n’existe plus. L’absence de rĂ©ponse est perçue comme s’il y avait des choses Ă  cacher. C’est une Ă©volution sociĂ©tale oĂą tout doit ĂŞtre expliquĂ©, rationalisĂ©, justifiĂ©.» La Redoute prĂ©sentera rapidement ses excuses. StratĂ©gie gagnante.

Le clin d’oeil des 3 Suisses

Le concurrent de La Redoute rebondira sur le buzz : «C’est Ă©tonnant, ils avaient une sorte de gentlemen agreement : c’est quand mĂŞme un clin d’oeil polĂ©mique.» La Redoute essaiera elle aussi de dĂ©passer le «bad buzz» en invitant les internautes Ă  dĂ©nicher sous forme de jeu d’autres erreurs, cette fois-ci plus consensuelles, comme un crocodile sur des photos. Cette communication de crise est habile. Elle transforme une crise en opportunitĂ©. C’est bien jouĂ© ! 

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Créer le buzz. Et ensuite ?

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CrĂ©er le buzz. Et ensuite ? Les premiers pas, sur les rĂ©seaux sociaux, hĂ©sitent encore et dĂ©jĂ  se dessine le profil d’un nouveau type de consommateurs. Plus actifs, plus rĂ©actifs. Choc culturel et gĂ©nĂ©rationnel, ces espaces libres de discussion, ouverts Ă  tous, rĂ©inventent la relation vendeur-acheteur. Au profit d’un commerce communautaire.

ConnectĂ©s. 2,27 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois sur Facebook dans le monde. Des chiffres difficiles Ă  ignorer pour les marques et les distributeurs.  Pour Florian Silnicki, Expert en communication, «les marques et les enseignes veulent ĂŞtre lĂ  oĂą sont les internautes». Et lorsque la concurrence s’est dĂ©jĂ  positionnĂ©e, impossible, pour les marques, de ne pas y aller sans risquer de perdre de futurs marchĂ©s. Bref, elles n’ont pas vraiment le choix : le commerce de demain sera social ou ne sera pas. Derrière Facebook, de loin le rĂ©seau le plus fĂ©dĂ©rateur et puissant, Groupon, Twitter, Youtube et autres sites comparateurs, sont autant de lieux virtuels oĂą les internautes partagent des informations, et qui explosent sur Internet. Au point que seuls 21% des consommateurs font aujourd’hui davantage confiance Ă  la communication des marques et des distributeurs qu’aux avis des internautes. «Le rĂ©seau social est le nouveau rĂ©seau de confiance des consommateurs», rĂ©sume Florian Silnicki.

Anti communication

Un choc culturel dans le monde du commerce mais, aussi, une rĂ©action Ă  une surinformation qui confine Ă  l’overdose, Ă  l’heure oĂą les marques ont l’embarras du choix pour communiquer avec leurs clients. «Mobile, mail, site Internet, tĂ©lĂ©vision : la quantitĂ© d’informations envoyĂ©es aujourd’hui dĂ©passe la capacitĂ© de traitement de tous les humains rĂ©unis. On est passĂ© d’une situation de raretĂ© de l’information Ă  une surabondance oĂą le consommateur doit filtrer l’information pertinente», constate Florian Silnicki.

En utilisant les rĂ©seaux sociaux comme filtres collaboratifs, le consommateur connectĂ© dĂ©veloppe une forme de rĂ©sistance face au discours institutionnel et une rĂ©elle dĂ©fiance Ă  l’Ă©gard des messages publicitaires. «Au marketing traditionnel, dont ils se mĂ©fient, les internautes prĂ©fèrent un discours plus humain et moins corporate», analyse Florian Silnicki.

Une allergie Ă  la communication qui rĂ©vèle mĂŞme, selon Florian Silnicki, les symptĂ´mes d’une crise des marques : «voir des marques qui empiètent de plus en plus sur ces rĂ©seaux de communication Ă©nerve le consommateur qui prend la parole». De fait : management, logos, dĂ©cisions stratĂ©giques de l’entreprise, lancements et qualitĂ© des produits, campagnes publicitaires… Sur les rĂ©seaux sociaux, les consommateurs ont un mot sur tout. Un bouche Ă  oreille qui, devenu collectif grâce Ă  l’outil informatique, oblige les marques et les distributeurs Ă  montrer patte blanche s’ils veulent trouver leur place. «Les gens ne sont pas lĂ  pour qu’on leur remâche une information commerciale ou de la publicitĂ©, affirme JĂ©rĂ´me Desreumaux, directeur des relations clients d’Auchan. Ce qui les intĂ©resse, c’est de s’amuser et de s’exprimer autour d’une marque». Pour l’ouverture de son dernier magasin Ă  Sarcelles, plutĂ´t que de diffuser un communiquĂ© formel, l’enseigne a postĂ© sur Facebook des photos de la soirĂ©e d’inauguration, les participants verres Ă  la main, accompagnĂ©s des plaisanteries bon enfant des internautes. Une interactivitĂ© inĂ©dite mais pas toujours facile Ă  gĂ©rer par les enseignes qui n’ont pas d’autre choix que d’hĂ©berger les commentaires. Parfois pour le pire.

RĂ©seau de confiance

Des groupes d’internautes ont ainsi fait pression par le passĂ© sur la direction de Cora en rĂ©action au licenciement d’une salariĂ©e qui avait rĂ©cupĂ©rĂ© un coupon de rĂ©duction d’un euro laissĂ© par un client. Une situation de communication de crise qui aurait pu ĂŞtre rĂ©glĂ©e plus tĂ´t si l’enseigne avait alors maĂ®trisĂ© les codes des rĂ©seaux sociaux : rĂ©activitĂ© et transparence. Ă€ l’inverse, Cora n’a pas su rĂ©pondre rapidement aux commentaires sur sa page Facebook et a postĂ© quelques jours plus tard une vidĂ©o chantant les louanges du magasin de Mondelange (Moselle), d’oĂą est nĂ© le scandale. Deux raisons suffisantes, aux yeux des internautes, pour crĂ©er un bad buzz, entachant sĂ©vèrement la rĂ©putation de l’enseigne qui, depuis, prĂ©fère garder le silence sur l’affaire comme sur Internet. «On n’est plus dans une sociĂ©tĂ© oĂą l’on manipule les consommateurs «, affirme Florian Silnicki.

Contrepouvoir des internautes

Quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, il reste une trace quelque part sur Internet, impossible Ă  cacher et ouverte Ă  tous. Un contrĂ´le de l’information qui Ă©chappe aux marques mais qui accorde aux internautes un rĂ©el contrepouvoir. Renversant ainsi les rĂ´les dans la relation acheteur-vendeur, l’internaute a profondĂ©ment modifiĂ© son acte d’achat : devenu un acteur, par rapport Ă  la marque, il demande des comptes sur ses produits, ses valeurs et ses promesses. Et c’est selon ces règles, basĂ©es sur la confiance, que s’instaure le dialogue sur les rĂ©seaux sociaux. Darty a ainsi crĂ©Ă© sur Twitter le «confianciologue» dont le rĂ´le est de rĂ©pondre le plus vite possible Ă  toutes les interrogations des internautes. Aux critiques et aux rĂ©clamations, notamment, auxquelles les marques sont souvent confrontĂ©es, mais qui «permettent d’avoir une problĂ©matique de service client extrĂŞmement fine», souligne Laurent Grenier, directeur de la communication de Darty.

Une remise en question de la part des marques et des distributeurs qui va au-delĂ  de la communication : l’Ă©mergence des espaces sociaux donne, aussi, naissance Ă  de nouveaux mĂ©tiers au sein des groupes. «On ne bâtit pas du neuf sur de l’ancien, commente Olivier Lorrach. Les entreprises doivent, aussi, vivre une rĂ©volution culturelle au niveau de ses ressource humaines et embaucher des digital natifs, des jeunes qui Ă©voluent dans cet univers». La Redoute a, ainsi, crĂ©Ă© un service dĂ©diĂ© Ă  ces nouveaux canaux, constituĂ© de deux community manager qui vont, par le dialogue, nouer des liens de proximitĂ© avec les clientes. Car toutes les marques ne profitent pas du mĂŞme capital sympathie dans le coeur des consommateurs. Si certaines inspirent un certain attachement, pour d’autres, la partie est plus difficile, notamment pour les enseignes de la grande distribution alimentaire (la page Nutella rĂ©unit plus de 280 000 fans contre 1 500 pour E. Leclerc.), qui doivent crĂ©er leur propre communautĂ©.

Essor des communautés

Cliquer sur «j’aime» ne suffit pas. Pour attirer le consommateur sur sa page Facebook, la relation doit ĂŞtre Ă  double-sens. «Les marques se trompent souvent sur les raisons des consommateurs Ă  frĂ©quenter les rĂ©seaux sociaux, raconte Florian Silnicki. Elles s’imaginent très souvent que les consommateurs veulent juste s’informer ou tĂ©moigner leur affection pour un produit alors, qu’en rĂ©alitĂ©, ils sont beaucoup plus pragmatiques». En clair, si l’internaute suit une marque, c’est bien parce qu’il espère, en Ă©change, bĂ©nĂ©ficier d’un traitement de faveur par rapport aux autres. Profiter de services VIP ou avoir accès Ă  des informations exclusives, Ă  l’image d’une carte de fidĂ©litĂ© virtuelle.

Concours, jeux vidĂ©o, places de concerts Ă  gagner font donc partie du quotidien d’une marque pour crĂ©er du trafic sur sa page et inciter le consommateur Ă  devenir son ambassadeur. Ces internautes influents, qui reprĂ©sentent 20% des consommateurs, jouent un rĂ´le clĂ© pour l’image de la marque sur les rĂ©seaux, relayant ses actualitĂ©s et commentant ses produits rĂ©gulièrement. Mines d’or pour le service marketing, les «fans» offrent aussi aux marques une sĂ©rie de donnĂ©es qualitatives et l’accès Ă  l’activitĂ© sociale de leurs rĂ©seaux d’amis.

«Identifier et ĂŞtre identifiĂ©e devient une prioritĂ© pour les marques qui, plus que jamais, dans la masse d’informations qui circulent sur Internet, ont besoin de cibler leurs consommateurs», prĂ©cise Florian Silnicki. C’est notamment le choix qu’a fait Pepsi en s’adressant Ă  une cible très dĂ©finie, les jeunes de banlieues, Ă  travers sa communautĂ© KaĂŻra shopping, plutĂ´t qu’Ă  une majoritĂ© indistincte de consommateurs. Avec un ton dĂ©calĂ©, des codes sociaux et des rituels prĂ©cis, la marque, qui a rĂ©uni 200 000 fans depuis deux ans, s’est construite une identitĂ© Ă  part.

Social commerce

Difficile, pour autant, de trouver l’Ă©quation Ă©conomique directe entre ces communautĂ©s virtuelles et un retour concret sur investissements pour ces marques. Si d’aucune n’arrive encore Ă  Ă©valuer de rĂ©el impact sur ses ventes ou son chiffre d’affaires -»une transformation financière des activitĂ©s sur Facebook n’est pas faisable, aujourd’hui, directement», concède Florian Silnicki – toutes parlent, en revanche, d’un effet bĂ©nĂ©fique global sur leur image et leur relation avec le consommateur.

«Il y a un phĂ©nomène puissant derrière Facebook. Les rĂ©seaux sociaux ne sont qu’une pierre dans une nouvelle forme de commerce communautaire oĂą les fonctionnalitĂ©s sociales deviendront un outil de dĂ©veloppement des ventes sur le rĂ©seau physique et le site de e-commerce», annonce Florian Silnicki. PortĂ©s par des communautĂ©s virales interactives, les rĂ©seaux sociaux participent Ă  la construction d’un commerce social sur-mesure, de Groupon au SoLoMo, intĂ©grant le e-commerce, les technologies mobiles et les rĂ©seaux sociaux. Un nouveau mode de communication dictĂ© par le consommateur, plus jeune, plus rĂ©actif, qui impose ses règles – bousculant au passage celles du commerce traditionnel- et ouvre un champ des possibles. La rĂ©volution communautaire est en marche.

Commerce sur-mesure
SoLoMo. C’est le nouveau buzzword du moment, pour social-local-mobile, incarnĂ© par le rĂ©seau de gĂ©olocalisation sociale Foursquare. Le concept, nĂ© il ya deux ans Ă  San Francisco, repose sur l’Ă©volution des modes de vie : le clivage entre Internet et le monde physique se rĂ©duit et les intĂ©rĂŞts de la masse, Ă  la fois locaux, mobiles et sociaux tendent vers une personnalisation de plus en plus pointue du commerce. Une Ă©volution vers la segmentation propre aux attentes d’une sociĂ©tĂ© de consommation mature. «La communautĂ© uniforme n’existe pas, elle se compose de groupes d’individus, complexes et sociologiquement diffĂ©rents», commente Florian Silnicki. Segmenter les situations de consommation grâce aux interactions avec les autres, c’est l’une des Ă©volutions du social commerce.

Capital sympathie

L’atout gagnant des rĂ©seaux

Love brand ou pas. Certaines marques ont une capacitĂ© Ă  rĂ©unir les «likers», d’autres moins. Etre aimĂ©e est-elle la condition pour rĂ©ussir sur un rĂ©seau social ? En tout cas, pas s’il s’agit de ne pas ĂŞtre dĂ©saimĂ©e. Et mieux vaut travailler son image avant de s’y lancer. Pour optimiser sa relation avec les consommateurs, les marques doivent cultiver leur potentiel d’affectivitĂ©. «La dimension Ă©motionnelle existe et ne doit pas ĂŞtre ignorĂ©e. Une prĂ©fĂ©rence pour une marque repose sur des valeurs pas uniquement rationnelles», affirme Florian Silnicki. Il y a, en effet, un aspect positif dans l’Ă©motion autour d’une marque : la connivence, la qualitĂ© des Ă©changes et la relation avec les consommateurs sont autant de facteurs de succès Ă©conomiques.

«Web natives»

Génération insoumise

Ils ont trente ans et moins, passent plus de temps sur Internet que devant la tĂ©lĂ©vision, ils sont nĂ©s avec Facebook et Twitter : ce sont les web native, une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’internautes qui chamboulent l’ordre et les règles du commerce. Si, aujourd’hui, ces consommateurs technophiles n’effectuent pas vraiment d’achats sur la toile, ils intĂ©ressent dĂ©jĂ  les marques. Pour Jean-Michel Cagin, associĂ© chez OC&C Strategy Consultants : «Facebook a une diffusion gĂ©nĂ©rationnelle et concerne toute une partie de la population qui achètera dans dix ans. Et si les marques n’y sont pas, elles passeront Ă  cĂ´tĂ© de ces ventes». Cette utilisation très segmentante des rĂ©seaux sociaux a ses limites, car il reste difficile, pour les marques, de toucher les plus de trente ans. A elles, donc, de bien dĂ©finir leur cible de consommateurs.

CHIFFRES
Baromètre de la confiance des consommateurs

  • 21 % des Français font confiance aux marques pour un retour honnĂŞte sur les produits.
  • 42 % prĂ©fèrent se fier Ă  leur famille ou amis.
  • 23 % suivent les critiques d’autres clients
  • 14 % suivent les avis d’experts.
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Perspectives de la gestion des crises alimentaires

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communication de crise

Gestion de crises alimentaires : quelles perspectives pour les opérateurs européens ?

“Qu’il s’agisse de la crise liĂ©e Ă  la prĂ©sence de viande de cheval dans des lasagnes, Ă  la crise liĂ© au fipronil sur des Ĺ“ufs ou la crise liĂ©e Ă  la salmonelle dans des laits infantiles, les dernières crises sanitaires ont Ă  nouveau bousculĂ© le paysage alimentaire europĂ©en. Elles ont mis en lumière la longueur et la complexitĂ© de la chaĂ®ne de production agroalimentaire.” affirme Florian Silnicki, Expert en communication de crise et fondateur de l’agence LaFrenchCom.

“La judiciarisation de ces crises a Ă©galement soulevĂ© de nombreuses interrogations quant Ă  gestion de la rĂ©putation liĂ©e notamment Ă  la rĂ©partition des responsabilitĂ©s entre les diffĂ©rents acteurs de la chaine alimentaire et quant Ă  l’absence d’harmonisation europĂ©enne des rĂ©gimes de responsabilitĂ© et des contrĂ´les officiels, qui relèvent toujours exclusivement de la compĂ©tence des États membres.” ajoute Florian Silnicki.

I. Le cadre de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires en Europe

La libre circulation des produits alimentaires a constitué très tôt un facteur de développement du marché intérieur européen. Son principe a été consacré dans les traités fondateurs, mais c’est la jurisprudence de la cour de Justice de l’Union européenne qui a largement contribué à la reconnaissance mutuelle des normes de production et de commercialisation entre les États membres.

La seconde grande étape de la construction du droit alimentaire a eu lieu dans les années 2000, à la suite de la grande crise sanitaire européenne de la vache folle, lorsque a été adoptée une nouvelle législation alimentaire harmonisée, que nous pouvons qualifier de nouvelle approche intégrée.

En effet, depuis lors, de la fourche à la fourchette, l’alimentation humaine et animale est couverte par le établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires(1).

Ce texte constitue la pierre angulaire du droit européen de l’alimentation, mais aussi de la libre circulation des denrées. Il prend en compte tous les aspects de la chaîne de production et couvre chaque élément pouvant avoir un impact potentiel sur la sécurité des denrées alimentaires, à partir de la production primaire et de la production d’aliments pour animaux jusqu’à la vente ou la fourniture des denrées alimentaires au consommateur final(2).

Les principes généraux qui régissent désormais ce secteur, forment un cadre général de nature horizontale, sous-tendu par un principe général de sécurité des denrées alimentaires : « aucune denrée alimentaire n’est mise sur le marché si elle est dangereuse » (3).

Néanmoins, plus de douze ans après l’entrée en vigueur de ce texte européen, de nouvelles crises sanitaires continuent de survenir et la question de sa révision devient de plus en plus d’actualité.

Ă€ l’échelle nationale, certains cas rĂ©cents, tels que l’affaire du lait infantile contaminĂ©(4), ont donnĂ© lieu Ă  un dĂ©bat public sur la – mauvaise – gestion des crises sanitaires par les opĂ©rateurs, comme par les États membres. Ă€ ce titre, une commission d’enquĂŞte parlementaire chargĂ©e de tirer les enseignements de cette affaire et d’étudier, Ă  cet effet, les dysfonctionnements des systèmes de contrĂ´le et d’information, de la production Ă  la distribution, et l’effectivitĂ© des dĂ©cisions publiques, a Ă©tĂ© constituĂ©e en mars 2018, et a rendu publics son rapport et ses (5).

Au niveau européen, la commission européenne a lancé, en 2014, un « programme pour une réglementation affûtée et performante » (REFIT) afin d’examiner la pertinence et l’efficacité de la législation alimentaire dans son ensemble, pour éventuellement la réformer. Son bilan de qualité a été publié le 15 janvier 2018, exposant des résultats positifs en ce qui concerne la pertinence des textes, mais ciblant des divergences dans l’application de la réglementation à l’échelle nationale.

Mais en pratique, la sécurité sanitaire des aliments relève, en premier lieu, de la responsabilité des exploitants du secteur alimentaire, qui sont soumis à une réglementation contraignante. Face à des normes complexes et évolutives, le suivi et la compréhension du cadre juridique, tant européen que national, sont donc devenus un enjeu primordial pour tout opérateur de la chaîne alimentaire.

II. La sécurité sanitaire des aliments et le droit de l’Union européenne : de la prudence à la précaution

La sécurité sanitaire des aliments repose sur la notion de risques, définie comme « une fonction de la probabilité et de la gravité d’un effet néfaste sur la santé, du fait de la présence d’un danger » .

L’analyse des risques est l’élément essentiel qui permet de déterminer des mesures efficaces, proportionnées et ciblées, ou d’autres actions, pour protéger la santé et notamment réduire, éliminer ou éviter un risque qui pèserait sur elle.

En effet, la restriction à la mise sur le marché de denrées alimentaires constitue une entrave à la libre circulation de ces marchandises sur le territoire de l’Union européenne. Elles doivent donc être dument justifiées comme visant à protéger la santé humaine ou animale.

Ce processus d’analyse doit être méthodologique et systématique. Il repose donc sur le triptyque : « évaluation des risques, gestion de crise, communication de crise» (6).

A – L’évaluation des risques

Menée de manière indépendante, objective et transparente, l’évaluation permet l’anticipation du risque. Elle est fondée sur les preuves scientifiques disponibles, fournies notamment par les exploitants du secteur alimentaire qui souhaitent placer des denrées sur le marché européen (il en est ainsi par exemple pour les aliments nouveaux ou les produits phytopharmaceutiques).

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) joue ainsi un rôle de premier plan dans l’évaluation préalable à la mise sur le marché par exemple de certaines substances, telles que les additifs alimentaires ou les aliments nouveaux.

Dans le cadre du REFIT, la commission européenne a estimé qu’il convenait de renforcer la transparence, la fiabilité et l’indépendance des études servant de base aux évaluations de l’EFSA tout en protégeant les informations commerciales auxquelles il est justifié de réserver un traitement confidentiel.

En effet, bien que le règlement n o 178/2002 protège le secret professionnel, le principe de transparence doit également s’appliquer, dans une certaine mesure, aux opérateurs de la chaîne agroalimentaire(7). Il en est ainsi pour la mise en œuvre de l’obligation de retrait ou de rappel. Or dans son rapport du 19 juillet 2018, la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire du lait infantile contaminé a souligné la gestion atypique de cette crise en identifiant « un manque d’anticipation manifeste et une évaluation des risques à l’évidence assez défaillante » , lié notamment à un manque de transparence et de communication(8). Elle propose à ce titre de renforcer les garanties d’indépendance des laboratoires d’analyse dans le cadre des autocontrôles(9).

B – La gestion des risques et la gestion des crises

La gestion des risques tient évidemment compte de l’évaluation (scientifique) des risques, mais dans certains cas, celle-ci ne peut, à elle seule, fournir toutes les informations sur lesquelles une décision de gestion des risques doit se fonder.

D’autres facteurs pertinents doivent légitimement être pris en considération, notamment des facteurs sociétaux, économiques, traditionnels, éthiques et environnementaux, ainsi que la faisabilité des contrôles(10).

C’est à ce stade que l’article 7 du règlement CE n o 178/2002 applique le principe de précaution à la sécurité des aliments. En cas de doutes sur la sécurité d’une denrée, et notamment « dans des cas particuliers où une évaluation des informations disponibles révèle la possibilité d’effets nocifs sur la santé, mais où il subsiste une incertitude scientifique » , des mesures provisoires de gestion du risque doivent être adoptées, telles que les décisions de retrait-rappel (voir infra)(11).

Bien que ce type de mesures soit susceptible de paralyser une filière de production, dans son intégralité, la neutralisation des risques à titre préventif devient une obligation pour les opérateurs et couvre tous types de risques.

C – La communication sur les risques et la communication de crise

Lorsque l’exploitant soupçonne qu’une denrée ne répond pas aux prescriptions relatives à la sécurité des denrées alimentaires, il doit tout mettre en œuvre pour que celle-ci ne puisse plus être consommée.

En cas de doute « raisonnable », il est donc le premier responsable de la communication des risques auprès des consommateurs.

Néanmoins, les autorités nationales constituent un relais important et doivent être informées. Une mauvaise circulation de l’information entre acteurs publics et privés constitue bien souvent une source de blocage en cas de crise.

À titre d’illustration, mettant en avant les lacunes de gestion qui ont mené à la crise du lait infantile, le rapport de la commission d’enquête parlementaire précité propose plusieurs mesures afin d’améliorer l’accessibilité des informations utiles au public en cas d’alerte sanitaire, d’une part, et de faire des consommateurs des acteurs de la sécurité sanitaire en France, d’autre part, via la création d’un site internet unique.

Les trois volets de l’analyse des risques sont ainsi interconnectés et impliquent tant les exploitants du secteur alimentaire que les autorités publiques. Il convient alors d’étudier la répartition des rôles entre ces différents acteurs, dans la gestion des risques, mais également lors de la gestion des crises, ainsi que les responsabilités qui en découlent, afin de déterminer clairement le rôle des opérateurs dans la garantie de la sécurité des denrées.

III. La responsabilité des opérateurs du secteur alimentaire : une obligation de résultat

Une denrée alimentaire est dite dangereuse si elle est considérée comme préjudiciable à la santé ou impropre à la consommation humaine, selon l’article 14 du précité. Il s’agit, en réalité, d’une obligation négative, celle de ne pas mettre en circulation des denrées qui pourraient être considérées comme dangereuses.

Les opérateurs de la chaîne de production agroalimentaire sont les premiers responsables de la conformité de leurs produits aux normes sanitaires qui garantissent cette sécurité. Dès lors qu’une denrée est conforme, elle est considérée comme sûre. Mais il s’agit d’une présomption simple de sécurité et la « compliance » n’exclut pas que la responsabilité d’un industriel soit engagée, même en l’absence de faute.

A – La responsabilitĂ© primaire des opĂ©rateurs

La législation alimentaire européenne considère qu’un exploitant du secteur alimentaire est le mieux à même d’élaborer un système sûr de fourniture de denrées alimentaires et de faire en sorte que les denrées alimentaires qu’il fournit ne sont pas dangereuses. C’est donc à lui qu’incombe la responsabilité juridique primaire de veiller à la sécurité des denrées qu’il met sur le marché(12).

En outre, la « compliance » est un outil juridique essentiel pour les exploitants. Cette notion – difficile Ă  traduire en français – s’entend comme le respect de l’ensemble des normes sanitaires applicables, et la vĂ©rification que toutes les denrĂ©es produites y soient conformes avant d’être placĂ©es sur le marchĂ©. Ă€ ce titre, le respect des principes de la mĂ©thode « hazard analysis critical control point » (HACCP ou analyse des dangers et maĂ®trise des points critiques) constitue l’une des bases du règlement CE n o 852/2004 relatif Ă  l’hygiène des denrĂ©es alimentaires(13).

La mise en œuvre de ces principes permet d’identifier les dangers biologiques, chimiques ou physiques susceptibles d’affecter une denrée alimentaire dans l’unité de préparation considérée, d’en déduire les risques à prendre en compte et de mettre en œuvre des mesures permettant de les prévenir.

Cette méthode de maîtrise des risques, créée dans les années 1950 par un organisme dépendant de la NASA, puis introduite en droit européen en 1993, permet de déterminer des points critiques de maîtrise, d’y appliquer des procédures de surveillance et des actions correctives à mettre en œuvre en cas de perte de maîtrise(14).

En application de telles procédures, les professionnels sont donc soumis à une obligation de résultat. Ils doivent tout mettre en œuvre pour garantir que le produit fini présente toute la sécurité attendue. À défaut, ils engagent leur responsabilité, peu importe que les procédures aient été respectées ou non.

En pratique, l’enjeu est de taille et nécessite la mise en place d’un système d’autocontrôles efficaces, sur la totalité de la chaîne de production, ainsi que sur les produits finis.

De telles démarches dépendent cependant du niveau de risque, de la taille de la production, ou encore de la nature spécifique de l’activité de l’opérateur. Le personnel de l’entreprise doit être impliqué et participer à l’identification de la provenance et de la gravité du risque. Néanmoins, cette analyse peut se heurter à d’importantes difficultés méthodologiques susceptibles d’en compromettre la fiabilité.

Aussi différents outils ont été développés, afin notamment d’adapter les procédures, aux spécificités de chaque entreprise.

L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a ainsi proposé une approche simplifiée de gestion de la sécurité des aliments dans les commerces de détail, tels qu’épiceries, boucheries ou boulangeries, comprenant des lignes directrices sur la manière d’identifier les dangers biologiques, chimiques ou physiques les plus pertinents, à chaque étape du processus de production, sur les activités ou pratiques qui favorisent les risques, ainsi que sur les mesures de contrôle appropriées(15).

Cependant, à la suite de l’affaire du lait infantile, les parlementaires nationaux se sont penchés sur l’efficacité des autocontrôles et ont proposé aussi une série de mesures pour renforcer la transparence des autocontrôles. Outre l’indépendance des laboratoires, ils envisagent l’obligation pour ces derniers de transmettre directement les autocontrôles positifs (contextualisés) aux autorités publiques(16). De même, des sanctions spécifiques pourraient être imposées en cas de manquements(17).

B – Un rĂ©gime de responsabilitĂ© complexe

Les différentes crises sanitaires ont également été portées devant la justice. En effet, en cas de mise sur le marché d’une denrée dangereuse pour la santé, l’opérateur engage sa responsabilité envers les victimes (volet civil), mais également envers la société (volet pénal).

Cependant, aucun régime de responsabilité n’étant défini par la législation européenne, en dehors de la responsabilité du fait des produits défectueux, le régime applicable relève du droit national.

→ 1. Une responsabilité civile sans faute

En France, la responsabilité civile de l’opérateur pourra être engagée par les victimes sur divers fondements, notamment le droit des contrats ou la responsabilité délictuelle pour faute.

Mais la sécurité sanitaire des aliments relève aussi de la sécurité générale des produits, au sens de la directive CE n o 85/374 du 25 juillet 1985 sur la responsabilité du fait des produits défectueux, qui instaure un régime de responsabilité sans faute du producteur en cas de défaut de sécurité du produit mis sur le marché(18).

En effet, lorsque des produits sont couverts par des prescriptions de sécurité spécifiques imposées par la législation européenne, la directive précitée s’applique seulement pour les aspects et les risques, ou catégories de risques qui ne sont pas couverts par ces prescriptions, à savoir le régime de responsabilité des opérateurs(19).

Ainsi un opérateur ne pourra se dégager de sa responsabilité sans faute, qu’en prouvant que le défaut de la denrée ne lui est pas imputable. En pratique, la démonstration de l’imputabilité du défaut, à l’un ou l’autre, des acteurs de la chaîne alimentaire, semble donc très délicate et susceptible de faire peser plus de charges sur certains opérateurs que sur d’autres, au mépris de la solidarité des acteurs d’une filière, ou de la loyauté des transactions commerciales.

Enfin, lorsque plusieurs consommateurs sont victimes d’un même manquement, une action de groupe peut être engagée à l’encontre d’une entreprise, via une association de consommateurs agréée(20). La commission d’enquête parlementaire a suggéré d’ouvrir cette possibilité aux associations de victimes nouvellement constituées.

Néanmoins, afin d’éviter toute dérive, la judiciarisation des crises sanitaires nécessite un encadrement strict.

→ 2. Une responsabilité pénale

La responsabilité pénale de l’entreprise : l’élément moral

Outre les actions que peuvent engager les victimes à l’encontre des opérateurs de la chaîne alimentaire, ces derniers peuvent faire l’objet de poursuites pénales suite aux constats effectués par les autorités de contrôle.

Le fondement traditionnel est le délit de fraude et de falsification des denrées alimentaires. Il est puni d’une lourde peine d’amende, dont le montant peut être porté – de manière proportionnée aux avantages tirés du délit – à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel de l’entreprise calculé sur les 3 derniers CA annuels connus à la date des faits. Le délit nécessite que la preuve de l’élément moral dans la commission de l’infraction soit rapportée, telle que la mauvaise foi ou la négligence grave du prévenu(21).

En l’absence d’une telle intention, la responsabilité de l’opérateur pourra aussi être engagée sur le fondement de l’article 121-3 du code pénal, en cas de faute d’imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s’il est établi qu’il n’a pas accompli les diligences normales.

Ces diligences sont appréciées au regard de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait au moment des faits.

En réalité, s’agissant des problématiques de sécurité sanitaire des aliments, la seule constatation de la violation en connaissance de cause d’une prescription légale ou réglementaire, implique l’intention coupable. Or, lorsqu’il s’agit d’un professionnel, la violation de la loi est nécessairement commise en connaissance de cause, sauf à ce que l’opérateur établisse une erreur de fait.

La responsabilité au sein de l’entreprise : la délégation

En droit français, c’est essentiellement le dirigeant de l’entreprise qui est présumé responsable.

En raison de la complexité des normes et du nombre de spécialités qui cohabitent dans l’entreprise, la jurisprudence a admis le fait que celui-ci puisse déléguer sa responsabilité, en matière d’hygiène et de sécurité, à des responsables d’exploitation ou des responsables de service.

Pour autant, les modalités de la délégation ne sont pas spécifiquement encadrées. Pour être effective, elle doit se faire notamment en fonction des compétences, des moyens et du pouvoir effectif du délégué dans l’entreprise.

La commission d’enquête parlementaire « Lait infantile contaminé » a cependant proposé de réglementer la délégation afin de limiter la possibilité d’une exonération totale du chef d’entreprise en cas de crise sanitaire grave(22).

En ce qui concerne les autres salariés de l’entreprise, les personnes physiques qui n’ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis sa réalisation, ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsables pénalement(23).

Dans ce cas, il est nécessaire de démontrer que la personne a violé de façon manifestement délibérée, une obligation particulière de prudence ou de sécurité, ou qu’elle a commis une faute caractérisée ; et que ce manquement exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient ignorer(24).

Néanmoins, les crises sanitaires se limitent de plus en plus rarement aux frontières d’un seul pays. Les exploitants du secteur alimentaire, présents sur plusieurs pays, sont donc amenés à être jugés par différentes juridictions, selon des régimes différents, ce qui entraine un aléa en matière de sécurité juridique.

IV. Les contrôles officiels : clé de voute de la protection du consommateur

A – Une action administrative prĂ©ventive dĂ©finie Ă  l’échelle europĂ©enne

En 2013, l’affaire de la viande de cheval avait éveillé les consciences quant à l’internationalisation du marché alimentaire et les risques sanitaires qu’elle pouvait engendrer pour les consommateurs européens.

Les carences du système de contrôles à l’échelle européenne avaient alors été pointées du doigt. La commission européenne a réagi à ce besoin d’harmonisation en proposant, dès mai 2013, une proposition de nouveau règlement relatif aux contrôles officiels (25).

Compilant et réformant près de 25 textes européens, le nouveau règlement UE n o 2017/625 du 15 mars 2017 établit, à compter du 14 décembre 2019, un cadre unique d’organisation des contrôles officiels et d’autres activités officielles, tout au long de la chaîne alimentaire, en tenant compte des normes de contrôle prévues par les législations spécifiques(26).

Il s’agit de mettre en place un système de contrôles officiels, mais également d’autres activités appropriées selon les circonstances, y compris des activités de communication publique, de surveillance ainsi que d’autres activités de contrôle couvrant toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution.

Cela implique aussi la fixation de mesures et de sanctions applicables en cas de violation de la législation alimentaire, qui doivent être effectives, proportionnées et dissuasives.

En outre, le nouveau règlement prévoit la mise en place, dans les États membres, d’une redevance sanitaire supportée par les exploitants, afin de faire participer tous les professionnels du secteur alimentaire.

Tirant également sur ce point, les leçons de la crise du lait infantile contaminé et constatant que la contribution des professionnels au dispositif de contrôle est bien plus faible en France que dans d’autres pays de l’Union européenne, la commission d’enquête parlementaire a proposé de mettre en œuvre cette redevance unique, dans les meilleurs délais, en France. (27).

B – Une mise en Ĺ“uvre Ă  la charge des autoritĂ©s nationales

La législation européenne laisse aux États membres la charge d’assurer l’application effective des prescriptions du nouveau règlement relatif aux contrôles officiels, à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution(28).

Les nouvelles dispositions favorisent une approche axée sur les risques. Les autorités nationales sont invitées à tenir compte des risques identifiés, mais le règlement laisse également à leur charge, la lourde responsabilité d’identifier d’autres informations qui indiqueraient la probabilité que le consommateur soit induit en erreur, ainsi que les antécédents de l’opérateur, la fiabilité de ses autocontrôles et « toute information donnant à penser qu’un manquement » aux règles applicables, pourrait avoir été commis.

Plus le risque avéré, ou probable, est important, plus les autorités de contrôles ont de la latitude pour contrôler sévèrement les entreprises.

Le système de contrôles français a été mis en place dès la loi de 1905 sur les fraudes et falsifications, dont les dispositions ont été reprises, depuis, dans le code de la consommation(29). Ce texte réprimait initialement la tromperie et la falsification(30). Il a, peu à peu, trouvé à s’appliquer aux manquements en matière d’hygiène et de sécurité des denrées alimentaires susceptibles de porter atteinte à la santé du consommateur.

Aujourd’hui, les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), rattachée au ministère chargé de l’Économie, sont habilités à rechercher et constater les infractions, ou les manquements à la législation alimentaire française et européenne(31).

Leur action est complétée par les contrôles de la direction générale de l’alimentation (DGAL), rattachée au ministère chargé de l’Agriculture, qui est en charge de la production en amont et ainsi que par ceux des directions départementales de la protection des populations (DDPP), placées sous l’autorité du préfet, qui contrôlent les produits mis sur le marché(32).

Cette « inter-ministérialité » garantit l’efficacité des contrôles et la constatation des infractions à tous les stades(33). Néanmoins elle soulève, en pratique, des interrogations quant au rôle exact de chaque entité, ainsi qu’en ce qui concerne la possibilité de contester les actes et les sanctions qu’elles peuvent être amenées à prononcer, notamment dans le cadre d’un recours hiérarchique(34).

C – Vers des contrĂ´les europĂ©ens ?

Le contrôle du respect effectif de la réglementation alimentaire dépend étroitement des autorités nationales. La commission européenne n’a qu’un pouvoir d’audit et de recommandations(35).

Ainsi, dans le cadre de son évaluation de la législation alimentaire, elle a pointé du doigt les variations existantes entre les États membres, susceptibles de créer des distorsions de concurrence. Par exemple, certaines autorités ne prennent pas en compte les autocontrôles, ce qui représente pourtant des coûts importants pour les opérateurs.

Aussi le développement de la coopération entre autorités nationales, par le biais, notamment, des agences européennes de lutte contre la criminalité, est vivement encouragé.

En 2017, l’opération Opson VI, une initiative conjointe d’Europol-Interpol pour lutter contre les aliments et boissons de contrefaçon, a invité les autorités nationales de 21 États membres à mettre en place un programme de lutte anti-fraude, et a ainsi permis la saisie de plus de 13,4 tonnes de denrées alimentaires potentiellement nocives.

Une telle opération fait écho au système informatique mis en place par le nouveau règlement sur les contrôles officiels (information management system for officiel controls, IMSOC) qui permettra à toutes les autorités de contrôles d’accéder à l’ensemble des données sur les contrôles et renforcera les mécanismes de coopération entre États membres pour lutter contre les infractions transfrontalières(36).

L’échange d’informations et de bonnes pratiques devrait permettre un rapprochement des procédures de contrôles entre les différentes (et multiples) autorités nationales compétentes, de manière à garantir aux opérateurs du secteur alimentaire davantage de sécurité juridique quant au respect des normes et l’engagement de leur responsabilité en cas de manquement.

V. La gestion de crises sanitaires : réactivité et partage des responsabilités

La législation alimentaire revêt, principalement, un caractère préventif. Néanmoins, le risque « zéro » n’existant pas, en cas de contamination, son effectivité tient principalement à la mise en place d’une procédure « réactive » afin de limiter l’étendue des risques. Tous les principes applicables doivent ainsi converger de manière à retirer le produit dangereux de la circulation et protéger le consommateur.

C’est à l’industriel, en premier lieu, de donner l’alerte et de prendre toutes les décisions relatives à la sécurité du consommateur. Les services de l’État assistent, cependant, les opérateurs, dans la gestion de la crise, afin de protéger au mieux le consommateur en limitant les dommages subséquents. Cela soulève néanmoins des questions quant à la répartition des responsabilités entre acteurs privés et acteurs publics.

A – Le suivi des denrĂ©es, de la traçabilitĂ© aux procĂ©dures de retrait-rappel

Tout d’abord, afin de réagir efficacement en cas de crise, l’exploitant du secteur alimentaire doit être en mesure de retracer toutes les étapes de la transformation d’un produit. En pratique, il s’agit de centraliser le nom du produit, le, ou les, numéros de lots concernés, la, ou les, dates limites d’utilisation et la liste des clients livrés. L’unité de référence est le lot : lorsqu’une denrée dangereuse fait partie d’un lot ou d’un chargement de denrées de la même catégorie ou correspondant à la même description, il est présumé que la totalité de ce lot ou chargement, est dangereuse, à moins qu’une évaluation détaillée ne montre qu’il n’y a pas de preuves que le reste du lot, ou chargement, soit dangereux(37).

La mise en œuvre de l’obligation de traçabilité représente, certes, une charge administrative lourde pour les exploitants. Il s’agit néanmoins de la méthode la plus efficace pour permettre aux exploitants de cibler et donc de limiter la quantité de denrées qui devront être retirées du marché en cas de doute sur leur sécurité(38).

En effet, en fonction du risque identifié par l’exploitant, la législation européenne instaure une gradation des mesures à prendre pour remédier à la situation. Trois niveaux peuvent être identifiés : blocage interne, retrait et rappel.

Lorsque qu’il exerce encore un contrôle direct sur la denrée, le premier exploitant doit appliquer les procédures de maîtrise prévues par la mise en œuvre des principes de la méthode HACCP. Ainsi lorsque qu’un CCP s’avère être hors des limites prévues pour la maitrise (par exemple le barème de stérilisation prévu n’a pas été respecté), les produits correspondants doivent être bloqués en interne et bien évidemment non mis sur le marché. Cette décision interne, à l’image d’un autocontrôle, permet d’éviter la mise en circulation d’un, ou de plusieurs lots identifié(s) comme dangereux au sein même de l’établissement de production. Il s’agit en pratique du cas le plus courant, et le moins grave, car la denrée est bloquée en amont de sa mise sur le marché. Il n’est donc pas nécessaire de divulguer l’information(39).

En revanche, lorsque la denrée identifiée comme dangereuse ne se trouve plus sous son contrôle direct, le premier exploitant du secteur alimentaire est tenu d’engager immédiatement les procédures de retrait du marché de la denrée alimentaire en question, en application de l’article 19 du règlement CE n o 178/2002 et d’en informer les autorités compétentes.

Enfin, lorsque ces mesures sont insuffisantes pour éviter la consommation de la denrée et que celle-ci peut avoir atteint le consommateur, l’exploitant est tenu de rappeler les produits. Cette mesure est bien plus contraignante car elle répond à un risque plus grave pour la santé des consommateurs.

Le choix de la mesure à prendre relève de la libre appréciation de l’opérateur concerné. Cependant, les autres acteurs de la chaîne, notamment les distributeurs, sont tenus de coopérer en participant aux procédures et en transmettant les informations nécessaires pour retracer le cheminement des denrées(40).

À ce titre, la question se pose aujourd’hui de savoir si le distributeur peut élargir une opération de retrait-rappel, en cas de doute sur les lots, à la totalité d’une référence, voire d’une marque. En effet, une telle décision pourrait être sujette à contestation au regard de l’interdiction de rupture brutale des relations commerciales(41).

Enfin, dans le cadre du REFIT, la commission européenne a identifié des variations importantes concernant l’obligation de retrait entre les États membres, ce qui constitue une difficulté supplémentaire importante pour les opérateurs.

B – L’alerte au cĹ“ur du dĂ©bat

Comme exposé au § A ci-dessus, lorsqu’il considère, ou a des raisons de penser, qu’une denrée alimentaire qu’il a mise sur le marché, peut être préjudiciable à la santé humaine, tout exploitant doit en informer les autorités compétentes. Cette information doit être immédiate et préciser les mesures mises en œuvre pour prévenir les risques pour le consommateur final.

La cour de Justice de l’Union européenne a élargi la portée de cette communication au-delà des risques sanitaires, en précisant que l’article 10 du règlement CE n o 178/2002 n’interdit pas aux pouvoirs publics d’informer les citoyens lorsqu’une denrée alimentaire est simplement impropre à la consommation humaine, tout en n’étant pas, au sens strict, préjudiciable à la santé(42).

Les opérateurs sont également tenus d’une obligation de collaboration avec les autorités compétentes en ce qui concerne les actions engagées pour éviter ou réduire les risques.

En d’autres termes la bonne circulation de l’information dépend étroitement de la sensibilité d’une alerte et de la fiabilité de l’opérateur.

Aussi les services de l’État peuvent être amenés à intervenir dans le lancement d’alerte, lorsque l’alerte est donnée par un pays étranger, lorsque la distribution est très étendue et que le risque sanitaire est élevé, ou encore, lorsque l’exploitant est défaillant.

En France, plusieurs entités officielles interviennent au niveau central comme au niveau local, mais la répartition de leurs compétences respectives reste peu lisible et l’information peut ainsi être fragmentée voire incomplète(43).

Dans tous les cas, les autorités nationales ont l’obligation, lorsqu’un risque sanitaire grave est détecté, d’informer la commission européenne par l’intermédiaire de la plateforme d’alerte « Rapid Alert System for Food and Feed » (RASFF), ainsi que les autres États membres sur les produits concernés et les mesures mises en place.

Ce mécanisme permet efficacement de limiter l’étendue de ces crises à l’échelle européenne. Cependant, des imperfections subsistent, selon la commission européenne, quant aux différences nationales en matière de publicité des informations concernant les incidents de sécurité des aliments(44).

Conclusion : une législation qui tente de tirer les enseignements de chaque crise

La législation alimentaire européenne fait peser une très lourde responsabilité sur les exploitants du secteur alimentaire.

Mais les autorités publiques assument aussi une part de responsabilité, dans la conduite des contrôles officiels, comme dans le relais de l’information en cas de crise.

Il convient, à chaque crise, d’en tirer les leçons afin non seulement de regagner la confiance du consommateur, mais surtout d’éviter sa « récurrence ».

Cependant, l’identification et la répartition des responsabilités, à la fois entre les opérateurs, au sein de l’entreprise, mais aussi au sein des différentes instances publiques nécessitent, aujourd’hui plus que jamais, un suivi attentif de l’application de la législation à chaque étape de la chaîne de production et de distribution alimentaire.

Or, ce corpus réglementaire est loin d’être figé.

Ainsi, le législateur national peut vouloir combler les carences révélées lors de certaines crises emblématiques, telles que l’affaire du lait infantile contaminé. Dans le même temps, les institutions européennes entendent procéder à une réforme globale de la législation européenne alimentaire qui couvre, outre la réforme de l’EFSA, l’efficacité des contrôles, la gestion des crises et l’information du consommateur.

L’engagement de ne placer sur le marché européen que des denrées sûres, constitue, dans ces conditions, un enjeu de taille pour l’ensemble des opérateurs de la filière et suppose une parfaite connaissance, à date, de toutes les règles à respecter, de la fourche à la fourchette.

  • Note(s) :
    (1) Règlement CE n o 178/2002 du Parlement européen et du conseil du 28 janvier 2002 (JOCE 1 er févr., n o L 31) établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l’Autorité européenne de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires
  • (2) Règl. CE n o 178/2002, considĂ©rant n o 12
  • (3) Règl. CE n o 178/2002, art. 4, § 2 et 14 et CJUE, Aff. C-282/15, 19 janv. 2019, § 49
  • (4) Voir Éclairage du n o 378 de La revue Lamy Droit Alimentaire, fĂ©vr. 2018, p. 5
  • (5) AssemblĂ©e nationale (quinzième lĂ©gislature), rapport fait au nom de la commission d’enquĂŞte chargĂ©e de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis et d’étudier Ă  cet effet les dysfonctionnements des systèmes de contrĂ´le et d’information, de la production Ă  la distribution, et l’effectivitĂ© des dĂ©cisions publiques (19 juillet 2018, n o 1179) ; de mĂŞme, le SĂ©nat a Ă©laborĂ© plusieurs propositions sur les procĂ©dures de retrait et de rappel des produits alimentaires prĂ©sentant un risque sanitaire dans un rapport d’information n o 403 (2017-2018), publiĂ© le 5 avril 2018.
  • (6) Règl. CE n o 178/2002, considĂ©rant 17
  • (7) Règl. CE n o 178/2002, art. 52 (règles de confidentialitĂ© applicables au système d’alerte rapide) et CJUE, Aff. C-636/11, 11 avr. 2013
  • (8) AssemblĂ©e nationale rapport prĂ©citĂ©
  • (9) Ibid, proposition n o 24
  • (10) Règl. CE n o 178/2002, considĂ©rant 19
  • (11) Dans l’attente d’autres informations scientifiques en vue d’une Ă©valuation plus complète du risque
  • (12) Règl. CE n o 178/2002, 30 e considĂ©rant
  • (13) Règlement CE n o 852/2004 du Parlement europĂ©en et du conseil du 29 avril 2004 relatif Ă  l’hygiène des denrĂ©es alimentaires
  • (14) Directive CE n o 93/43 relative Ă  l’hygiène des denrĂ©es alimentaires
  • (15) EFSA, 2 mars 2017, Hazard analysis approaches for certain small retail establishments in view of the application of their food safety management systems,
  • (16) AssemblĂ©e nationale, rapport prĂ©citĂ©, proposition n o 31 et SĂ©nat, rapport d’information n o 403 (2017-2018), proposition n o 3
  • (17) AssemblĂ©e nationale, rapport prĂ©citĂ©, proposition n o 29
  • (18) Directive CE n o 2001/95 du Parlement europĂ©en et du conseil du 3 dĂ©cembre 2001 (JOCE 15 janv. 2002, n o L 11) relative Ă  la sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale des produits
  • (19) Dir. CE n o 2001/95, art. 1.2 ; par exemple, le dĂ©faut de sĂ©curitĂ© peut ĂŞtre caractĂ©risĂ© par un dĂ©faut extrinsèque du produit en cas de mention insuffisante de ses effets indĂ©sirables : CA Paris, PĂ´le 2, ch. 5, 15 mai 2018, n o 16/11001
  • (20) C. consom., art. L. 623-1 et suivants
  • (21) La falsification d’une denrĂ©e alimentaire est constituĂ©e par le recours Ă  un traitement illicite et non conforme Ă  la rĂ©glementation en vigueur de nature Ă  en altĂ©rer la substance
  • (22) AssemblĂ©e nationale, rapport prĂ©citĂ©, proposition n o 30
  • (23) C. pĂ©n., art. 121-3, § 2 et 3
  • (24) Dans ce cas, le manquement peut Ă©galement justifier un licenciement (voir CA Amiens, 5 ème chambre sociale, 15 avr. 2015, RG n o 13/06364)
  • (25) Commission europĂ©enne, 6 mai 2013, Proposition de règlement du Parlement europĂ©en et du conseil concernant les contrĂ´les officiels et les autres activitĂ©s officielles servant Ă  assurer le respect de la lĂ©gislation sur les denrĂ©es alimentaires et les aliments pour animaux ainsi que des règles relatives Ă  la santĂ© et au bien-ĂŞtre des animaux, Ă  la santĂ© et au matĂ©riel de reproduction des vĂ©gĂ©taux et aux produits phytopharmaceutiques
  • (26) Règlement UE n o 2017/625 du Parlement europĂ©en et du conseil du 15 mars 2017 (JOUE 7 avr., n o L 95) concernant les contrĂ´les officiels et les autres activitĂ©s officielles servant Ă  assurer le respect de la lĂ©gislation alimentaire et de la lĂ©gislation relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives Ă  la santĂ© et au bien-ĂŞtre des animaux, Ă  la santĂ© des vĂ©gĂ©taux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les règlements du Parlement europĂ©en et du conseil CE n o 999/2001, CE n o 396/2005, CE n o 1069/2009, CE n o 1107/2009, UE n o 1151/2012, UE n o 652/2014, UE n o 2016/429 et UE n o 2016/2031, les règlements du conseil CE n o 1/2005 et CE n o 1099/2009 ainsi que les directives du conseil CE n o 98/58, CE n o 1999/74, CE n o 2007/43, CE n o 2008/119 et CE n o 2008/120, et abrogeant les règlements du Parlement europĂ©en et du conseil CE n o 854/2004 et CE n o 882/2004, les directives du conseil CEE n o 89/608, CEE n o 89/662, CEE n o 90/425, CEE n o 91/496, CE n o 96/23, CE n o 96/93 et CE n o 97/78 ainsi que la dĂ©cision CEE n o 92/438 du conseil (règlement sur les contrĂ´les officiels)
  • (27) AssemblĂ©e nationale, rapport prĂ©citĂ©, proposition n o 39
  • (28) Règl. CE n o 178/2002, art. 17
  • (29) C. consom., art. L. 213-1 et suivants
  • (30) La tromperie est le fait de vendre une marchandise pour ce qu’elle n’est pas rĂ©ellement
  • (31) C. consom., art. 511-1 et 2
  • (32) DĂ©cret n o 2009-1484 du 3 dĂ©cembre 2009 relatif aux directions dĂ©partementales interministĂ©rielles
  • (33) AssemblĂ©e nationale, audition du 5 juillet 2018 de la directrice gĂ©nĂ©rale de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF)
  • (34) En effet, les agents de la DDPP interviennent dans la protection et la sĂ©curitĂ© des consommateurs qui relève de Bercy, mais ils sont placĂ©s sous l’autoritĂ© du prĂ©fet qui, en thĂ©orie, devrait donc ĂŞtre l’autoritĂ© compĂ©tente pour connaĂ®tre d’un recours hiĂ©rarchique
  • (35) Par exemple, voir les rapports finaux des audits effectuĂ©s en France afin d’évaluer les systèmes de contrĂ´les officiels en place rĂ©gissant l’information du consommateur sur les denrĂ©es alimentaires (DG(SANTE) 2017-6060) et les allĂ©gations nutritionnelles et de santĂ© portant sur les denrĂ©es alimentaires (DG(- SANTE) 2017-6056
  • (36) Règl. UE n o 2017/625, art. 131 et suivants
  • (37) Règl. UE n o 178/2002, art. 14
  • (38) Règl. CE n o 178/2002, art. 18
  • (39) Cette procĂ©dure de retrait en interne est aussi appelĂ©e « silent recall »
  • (40) Règl. CE n o 178/2002, art. 19
  • (41) C. com., art. L. 442-6, I, 5 et Cass. civ. 1, 24 sept. 2009, n o 08-14524 ; Cass. com. 8 nov. 2017, n o 16-15296
  • (42) CJUE, 11 avr. 2013, Aff. C-636/11
  • (43) Protocole d’information, de coordination et de gestion des crises sanitaires d’origine alimentaire entre les administrations centrales concernĂ©es du 5 novembre 2013
  • (44) Commission europĂ©enne, General food law fitness check (REFIT)
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Gestion de crise – Retour sur un exercice national Ă  la centrale de Chinon

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Routes bloquées autour du site, Port-Boulet et Chouzé isolés du monde, et plus de 500 intervenants, techniciens et pompiers au travail. Par le passé, la centrale nucléaire a souvent testé ses dispositifs de sécurité.

Exercice de Gestion de crise à la centrale de Chinon afin de tester les dispositifs de sécurité.

Branle-bas de combat Ă  la centrale ! Mais que nul ne s’affole si il croise des camions de pompiers, des Ă©quipes de dĂ©contamination, ou se trouve bloquĂ© Ă  un barrage routier. C’est tout simplement jour d’exercice national au CNPE de Chinon.

Comme cela se produit tous les trois ans, les pouvoirs publics et EDF organisent en effet un exercice de sĂ©curitĂ© civile dans la zone des 10 km autour du centre nuclĂ©aire de production d’Ă©lectricitĂ©.

Cet exercice, Ă  dominante sĂ©curitĂ© civile, a eu pour objectif de tester le dispositif d’alerte et la gestion de crise qui seraient dĂ©ployĂ©s par les pouvoirs publics et EDF, afin d’assurer la protection de la population si un accident nuclĂ©aire survenait.

La centrale de Chinon simula, Ă  partir d’un scĂ©nario fictif non connu, un accident technique qui nĂ©cessitera la mise en oeuvre des dispositions prĂ©vues par son plan d’urgence interne.

“Ce genre d’exercice de gestion de crise mobilise les personnels du CNPE, les appuis techniques d’EDF au niveau national, les diffĂ©rents services opĂ©rationnels de l’État, le Sdis, l’AutoritĂ© de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire (ASN), l’Institut de radioprotection et de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire, etc.” dĂ©taille Florian Silnicki, Expert en stratĂ©gies de communication de crise et fondateur de l’agence LaFrenchCom.

Chaque Ă©tape de cet exercice sera « simulĂ©e » dans les conditions les plus proches de la rĂ©alitĂ©. Les dĂ©lais de route seront testĂ©s en temps rĂ©el pour l’ensemble des participants. Une pression mĂ©diatique simulĂ©e testera le dispositif de communication mis en place par la prĂ©fecture.

Cela dĂ©butera par la simulation d’une rupture de tubes gĂ©nĂ©rateurs de vapeur, pouvant entraĂ®ner des consĂ©quences radiologiques hors de l’enceinte de la centrale dans des dĂ©lais relativement rapides. Le CNPE dĂ©clenchera alors son plan d’urgence interne.

L’information des populations environnantes sera effectuĂ©e par le dĂ©clenchement du rĂ©seau de sirènes du CNPE. Il s’agira de tester l’efficacitĂ© de ces sirènes. Puis, en fonction de l’Ă©volution du scĂ©nario, le prĂ©fet dĂ©clenchera son plan particulier d’intervention (PPI), implantera un poste de commandement opĂ©rationnel Ă  la sous-prĂ©fecture de Chinon (autour de laquelle le stationnement sera interdit jeudi, qu’on se le dise !).

Sur le terrain, Ă  proximitĂ© de la centrale, la population des communes de ChouzĂ©-sur-Loire et La Chapelle-sur-Loire sera impliquĂ©e dans l’exercice et plus prĂ©cisĂ©ment les Ă©lèves de l’Ă©cole de Port-Boulet qui seront confinĂ©s sur place environ deux heures entre 9 h et 11 h. Le crĂ©neau horaire a Ă©tĂ© choisi pour gĂŞner le moins possible la vie scolaire et des familles, mĂŞme si tout sera mis en oeuvre comme dans un vĂ©ritable scĂ©nario catastrophe.

Le PC opérationnel à la sous-préfecture de Chinon

L’aspect post-accidentel sera mĂŞme pris en compte avec une estimation des mesures Ă  prendre pour permettre Ă  la population de vivre sans danger dans la zone exposĂ©e aux rejets.

Bien sĂ»r, cela a des consĂ©quences sur les routes, avec une coupure effective des axes menant aux communes de ChouzĂ©-sur-Loire et La Chapelle-sur-Loire. Des mesures particulières seront prises pour l’Ă©cole et les voyageurs de la gare de Port-Boulet.

Parallèlement, une simulation de dĂ©contamination de bâtiment est menĂ©e Ă  l’Ă©cole de Port-Boulet avec l’aide des cellules mĂ©dicales d’intervention radiologique de plusieurs dĂ©partements.

Tout cela est surveillĂ©, analysĂ©, soupesĂ© par l’autoritĂ© de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire et par des observateurs patentĂ©s comme des conseillers en communication de crise et des consultants en gestion de crise. On ne transige pas avec la sĂ©curitĂ© en la matière. Et, pour bien ĂŞtre au point au cas oĂą (mĂŞme si cela n’arrivait jamais…), ce type d’exercice est indispensable. Les populations concernĂ©es supporteront donc d’autant mieux la gĂŞne subie demain en sachant que c’est pour mieux les protĂ©ger Ă  l’avenir.

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Gestion de crise – Retour sur un exercice nuclĂ©aire en prĂ©paration

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gestion de crise exercice nucléaire

Par le passĂ©, a Ă©tĂ© organisĂ© sur la Base aĂ©rienne 118 un exercice national de sĂ©curitĂ© nuclĂ©aire. BaptisĂ© Airnuc 2009, il a simulĂ© un accident affectant un missile nuclĂ©aire : au cours d’une manoeuvre, un avion extĂ©rieur tombe accidentellement sur un missile air-sol moyenne portĂ©e, ce qui dĂ©clenche une explosion, puis un incendie. Les secours doivent immĂ©diatement rĂ©agir en dĂ©clenchant un plan de gestion de crise et de communication de crise après avoir demandĂ© la rĂ©union d’une cellule de crise.

Scénario improbable de gestion de crise

« Il s’agit d’un scĂ©nario hautement improbable, explique le gĂ©nĂ©ral Charhaix, autoritĂ© militaire territoriale, car extrĂŞmement rare. » En effet, l’architecture des armes nuclĂ©aires française rend impossible tout risque d’explosion non dĂ©cidĂ©e par les autoritĂ©s de l’État. « D’ailleurs, poursuit le gĂ©nĂ©ral, il n’y a eu aucune interruption de cette mission Ă  cause d’incident depuis 1964 », date depuis laquelle la BA 118 est une des composantes de la force aĂ©rienne stratĂ©gique

Ce qui n’empĂŞche pas, bien au contraire, de rĂ©aliser des exercices de mise en place de ces armements pour intervention, doublĂ©s d’exercices de sĂ©curitĂ©. Des exercices locaux pratiquĂ©s rĂ©gulièrement depuis des annĂ©es sur la BA 118, « au moins une fois par trimestre, assure le colonel CarrĂ©, commandant la base. C’est le plan d’urgence interne appliquĂ© dans la base. » Mais c’est la première fois que sera mise en place une simulation d’un risque de contamination Ă  l’extĂ©rieur de l’enceinte. C’est pour cette raison que les particuliers et professionnels, situĂ©s tout près de la BA, y sont cette fois associĂ©s.

PrĂ©venir les risques par la rĂ©pĂ©tition d’un exercice de gestion de crise nuclĂ©aire

PrĂ©sentant la manoeuvre Ă  la presse, le prĂ©fet Étienne Guyot explique qu’elle rentre « dans le cadre dĂ©fini par les dĂ©crets relatifs au plan Orsec (Organisation des secours) et aux Plans particuliers d’intervention (PPI), pris en application de la loi de modernisation de la sĂ©curitĂ© civile (aoĂ»t 2004). Il s’inscrit dans la politique gĂ©nĂ©rale d’exercices nationaux visant Ă  vĂ©rifier l’aptitude des pouvoirs publics et exploitants, civils et militaires, Ă  prĂ©venir toutes les formes de risque pouvant peser sur les personnes et l’environnement, et Ă  intervenir si nĂ©cessaire. »

Il n’y a aucun risque supplĂ©mentaire par rapport aux exercices de gestion de crise prĂ©cĂ©dents, simplement, par souci de transparence, la loi demande dĂ©sormais que tous les acteurs locaux soient avertis. “La pratique rĂ©gulière d’exercices de gestion de crise garantit que les plans de secours sont connus des intervenants et que les procĂ©dures d’alerte et de coordination sont efficaces.” dĂ©clare Florian Silnicki, Expert en communication de crise et Fondateur de l’agence LaFrenchCom, une agence spĂ©cialisĂ©e dans la communication et la gestion de crise installĂ©e Ă  Paris.

Concrètement, en cas d’une telle explosion, le risque de dissĂ©mination des particules radioactives, qui sont des particules lourdes, est limitĂ© Ă  2 kilomètres. Les armements en dĂ©pĂ´t Ă  Mont-de-Marsan ne sont pas actifs, c’est-Ă -dire qu’ils n’abritent pas de rĂ©action nuclĂ©aire en chaĂ®ne. Il y a donc seulement risque de dissĂ©mination Ă  cause du vent, du feu ou des poussières infectĂ©es.

Ă€ partir du moment oĂą l’explosion est censĂ©e avoir eu lieu, tout le système d’intervention et de secours est mis en alerte, ainsi que la population situĂ©e dans la zone sensible. Des plaquettes ont Ă©tĂ© distribuĂ©es l’automne dernier aux maires et aux habitants des communes concernĂ©es afin de les avertir de la conduite Ă  tenir, et des rĂ©unions d’information ont Ă©tĂ© organisĂ©es (lire ci-contre).

Dans un rayon de 2 kilomètres autour de l’impact supposĂ©, militaires et sapeurs-pompiers prendront les mesures de sĂ©curitĂ© adĂ©quates et mettront en place des mesures de dĂ©contamination (essentiellement la prise de douche), pour Ă©liminer les particules qui auraient pu se disperser. Des mesures seront ensuite faites pour Ă©valuer, en fonction du vent essentiellement, la zone rĂ©ellement contaminĂ©e, afin d’y inclure les civils habitant ou travaillant aux alentours de l’enceinte.

Hippodrome : quartier bouclé

Une seconde zone, Ă  20 kilomètres de distance de l’accident, sera Ă©galement bouclĂ©e par les forces de l’ordre (gendarmerie et police). Le jour de l’exercice, seulement pour la partie civile, des patrouilles seront en place Ă  tous les carrefours de cette zone, mais n’interdiront ni le trafic, ni l’activitĂ©. En revanche, le quartier de l’hippodrome et de l’Afasec (Ă©cole des lads jockeys) sera rĂ©ellement mis Ă  l’abri au cours de la matinĂ©e. La journĂ©e concernera essentiellement la Base aĂ©rienne, qui sera aussi soumise Ă  « une pression mĂ©diatique simulĂ©e » avec la prĂ©sence de journalistes professionnels venant rendre compte et interroger les autoritĂ©s civiles et militaires sur cet Ă©vĂ©nement.

« En cas d’une telle explosion, le risque de dissĂ©mination des particules radioactives est limitĂ© Ă  2 kilomètres »

La BA 118, qui assure les fonctions de stockage et de mise en oeuvre des missiles stratĂ©giques, ce qui exclut toute intervention sur les composantes des armes, ne produit aucun rejet dans l’environnement. Seul subsiste, en cas d’une manipulation d’une arme, un risque de dispersion de particules radioactives susceptibles de provoquer une contamination des sols ou des individus les ayant respirĂ©es ou absorbĂ©es. Dans ce cas, les mesures prĂ©vues ont pour objectif d’Ă©viter un suraccident et de limiter les consĂ©quences sur les personnes et l’environnement.

Lors de l’exercice de gestion de crise, la plupart des opĂ©rations se dĂ©roulera sur le pĂ©rimètre de la base. Les Montois et les habitants des communes de Campet-Lamolère, Saint-Avit, Saint-Pierre-du-Mont et Uchacq-et-Parentis, seront très peu concernĂ©s. Mais afin que tout le monde soit bien averti, la commission d’information de la BA 118 a Ă©tĂ© rĂ©unie, et une rĂ©union publique s’est dĂ©roulĂ©e Ă  l’Afasec, en prĂ©sence des Ă©lèves lads jockeys qui seront directement concernĂ©s par l’exercice.

Les habitants du quartier se sont intĂ©ressĂ©s bien sĂ»r aux questions concernant la santĂ© et la sĂ©curitĂ© des chevaux, qui pourront aussi ĂŞtre protĂ©gĂ©s, douchĂ©s s’il le faut, puis soumis Ă  des analyses pour lever les doutes de contamination. Les consĂ©quences sur les jardins et espaces verts, et sur les fruits et lĂ©gumes produits, ont Ă©galement Ă©tĂ© envisagĂ©es.

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Retour sur l’exercice de gestion de crise de Belleville-sur-Loire

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Belleville-sur-Loire

Retour sur l’exercice de communication et de gestion de crise dĂ©diĂ©e Ă  la “sĂ»retĂ©” Ă  Belleville-sur-Loire

La centrale nuclĂ©aire de Belleville-sur-Loire a par le passĂ© testĂ© son plan particulier d’intervention (PPI), dans le cadre d’un exercice de « sĂ»retĂ© nuclĂ©aire ». Cet exercice a par exemple notamment eu deux objectifs : former les acteurs dĂ©partementaux au nouveau PPI et tester l’interdĂ©partementalitĂ© des procĂ©dures entre le Cher, la Nièvre et le Loiret, notamment sur la circulation de l’information.

Une cellule « mesures » dans l’environnement a Ă©tĂ© Ă©galement mise en place, Ă  Boulleret. L’alerte des services a Ă©tĂ© jouĂ©e en rĂ©el et la « pression mĂ©diatique simulĂ©e » a Ă©tĂ© exercĂ©e sur le PC fixe par une Ă©quipe de la direction de la sĂ»retĂ© des installations nuclĂ©aires pour tester la rĂ©activitĂ© et l’efficacitĂ© de la communication de crise.

Lors de la prĂ©sentation de cet exercice, Philippe Deschamps, directeur du cabinet du prĂ©fet, avait fait le point sur deux questions d’actualitĂ© : l’alerte des populations et les comprimĂ©s d’iode. Le premier point avait Ă©tĂ© rĂ©solu par l’exploitant, avec l’installation de sirènes dans le pĂ©rimètre d’urgence (rayon de l’ordre de 2 km) de la centrale. La prĂ©fecture avait engagĂ© une Ă©tude technique et financière d’un Ă©quipement en sirènes fixes, dans un rayon de 2 Ă  10 km. Le second point concernait le taux de retrait des comprimĂ©s d’iodes (57 %), jugĂ© insuffisant. Des actions d’informations avaient Ă©tĂ© engagĂ©es auprès des populations riveraines.

“Ces exercices sont essentiels pour tester “en vrai” sur le terrain, au plus près des rĂ©alitĂ©s quotidiennes de chacun, l’efficacitĂ© des cellules de crise, des plans de gestion de crise, l’efficacitĂ© et l’impact de la communication de crise dĂ©ployĂ©e auprès des journalistes et de l’opinion par exemple. Ils doivent ĂŞtre renouvelĂ©s rĂ©gulièrement afin de dĂ©velopper des rĂ©flexes qui sont essentiels le jour oĂą la crise se dĂ©clenche et qui s’avèrent systĂ©matiquement dĂ©terminant dans la rĂ©ussite de la gestion de la crise.” dĂ©crypte Florian Silnicki, Expert en communication de crise qui dirige l’agence parisienne spĂ©cialisĂ©e LaFrenchCom.

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Retour sur un exercice de gestion de crise : une préfecture mise sous pression médiatique

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pref vienne

Aujourd’hui, toute la journĂ©e, la prĂ©fecture sera confrontĂ©e Ă  une exercice de communication de crise et de gestion de crise intitulĂ© “pression mĂ©diatique simulĂ©e (PMS)” durant l’exercice de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire organisĂ© autour de la centrale. L’opĂ©ration a notamment Ă©tĂ© simulĂ©e en associant des Ă©tudiants en journalisme de Bordeaux.

Exercice de gestion de crise Ă  la centrale de Civaux

La maĂ®trise d’une situation ne suffit plus. Dans un monde oĂą des centaines de journalistes peuvent se retrouver en quelques heures sur un mĂŞme lieu, communiquer avec efficacitĂ© est primordial. Rien n’est plus dĂ©stabilisant pour un conseiller en communication qu’une foule de journalistes assoiffĂ©s par le scoop, impatients et curieux. L’Ă©mission Cash Investigation et la tonitruante Elise Lucet nous le rappellent chaque semaine.

A la PrĂ©fecture de la Vienne, on s’y prĂ©pare en s’appuyant sur l’exercice de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire organisĂ© aujourd’hui de 7 h 30 Ă  16 h dans le pĂ©rimètre du Plan Particulier d’Intervention (1), autour du CNPE de Civaux. La « Pref » va subir une « pression mĂ©diatique simulĂ©e ».

« Cette expĂ©rience a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© tentĂ©e avec succès en Indre-et-Loire avec l’IUT de Tours », explique Karen Mege-Teillard, responsable de la communication Ă  la prĂ©fecture, « elle nous permettra de confronter notre organisation Ă  une situation d’urgence. J’ai dĂ©jĂ  vĂ©cu des heures de crise (le carambolage de l’A 10, NDLR) et je sais la diffĂ©rence qu’il peut y avoir entre la communication d’un exercice Ă  la presse et la rĂ©alitĂ© ». Dans la Vienne, cette « pression mĂ©diatique » fait notamment l’objet d’une convention avec l’IUT de journalisme de Bordeaux.

Huit Ă©tudiants vont disposer toute la journĂ©e Ă  Poitiers d’une vĂ©ritable salle de presse avec le matĂ©riel adaptĂ©, tĂ©lĂ©phone, fax, ordinateur… Ils pourront Ă©galement se rendre sur le terrain, au poste de commandement opĂ©rationnel Ă  FleurĂ©, pour participer Ă  deux confĂ©rences de presse virtuelles.

L’idĂ©e est de mettre chacun en situation rĂ©elle de communication et de gestion de crise Ă  travers cet exercice grandeur nature.

« J’ai constituĂ© plusieurs rĂ©dactions, tĂ©lĂ©, radio, presse Ă©crite et mĂŞme une agence de presse », confirme GaĂ«l le Dantec, directeur de la section journalisme de l’IUT de Bordeaux, « qui seront Ă  la fois Ă  Bordeaux et Ă  Poitiers. L’idĂ©e est de mettre les Ă©tudiants en situation rĂ©elle, de tester leur capacitĂ© de communication. Je n’ai que l’objectif journalistique en tĂŞte. On va faire comme si c’Ă©tait vrai. MĂŞme si on ne peut pas contacter directement la centrale. »

Au milieu de cette Ă©norme « pression mĂ©diatique », Karen Mege-Teillard s’attend Ă  passer une journĂ©e difficile. D’autant qu’elle devra prĂ©parer pour la fin d’après-midi une confĂ©rence de presse officielle sur le bilan de l’exercice de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire. Pour rĂ©pondre Ă  de vĂ©ritables journalistes cette fois-ci.

“Dans ce type d’exercice, les nuisances n’existent pas, Ă  part les sirènes, la prĂ©sence de gendarmes sur les routes dans un rayon de deux kilomètres autour de la centrale (chacun peut circuler librement) et des pompiers simulant des mesures de radioactivitĂ© par exemple, l’exercice de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire n’aura pas d’impact sur la vie quotidienne des habitants demeurant dans le pĂ©rimètre du plan particulier d’intervention.” indique, habituĂ©, Florian Silnicki, Expert en communication de crise qui dirige l’agence LaFrenchCom, spĂ©cialisĂ©e dans la communication et la gestion de crise.

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