L’essor de la communication publique locale

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Communication publique locale : le boom

Les collectivit√©s territoriales intensifient leurs efforts pour informer leurs administr√©s. Deux sondages montrent que ces derniers appr√©cient…

Depuis¬†que les collectivit√©s locales ont d√©cid√© de faire parler d’elles, de leurs r√©alisations et de leurs projets, elles s’en donnent les moyens. Les budgets consacr√©s √† la communication enflent, les √©quipes aussi. Or, il semble que ces efforts ne restent pas vains. Le citoyen – cible privil√©gi√©e de ces sollicitudes – en tire le sentiment d’√™tre inform√©, il se montrerait m√™me enclin √† en demander davantage. C’est du moins ce qui ressort de deux sondage r√©cents, r√©alis√©s par IPSOS Opinion et par l’IFOP √† la demande, respectivement, de deux associations : Communication et citoyen et¬†Communication publique¬†(1). Dans leurs grandes lignes, ces deux enqu√™tes pr√©sentent bon nombre de similitudes.¬†

Ainsi, selon l’√©tude IPSOS, 55 % des Fran√ßais estiment que le conseil municipal de leur ville ¬†¬Ľ fait suffisamment d’efforts ¬†¬Ľ pour les informer, 53 % selon celle de l’IFOP. Les d√©partements, talonn√©s par les r√©gions, se classent dix-sept points derri√®re. La loi de proximit√© – le maire est en g√©n√©ral mieux connu que le pr√©sident du conseil r√©gional – explique probablement en bonne partie ces scores. Reste bon nombre de curieux qui se plaignent de ne pas √™tre assez au courant.¬†

Les vieilles recettes font toujours mouche 

Autre fa√ßon de mesurer cette avidit√© de savoir, les enqu√™teurs d’IPSOS ont pos√© la question sensible des moyens allou√©s √† ce poste. Seuls 13 % des personnes interrog√©es estiment que leur commune d√©pense trop d’argent pour s’adresser √† eux, 12 % lorsqu’il s’agit de leur d√©partement ou de leur r√©gion. Les campagnes destin√©es √† se faire conna√ģtre sur le reste du territoire, voire √† l’√©tranger, laissent les administr√©s dubitatifs, les taux de non-r√©ponse augmentent alors fortement.¬†

Si, dans l’ensemble, les Fran√ßais appr√©cient le d√©veloppement de la communication des collectivit√©s locales, c’est avec une certaine lucidit√©. 23 % ont r√©pondu aux questions de l’IFOP que ces efforts sont faits pour ¬†¬Ľ les informer et leur rendre service ¬ę¬†, 69 % ¬†¬Ľ pour am√©liorer l’image des √©lus et les aider √† se faire r√©√©lire ¬ę¬†. Seul v√©ritable point noir de ces sondages, la capacit√© des lois de d√©centralisation √† mieux faire conna√ģtre la vie locale aux citoyens ne convainc gu√®re. Au contraire, celles-ci auraient m√™me ¬†¬Ľ compliqu√© ¬†¬Ľ la diffusion des messages pour 32 % de ces derniers.¬†

Les m√©thodes choisies pour informer, et pour s√©duire, donc, se sont diversifi√©es, mais ce sont encore les vielles recettes qui font mouche. D’une part, 68 % des interrog√©s disent lire, avant tout, le bulletin municipal, de l’autre 57 % assurent qu’ils pr√©f√®rent ce m√©dia aux autres moyens de communication. Cela tombe bien : selon une autre √©tude consacr√©e aux villes moyennes par l’agence de communication Capucine (2), 94 % de ces derni√®res publient un journal municipal, et presque toutes les autres projettent d’en cr√©er un.¬†

Au hit-parade de l’information, la presse locale et la t√©l√©vision r√©gionale se disputent la seconde place. Les panneaux d’affichage retiennent aussi l’attention du public, tandis que pr√®s d’une personne sur cinq cite la radio locale comme une de ses sources. Tout cela a un co√Ľt, l’enqu√™te de l’agence Capucine fournit √† ce sujet quelques indications. En 1991, une large majorit√© des villes moyennes disposaient d’un service communication d’au moins cinq personnes et d’un budget de plus de 2 millions de francs.¬†

(1) Ces deux enqu√™tes ont √©t√© men√©es en juin 1992, chacune aupr√®s d’un √©chantillon repr√©sentatif de 1 000 adultes. (2) 58 des 95 villes fran√ßaises de plus de 50 000 habitants ont r√©pondu √† cette √©tude, en d√©cembre 1991.

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De l’influence des ¬ę¬†Guignols¬†¬Ľ en communication politique

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Au journal de France 2, il y a dix jours, Jacques Chirac a critiqu√© ¬ę¬†la technique consistant √† dire : ne vous inqui√©tez pas, dormez, je veille¬†¬Ľ ¬ę¬†Le Monde du 11 janvier¬†¬Ľ. C’√©tait une r√©f√©rence implicite √† la marionnette Balladur, qui, dans ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ, joue au fakir. L’√©mission-phare de Canal Plus domine-t-elle la campagne √©lectorale au point de dicter les phrases, les strat√©gies ou les candidatures des hommes politiques ?¬†

Les hommes politiques r√©agissent souvent aux ¬ę¬†Guignols¬†¬Ľ. Quand Jacques Chirac publie son agenda bien rempli dans le Parisien, c’est effectivement pour prouver qu’il travaille, contrairement √† ce que disent les marionnettes de Canal Plus. Parfois, on a donc l’impression que les politiques copient leur marionnette : Jacques Chirac ressemble aujourd’hui √† son guignol de 1993, quand il √©tait peint en serial loser et qu’il se lan√ßait dans le social pour doubler Balladur sur sa gauche. En r√©alit√©, ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ anticipent. Ce ne sont ni eux, ni les sondages qui ont fait Balladur. Le champ politique reste toujours surd√©terminant.¬†

¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ ne feront pas l’√©lection ?¬†

Il est hautement improbable que cette √©mission ait un effet sur les votes et sur les opinions. Les ¬ę¬†quatre vieilles¬†¬Ľ comme on appelle en sociologie √©lectorale les variables lourdes qui d√©terminent le vote : l’√Ęge, la religion, le cat√©gorie socioprofessionnelle et le sexe restent d’actualit√©, m√™me si le sexe n’est plus du tout un facteur de distinction. La t√©l√©vision ne fait pas l’√©lection, et l’id√©e que ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ pourraient avoir un effet sur la¬†communication politique¬†et sur la pr√©sentation de soi est fausse. Tout juste contribuent-ils √† red√©finir l’image de l’homme politique qui, du coup, se sent parfois oblig√© de corriger le tir.¬†

¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ n’ont donc pas d’influence ?¬†

Si. ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ, par exemple, ont √©largi l’espace du dicible politique et du politically correct. De ¬ę¬†Putain, deux ans¬†¬Ľ √† ¬ę¬†Couille molle¬†¬Ľ l’insulte que Chirac adresse √† Balladur la panoplie s’√©largit. D√®s le d√©part, ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ, qui sont de purs produits Canal Plus, ont revendiqu√© la filiation avec Coluche et sa campagne ¬ę¬†Bleu blanc merde¬†¬Ľ de 1981. Coluche est arriv√© √† Canal Plus gr√Ęce √† ¬ę¬†Coluche info¬†¬Ľ, pour se venger de la censure dont il avait √©t√© victime pendant sa campagne pr√©sidentielle. Quand Coluche est mort, en juin 1986, Alain De Greef, le directeur des programmes, a eu l’id√©e des marionnettes.¬†

¬ę¬†Les Guignols de l’Info¬†¬Ľ parodient aussi le sacro-saint ¬ę¬†JT¬†¬Ľ. PPD, qui repr√©sente la gent journalistique, reste pourtant sympathique. Il contemple avec lucidit√©, la t√™te entre ses mains, la b√™tise des candidats…¬†

¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ sont n√©s avec l’id√©e de tourner en d√©rision le traitement t√©l√©vis√© de l’information. Leur succ√®s doit beaucoup aux circonstances : la guerre du Golfe, Timisoara, l’affaire Botton-Patrick Poivre d’Arvor. PPD a deux facettes : comme repr√©sentant de TF 1, il est ridiculis√©. Mais quand il adopte le style Europe 1, qu’il pose de bonnes questions, il repr√©sente le journaliste intelligent.¬†

C’est l’une des limites de la critique des ¬ę¬†Guignols¬†¬Ľ, et peut-√™tre la raison pour laquelle les journalistes, en particulier politiques, les aiment tant.¬†

¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ participent de ce que l’anthropologue Georges Balandier appelle un rituel d’inversion. Ce n’est pas le pouvoir politique (ou journalistique) qui est d√©mont√©, mais l’exercice du pouvoir. Derri√®re, l’appareil d√©mocratique en sort grandi.¬†

Comme les hommes politiques, les journalistes, les sondeurs, comme les petits producteurs ind√©pendants que sont l’abb√© Pierre ou BHL, ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ sont devenus des coproducteurs de la campagne. Ils appartiennent d√©sormais au cercle politique que d√©crit Patrick Champagne.¬†

Tout le prouve : la petite salle ferm√©e o√Ļ ils travaillent, cette ambition de voir sans √™tre vu, cette mani√®re de ne jamais se frotter au r√©el… Les trois sc√©naristes des ¬ę¬†Guignols¬†¬Ľ travaillent avec Lib√©ration, le Parisien, et les journaux t√©l√©vis√©s de treize heures.¬†

Ils participent de la même surenchère ? 

¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ sont des feuilletonistes : ils mettent l’accent sur le jeu politique au d√©triment des enjeux. Ils me font penser au Dimanche √† Bouvines, de Georges Duby. En 1214, raconte cet historien, on parlait de la politique en racontant des histoires d’amiti√©s trahies ou d’adult√®re. On retrouve tous ces ingr√©dients dans ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ. Il y a les amis de trente ans qui se d√©couvrent, les querelles d’h√©ritage (qui est l’h√©ritier de Pompidou, du g√©n√©ral de Gaulle ?). La bande-annonce fa√ßon Coeurs br√Ľl√©s t√©moigne bien de ce regard : ¬ę¬†Il y a de tout, de l’amiti√©, des trahisons, des drames, de la passion…¬†¬Ľ.¬†

Pourquoi ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ ont-ils supplant√© ¬ę¬†Le B√©b√™te show¬†¬Ľ ? Y a-t-il un effet de g√©n√©ration ?¬†

C’est un effet de syst√®me. A mesure que la qualit√© sociale des ¬ę¬†Guignols¬†¬Ľ a augment√©, que les marionnettes ont re√ßu et gardent encore ce brevet d’honorabilit√© qui autorise √† en parler dans les d√ģners en ville, ¬ę¬†Le B√©b√™te Show¬†¬Ľ a chut√©. C’est vrai aussi que ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ s’adressent davantage aux jeunes. L’√©mission est souvent presque illisible pour les plus de trente ans : Delors porte en sous-titre ¬ę¬†Should I go¬†¬Ľ, en r√©f√©rence √† la chanson des Clash; le surnom d’ ¬ę¬†√Čdouard¬†¬Ľ, ¬ę¬†Magic Ed¬†¬Ľ, fait allusion au basketteur Magic Johnson.¬†

Les trois jeunes sc√©naristes, Bruno Gaccio, Beno√ģt Del√©pine et Jean-Fran√ßois Halin, ont moins de trente-cinq ans. Ils ont √©t√© socialis√©s √† la lecture de Charlie hebdo et de Pilote, ce qui n’est pas le cas de Jean Amadou. Ils n’ont pas de message √† faire passer. ¬ę¬†Les Guignols¬†¬Ľ sont les porte-parole d’une g√©n√©ration ¬ę¬†qui continue √† √™tre parl√©e plus qu’elle ne parle¬†¬Ľ, comme dit Pierre Bourdieu. En ce sens, ils remplissent une fonction tribunicienne.

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De la communication politique à la communication citoyenne

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IL y a deux ans, le l√©gislateur imposait un distinguo subtil entre les d√©penses de communication des √©lus et celles des collectivit√©s. Qu’on s’en souvienne ! Si les √©lus dans leur grande majorit√© sentaient que le moment √©tait venu de clarifier leurs r√īles aux yeux du public, en s√©parant le temps de la gestion du temps de l’√©lection, les professions interm√©diaires, publicitaires en t√™te, criaient √† l’√©touffement des libert√©s d’expression.¬†

L’exp√©rience des derni√®res √©lections locales a tranch√©. La loi n’a pas √©treint les candidats. On a substitu√© le dialogue direct aux √©panchements incantatoires en quadrichromie. Et les collectivit√©s ont mis un frein √† la personnalisation de leurs messages, s’effor√ßant maintenant de r√©fl√©chir √† la pertinence de leurs investissements de communication, autrement qu’en termes de tonnes de papier et de campagnes lessivi√®res.¬†

La principale vertu de la loi de 1990 a √©t√© de d√©montrer qu’il existe une ligne de fronti√®re praticable entre la communication de nature strictement politique, visant les √©lecteurs, √† la charge des candidats, et la communication citoyenne, visant les habitants d’une collectivit√©, usagers et contribuables, √† la charge des institutions. Cette dissociation n’est pas seulement un progr√®s dans la gestion d√©mocratique, au nom du bon usage des ressources publiques. C’est une avanc√©e conceptuelle en mati√®re de communication.¬†

Un enjeu de démocratie 

Elle am√®ne √† consid√©rer la responsabilit√© propre des collectivit√©s, pour construire une relation d’√©change avec les citoyens, autrement que d’un point de vue marchand, univoque et id√©ologique. Car les Fran√ßais ne consid√®rent pas que les collectivit√©s locales p√®chent par exc√®s d’information, ni m√™me qu’elles d√©pensent trop d’argent √† cet effet, comme l’indique un sondage IPSOS r√©alis√© pour le colloque de Communication et citoyens. On constate dans les r√©ponses des personnes interrog√©es une demande r√©elle, voire une incitation √† faire plus. Pour ces personnes l’information locale est une n√©cessit√© moderne qui a son co√Ľt, m√™me si l’avertissement est clair : d√©penser ce qu’il convient, c’est-√†-dire avec mesure et de pr√©f√©rence pour des actions informatives, pas trop publicitaires, ni politiques.¬†

Mais qu’on ne s’y trompe pas : la communication citoyenne qui associe les habitants des villes, des r√©gions et des d√©partements √† la vie de leur collectivit√©, √† leur d√©veloppement et √† leur rayonnement n’est pas une communication apolitique ou faussement ¬†¬Ľ neutre ¬ę¬†, comme se doit de l’√™tre celle des services publics. Elle exprime des choix de gestion engag√©s et elle s’appuie sur des valeurs proclam√©es. Amalgamer abusivement ce qui ressort de la communication publique, expression du gouvernement d’une part et p√©dagogie des services publics d’autre part, avec la communication des collectivit√©s locales reviendrait √† nier dix ans de progr√®s de d√©centralisation.¬†

En profitant du courant d’opinion qui appelle de ses voeux une plus grande affirmation des responsabilit√©s locales et un accroissement de la gestion de proximit√©, dans l’Europe des Etats, face √† des administrations qui ne parviennent toujours pas √† penser autrement qu’en termes d’usagers, les collectivit√©s ont un enjeu de d√©mocratie √† relever.¬†

Elles doivent donner vie et r√©alit√© √† cette communication citoyenne, forme moderne de la relation civique. En modernisant l’information de service, d’abord, pour porter √† la connaissance de tous, √©galement, les r√©alisations, les projets et les activit√©s de la collectivit√© dont ils peuvent b√©n√©ficier.¬†

En osant une communication interactive et directe, pour faciliter le dialogue, les √©changes et l’expression en retour des habitants, sur tous les sujets qui les concernent, √† une √©poque o√Ļ les bonnes d√©cisions sont seulement celles qui ont √©t√© largement d√©battues et comprises avant de s’appliquer. En pariant enfin sur une communication de v√©rit√© qui doit substituer aux artifices de la s√©duction les preuves concr√®tes qui font la force d’une collectivit√©. ¬†¬Ľ L’image ne fait pas le produit ¬ę¬†, ou pas tr√®s longtemps, aux yeux d’investisseurs ou d’habitants surinform√©s, mobiles et confront√©s √† des offres vari√©es et innovantes, de la part de tous les acteurs locaux.¬†

Plus que des principes de fonctionnement, ce sont l√† les vertus de la communication citoyenne et pour les √©lus les exigences √† int√©grer, pour ne plus consid√©rer la communication comme une mode des temps ou une imitation de l’entreprise.¬†

En s’affranchissant des tentations √©lectoralistes et en √©vitant de reproduire les erreurs commerciales qui font de la forme l’alibi du manque de message et de la d√©pense disproportionn√©e l’excuse du d√©faut de r√©flexion, les collectivit√©s locales, si elles le veulent, peuvent apporter aux citoyens une forme v√©ridique et utile de dialogue qui les r√©conciliera avec la communication moderne.

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Gros temps sur les médias : Les hommes politiques prennent chaque effervescence médiatique pour une conspiration

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Gros temps sur les médias : Les hommes politiques prennent chaque effervescence médiatique pour une conspiration

Y a-t-il collusion entre les m√©dias ? Pis, les patrons de la presse √©crite et audiovisuelle s’entendent-ils pour monter r√©guli√®rement des ¬†¬Ľ campagnes ¬†¬Ľ destin√©es √† d√©stabiliser le gouvernement et le pr√©sident de la R√©publique ? Ouvertement, nul dans la classe politique n’affirme rien de pareil. Pourtant quand M. Fran√ßois Mitterrand d√©non√ßait, mardi 4 f√©vrier, devant les micros de Henri Sannier (Antenne 2) et Patrick Poivre d’Arvor (TF1) une ¬†¬Ľ campagne de presse obs√©dante ¬†¬Ľ et s’exclamait, √† propos de l’affaire Habache : ¬ę¬†Laissez-moi parler. Depuis six jours vous ne parlez que de cela [l’affaire Habache] (…). Tout est tomb√© dans la trappe pour tout centrer sur ce qu’on appelle l’affaire Habache ¬ę¬†, il ne disait pas autre chose. Acc√®s de ¬†¬Ľ folie ¬†¬Ľ des journalistes ? Ou volont√© de nuire ?

La complainte du gouvernement ou de la majorit√© pr√©sidentielle n’est pas neuve. En juin 1991, lors de l’affaire de la transfusion sanguine, M. Bruno Durieux, ministre de la sant√©, avait d√©nonc√© devant les associations de donneurs de sang la ¬†¬Ľ campagne ¬†¬Ľ lanc√©e par les m√©dias. Lorsque Mme Edith Cresson a √©t√© nomm√©e premier ministre, elle a pu √©voquer une ¬†¬Ľ campagne ¬†¬Ľ de presse tant le tandem de choc qu’elle formait avec son conseiller sp√©cial M. Abel Farnoux a √©t√© singularis√© par les m√©dias. Greenpeace, Soci√©t√© g√©n√©rale… les ¬†¬Ľ affaires ¬†¬Ľ – et donc les ¬†¬Ľ campagnes ¬†¬Ľ suppos√©es – n’avaient pas manqu√© tout au long des ann√©es 80.

Le gouvernement socialiste est-il pour autant la victime r√©guli√®re de campagnes de presse ? Au sens strict du terme, certainement pas. L’Histoire nous fournit √† cet √©gard quelques points de rep√®re. Par exemple, quand, √† la fin de 1913 et au d√©but de 1914, le Figaro part en guerre contre Joseph Caillaux, ministre des finances, il s’agit r√©ellement d’une campagne. Jour apr√®s jour, ce journal, seul ou quasi seul, tire plusieurs mois durant une s√©rie de boulets. Dans chacun des articles, le vrai se m√™le au faux, les dossiers pr√©cis succ√®dent aux insinuations, la v√©rit√© est ind√©m√™lable du mensonge, mais l’intention de nuire fonde le tout. Si l’on en croit le livre de Jean-Denis Bredin consacr√© √† l’ ¬†¬Ľ affaire ¬ę¬†, Henriette Caillaux (la femme du ministre) qui devait assassiner le directeur du Figaro, a compt√© elle-m√™me ¬†¬Ľ 138 articles en 95 jours ¬ę¬†.

L’historien Jean-Claude Allain, cit√© par Jean-Denis Bredin, a relev√© en ¬ę¬†106 jours, 110 articles, √©chos ou dessins dirig√©s contre le ministre des finances. Les trois quarts sont sign√©s ou paraph√©s par Calmette¬†¬Ľ (directeur du Figaro √† l’√©poque). Rappelons qu’√† la veille de la premi√®re guerre mondiale, Paris comptait pr√®s de quatre-vingts quotidiens contre une dizaine aujourd’hui.

Les campagnes de presse modernes – style Habache ou Pechiney – n’ob√©issent plus aux m√™mes r√®gles que celle de l’affaire Caillaux. Pour plusieurs raisons. Une campagne de pure malveillance, fond√©e sur un m√©lange de vrai et de faux, tombe aujourd’hui sous le coup d’une l√©gislation plus restrictive, notamment en mati√®re de protection de la vie priv√©e. Mais aussi la concurrence entre les m√©dias √©tant de moins en moins politique ou li√©e au jeu des partis, les organes d’information exercent une sorte de contr√īle r√©ciproque.

En 1992, la guerre entre les m√©dias est moins politique qu’√©conomique et les batailles se livrent sur l’audience plus que sur l’influence. Les campagnes d’opinion, comme disent les hommes politiques, n’ont donc plus cours. Elles ont c√©d√© la place aux ¬†¬Ľ crises m√©diatiques ¬ę¬†.

Qu’est ce qu’une crise m√©diatique ? Une effervescence le plus souvent autour d’une question sans r√©ponse. Qui a laiss√© entrer Georges Habache ? Le pr√©sident savait-il ? Le premier ministre √©tait-il au courant ? Etc. Personne ne r√©pond de mani√®re convaincante. La presse s’√©chauffe. Idem pour l’affaire Soci√©t√© g√©n√©rale : quel r√īle jouait Pierre B√©r√©govoy, ministre de l’√©conomie et des finances, dans le raid, lanc√© en 1988, sur la Soci√©t√© g√©n√©rale par Georges P√©bereau ? Idem encore pour l’affaire Pechiney : des proches de Fran√ßois Mitterrand ont-ils √©t√© √† l’origine d’un d√©lit d’initi√© sur le rachat d’American National Can par Pechiney ?

Alors qu’une petite centaine d’articles sur trois mois avaient suffi pour d√©stabiliser Joseph Caillaux, des tombereaux de ¬†¬Ľ papiers ¬†¬Ľ ont √©t√© publi√©s sur l’affaire Habache, n√©e elle-m√™me d’un dysfonctionnement de la machine gouvernementale. Le Monde, le Figaro et Lib√©ration ont publi√© √† eux seuls, en quinze jours, du 31 janvier au 14 f√©vrier, environ 190 articles. En quinze jours, le Figaro a plac√© dix fois l’affaire en ¬†¬Ľ une ¬ę¬†, le Monde et Lib√©ration cinq fois. Dans la presse r√©gionale et audiovisuelle, la m√™me effervescence r√©gnait. Si l’on en croit des statistiques du SID (Service d’information et de diffusion du premier ministre), la presse r√©gionale, en une semaine, a consacr√© 74 articles et 54 √©ditoriaux √† l’affaire Habache, contre 14 articles et 2 √©ditoriaux √† la visite de M. Boris Eltsine √† Paris qui avait lieu au m√™me moment.

Ces √©carts √©normes seraient cependant d√©nu√©s de signification s’ils n’√©taient accompagn√©s d’un √©l√©ment nouveau : l’irruption de l’audiovisuel dans le paysage informatif. Mille huit cents radios, six cha√ģnes de t√©l√©vision – dont quatre appartiennent au secteur priv√© – ont chang√© la donne de l’information. Pas la nature de cette information (¬†¬Ľ Seuls les trains qui n’arrivent pas √† l’heure m√©ritent d’√™tre mentionn√©s ¬ę¬†) mais son impact. D’un seul coup, parce que la concurrence entre ces nouveaux m√©dias a lieu aussi sur le terrain de l’information, des millions de foyers sont confront√©s par la seule force de l’image √† l'¬†¬Ľ √©v√©nement ¬†¬Ľ Habache.

Mieux, ils sont tenus en haleine sur une √©nigme : celle de la responsabilit√© politique. Si bien que quand les services d’information du premier ministre √©crivent que la presse audiovisuelle a consacr√© 169 commentaires, 130 reportages et 43 interviews √† l’affaire Habache contre 27 commentaires, 16 reportages et 8 interviews au voyage √† Paris de M. Boris Eltsine, ils ne dessinent pas seulement un d√©s√©quilibre. Ces chiffres indiquent aussi et surtout que nul dans le pays ne peut plus ignorer qui est Georges Habache. Ils signifient aussi que brusquement, tout ce qui compte en France comme personnalit√©s morales et politiques n’aspire qu’√† une chose : s’exprimer sur le dossier. Un tohu-bohu qui rejette au second plan tout autre sujet et pousse le pr√©sident de la R√©publique √† une intervention t√©l√©vis√©e.

Débat déontologique

Campagne de presse ou crise m√©diatique, le r√©sultat est le m√™me pour les hommes politiques mis en cause. Brusquement, par le fait d’une avalanche informative, ils se retrouvent projet√©s hors de toute routine. Le moindre de leurs propos devient objet de soup√ßon, la machine gouvernementale se grippe, l’opposition en profite pour jeter de l’huile sur le feu et la plus petite faute de comportement renforce le sentiment d’affolement.

Il est si difficile de se d√©fendre contre une explosion m√©diatique que certains tentent, comme le d√©put√© PS Julien Dray l’a fait sur la Cinqlundi 10 f√©vrier, d’expliquer aux m√©dias qu’ils ¬†¬Ľ manquent de mesure ¬ę¬†. L’affaire Habache, disait Julien Dray, n’est pas aussi importante que l’effondrement du mur de Berlin. Par cons√©quent, il est absurde de lui consacrer autant d’importance. CQFD. Une comparaison qui prendrait tout son sens si les deux √©v√©nements avaient √©t√© concomitants. Mais dans une presse qui, dans son ensemble, hi√©rarchise l’information au jour le jour, la critique tombe.

Si une cha√ģne de t√©l√©vision ouvre son journal de 20 heures plusieurs jours durant sur la r√©unification de l’Allemagne, elle ne peut se baser l√†-dessus, un an plus tard, pour juger de la place qu’il convient d’accorder √† un √©v√©nement de politique int√©rieure.

Le poids social des m√©dias est tel aujourd’hui qu’il n’est plus une crise politique qui ne soit simultan√©ment une crise m√©diatique. Pour la m√™me raison – et l’affaire Habache sert encore d’exemple – les m√©dias deviennent r√©guli√®rement des instruments de crise. L’affaire Habache n’aurait pas exist√© sans un coup de t√©l√©phone pass√© par les milieux palestiniens de Tunis √† la r√©daction d’Antenne 2. Quel but visaient ces informateurs si complaisants ? Esp√©raient-ils d√©clencher un tel toll√© ? Difficile de le savoir. L’√©vidence est l√† : l’instrumentalisation croissante des m√©dias oblige les journalistes non pas √† renoncer √† un scoop, mais √† mieux int√©grer les intentions de leurs informateurs dans leur pr√©sentation des faits… Et ce, pour mieux parer √† la manipulation.

Quant aux hommes politiques, √† eux de pr√©venir les crises plut√īt que d’accuser les m√©dias. Le caract√®re strat√©gique de l’information, la capacit√© d√©sorganisatrice des moyens d’information dans les soci√©t√©s d√©velopp√©es ne peuvent pas √™tre modifi√©s par l’anath√®me. F√Ľt-il pr√©sidentiel.

La presse, contrairement √† une id√©e re√ßue, n’est pas un pouvoir mais l’information a des effets de pouvoir. C’est la raison pour laquelle les journalistes eux-m√™mes ont entrepris de s’interroger. A TF 1 comme au Monde et dans de nombreux autres organes d’information dans les r√©gions comme dans la capitale, un d√©bat d√©ontologique est en cours. Il est utile et n√©cessaire, tant il est vrai que ceux qui ont pour m√©tier la transparence ne sauraient entretenir l’opacit√© sur leur propre m√©tier.

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Relations publiques et image d’entreprise

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Pas moins de 86,7 % des dirigeants estiment essentielle, tr√®s importante ou n√©cessaire la fonction de relations publiques dans leur entreprise. C’est ce qui ressort d’un sondage du Groupe L√©ger & L√©ger men√© en mai dernier pour le compte de la Soci√©t√© des relationnistes du Qu√©bec et de la banque CIBC (Mtl, 100,75 $).

Ce sondage a √©t√© effectu√© aupr√®s des pr√©sidents, vice-pr√©sidents et cadres sup√©rieurs de 255 entreprises. Une proportion de 72 % de ces entreprises ont leur si√®ge social √† Montr√©al, 8,2 %, en Ontario, 2,6 %, √† Laval et 2,6 %, √† Qu√©bec. En outre, 63,8 % d’entre elles affichent un chiffre d’affaires sup√©rieur √† 5 M$ et 15,9 %, inf√©rieur √† 1 M$. La marge d’erreur d’un tel sondage est de 6,2 % et ce, 95 fois sur 100.

Au total, 30,2 % des entreprises ont une personne qui s’occupe exclusivement des relations avec les m√©dias, 29,7 %, des communications internes et 25,9 %, des relations avec les actionnaires.

Par ailleurs, 47,4 % des entreprises emploient une personne dont l’une des fonctions est de s’occuper des relations avec les m√©dias, 57,8 %, des communications internes et 39,7 %, des communications avec les actionnaires.

En outre, 41,8 % des entreprises ignorent compl√®tement l’approche environnementale alors que 13,4 % emploient une personne dont c’est la fonction principale ou exclusive.

Confiance √† l’interne

Dans le cas des communications internes, 94 % des entreprises ont recours uniquement √† leurs ressources internes alors que seulement 0,9 % se font aider par une firme de relations publiques. Quant aux relations gouvernementales, 77,3 % des entreprises s’en chargent seules alors que 9,3 % demandent √† une agence externe de s’en occuper en tout ou en partie. Ce rapport est de 75,9 % et de 7,9 % respectivement au chapitre des communications financi√®res.

D’autre part, 25,9 % des entreprises ont recours aux services d’une firme externe pour s’occuper de leurs relations avec les m√©dias alors que 60,2 % d’entre elles confient cette fonction en exclusivit√© √† leur service interne.

Le sondage de Léger & Léger révèle aussi que dans 39 % des cas, les personnes affectées aux relations publiques relèvent du président, dans 13,9 % des cas elles se rapportent au vice-président marketing, dans 9,3 % des cas elles dépendent du directeur général et dans 8,3 % des cas, du vice-président relations publiques.

On note √©galement que 24,1 % des dirigeants d’entreprise affectent une personne aux relations publiques, 20,4 %, deux personnes et 9,3 %, trois personnes. Enfin, 13,6 % des entreprises ont plus de cinq personnes √† temps plein ou partiel pour faire des relations publiques.

Quatre entreprises sur cinq consacrent un budget moyen de 253 000 $ aux relations publiques. Seulement 13 % des budgets vont aux agences sp√©cialis√©es. Parmi les entreprises qui ont un budget pour les relations publiques, trois sur quatre le consid√®rent comme un investissement, une sur cinq estimant qu’il s’agit plut√īt d’une d√©pense.

Les dirigeants interrog√©s estiment √† 6,6 fois les retomb√©es de leurs investissements en relations publiques. Cette estimation est cependant tr√®s arbitraire, souligne le document, les mesures de l’efficacit√© des actions en relations publiques √©tant presque inexistantes.

Finalement, le sondage note une tendance chez les entreprises √† s’occuper davantage de leurs communications internes, tendance qui devrait se maintenir au cours des prochaines ann√©es.

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Des services de communication en mal d’expression dans le secteur public ?

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La communication dans le secteur public

Une enqu√™te r√©alis√©e par l’IFOP (1) pour l’association¬†Communication publique¬†√©claire la place et l’avenir des services de communication du secteur public au sens large : collectivit√©s locales, entreprises, minist√®res ou services d√©centralis√©s. Si la tendance est √† la professionnalisation, de graves lourdeurs de fonctionnement ternissent encore l’expression des institutions publiques.

Objectif : se faire conna√ģtre. A 60 %, les responsables de la communication du secteur public √©valuent en termes d’information la principale mission qui leur est confi√©e. La promotion, l’instauration d’un dialogue, l’am√©lioration du fonctionnement et la vente ne viennent que loin derri√®re cet objectif prioritaire. Si l’√©ventail des types de communication est large, la communication institutionnelle tient le haut du pav√©. Pratiqu√©e par les trois quarts des organismes publics – et principalement par les collectivit√©s locales, – elle recueille le plus fort pourcentage des souhaits de d√©veloppement. Attach√©s √† une institution et non √† des √©lus politiques, les artisans de la¬†communication publique¬†se refusent, au moins explicitement, √† la confusion des r√īles.

Plus professionnels, mieux arm√©s, les services de communication se jugent aujourd’hui mieux reconnus. Mais la place de la communication dans le secteur public est encore estim√©e insuffisante par 60 % de ses responsables. En t√©moigne la pr√©carit√© des moyens accord√©s aux services d√©centralis√©s. Un cinqui√®me seulement des organismes d√©concentr√©s b√©n√©ficient d’un budget de communication annuel sup√©rieur √† un million de francs. A l’√©chelle nationale, le constat est √† peine meilleur : seuls 42 % des budgets d√©passent 3 millions de francs, offrant ainsi une marge de manoeuvre suffisamment large.

Rattachés au sommet

Majoritairement compos√©s de petites unit√©s de moins de cinq personnes, ces services sont presque toujours directement rattach√©s au sommet, et d√©pendent de la bonne volont√© politique qu’on y consacre. Partout, les griefs restent les m√™mes : manque de moyens et de personnel, collaborateurs insuffisamment qualifi√©s… S’il appara√ģt plut√īt ais√© de convaincre un d√©cideur de l’importance des outils de communication, on continue de d√©plorer l’absence de strat√©gie globale et la pratique d’une communication √† vue : 43 % des responsables du secteur public n’ont pas le sentiment d’agir dans le long terme.

A l’int√©rieur de chaque institution, le dialogue ne passe pas toujours facilement. Pr√®s de la moiti√© des professionnels de la¬†communication publique¬†√©prouvent des difficult√©s √† cr√©er des liens avec les autres services. La communication interne fait alors figure de parent pauvre . Bon nombre regrettent que celle-ci puisse encore s’apparenter √† ¬†¬Ľ un navire dans lequel le mode de circulation de la communication est la note de service ¬ę¬†. Facteur de coh√©sion et d’identit√©, la communication interne aspire √† d√©passer le stade du coup par coup.

Les organismes d√©concentr√©s, pour leur part, souffrent √† 40 % de la relation qu’ils entretiennent avec l’administration centrale, qu’une forte minorit√© ressent comme une subordination. La majorit√© des responsables d√©centralis√©s soulignent la disparit√© financi√®re qui les s√©pare de la capitale : ¬†¬Ľ En 1990, le budget pour le minist√®re √©tait de 11,8 millions de francs. Et sur 11,8 millions, il y en avait 11,4 pour l’administration centrale √† Paris et seulement 400 000 francs pour les services ext√©rieurs, c’est-√†-dire presque rien ¬ę¬†, rappelle, √† titre d’exemple, un fonctionnaire de province.

Une plus large concertation

Confuse √† 26 %, mal cibl√©e √† 24 %, voire partisane pour 20 % des sond√©s, la¬†communication publique¬†exprime des difficult√©s qui sont √† la mesure de ses enjeux. Pourtant les progr√®s accomplis depuis quelques ann√©es sont loin d’√™tre n√©gligeables. Mais comme le remarque Jean-Luc Parodi de l’IFOP, la¬†communication publique¬†est indissociable des probl√®mes qui la fa√ßonnent : probl√®me de pouvoir tout d’abord, dans la mesure o√Ļ elle reste l’expression d’une structure de pouvoir; probl√®me de l√©gitimit√© ensuite, dans le balancement constant des all√©geances √† l’institution ou √† son patron; probl√®me de temporalit√© aussi, car sa gestion du temps est soumise aux √©ch√©ances de la d√©mocratie √©lectorale; probl√®me d’identit√© donc, car pour exister, il faut √™tre nomm√© et que sa reconnaissance n’est pas encore acquise. La quasi-totalit√© des personnes interrog√©es souhaitent une plus grande concertation entre les responsables des services publics de communication.

C’est √† cette confrontation des id√©es que s’attelle l’association¬†Communication publique. Id√©es dont certaines pourraient se retrouver dans le rapport sur la communication qui doit √™tre remis au ministre de la fonction publique d’ici quelques semaines.

(1) Enquête réalisée du 18 juin au 9 juillet 1991, avec 20 entretiens pour la phase qualitative, et un échantillon représentatif de 164 responsables de la communication publique pour la phase quantitative.


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Pour les groupes ¬ę √† risques ¬Ľ la communication de crise est une fonction strat√©gique

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communication de crise

Pour les groupes ¬ę √† risques, ¬Ľ la communication de crise est une fonction strat√©gique

L’environnement est une donn√©e de la strat√©gie qui influe sur la communication interne et externe de l’entreprise. En particulier dans les groupes aux activit√©s ¬ę √† risque ¬Ľ.

Vendredi 14 juin 1991, 14 H 23, des flammes s’√©l√®vent du d√©p√īt Total de Saint-Ouen. Une vanne est rest√©e entrouverte dans cette unit√© de stockage qui permet de ravitailler le nord de Paris et la r√©gion parisienne en supercarburant. Le feu a pris dans les tuyauteries. A 12 h, les membres du PC de crise sont tous r√©unis au si√©ge de Levallois. Les premiers √©l√©ments d’information sont aussit√īt communiqu√©s √† la presse. En l’occurence, aucune cons√©quence sur l’environnement.

¬ę¬†La communication de crise est un √©l√©ment-cl√© de la politique d’environnement des entreprises qui oeuvrent dans des secteurs √† risques, comme la chimie, la pharmacie, le p√©trole, le gaz, le papier et le bois.¬†¬Ľ pr√©cise Florian Silnicki, Fondateur de l’agence de communication de crise LaFrenchCom.

Alain P√©roy, responsable de l’environnement et de la s√©curit√© pour l’ensemble du groupe Rh√īne-Poulenc, est formel: ¬ę Nous sommes parmi les premiers chimistes mondiaux. L’environnement est une condition de la p√©rennit√© de notre industrie et du maintien de notre soci√©t√© dans la comp√©tition ¬Ľ . Rh√īne-Poulenc est en train d’int√©grer le volet environnement dans son plan strat√©gique de d√©veloppement. Chaque secteur prend en compte les donn√©es du long terme sur l’environnement, les attentes des fournisseurs, des clients et du public. Objectifs et moyens seront chiffr√©s dans deux mois.

Sensibiliser le personnel

Car l’entreprise, aussi sensible soit¬≠elle √† l’√©cologie, ne peut faire abstraction de sa rentabilit√©. M√™me si comme le reconna√ģt Laurent Voignac, chef du d√©partement Hygi√®ne, S√©curit√©, Environnement d’ICI France, un autre grand chimiste, ¬ę les investissements affect√©s √† la protection de l’environnement ne se traduisent pas forc√©ment par l’am√©lioration des rendements ¬Ľ . Et donc des b√©n√©fices. ICI-France n’attend aucun retour des 630 millions de francs investis dans son usine de Calais pour le recyclage de l’acide sulfurique. Une somme qui correspond √† 10% des investissements du groupe dans le monde pour l’ann√©e. Chez ICI-France, le d√©veloppement de l’activit√© ob√©it √† quatre conditions: concevoir les nouvelles usines selon les normes du pays le plus exigeant; r√©duire les d√©chets de moiti√© d’ici 1995; renforcer les √©conomies d’√©nergie et de mati√®res premi√®res; enfin, organiser des programmes de recyclage des d√©chets en interne et en collaboration avec les clients.

La pr√©occupation de l’environnement est telle qu’elle n√©cessite de mobiliser l’ensemble du personnel. Et pas seulement les op√©rationnels avec lesquels Monsieur Environnement est en relation permanente. La formation, par la sensibilisation, constitue un passage oblig√© pour l’entreprise. Qu’il s’agisse de sessions, de groupes de travail, de ¬ę livre vert ¬Ľ, il faut, selon l’expression de Paul Petibon, directeur d√©l√©gu√© environnement du papetier Aussedat-Rey, ¬ę que tout le monde √©pouse la politique environnement de l’entreprise, du balayeur au pr√©sident ¬Ľ

Reste √† convaincre l’ext√©rieur que la firme est v√©ritablement concern√©e par les probl√®mes d’environnement. Or le langage de l’entreprise est souvent peu compr√©hensible par le grand public et des associations de d√©fense de la nature. ¬ę La confiance entre l’industrie et les associations n’existe pas √† l’√©tat naturel ¬Ľ pr√©cise Paul Petibon. Aussi, pour rem√©dier √† ces possibles hiatus de communication, a¬≠t¬≠il eu l’id√©e de faire appel √† un m√©diateur. ¬ę Il s’agit d’un ing√©nieur-chimiste, √©cologiste dans l’√Ęme, dont le r√īle est de faire le lien entre Aussedat-Rey et les associations ¬Ľ . Chez Atochem, Roger Papp, directeur s√©curit√©-environnement, privil√©gie les rencontres avec la presse r√©gionale. ¬ę Outre les rencontres annuelles sur chaque site avec les institutionnels, √† qui nous leur remettons des monographies de site, nous organisons des s√©minaires de connaissance de la chimie ¬Ľ . Tout cela compl√©t√©, au niveau de chaque site, par des journ√©es portes-ouvertes, des num√©ros de t√©t√©phone vert etc.

M√™me s’il est souvent difficile de lever toutes les suspicions √† l’√©gard de l’entreprise, les reponsables environnement savent qu’il ne faut pas chercher √† masquer la r√©alit√©. ¬ę Un probl√©me ne doit jamais √™tre consid√©r√© comme n√©gligeable. La fa√ßon dont il sera per√ßu par l’ext√©rieur peut avoir des cons√©quences extr√™mement n√©fastes pour l’entreprise ¬Ľ, conclut, prudent, Paul Petibon.

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