News|

La communication non verbale représente tous les messages qu’un individu fait passer consciemment ou non sans utiliser la parole : gestes, expressions du visage, attitude générale, façon de se tenir.

Définir son positionnement dans l’espace

Dans le cadre professionnel, l’occupation de l’espace est le prolongement du statut. La position de chacun conditionne les relations. On retrouve schématiquement trois types de positionnement dans l’espace:

– Confrontation: les interlocuteurs sont de chaque côté du bureau. Par exemple, vous recevez un usager, vous êtes derrière votre bureau, vos documents et vos outils ne lui sont pas accessibles.

– Coopération: les deux interlocuteurs sont à angle droit (bord à bord). Ils n’empiètent pas frontalement sur le territoire de l’autre mais peuvent échanger des outils. C’est souvent l’occupation d’espace choisie par des pairs qui travaillent et produisent ensemble.

– Collaboration: les interlocuteurs sont côte à côte. Une forte entente se dégage. Se positionner côte à côte avec son assistante, son adjoint ou son élu autour d’une table, lors d’une réunion reflète le degré de cohésion et la puissance du binôme.

Décrypter les attitudes

– En contraction: attitude soumise. L’interlocuteur a la tête rentrée ou inclinée, les épaules basses, le buste courbé, les coudes au corps, les bras resserrés, les jambes croisées, les pieds rentrés et, souvent, les paumes vers le ciel. L’interlocuteur « se fait de plus en plus petit ». Cette posture permet d’éviter le combat.

– En extension: attitude dominante. Menton et tête hauts, épaules ouvertes, thorax développé, bras ouverts, jambes écartées, pieds ouverts, paumes vers le sol. L’ensemble donne une image volontairement ou involontairement surdimensionnée.

– En approche: attitude participative. Tête avancée, cou allongé, buste penché en avant, bras vers l’autre, mains ouvertes, un pied en avant, cette posture est typique de l’intérêt que vous porte votre interlocuteur. Il y a une recherche de partage et de participation.

– En rejet: attitude de refus. Tête en recul ou détournée par rapport au buste, bras barrières, buste profil, appuis arrière, le regard n’est pas dans l’axe de la tête. C’est la posture de celui qui se préserve, qui a peur, qui marque son refus ou encore qui vous attend au coin du bois.

Repérer les changements et leur signification

Tout changement de posture permet de lire en temps réel ce qui se passe chez votre interlocuteur. Pour les comprendre, trois situations sont à imaginer:

– Cohérence ou incohérence. Par exemple, un usager ou un collaborateur vous dit: « je suis prêt à faire cette démarche » et vous découvrez que la posture est en contraction: bras croisés, il rentre un peu la tête. Il se soumet certes, mais à « son corps défendu ». Son attitude est en désaccord avec ses paroles. Dans ce cas-là, il va falloir pousser la personne à s’engager davantage.

– Dissonance ou consonance. Par exemple, vous recevez un collaborateur et vous observez que la personne s’est munie de feuilles et d’un stylo comme pour prendre des notes mais qu’elle garde son manteau sur le dos, prête à partir au plus vite. Cette personne est peut-être en résistance ou pressée de conclure l’entretien. N’hésitez pas à la mettre à l’aise et à préciser le temps que vous souhaitez consacrer à l’entretien.

– Congruence ou incongruence. Par exemple, vous pénétrez dans le bureau d’un collègue, bras ouverts, sourires aux lèvres, de retour de vos congés. Votre interlocuteur croise les bras sur sa poitrine, ne sourit pas et s’enfonce dans son siège. Il n’a pas une posture semblable à la vôtre. Il y a malaise. Il va falloir comprendre pourquoi.

Connaître l’image que l’on renvoie

Notre comportement corporel correspond-il à ce que nous souhaitons montrer? Si les postures peuvent être facilement repérables chez nos interlocuteurs, la perception de nos propres attitudes n’est pas évidente. Ayez à l’esprit que vos gestes précèdent vos paroles et peuvent rendre difficile le passage du message alors que d’autres attitudes peuvent renforcer et améliorer le message. Il est donc important, pour un cadre, d’apprivoiser son image, de la travailler, d’être vigilant tant à sa posture, sa gestuelle qu’à l’expression de son visage sans pour autant perdre sa spontanéité et son naturel.