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Bordeaux. – Le troisième congrès de l’AFREP (Union des associations françaises de relations publiques) a eu lieu à Bordeaux du 25 au 27 octobre sur le thème :  » Les relations publiques, deuxième génération « .

Il s’agissait de mesurer l’évolution d’une profession née avec la guerre et de dessiner son avenir. Arrivés en France dans les bagages des grandes compagnies pétrolières américaines, les chargés de relations publiques ont subi une première adaptation à la société française. Ils étaient attachés de presse ou organisateurs de cocktails, sans formation spécifique. La deuxième génération a accédé aux postes de responsabilité, après des formations du premier, deuxième ou troisième cycle. Elle dispose même de centres de recherches et commence à être intégrée à l’état-major de l’entreprise.

La décentralisation de l’État et des grandes entreprises a aussi sécrété des postes nouveaux. En 1964, pour le premier congrès de l’AFREP, 80 % des trois cents membres travaillaient dans la région parisienne. En 1984, les deux tiers des mille trois cents membres sont des représentants de la province.

Aujourd’hui, les chefs d’entreprise ou les responsables des administrations ne considèrent plus les relations publiques comme un secteur superflu mais comme une fonction qui nécessite des gens capables de raisonner en termes de stratégie. Témoin l’un des animateurs de l’AFREP :  » L’entreprise publique tient de plus en plus un discours d’entreprise privée. Elle s’explique constamment, argumente sur sa compétitivité, et l’information oblige les gens à se tenir droits. A l’inverse, dans le privé, on tient un discours public. L’entreprise a découvert qu’elle avait une fonction sociale, et elle tient à le dire.  »

Pour les congressistes, cette double constatation autorise à parler d’une deuxième génération, et cela n’est pas un hasard si le débat le plus chaud a porté sur le secteur où ils estiment la France le plus attardée, celui de l’information interne :  » Nous nous heurtons constamment à des structures difficiles à dépasser; il ne suffit pas de nommer un directeur des relations humaines pour y parvenir.  »

Débat serré également sur le mécénat d’entreprise, considéré par les congressistes comme un secteur de grand avenir. Ils y voient un double malentendu :  » Le monde culturel a tendance à dire : donnez-nous de l’argent, on se débrouillera; tandis que les chefs d’entreprise y verraient un moyen de cacher des super-bénéfices.  » Un malentendu qui, selon eux, fait que les obstacles se trouvent beaucoup plus du côté des directions générales que du côté du fisc.

La motion finale a insisté sur la nécessité d’arriver à une plus grande rigueur de la notion de professionnalisme. Elle a montré aussi la volonté d’en finir avec l’assimilation de la profession aux « cocktails petits fours » ou à des postes que l’on pense pouvoir assumer avec le bac et deux ans de vagabondage universitaire, une bonne présentation et de solides relations.