đź“ş « Le ministre de l’IntĂ©rieur est-il le Monsieur Lagaf’ du Gouvernement ? »

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« Le ministre de l’IntĂ©rieur est-il le Monsieur Lagaf’ du Gouvernement ? Propos maladroits ou sorties dĂ©placĂ©es…

Depuis son entrĂ©e au gouvernement, Christophe Castaner a Ă©tĂ© Ă©pinglĂ© Ă  plusieurs reprises. » rappelle Florian Silnicki, PrĂ©sident Fondateur de l’agence LaFrenchCom

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Le marketing politique – Kezako ?

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Vous le savez, nous rĂ©pondons sur ce site internet Ă  toutes vos questions. Elles Ă©manent Ă©videmment quotidiennement des clients qui nous font confiance, mais elles sont Ă©galement posĂ©es par des Ă©tudiants qui s’interrogent sur des notions que nous dĂ©ployons en pratique au quotidien chez nos clients.

Confidence, nous ne disons pas Ă  Florian Silnicki, notre PrĂ©sident Fondateur, que ses Ă©tudiants nous demandent en cachette de les aider sur des cas pratiques compliquĂ©s Ă  rĂ©soudre 🙂 On espère Ă  chaque fois qu’ils aient de bonnes notes Ă  la suite de nos recos ^^

Nous avons répondu aux questions (nous mettons à jour régulièrement nos réponses) le plus fréquemment posées ici : https://www.lafrenchcom.fr/faq-communication-gestion-crise/

Si vous ne trouvez pas la rĂ©ponse Ă  vos questions ici, posez-la ici, appelez-nous ou passez nous voir Ă  l’agence, nous en discuterons autour d’un cafĂ© !

Nous disons aujourd’hui ici quelques mots de la notion de marketing politique sur laquelle un Ă©tudiant en double cursus HEC – Science Po Paris nous a interrogĂ©. Le Marketing politique fait parfois naitre des crises que nos Ă©quipes s’acharnent Ă  rĂ©soudre. En tant que spĂ©cialistes de la communication de crise, nous sommes souvent confrontĂ©s aux gestions de crises nĂ©es des consĂ©quences nĂ©gatives du marketing politique lorsque nous faisons face aux incendies Ă©lectoraux qu’il nous faut Ă©teindre.

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Les meilleures petites phrases

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Quelles sont les meilleures formules choc en politique ? Quelles sont les meilleures petites phrases ? L’Ă©quipe de LaFrenchCom a concoctĂ© une compilation de petites phrases qui font le charme de l’actualitĂ©. Nous vous souhaitons de passer un bon moment en les lisant.

Des formules qui valent le coup d’ĂŞtre lues car elles vont jusqu’au coup de coeur absolu au sein de l’Ă©quipe! Dites nous quelle est votre prĂ©fĂ©rĂ©e.

Florian Silnicki, PrĂ©sident Fondateur de l’agence, retient, quant Ă  lui, la lettre envoyĂ©e le 3 mai 1936 par Magritte au critique Dupier­roux affirmant qu’il n’Ă©tait ‘qu’une vieille pompe Ă  merde’.

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La télévision : une drogue politique ?

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Le rôle de la télévision dans une stratégie de communication politique

Plus encore que les autres, l’Ă©lection prĂ©sidentielle est placĂ©e sous le signe de la tĂ©lĂ©vision.

Qui peut encore confondre François Hollande et Emmanuel Macron ? Le lièvre et la tortue se distinguent désormais radicalement, non par leur programme, bien sûr, mais par la mise en scène de leurs meetings.

Deux stratégies pour une même obsession : la télévision.

Emmanuel Macron ayant explosĂ© les records. Un documentaire intitulĂ© Le Casse du siècle sur BFMTV dimanche soir, un autre, Macron le dynamiteur sur LCI la semaine dernière, mais aussi, un retour sur la campagne prĂ©sidentielle dans PrĂ©sidentielles 2017 : histoires secrètes, et cette fois « Macron PrĂ©sident, la fin de l’innocence » de Bertrand Delais : alors que le mandat d’Emmanuel Macron approchait Ă  peine de son premier anniversaire, les documentaires qui lui sont consacrĂ©s se multipliaient dĂ©jĂ  Ă  la tĂ©lĂ©vision.

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Les secrets de la communication politique

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Communication politique : comment protéger sa cote de popularité ?

Le silence en politique: un atout ou un handicap ?

En temps apaisĂ©s, la discrĂ©tion mĂ©diatique d’un homme politique peut provoquer beaucoup de commentaires utiles Ă  la construction de son image et susciter une attente et donc une Ă©coute particulièrement stratĂ©gique Ă  l’heure oĂą les opinions n’accordent qu’une oreille inattentive Ă  la parole politique. Face Ă  une crise politique, le silence d’un politique est souvent une erreur tactique qui se paie chère, laissant gĂ©nĂ©ralement la place Ă  la parole malveillante de ses concurrents selon Florian Silnicki, communicant et fondateur de l’agence LaFrenchCom, dĂ©diĂ©e Ă  la communication de crise.

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« La communication politique maladroite a vexé une partie des Français » selon Florian Silnicki.

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« L’Ă©chec de la communication politique de nos dirigeants est Ă©vident. Elle a vexĂ© une partie de l’opinion publique qui considère que sa rĂ©alitĂ© sociale quotidienne est incomprise et mĂ©prisĂ©e. La ramener Ă  la parole politique est d’abord un exercice d’empathie. » selon Florian Silnicki, PrĂ©sident Fondateur de l’agence LaFrenchCom #1erMai

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Retour sur la méthode de Jacques Pilhan

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Comment se fabrique l’image d’un prĂ©sident de la RĂ©publique ?

Comment construire et protĂ©ger l’image des prĂ©sidents ?

Qui Ă©tait Jacques Pilhan ? Mort le 28 juin 1998, quels Ă©taient les secrets de ce conseiller très discret qui, de François Mitterrand Ă  Jacques Chirac, fabriqua l’image de nos prĂ©sidents, mettant en scène leurs apparitions mĂ©diatiques, notamment tĂ©lĂ©visuelles ?

De 1984 Ă  1995, ce conseiller très discret s’est employĂ© Ă  orchestrer le ballet des camĂ©ras autour de François Mitterrand et Ă  sculpter sa stratĂ©gie mĂ©diatique. Il joua ensuite le mĂŞme rĂ´le auprès de Jacques Chirac.

La prĂ©paration d’une Ă©mission avec un mediatraining, la mise en scène d’un discours, d’une apparition publique, d’un geste symbolique, demandent souvent des semaines de travail « Artisan et artiste », « conseiller d’exception » pour les uns, « gourou » ou « cartomancienne » pour les autres : Pilhan, homme d’influence, fascina ou irrita.

Lorsque au lendemain de son installation Ă  l’ElysĂ©e Jacques Chirac annonça le nom de son nouveau conseiller en image, le microcosme se figea. C’Ă©tait… le conseiller de François Mitterrand. Un petit homme chauve et chic, suave et volubile, parfois rieur, vite menaçant. Jacques Pilhan, donc. Stratège de la communication politique mitterrandienne, grand ordonnateur de ses apparitions tĂ©lĂ©visĂ©es, metteur en scène de ses discours, de ses silences, dĂ©placements et gestes symboliques, inventeur d’images, de formules, de slogans…

« Un artisan et un artiste », salue Jean-Pierre Elkabbach, son ami. « Un conseiller d’exception », insista Hubert VĂ©drine, ex-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ElysĂ©e, dont le contact avec Pilhan, sous Mitterrand I et II, fut quasi quotidien.

Jacques Chirac s’en Ă©tait aperçu. Longtemps Ă  ses dĂ©pens, notamment lors d’une cohabitation Ă©prouvante oĂą la communication politique fut l’arme la plus tranchante du prĂ©sident contre son premier ministre. Puis, Ă  son profit, le bon docteur ès images n’ayant pas attendu le second tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 1995 pour mettre quelques-uns de ses talents au service de la pomme… Il fallait bien penser Ă  l’avenir. Et Ă  Temps public, sa sociĂ©tĂ© de conseil, qui, du jour au lendemain, allait perdre son plus gros client et Ă©ventuellement d’autres contrats, publics ou non, qu’attire l’Ă©clat des fonctions Ă©lysĂ©ennes. « Le prĂ©sident, pour un communicateur, c’est Ă©videmment le banco! », sourit Jean-Marc Lech, maintes fois partenaire de Pilhan.

Afin de rentabiliser une expĂ©rience unique, il s’agissait donc d’entrer en campagne en faisant parvenir Ă  un Jacques Chirac, un Edouard Balladur et mĂŞme un Raymond Barre les discrètes offres de service d’un conseiller prĂ©sidentiel Ă©clairĂ©, plus mercenaire que courtisan, soliste expĂ©rimentĂ© et non point militant.

MenĂ©e dans le secret qu’affectionne cet homme de l’ombre, l’affaire prit des mois, Pilhan continuant, pendant ce temps, de servir avec zèle François Mitterrand. PrĂ©sentĂ© comme un « pape » par le publicitaire Jean- Michel Goudard, ami de longue date de Jacques Chirac, consacrĂ© « le meilleur » par Claude, la fille du prĂ©sident aujourd’hui sa disciple, il a donc conservĂ© ses habitudes au palais. Au grand dam des militants des deux camps, pour une fois d’accord.

« Un dĂ©goĂ»t absolu, voilĂ  ce que j’Ă©prouve !, exprime une proche collaboratrice de François Mitterrand, qui parle de trahison. Il Ă©tait entrĂ© dans l’intimitĂ© du prĂ©sident! Il Ă©tait accueilli Ă  la table familiale ! »

Un ancien familier de l’ElysĂ©e se demande s’il a rĂŞvĂ© en entendant mille fois Pilhan pourfendre Jacques Chirac, ce « poids plume » et le « clown » dont le candidat-prĂ©sident n’allait faire, en 1988, qu’une bouchĂ©e. « A-t-on dĂ©jĂ  vu pareil retournement ? »

François Mitterrand se montrait plus nuancĂ©, mais presque aussi surpris. « Ce Pilhan, quel culot, tout de mĂŞme ! », aurait-il Ă  plusieurs reprises marmonnĂ©. Il avait certes exigĂ© de ses collaborateurs qu’ils assurent avec Ă©lĂ©gance et dignitĂ© la passation de pouvoir avec l’Ă©quipe Chirac. De lĂ  Ă  la servir…

L’accueil des chiraquiens n’offrit au transfuge guère de compensations. « C’est moralement choquant !, s’insurge encore l’Ă©crivain corrĂ©zien Denis Tilinac; c’est dĂ©considĂ©rer la politique aux yeux des Ă©lecteurs ! On peut vendre Peugeot comme on vend Ford. Mais on ne vend pas le christianisme comme l’islam. » Et puis c’est contraire Ă  l’idĂ©e de rupture et de renouvellement des Ă©lites. « On rĂŞvait d’en finir avec les pubards, communiquants et managers d’images, et voilĂ  que le sacre de leur pape lĂ©gitime leur cynisme ! Ce n’est pas sur une image qu’on gagnera les lĂ©gislatives, c’est sur le rĂ©sultat d’une politique ! » Bref, l’accueil fut empreint d’un certain scepticisme, Ă©videmment renforcĂ© par la dĂ©gringolade des sondages de popularitĂ© de Jacques Chirac dans les mois qui suivirent sa prise de fonction.

C’est oublier que Jacques Pilhan, qui, dans la revue Le DĂ©bat, comparait rĂ©cemment son mĂ©tier Ă  celui d’un chef d’Ă©tat-major, est un adepte du long terme, intervient sur le quotidien mais compte en septennats. Prière d’attendre, donc, pour lire les rĂ©sultats. Prière aussi de considĂ©rer comme naturel, professionnel, l’exercice d’un mĂ©tier singulier « au service d’une fonction », celle du premier personnage de l’Etat. Quel qu’il soit.

Alors tant pis, soupire Jacques Pilhan, pour les critiques, les ironiques comme Philippe SĂ©guin, qui le traita de « cartomancienne » et tous ceux qui croient encore que l’image tĂ©lĂ©visĂ©e d’un homme public ne reflète que la rĂ©alitĂ©. Par dĂ©finition, analysa Pilhan, le puissant mĂ©dia tĂ©lĂ©vision crĂ©e une image virtuelle. Par dĂ©finition, l’image se travaille, se corrige, se peaufine. Pas un professionnel de la tĂ©lĂ© qui n’en connaisse et n’utilise quelques techniques. Pourquoi l’homme politique serait-il le seul Ă  se dĂ©sintĂ©resser de l’effet produit, laissant ainsi Ă  d’autres le soin de sculpter son image ? Son rĂ´le est de garder les rĂŞnes et de dompter la tĂ©lĂ©.

Avec ses personnages familiers auxquels le public prĂŞte des sentiments, des objectifs, et qu’il suit au grĂ© des aventures, expliqua encore Pilhan, le journal de 20 heures est comme un grand feuilleton. De par sa fonction symbolique exceptionnelle, le prĂ©sident de la RĂ©publique est bien sĂ»r de ceux-lĂ . A lui, avec une conscience aiguĂ« de son rĂ´le au sein du scĂ©nario, d’en Ă©crire les silences, les absences, les rĂ©pliques; les plages d’Ă©motion, le rythme des actions, les dĂ©cors. Mais attention: le scĂ©nario ne fait qu’accompagner et mettre en scène la dĂ©cision politique. En aucun cas, assure Jacques Pilhan, il ne l’influence ni ne la dicte.

En aucun cas ? Voire. Souffler Ă  François Mitterrand le moment supposĂ© le plus opportun pour se sĂ©parer du premier ministre Rocard; lui dĂ©conseiller ardemment le choix d’Edith Cresson comme successeur Ă  Matignon; inciter Jacques Chirac Ă  se rendre sur les lieux d’un attentat parisien, puis le prier de se taire lors des grèves de dĂ©cembre; pester en apprenant que le RPR tente de monter des « comitĂ©s d’usagers » contre les grĂ©vistes; engager le prĂ©sident Ă  afficher une extrĂŞme fermetĂ© concernant les essais nuclĂ©aires, puis l’exhorter Ă  la grandeur et au panache lors du dĂ©cès de François Mitterrand… Est-ce de la communication ? Est-ce de la politique ? « Peu importe le terme !, s’exclame Hubert VĂ©drine. Le prĂ©sident Mitterrand se contrefichait de savoir le titre exact de Pilhan ! Son seul souci Ă©tait de rĂ©unir les avis les plus originaux et pertinents. Ceux de Pilhan Ă©taient toujours de ceux-lĂ . »

C’est que maĂ®tre Pilhan n’avance pas sans munitions. Il ausculte sans cesse le corps social, commande et dissèque des dizaines de sondages auxquels il prĂ©fère pourtant les entretiens non directifs et les Ă©tudes qualitatives sur les thèmes les plus variĂ©s : jeunes, banlieues, mĂ©dias, Ă©cole, culture, Europe, emploi, Vichy. Il croise les disciplines : psychologie, sociologie, linguistique; fait son miel de toute information ou rĂ©flexion originale, qu’elle vienne de la rue, d’un chercheur, d’un collaborateur il en a peu, il les cloisonne ou d’un de ces grands journalistes ou patrons de mĂ©dia qu’il appelle par leur prĂ©nom et avec lesquels il a su tisser des relations amicales et une complicitĂ© subtile.

Il veut tout savoir, tout comprendre de la sociĂ©tĂ© française. Il veut pouvoir anticiper ses humeurs, ses inquiĂ©tudes, ses emballements. Porter toujours le diagnostic exact, de sorte que le moindre geste du prĂ©sident soit « juste », c’est-Ă -dire en osmose avec le pays. Le reste, affaire de doigtĂ© et de mise en scène, suit quelques règles sacrĂ©es d’utilisation des mĂ©dias.

D’abord refuser qu’ils dictent le tempo. C’est au prĂ©sident de la RĂ©publique et non aux mĂ©dias de dĂ©cider du moment et du contexte d’une intervention bonne vieille technique publicitaire du plan mĂ©dia. Son silence est expressif et sa parole d’autant plus Ă©coutĂ©e qu’elle est rare. Le dosage se rĂ©vèle un exercice dĂ©licat que le candidat Balladur, boulimique de mĂ©dias, a somptueusement ratĂ© lors de la prĂ©sidentielle. « Il n’y avait plus aucune curiositĂ© Ă  son Ă©gard lorsqu’il dut accĂ©lĂ©rer l’allure. Il n’a pas pu avoir l’impact pour effectuer la correction d’image dont il avait besoin pour passer du statut de premier ministre Ă  celui de candidat Ă  la prĂ©sidence », Ă©crit Pilhan.

Ensuite, jouer la surprise dans une Ă©mission si possible sur mesure et d’un genre inĂ©dit; en direct pour accroĂ®tre l’attention, et bien sĂ»r en prime-time. L’intervention du prĂ©sident ne saurait ĂŞtre banale. Au conseiller en image d’Ă©tudier les propositions des chaĂ®nes, de suggĂ©rer tel format, d’en choisir le ou les « M. Loyal ».

La mĂ©morable Ă©mission d’Yves Mourousi en 1985 Ça nous intĂ©resse Monsieur le PrĂ©sident, au cours de laquelle François Mitterrand s’avoua « câblé » plutĂ´t que « branché », en fut l’exemple parfait.

Des semaines de travail conjoint entre l’Ă©quipe de la tĂ©lĂ© et celle de l’ElysĂ©e; rĂ©unions chez Mourousi; passage en revue des thèmes et sĂ©quences; montage de clips, pubs, photos et reportages pour immerger le prĂ©sident dans la culture chĂ©bran. Le risque du ridicule est grand. Mais Pilhan convainc le prĂ©sident et fait cravacher l’ElysĂ©e. « Pour rehausser la cote d’amour auprès des jeunes, toute la maison se devait de fournir idĂ©es et notes dans le vent », se souvient Erik Orsenna, qui, dans son roman Grand Amour, dĂ©crit avec fĂ©rocitĂ© les efforts des « imagiers » pour que « le Grand SĂ©ducteur retrouve sa place dans les coeurs ».

Le show fut un triomphe, l’Audimat au zĂ©nith, Mitterrand virtuose. « Le but Ă©tait de rompre avec l’image archaĂŻque d’une gauche en situation d’Ă©chec, se souvient Hubert VĂ©drine. L’Ă©mission servit idĂ©alement l’objectif. Le spectacle Ă©tait tellement aberrant que les gens ne savaient plus oĂą ils en Ă©taient avec leur prĂ©sident. Parfait ! Cela donnait toute libertĂ© pour tourner une page et construire autre chose. »

En juin 1992, Jacques Pilhan agite une clochette d’alarme pour secouer l’optimisme bĂ©at du gouvernement sur l’issue du rĂ©fĂ©rendum concernant Maastricht. Ses groupes « projectifs » viennent en effet de dĂ©celer, en dĂ©pit de sondages rassurants et au-delĂ  d’un « politiquement correct » de façade, l’amorce d’une fracture entre le « peuple » et les Ă©lites : entre ceux qui prĂ©voient de souffrir de la nouvelle Europe et la minoritĂ© supposĂ©e en bĂ©nĂ©ficier seule.

C’est toute la stratĂ©gie de communication gouvernementale sur le rĂ©fĂ©rendum qui s’en trouve bouleversĂ©e. Plus question de miser, comme le souhaitait Jack Lang, sur le prosĂ©lytisme pro-europĂ©en d’une poignĂ©e d’artistes et d’intellectuels appelĂ©s en renfort. Pilhan y voit un « contresens » et monte avec Guillaume Durand, dans le dĂ©cor solennel de la Sorbonne, une longue Ă©mission en direct dans laquelle le prĂ©sident Mitterrand dialogue avec des Français « ordinaires » sĂ©lectionnĂ©s par panel.

Des talents pilhanesques pour tirer le meilleur profit symbolique de la fonction prĂ©sidentielle, la première cohabitation offrit un exemple parfait. Pour compenser le rĂ©trĂ©cissement du champ d’action du prĂ©sident, on n’eut alors de cesse de multiplier les occasions de visibilitĂ© tĂ©lĂ©visuelle, notamment lors de ses dĂ©placements Ă  l’Ă©tranger. « Pas une image alors qui n’ait Ă©tĂ© planifiĂ©e, se souvient un conseiller. Quel travail pour obtenir une image de Mitterrand et Bush discutant, apparemment seuls, entre amis, la veste sur l’Ă©paule, sur une superbe plage de Saint-Martin piĂ©tinĂ©e, hors champ, par des centaines de pieds ! Et que d’exercices pour « nettoyer l’Ă©cran » afin que le prĂ©sident français en voyage apparaisse seul Ă  la tribune, unique incarnation de la prĂ©sence de l’Etat. »

Quand Chirac, alors premier ministre, exigea un jour de monter lui aussi Ă  la tribune, on y hissa parallèlement son ministre des affaires Ă©trangères, et Mitterrand, entre les deux, prĂ©sida. Alors journaliste politique Ă  TF 1, Jean-Luc Mano se souvient encore de la colère Ă©lysĂ©enne lorsqu’au dĂ©tour d’un reportage sur un sommet africain une image montra malencontreusement le rare moment oĂą prĂ©sident et premier ministre s’Ă©taient trouvĂ©s cĂ´te Ă  cĂ´te ! Le calcul trouva son aboutissement en 1988 dans l’obstination très calculĂ©e du candidat Mitterrand Ă  donner du « Monsieur le Premier Ministre » Ă  un Jacques Chirac devenu son challenger.

De la stratĂ©gie Ă  long terme, donc. Et le maintien d’une attention au moindre dĂ©tail. Jacques Pilhan, qui, dans les sous-sols de ses anciens bureaux parisiens, a initiĂ© Ă  l’Ă©preuve tĂ©lĂ©visuelle nombre d’Ă©ditorialistes et responsables politiques, continue de veiller, avec Claude Chirac, sur les coulisses de la moindre Ă©mission prĂ©sidentielle : dĂ©cor, tenue, maquillage, Ă©clairage (confiĂ© au collaborateur rĂ©putĂ© de  » 7 sur 7 « ). Il Ă©tudie par exemple avec minutie le choix du ou des intervieweurs du prĂ©sident selon le registre souhaitĂ© : Anne Sinclair pour une rentrĂ©e dramatique placĂ©e sous l’actualitĂ© des attentats; Alain Duhamel pour une explication didactique de l’inflĂ©chissement de la politique. En d’autres temps Jean-Pierre Elkabbach exigĂ© en septembre 1994 par François Mitterrand lui-mĂŞme pour une confession presque intime.

Il conçoit de mĂŞme et met en scène l’arrivĂ©e des deux pilotes français en provenance de Bosnie : allocution du prĂ©sident Ă  l’ElysĂ©e, puis accueil Ă  Villacoublay. Il va jusqu’Ă  fixer l’emplacement des camĂ©ras et suggĂ©rer l’usage d’un plan serrĂ© sur Jacques Chirac…

Efficace ? Le politologue Jean-Luc Parodi suggère un coup d’oeil sur les courbes de popularitĂ© des prĂ©sidents. François Mitterrand n’a-t-il pas par deux fois (novembre 1984 puis dĂ©cembre 1991) battu le record d’impopularitĂ© des prĂ©sidents de la Ve ? Et Jacques Chirac n’a-t-il pas battu celui de rapiditĂ© de la chute ? « Passer pour un si grand gourou avec des rĂ©sultats aussi contestables relève de l’exploit », sourit le conseiller de l’IFOP.

A ses dĂ©tracteurs, Jacques Pilhan oppose le savant silence qui porte sa marque, et laisse au microcosme le soin de chercher dans la communication de Jacques Chirac et dĂ©sormais celle d’Alain JuppĂ©, paraĂ®t-il rĂ©ticent ce qui porte sa signature. Jusqu’au fameux Ă©loge Ă  François Mitterrand, force est de reconnaĂ®tre que le message du prĂ©sident apparaissait brouillĂ©, et son image brouillonne. Et il est des bavures qui surprennent.

TĂ©moin cette intervention tĂ©lĂ©visĂ©e lors du fameux retour des pilotes. C’Ă©tait un 12 dĂ©cembre, en direct, Ă  17 h 30. Tout Ă  sa joie d’annoncer la libĂ©ration des deux militaires, le prĂ©sident prodiguait moult remerciements et concluait sur sa volontĂ© de conserver Ă  la France son premier rang. Une image montra quelques secondes l’ElysĂ©e et l’antenne fut rendue aux programmes. Rideau. Dans le studio Ă©lysĂ©en, techniciens et assistants commençaient Ă  se dĂ©tendre quand ils entendirent la voix surprise de Jacques Chirac : « On ne fait pas une deuxième prise ? »

L’assistance se figea.

Quelqu’un souffla : « Mais c’Ă©tait en direct! » Le prĂ©sident, interloquĂ© : « Ah, c’Ă©tait en direct ?… Mais je ne savais pas que c’Ă©tait en direct… J’avais pas compris que c’Ă©tait en direct »… Jacques Pilhan en Ă©prouve encore des sueurs froides.

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